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 Réunion au sommet (pv Cain Mayfair )
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  • Jaime Rosenbach
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MessageSujet: Réunion au sommet (pv Cain Mayfair )   Mer 4 Juin - 18:38:13

Le sommeil est une chose étrange. Fermer les yeux, puis faire fi de toute conscience raisonnée, de tout contrôle, pour se laisser plonger dans un monde de songes en perpétuel changement et absolument imprévisibles. Nous laissons alors notre inconscient nous balloter de visions en cauchemar comme la houle ininterrompue d’un océan de rêves. A entendre, cela semble tout sauf reposant. Et s’endormir n’est pas toujours évident. Il y a parfois ce soubresaut qui vous ramène à la réalité. Comme lorsqu’on monte vers sa chambre dans un escalier sombre et que l’on croit qu’il reste encore une marche alors que l’on a atteint le palier. Le pied se perd dans le vide et il y a un moment d’égarement vertigineux. Puis vous ouvrez les yeux, le souffle coupé. C’est exactement ce qui arriva au jeune Jaime qui se retrouva de nouveau propulsé dans le monde réel. Il se redressa mollement sur sa chaise en bois sculpté, superbe, mais qu’il trouvait parfaitement inconfortable, tout en soupirant. Enfin, il se rappela où est ce qu’il se trouvait et pour quelle raison. Nous étions au cœur de Londres, en plein mois de février, et, comme cela se faisait si rarement chez les Rosenbach, la famille au grand complet s’était réunie en cette belle et froide journée d’hiver afin de passer ensemble un moment chaleureux, plein de bonne humeur et de sincérité…ou du moins, autant que faire se peut. D’ailleurs, Il n’était pas inutile de rappeler que la dernière fois qu’il avait été convié à une telle réunion familiale avait été seulement deux mois plus tôt, pour le réveillon de noel. Et encore ! Si on avait requis sa présence, c’était par pure question d’éthique. Il s’en souvenait très bien, malgré l’ennui que lui avait inspiré la soirée interminable aussi snob et dépourvue d’interet qu’une soirée de charité visant à récolter des dons pour construire des abris à loutres.

Le brun se revisualisait tel qu’il était alors, dans un coin de la pièce du manoir familial, attendant patiemment qu’on l’autorise à quitter ce reveillon qui à ses yeux, evoquait plus facilement une veillée funèbre qu’une joyeuse assemblée de noel. Il tenait son butin éparpillé autour de lui ainsi que sur ses genoux, les papiers qui avaient plus tôt fait office d’emballages jonchaient le sol comme des feuilles mortes. La récolte avait été à l’image de celles des années précédentes. Ses proches parents s’étaient visiblement tous rués dans les librairies afin d’être celui qui lui offrirait le livre le plus utile, le plus pratique et qui lui servirait le mieux dans sa toute jeune carrière de médicomage. Les ouvrages étaient si épais et si nombreux que le jeune sorcier avait pu les amonceler de manière à se construire un accoudoir de fortune à l’allure terriblement intellectuelle. « L’Ostéopathie magique à la portée de tous », « Fondements de la médicomagie nucléaire » et autres « De l’avenir de la magipsychiatrie » lui avaient ainsi été généreusement offerts. Mais la palme revenait sans conteste à l’encyclopédie répertoriant toutes les pathologies mineures du gobelin dont sa chère tante lui avait fait don. S’il s’était retenu, en la remerciant, d’ajouter que rien ne lui ferait plus plaisir que d’être capable, grâce à ce livre, de la soigner ; c’était uniquement parce que celle-ci tenait alors dans sa main une fourchette.
Il sourit en se remémorant cette pensée qu’il avait eu et sa joie en s’apercevant que sa tante s’était encore surpassée pour le décevoir plus encore que les années précédentes. C’était comme un jeu entre eux, de voir qui pourrait offrir le cadeau le plus mediocre tout en restant décent. Mais revenons en au présent.


