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 Des aigles millésimés (pv Aïlin/Mona)
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MessageSujet: Des aigles millésimés (pv Aïlin/Mona)   Mer 23 Avr - 21:18:50

A peine la porte d'entrée s'était-elle ouverte que la bonne descendit les marches à toute vitesse, portant à l'épaule un grand sac de voyage. Arrivée en bas des escaliers, la vieille Dorothy s'arrêta un instant devant la femme à l'opulente chevelure blonde qui venait d'entrer. Après avoir jeté un coup d'oeil dans le salon, Mona ôta son manteau de laine grise, et le donna d'un geste nonchalant à la petite femme , qui se hâta de le suspendre dans le placard de l'entrée.


"J'y vais madame, tout est prêt, comme vous l'avez demandé" Dit-elle toute essoufflée."Je reviens donc la semaine prochaine...mais si jamais vous avez besoin de moi, n'hésitez pas à m'appeler."

"Allons Dorothy, vous allez rater votre train. Dites bonjour à ...à vos petits enfants de notre part."


La médicomage en chef avait dit cela avec le même ton que si elle lui avait demandé de donner une croquette à son teckel en arrivant. La porte claqua, signe que la bonne avait quitté la maison victorienne typique du quartier des jardins de Kensington, pour une semaine de vacances soigneusement imposées par Madame Mayfair. La désertion des lieux par la vieille Dorothy permettait à la sorcière d'en disposer comme bon lui semblait. Mona fit quelques pas dans le salon gris et blanc, vérifiant de son regard perçant que tout soit exactement comme elle le voulait. Sur la table basse, entourée pour l'occasion de plus de fauteuils italiens que d'habitude, était disposés des verres à vins ainsi que quelques bouteilles de grands crus, et dans de petites assiettes, des canapés et petits fours commandés à un traiteur célèbre étaient prêts à être dégustés.

Ce soir là, la garde de la médicomage à l'hôpital de Sainte-Mangouste était assurée par un de ses collègues, qui lui devait un service. Ce temps libre rarissime dans son agenda, la sorcière l'avait rapidement comblé en organisant une petite réception. Rien de pompeux, quelque chose de plutôt intime, mais raffiné tout de même. Car si Mona régnait en véritable dictatrice selon certains sur tout l'étage du service des empoisonnements, les médicomages et guérisseurs de Sainte Mangouste n'étaient pas les premiers à subir le règne de la sorcière Rosenbach. Le jeune Mona avait déjà su imposer son autorité lors de sa scolarité à Poudlard. Elève brillante de Serdaigle, elle avait d'abord été préfète puis préfète en chef, se forgeant une réputation de tyran dans les couloirs de l'école. Très fière de sa maison, elle avait pris soin de garder contact avec ses amis d'alors, organisant de temps à autre de petites réunions, où les anciens serdaigles invités venaient échanger leurs impressions sur la politique, l'actualité.
Mona s'arrêta un instant devant le miroir, histoire de voir si son chemisier de soie immaculé et sa jupe crayon noire n'étaient pas froissés. La sonnette de l'entrée se fit alors entendre. Ses talons claquants sur le parquet, la médicomage alla ouvrir à ses premiers invités.


"Mona! Enfin désintoxiquée de ton bureau de Sainte-Mangouste?" Un vieil homme au ventre proéminant s'avança en premier, gratifiant son hôte au passage d'une accolade peu délicate. La sorcière ne se facha pas, comme elle l'aurait fait avec n'importe qui d'autre, et se contenta de poser son habituel regard hautain sur Morris Llandrindod. A la suite du sorcier entrèrent deux femmes d'âge murs et au physique difficile, et qui saluèrent la blonde d'un signe de tête parfaitement synchronisé.
"Mesdemoiselles McKiddie, je suis ravie de vous voir. J'avais peur que vous ne puissiez pas vous libérer."

"Oh vous savez, les plantes sont des êtres vivants, il faut parfois les laisser respirer!" Les soeurs McKiddie suivirent le vieil homme jusque dans le salon, après que Mona les y est invités d'un geste de la main, après les avoir débarrassé de leurs manteaux. La médicomage n'eut pas le temps de faire un pas vers le salon que déjà, d'autres personnes arrivaient. Ses invités savaient qu'elle n'aimait pas les retardataires. A leur tour entrèrent un sorcier plus jeune et à la chevelure flamboyante, puis un homme aux boucles grisonnantes et à la veste pourpre. " Thomas, monsieur Ogden, entrez je vous en prie"

"Mona je ne cesse de vous le répéter, appelez moi Tiberius"
Accompagnant les deux derniers arrivants jusqu'au salon, la blonde invita les anciens serdaigles à se servir à boire et à goûter les petits fours. "Je m'attendais à vous voir au bras de votre femme Tiberius, elle a eut un empêchement?"
"Vous savez aussi bien que moi qu'elle est terriblement jalouse. A vrai dire, je lui ai dit que j'étais en réunion au ministère. Mais passons! Comment se portent vos patients?"

"Mal, sinon ils ne seraient pas mes patients. Mais je les soigne du mieux que je peux."




Alors que les invités commençaient à discuter entre eux, la sonnette de l'entrée se fit encore une fois entendre. La médicomage se leva, suivit du regard par ses anciens camarades, et alla ouvrir au nouvel arrivant.
"Lord Bower n'est ce pas? Entrez je vous en prie, nous n'attendions plus que vous."
Débarrassant le jeune homme de son manteau, la médicomage en profita pour l'examiner du regard. La dernière fois qu'elle l'avait vu, c'était lors de la collecte de fonds pour la recherche contre le syndrôme de déficience magique, qui avait eut lieu dans le manoir Bower. Comme toute femme posant les yeux sur le lord, elle l'avait trouvé très agréable à regarder. Elle appréciait particulièrement ses bonnes manières et son savoir vivre si typique des personnes de sang bleu. Elle l'aurait bien échangé contre son neveu.
"Mon invitation a dut quelques peu vous surprendre, je suis vraiment très heureuse que vous soyez venu. Venez, je vais vous présenter." Après avoir rangé le manteau du Lord dans le placard, Mona l'amena jusqu'aux autres invités. " Laissez moi vous présenter Lord Bower, mais sans doute le connaissez vous déjà." La sorcière enchaina par une rapide introduction de chacune des personnes présentes."Lord Bower, voici mesdemoiselles McKiddie, de vieilles amies, elles sont toutes deux expertes en botanique. Je suis particulièrement admiratives de leurs travaux de croisements de certaines essences, qui m'ont beaucoup aidé dans mon travail. Ensuite nous avons Monsieur Llandrindod, mon prédécesseur au poste de chef du service des empoisonnements...Monsieur Darlington, qui travaille à la section britannique de la Confédération Internationale des sorciers. Et enfin, Tiberius Ogden, membre du Magenmagot"

"Tout jeune nouveau membre du départements des mystères n'est ce pas? J'ai entendu parler de votre arrivée au ministère."

Mona s'assit dans un des fauteuils de cuir gris et invita le lord à faire de même, lui offrant un verre de vin par la même occasion. Elle même but une gorgée de son verre, continuant toujours de détailler le jeune homme de son regard perçant.
"Je ne savais pas que vous aviez rejoint les langues de plombs...mes informations sur vous n'étaient pas complètes.."

"Ce n'est pas étonnant, tu passes ton temps le nez collé dans les dossiers de tes patients, si tu lisais plus souvent la gazette,tu saurais!"