Car si cette réunion s’annonçait au premier abord semblable aux précédentes, il y avait eu quelques légers changements d’organisation qui présageaient le contraire. Jaime n’était pas assis dans le vieux château des Rosenbach, que la tradition et l’habitude avait sacré lieu de rendez-vous par excellence, mais dans le hall d’un hotel prestigieux, où la famille devait se retrouver pour diner. Ce qui aurait semblé etre un simple caprice et une envie de changer d’air des patriarches dans d’autres clans était un bouleversement dans la vie d’une famille aussi organisée et respectueuse des traditions que celle de Jaime. Et cela laissait penser que le chef de famille souhaitait faire part d’une nouvelle ou d’une décision importante à ses parents les plus proches.


-Ils ne vont plus tarderlui annonça sur un ton soucieux son père qui venait de passer un coup de fil à sa sœur.

Jaime repondit d’un hochement de tête ennuyé. Il fixa un moment son géniteur. Notaire de son état, ayant un pied dans le monde moldu et l’autre dans le monde magique, ce dernier faisait les cent pas dans l’immense couloir luxueux, les mains enfoncées dans les poches de sa veste de costume gris-pâle. Il s’était mis sur son trente et un et cela lui allait bien. Mais l’elegance de son père n’avait pas suffit à convaincre le brun de changer de tenue, et le jeune sorcier s’était enteté à garder sur le dos son gros pull de maille bleu clair et son blue jean. Il tourna ses yeux bleus glace vers l’horloge de l’hotel. 19h45. Cela faisait déjà pas moins de trente minutes que les deux hommes patientaient, attendant l’arrivée du reste de la famille, et notamment celle de Karl, le grand-père, patriarche dictateur en chef, qui devait arriver en compagnie de sa fille. Jaime et son père, King, étaient arrivés bien en avance, chose qui arrivait très rarement. Cependant, le médicomage sentait que cette ponctualité exagérée était due au stress qui émanait de son père, qui habituellement savait si bien garder son calme. Visiblement, Jaime n’était pas le seul à avoir compris que ce rassemblement resterait gravé dans les mémoires, ou du moins l’esperait-il, car il avait du décliner une invitation pour un match de quidditch pour pouvoir venir assister à la réunion.


Enfin, le portier ouvrit la porte vitrée impeccable de l’entrée pour laisser entrer un groupe d’un trentaine de personnes. Des gens élégants, à l’allure noble et sophistiquée, à la tete desquels marchait un homme agé mais au maintien toujours fier, impressionnant malgré les années. Alors que King s’avançait pour accueillir les cousins, cousines, neveu, parents qui déboulaient dans le hall, Jaime se leva mollement et ne fit que quelques pas vers le groupe, n’étant décidement pas décidé à faire le moindre effort pour se montrer aimable. Il restait prostré au milieu du couloir au décor art déco, écoutant d’une oreille distraire le titre de Dickie Valentine, Mister Sandman, qui résonnait dans le hall.


-Père, comment allez-vous ?entendit-il demander son père à celui qui regnait sur l’ensemble des Rosenbach. Et toi Mona ? comment se portent tes patients ?


King lança quelques regards insistants vers son rejeton, qui ne bougea pas d’un poil malgré les sollicitations silencieuses de son père qui le priait visiblement de venir saluer convenablement les Rosenbach fraichement débarqués. Les mains dans les poches, Jaime se tenait à quelques metres du groupe, et, comme à l’habitude, il ne capta l’attention que de quelques cousins et cousines qui vinrent le saluer chaleureusement mais rapidement avant de retourner vers le groupe. C’était cela d’être le mouton noir de la famille. Non pas que Jaime s’en plaignait, oh que non. Il savait mieux que personne que c’était dans l’ordre des choses, car il était bien trop different des membres de sa famille paternelle pour exiger d’eux quoi que ce soit. Il ne s’entendait qu’avec un nombre limité de ses parents et il se passait bien de l’hypocrisie des autres, préférant qu’ils le laissent tranquille, surtout en cette soirée où sa bonne humeur habituelle semblait l’avoir quitté. Le regard fixé sur le groupe, il espérait de tout son cœur apercevoir la crinière blonde de son cousin Cain, priant pour le voir sortir du groupe qui discutait dans l’entrée. Et il priait très fort, car le sorcier blond était l’un des seuls qui le considérait comme un véritable membre de la famille, mais surtout, il était le seul à pouvoir lui rendre ce genre de soirée supportable. Comme si un dieu quelconque avait enfin entendu ses prières silencieuses, le dit Cain passa enfin la porte vitrée.

-Cain ! lança chaleureusement Jaime dans un eclat de voix enthousiaste qui résonna dans tout le couloir tandis qu’il s’avançait d’un pas goguenard vers son cousin préféré.
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  • Caïn Mayfair
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MessageSujet: Re: Réunion au sommet (pv Cain Mayfair )   Dim 8 Juin - 23:44:02

Hotel Le Savoy. 20h. C'était à peu près les seuls indications données par le grand père Rosenbach à propos de cette réunion de famille. Caïn avait bien tenté de faire cracher le morceau à sa mère, mais la médicomage était de mauvaise humeur car elle se trouvait dans le même état d'ignorance que devaient l'être les quelques trente autres membres de la famille Rosenbach également invités. Ajustant le noeud de sa cravate, l'auror descendit les marches qui menaient au petit hall d'entrée de la demeure bourgeoise de ses parents, maison qu'il n'habiterait bientôt plus, puisque plus tôt dans la journée, il avait signé un contrat de location avec son cousin Jaime.

Il n'avait pas eu l'occasion d'évoquer cet évènement avec Mona, et de toute façon, annoncer à la sorcière qu'il allait emménager dans le centre de Londres avec ce neveu qu'elle détestait tant, ce n'était pas vraiment le meilleur moyen de commencer la soirée. Il entendit les claquements si familiers des escarpins sur le plancher du premier, suivis rapidement par l'apparition de sa mère dans les escaliers. La nature exacte de la réunion n'étant pas vraiment connu, elle avait opté pour un smoking d'un créateur français aux initiales bien connues. Caïn avait lui même hésité sur la façon de s'habiller pour se rendre au Savoy, et tout comme sa mère, il s'en était finalement tenu au classique: chemise blanche, costume noir.

L'horloge de l'entrée indiquait 19h 30, et l'auror ne fut pas surpris lorsqu'il vit qu'un taxi attendait déjà juste devant le portail de fer forgé. Le chauffeur se chargea d'ouvrir la portière à la sorcière, habituée à ce genre d'attention. Une fois installés dans le véhicule, un silence s'installa. Depuis tout petit, il avait pris l'habitude de prendre sur lui et de se taire lorsqu'il sentait sa mère agitée ou énervée. Aussi garda-t-il pour lui ses hypothèses et ses questions par rapport à l'invitation plutôt mystérieuse de son grand père. Qui serait présent? Pourquoi Karl Rosenbach avait-il choisi un autre endroit que la vieille et imposante demeure familiale située en bordure de Londres, lieu de toutes les réunions de famille? Caïn regarda un instant la médicomage. Elle même semblait perdue dans ses pensées. Les rues de Londres commençaient déjà à s'agiter, samedi soir oblige, et sur les trottoirs les groupes de jeunes gens s'appretant à passer une nuit blanche dans les pubs crasseux de la Capitale se faisaient de plus en plus nombreux à mesure qu'ils se rapprochaient du point de rendez vous. Le taxi s'arreta, et le voiturier de l'hotel recemment réouvert après des années de travaux se hâta d'ouvrir la portière du vehicule pendant que la médicomage payait la course.



Sur les marches qui menaient à la grande porte de l'entrée de l'hôtel, un groupe de personnes arborant toutes une chevelure auburn, qui semblaient venir d'arriver, se saluaient et bavardaient. Devancé par sa mère, qui passa devant lui pour saluer un à un cousins, grands oncles et tutti quanti, l'auror arriva à sa suite et fit de même, échangeant quelques mots avec chacun des Rosenbach. Il commençait à parler de sa jeune carrière d'auror à un grand oncle retraité du même département, qu'une main ferme vint se poser sur son épaule.
"Comment va mon cher petit fils?"
Le patriarche, comme il aimait se faire appeler, semblait toujours aussi impressionant de charisme au jeune homme, qui rendit son sourire au vieil homme. L'arrivée de ce dernier sembla à la fois refroidir et agiter les Rosenbach, qui se hatèrent de tous le saluer en bonne et due forme, coupant la parole à Caïn qui ne put répondre à son grand père. Ce dernier, fort de l'autorité naturelle qui se dégageait de lui, s'avança le premier pour franchir les portes du prestigieux hotel. L'auror suivit le groupe, laissant sa mère devant avec le patriarche. L'arrivée de Karl fit sensation parmis les clients  présents dans le hall de l'hotel, car si le sorcier était connu dans le Monde Magique, ce n'était rien à côté de la célébrité dont il jouissait dans le monde moldu. Caïn fit quelques pas dans le hall, quand il entendit une voix familière l'appeler. Et rapidement lui apparut son cousin Jaime, un peu trop à l'aise et détendu par rapport à la tenue qu'exigeait un endroit d'un tel standing.