Les lèvres de la médicomage s'étirèrent en un sourire légèrement narquois." Je ne savais pas que Lord Bower travaillait au département des mystères, mais je sais qu'il risque d'avoir du fil à retordre avec une de ses collègues."
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  • Aïlin Bower
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MessageSujet: Re: Des aigles millésimés (pv Aïlin/Mona)   Jeu 1 Mai - 16:08:34

Tout en s'observant dans le miroir de sa chambre, Aïlin ajusta le foulard de soie bleu ciel qu'il portait autour du cou, soigneusement enroulé sous le col amidonné de sa chemise. Alors qu'il passait sur ses épaules un veston à col droit, aux teintes gris-bleu sombre, il se remémora les quelques informations qu'il savait à propos de Mona Mayfair.
Directrice du service des empoisonnements à Sainte-Mangouste, c'était une femme aussi redoutée, qu'admirée et réputée. Une intellectuelle influente, le profil type de la femme d'ambition, qui avait su faire son jeu dans un environnement hostile et masculin, et y imposer son style et sa personnalité.  Beaucoup d'ambitieux et d'opportunistes rêvaient de se voir approcher par Mrs Mayfair, et il y avait à parier que beaucoup auraient vendu leurs propres parents pour obtenir une invitation aussi personnelle, de sa part. Compter Mona dans le cercle de ses connaissances était la preuve de sa réussite sociale, car prononcer son nom en société faisait toujours impression. Malgré le caractère sans concession de « la Femme », personne ne pouvait nier son charisme, son intelligence et le talent qu'elle déployait dans sa vocation professionnelle.

Pourtant, Aïlin était étonné d'avoir, quelques jours plus tôt, reçu un carton de l'inénarrable Mona. Du haut de ses vingt-trois ans, il ne faisait pas vraiment parti du profil type des hommes gravitant autour de l'ancienne Serdaigle. Il n'était pas au sommet de sa carrière et c'était à peine s'il avait dix ans d'expérience dans sa profession, alors que la plupart des sorciers sollicités par la médicomage étaient des hommes dont les compétences étaient impossibles à remettre en cause, de part leur expérience et leur poids dans la petite communauté intellectuelle du monde sorcier. Il n'y aurait pas eu à douter, qui plus était, qu'aucun n'avait d'ombres dans leur passé et leurs affiliations comme Aïlin en avait, lui.
« Monsieur Bower oublie sûrement qu'il a positivement fait parler de lui à Sainte-Mangouste, depuis Août dernier. Votre méthode d'extraction de l'élixir de Shungite a été une révolution pour le département des malédictions. Votre départ précipité à Istanbul vous a fait esquiver nombre de réceptions, où l'on s'était attendu à vous voir présent. Ne soyez pas surpris de voir le grand monde vous, passez moi l'expression, sauter dessus maintenant que vous êtes de retour. » lui avait déclaré, très logiquement, son majordome lorsque le lord s'était interrogé tout haut.
C'était vrai, mais parfois, une peur aussi terrible qu'irrationnelle crispait les entrailles du jeune homme, tandis que le doute s'emparait de lui. Et si tout cela était faux ? S'il ne méritait pas réellement ce crédit qu'on lui portait ? Dans ces moments-là, il avait envie d'envoyer au diable les invitations courtoises et s'enfermer de nouveau dans son laboratoire, pour n'en sortir que lorsqu'il aurait obtenu plus de savoir, plus de sagesse. Sa carrière lui réussissait tant et si bien, le reste de sa vie était un tel champ de ruines que voir son talent remis en doute, l'estime qu'on lui portait s'effondrer, était une crainte qui venait parfois le hanter, malgré la confiance qu'il avait en ses compétences. Car être invité personnellement par une des femmes les plus influentes dans le monde intellectuel ne suffisait pas à Aïlin. Toutes les preuves de sa réussite ne faisaient que le pousser à voir plus loin, plus grand, plus haut. Il n'en avait jamais assez, à tel point que les mondanités et les compliments devenaient formalités et perte de temps. Mais il fallait le faire, aussi Bower finit-il de s'apprêter en passant une épaisse et élégante veste trois-quart par dessus son veston, mis en avant ses boutons de manchette d'un bleu aussi clair que son foulard et ses yeux, puis sortit de sa chambre.