"Pour être honnête, je ne pensais pas te voir!" Jetant un coup d'oeil au groupe de sorciers, sur lequel étaient braqués tous les regard des moldus bien habillés, l'auror pris le bras de son cousin et l'entraina avec lui un peu à l'écart du groupe." On est les plus jeunes présents." Cette réflexion sembla dites sur un ton trop serieux pour Jaime qui ne compris manifestement pas ce que son cousin blond avait en tête. " Ce n'est pas une réunion de famille, c'est une réunion d'entreprise."
Cette réflexion souleva d'autres questions dans la tête de l'auror. Il n'y avait de présents que les membres de la famille ayant des actions dans la Rosenbach Enterprise. Mais William, son père, était après Karl le plus important actionnaire du groupe de luxe, alors pourquoi ne se trouvait il pas parmis les sorciers auburn? L'auror échangea un regard avec son cousin, qui commençait à comprendre que la "réunion de famille" serait encore plus sérieuse qu'à l'ordinaire.
"King a l'air nerveux.." Caïn regardait son oncle, dont les gestes traduisaient un certains malaise, complètement étranger à l'attitude si sure de lui qu'il arborait généralement en public.
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  • Jaime Rosenbach
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  • Médicomage Médicomage
MessageSujet: Re: Réunion au sommet (pv Cain Mayfair )   Lun 30 Juin - 14:35:11

Plongeant pour la première fois de  la soirée dans ce bassin aux requins que représentait pour lui l’assemblée des membres de la famille Rosenbach, Jaime rejoignit son cousin, qui, lui sembla-t-il remarquer dans l’éclat de ses yeux marines, n’approuvait pas entièrement la tenue de Jaime. Il rit doucement à la pique de bienvenue de Cain, et y répondit, souriant :

-Pour être honnête, moi non plus je ne pensais pas me voir ici, dit-il sur le même ton que son cousin tout en jetant un coup d’œil a l’aménagement luxueux du hall d’entrée.

Le médicomage était sincère. Il n’ignorait pas toutes les difficultés que ses grands parents avaient à le tolérer, lui ainsi que sa maladresse chronique et son hyperactivité, dans leur demeure campagnarde. C’est pourquoi il avait été clairement surpris en découvrant qu’il était convié dans un hotel de standing, lieu dont sa famille l’aurait éloigné à coup de balais il n’y a pas quelques mois, histoire que son arrivée dans le palace ne fragilise pas la réputation que les Rosenbach entretenaient soigneusement dans la haute société moldue.

Lorsque Cain le saisit par le bras pour le trainer à l’écart du groupe de sorciers, Jaime, déséquilibré, failli tomber mais se rattrapa de justesse. Dans son esquisse de chute, il avait poussé une exclamation de surprise, puis il avait sourit, amusé de la force nouvelle de son cousin. Force qu’il attribua à son entrainement de jeune auror au sein du ministère. Tournant le dos au rassemblement, les mains dans les poches de son jean, il écouta son cousin d’une oreille distraire dans un premier temps, mais sa curiosité ne tarda pas à s’éveiller aux propos du sorcier blond. Celui-ci souleva un fait que Jaime, dans sa vague perception de la réalité, n’avait absolument pas remarqué. Ou étaient-donc les petits cousins Jesse, Maria, ou encore Louis ? Et leurs jeunes parents, cousins certes éloignés, mais cousins tout de même de la famille, ou étaient-ils ?