D'un pas énergique, l'alchimiste descendit les escaliers de la mezzanine et traversa le grand salon, avant de bifurquer dans le couloir et descendre à son laboratoire. Éclairée par les chandelles murales ceignant les murs de pierres grises, Ambrine travaillait à son projet, à petits gestes délicats et mesurés. Un sourire glissa sur les lèvres d'Aïlin quand la jeune femme se tourna vers lui.
« J'y vais. N'oublie pas de dîner. Brady est déjà aux fourneaux, je crois qu'elle compte te préparer à peu près tout ce que tu aimes… ! »
S'approchant, Bower baisa le front d'Illunia, puis se recula d'elle en prodiguant une rapide et légère caresse sur sa pommette. Alors, il monta les marches et ne s'arrêta qu'une dernière fois, l'air quelque peu goguenard :
« Oh et… je compte sur toi pour ne rien faire exploser ! »


L'invitation de Mona Mayfair à ce qui ressemblait fortement à un petit rassemblement de Serdaigles avait au moins eu l'avantage d'alléger l'humeur de Bower en le distrayant de l'aigreur qu'il cumulait depuis qu'il avait rencontré Clarisse McBrien au beau milieu d'un cocktail mondain. Si l'on avait dû jaser sur le comportement aussi étrange que malavisé qu'il avait eu avec son hôte, lorsque celle-ci lui avait présenté la nouvelle apothicaire de Glasgow, Aïlin ne craignait pas de voir ce sujet mis sur la table de Mona. C'était le genre de personnalité qui valait mieux que cela, d'après ce qu'il s'en imaginait du moins, et qui préférait s'attarder sur de vrais sujets de conversation plutôt que sur de vulgaires commérages. Le lord avait d'ailleurs coupé l'herbe sous le pied de potentiels détracteurs en faisant envoyer le lendemain même un bouquet de fleurs à Mrs MacAulay.

Quand bien même le langue-de-plomb aurait aimé profiter de sa soirée de libre pour travailler à ses recherches personnelles, il ne désespérait donc pas de tenir quelques conversations enrichissantes dans la demeure de Mona Mayfair. Aussi, lorsqu'il transplana et posa enfin le pied sur le sol anglais, c'était avec un léger sourire qu'il sonna, sourire qui s'accentua lorsqu'il découvrit l'harmonieux visage de son hôte.
« Mrs Mayfair. » salua-t-il d'un ton doux, tout en inclinant poliment le buste, quand la sorcière l'invita à entrer.
Il passa alors la porte et se débarrassa de la cape qu'il avait passée sur ses épaules, pour se protéger du vent et de la fraîcheur hivernale. Laissant son hôte l'en débarrasser, il jeta un rapide et discret regard autour de lui, détaillant la somptueuse demeure Mayfair et son architecture recherchée. La personnalité de la sorcière transparaissait dans sa demeure. On y devinait son souci de la perfection, son raffinement et son goût du beau. Instinctivement, Aïlin s'y sentit à l'aise, comme lorsque l'on rentre dans l'univers d'un ami ou d'un membre de sa propre famille. À la différence que, cette fois, c'était davantage une filiation d'esprit que le jeune homme soupçonnait.

« Une agréable surprise, à vrai dire. Je n'aurai pu commettre l'offense de refuser l'invitation d'une sorcière de votre stature, Madame. »  
Se parant d'un sourire charmant, Aïlin suivit Mona jusqu'au salon, pour y découvrir les autres convives. Ils étaient peu, mais juste assez nombreux pour une soirée à la fois intimiste et dynamique, où l'échange serait certainement privilégié. Les invités semblaient à leur aise et Aïlin ne douta pas qu'ils avaient tous l'habitude de ce genre de petites festivités. Aux regards qu'on porta sur lui, il nota clairement qu'il attisait la curiosité à la façon du nouveau petit prodige déniché et exposé comme la nouvelle pièce d'un jeu déjà rôdé. Courtois, Bower suivit malgré tout les présentations, n'omettant jamais de regarder et saluer les hommes et les femmes qu'on lui présentait.  L'ombre d'un malaise le traversa seulement à la mention de Tiberius Odgen et du magenmagot. Son sourire se figea légèrement quand le sorcier lui adressa la parole, mais il camoufla cette marque de nervosité en inclinant la tête.
Ses déboires et ceux de son frère avec la Justice étaient loin derrière lui, à présent. Torin lui-même avait l'audace de travailler pour ce département, quand bien même tout aurait dû l'en éloigner. Personne ne lui ferait l'offense de mentionner le passé judiciaire des Bower, aussi réprima-t-il sévèrement son accès de paranoïa.
« Et j'ai entendu parler de votre proposition de loi, répondant au dernier décret gouvernemental et permettant l'initiation et l'éducation des parents moldus au monde sorcier, Monsieur Odgen. Un texte sage et moderne. Si tous les hommes de Justice avaient votre audace, nous aborderions peut-être le vingt-et-unième siècle avec d'autres valeurs que celles du dix-septième ? »