Jaime poussa un long soupir désespéré en se rendant compte que son cousin avait raison et que c’était toute la gérontocratie familiale qui s’était donné rendez-vous au cœur de Londres en cette soirée hivernale. Sous le choc de cette révélation, il articula silencieusement les mots « une réunion d’entreprise » avec toute l’exaspération dont il était capable de faire preuve gravée sur la peau pâle de son visage. Il était si énervé d’avoir dû quitter son appartement douillé pour subir les discussions de vieillards abrutis par leur argent qu’il ne pensa même pas à se demander pourquoi il avait été convié lui aussi à un évènement qui, malgré l’ennui qu’il promettait, certainement sur le point de marquer un tournant dans l’histoire économique des Rosenbach.
Après avoir ruminé pendant quelques instants, il se tourna vers son père, sujet de la question de Cain. Jaime posa un regard curieux, mais aussi compatissant, sur son paternel, qui avait manifestement délaissé son costume de notaire sur de lui au flegme legendaire pour celui du fils terrorisé par le patriarche et par ce que celui s’apprêtait à faire.


-C’est le moins qu’on puisse dire. Il a passé tout le trajet à triturer ses boutons de manchettes, à tel point que l’un d’eux s’est décroché et a failli terminer sa vie dans le caniveau. Et tu as vu son teint ? Il est aussi pâle qu’un bidet, lacha-t-il moqueur, bien que réellement concerné par l’état de son père.

Bien vite, sur ordre de Karl certainement, le troupeau se mit en mouvement et suivit le patriarche jusque dans une salle à manger, privatisée pour l’occasion. Jaime suivit, ainsi que Cain. Il s’agissait certainement en réalité d’une simple salle de réunion, mais qui avait été spécialement aménagée pour la venue du clan. La salle était plutôt vaste, et possédait un plafond de bois sculpté exceptionnellement haut et au centre duquel se dessinait une verrière le tout dans un style art déco des plus pur. Entre les murs immaculés se dressait une interminable table de bois noir, autour de laquelle étaient disposés des chaises dont l’armature était taillée dans le même bois que la table et dont les coussins et les dossiers étaient enveloppés de cuir blanc.  

Guidé par son père, qui lui fit signe dès son entrée dans la pièce, Jaime se dirigea vers ce qui semblait être sa place désignée pour la soirée à venir. Il se dirigea vers le lieu-dit en trainant légèrement des pieds, puis il posa ses mains sur le dossier de sa chaise, attendant comme l’exigeaient les convenances que le patriarche fut assis pour prendre place.  Jetant un regard circulaire à la tablée, il jaugea ses voisins avec un air mutin, tandis que les seuls qui osèrent croiser son regard lui rendirent un regard légèrement effrayé et inquiet avant de vite détourner les yeux. Visiblement, Jaime ne pouvait guère  espérer engager la conversation avec ses voisins de table. Cependant, il fut heureux de voir que son cousin n’était pas très éloigné de lui, seulement deux sorciers âgées les séparaient, et il espérait qu’ils pourraient communiquer ou même bavarder pendant la réunion. Quelques instants passèrent, et les serveurs aidaient les convives les plus âgés à rejoindre leur siège, tandis que les retardataires arrivaient au compte-goutte. Il eut alors la surprise de voir que la chaise en face de lui était manifestement réservée à sa tante, puisqu’elle était la dernière à prendre place. Celle-ci, lorsqu’elle arriva un peu après, pris la nouvelle manifestement beaucoup moins bien que son neveu car lorsqu’elle l’aperçut et échangea un bref regard plein de défi et de mépris avec celui-ci, elle ne réussit pas à se mettre correctement d’aplomb sur ses talons chanel et du se rattraper de justesse au dossier de son fauteuil, tandis que ses voisins tendaient vers elle des mains secourables quoique très intimidés à l’idée de la toucher. A la vue de la perfection légendaire de sa tante malmenée par un talon trop haut, Jaime pouffa avant de baisser la tête et rit le plus silencieusement possible alors que les convives autour de lui le regardaient d’un air interrogateur. La danse du serpent que venait d’exécuter Mona sous ses yeux était certainement le plus beau cadeau qu’elle avait jamais offert à Jaime. Il releva ses yeux bleus vers la sorcière, et, les épaules encore secouées par les spasmes de son fou rire, lui adressa un haussement de sourcil plein de défi alors que son regard de glace brillait d’une étincelle malicieuse. Ce à quoi la mère de Caïn répondit d’un regard assassin qui aurait dissuadé un minotaure de s’approcher d’elle.

Enfin, le patriarche, d’un mutisme royal accompagné d’un regard perçant et circulaire dont il avait le secret sur la table et les convives, fit taire la quasi-totalité des sorciers, Jaime compris, quoiqu’il garda inscrit sur son visage un sourire rieur qui contrastait avec la solennité du reste de l’assemblée.
Il s’assit, puis fut imité par tout le clan dans un bruit feutré de pieds de chaises glissant sur la moquette impeccable et blanche qui recouvrait le sol.
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  • Mona Mayfair
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MessageSujet: Re: Réunion au sommet (pv Cain Mayfair )   Lun 30 Juin - 21:04:46

Mona entra la dernière dans la salle de réunion, retardée par sa discussion animée avec son oncle Nicholas. Nullement impressionnée par le décors luxueux de la salle, dont la longue table sombre suffisait largement à acceuillir la vingtaine de sorciers. Rejetant son épaisse chevelure blonde en arrière, la médicomage se dirigea vers la dernière place libre. C'est avec une exaspération non dissimulée qu'elle découvrit qui lui ferait face tout le temps que durerait le dinner. La surprise de découvrir son insupportable neveu lui fit perdre momentanément l'équilibre, et bien qu'elle tituba un instant sur ses escarpins, c'est avec la férocité des serres d'un oiseau de proie que ses mains manucurées aggripèrent le dossier de la chaise, ignorant les mains charitables qui se tendaient. Elle gratifia Jaime d'un regard sans appel, faisant taire son rire silencieux, mais sans réussir à faire disparaitre la lueur de défi qui brillait dans ses yeux.  La sorcière fut vite distraite de son projet d'annihilation par son père Karl, qui venait de prendre place, rapidement imité par les convives.



Les conversations avaient cessées, et autours de la tablée, tout le monde n'avait d'yeux que pour le patriarche. Mona tapotait nerveusement la table du bout des doigts, son père n'avait pas voulu lui en dire plus sur ce qu'il voulait communiquer à sa famille, et cela la mettait mal à l'aise. Deux serveurs firent le tour de la table pour servir champagne et petits fours à chacun des Rosenbach, avant d'être congédiés d'un geste de la main par Karl.
"Veuillez ne pas nous déranger, vous serez prévenus lorsque nous voudrons que le dinner soit servit..."
Les deux jeunes moldus quittèrent les lieux d'un pas rapide, le dernier fermant soigneusement la porte derrière lui. Après un court instant, le patriarche se leva. La médicomage savait que rien au monde ne l'amusait plus que de faire régner le silence par la seul force du respect qu'il inspirait. Habituée à ce genre de comportement de la part de son père, elle était cependant consciente qu'elle ne supporterait pas ce petit jeu très longtemps, pas en étant reléguée au même rang d'ignorance que ses oncles, tantes et cousins.


"Tout d'abord, merci à tous et à toutes de votre présence ici ce soir. Ce dinner a été décidé de façon un peu précipitée, mais je tenais à ce que vous soyez tous là." Parcourant la tablée du regard de la même lenteur avec laquelle il parlait, Karl marqua une pause, géné par le bruit de mastication venant de sa droite. Son regard gris s'arreta sur le jeune Jaime, à la fois fatigué et dédaigneux. Lorsque le médicomage eut reposé le petit four largement entamé dans son assiette, il repris: "Comme vous avez pu le constater, ceci n'est pas vraiment une réunion de famille. Si je vous ai réunit dans cet hôtel en particulier. C'est parce que vous aurez je puis vous en assurer, beaucoup de choses à dire aux journalistes moldus. Mais avant de vous faire part de ma pensée, je propose que nous levions nos verres,... à la Rosenbach Enterprise." Saisissant sa flûte de champagne le patriarche leva le bras, les convives répondirent en echos feutré, levant à leur tour leur verre. Mona but une gorgée de champagne, sans en savourer la finesse, car son esprit était bien trop préoccupé. Karl se rassit, et posa son verre devant lui, avant de regarder à nouveau la petite assemblée.


"Je crois que cela n'a échappé à aucun d'entre vous, mais le Monde Magique évolu. Voilà des siècles que notre famille s'illustre dans une cohabitation parfaite avec le Monde Moldu. Nous avons réussi à nous établir dans les deux mondes, et ce sans jamais faillir au Secret. Certes, notre implication parmis les moldus, les filiales que nous y faisons fructifier, nous ont aussi attiré les foudres de nombres de sorciers. Depuis maintenant vingt ans, Rosenbach enterprise est le troisième groupe de luxe européen. Et cela n'aurait jamais pu être sans ce que nous avons accompli dans le Monde Moldu." Mona regarda son père marquer une pause et regarder tour à tour ses frères et soeurs, tous présents. " Le Ministre de la magie prend des mesures pour protéger le secret de notre Monde. Notre famille ne peut que se sentir concernée. Car si par le passé, nous étions les seuls à interagir d'une telle façon avec les moldus, aujourd'hui nous ne faisons plus cas d'exception. La population de sorciers de sangs mélés à depuis longtemps surpassé celle des sangs purs, qui sont de moins en moins nombreux. Tous ces moldus qui se retrouvent de plus en plus nombreux plongés dans le Monde des sorciers, fragilisent la barrière qui protège le secret de notre existence."


La sorcière blonde fronça légèrement les sourcils, commençant réellement à appréhender la suite des propos de son respecté paternel. Lors du traditionnel réveillon de Noël familial, elle avait déjà noté ce léger changement dans les idées politiques du vieil homme. Lui qui avait défendu bec et ongle la cause moldu, et même souhaité devenir mèdecin moldu avant d'abandonner ses études pour revenir au monde magique, devenait de plus en plus conservateur. Peut être cela était il du à l'âge avancé du patriarche.
"C'est pourquoi, j'ai décidé de me séparer du groupe d'immobilier Mayfair, avec qui nous sommes associés depuis plus de vingt ans. J'ai également pris la décision de mettre sur le marché toutes nos autres filiales moldues. Dès demain matin à l'heure d'ouverture des marchés, nos traders seront en charge de les vendre. Inutile de vous dire que les prix dérisoires de leur mise en vente seront très vite gonflés lorsque les chaines infos auront divulgué l'information de la dissolution de la Rosenbach Enterprise." Malgré l'agitation silencieuse qui commençait à se faire sentir dans la salle, le patriarche ne laissa pas le temps à son frère cadet de prendre la parole, et continua: "Pour ce qui est des gains qui seront générés par les ventes, ils seront redistribués par mes soins parmis vous tous. Pour ce qui est de nos filiales dans le monde Magique, sachez que je prend ma retraite, et que toutes mes actions reviennent à King Rosenbach, qui est donc à présent pdg du groupe.Des journalistes ont été prévenus de cette réunion. Lorsque vous sortirez de cet hôtel, je veux que vous répondiez à leur questions, et ce sans rechigner. Ah, et, bien entendu, ma décision est irrévocable."


La surprise de l'annonce passée, les calculs dans la tête de Mona furent vite fait. Karl était actionnaire à 52% de l'entreprise, le second plus gros actionnaire après lui était son mari, William Mayfair. Puisque son groupe d'immobilier de luxe se détachait simplement de l'entreprise des sorciers, elle était, et de loin, celle qui s'en sortait le mieux financièrement.
Elle aurait pu se sentir sereine, si ce soudain élan séparatiste de la part de son père ne la dérangeait pas autant. Elle avait assisté à la réunion en son nom, mais aussi au nom de son époux, qui était en ce moment même aux Etats-Unis. Et si Mona souhaitait que cette réunion se termine au plus vite pour pouvoir parler en privée avec son père, elle se doutait que les réactions face à la nouvelle n'allaient pas tarder à fuser de toutes parts.
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