Le regard étincelant, un brin complice, Aïlin obtempéra à l'invitation de Mona et alla s'installer confortablement dans le fauteuil qu'elle lui avait présenté d'un signe de main. Revenant à la médicomage, il accueillit le verre de vin qu'elle lui tendit avec un remerciement et soutint, quoique poliment, le regard perçant qu'elle lui lançait. Le jeune homme se sentait observé et jaugé, mais pas seulement par elle.
« Je ne savais pas que vous aviez rejoint les langues de plombs...mes informations sur vous n'étaient pas complètes..
— Ce n'est pas étonnant, tu passes ton temps le nez collé dans les dossiers de tes patients, si tu lisais plus souvent la gazette, tu saurais ! répliqua le sir Llandrindod avant qu'Aïlin ait pu rétorquer quoi que ce soit.
— Je ne savais pas que Lord Bower travaillait au département des mystères, mais je sais qu'il risque d'avoir du fil à retordre avec une de ses collègues. »
Le jeune homme haussa les sourcils, éloignant de ses lèvres le verre qu'il avait approché, sans avoir eu le temps d'en boire quelques gorgées.
« Oh, connaîtriez-vous Miss Stormcrow ? » demanda-t-il, à la fois amusé et surpris.
Ainsi donc, Sheena avait assez fait parler d'elle pour être mentionnée par Mona Mayfair ? Peut-être n'était-elle pas aussi immature qu'elle le paraissait, finalement. Car, il ne pouvait pas y avoir le moindre doute, c'était bien d'elle que Mona parlait, car il n'y avait qu'une seule langue-de-plomb susceptible d'assombrir ses journées au département des Mystères. La hauteur teintée de mépris qu'avait eu la jeune femme à son égard, dès le premier jour, avait déstabilisé Aïlin. Manquant de patience pour ces choses-là, l'alchimiste en était déjà exaspéré, bien qu'il veillait à ne pas perdre son sang-froid.
« Je crains qu'elle m'en veuille de savoir pratiquer un art qui la dépasse… » lâcha-t-il innocemment, assez innocemment, en tout cas, pour camoufler juste ce qu'il fallait la moquerie ouverte qu'il proférait. Il se garda, cependant, d'ajouter que la sauvageonne aurait dû en vouloir aux trois-quarts de l'humanité, qui pratiquaient l'art des interactions sociales bien mieux qu'elle.

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MessageSujet: Re: Des aigles millésimés (pv Aïlin/Mona)   Ven 30 Mai - 14:57:46

« Oh, connaîtriez-vous Miss Stormcrow ? »

La médicomage aquiesca, un léger sourire s'étirant sur ses lèvres. Elle faillit répondre par un implacable "A mon plus grand regret", mais elle ignorait quels étaient les rapports entre les deux langues de plombs, et elle ne souhaitait froisser son jeune invité pour rien au monde. Cela aurait été contraire à ses principes. Aussi se contenta-t-elle de boire une autre gorgée de vin, comme si la boisson pouvait l'aider à supporter l'idée que cette Sheena était la fille de celle qu'elle considerait comme sa propre soeur.

« Je crains qu'elle m'en veuille de savoir pratiquer un art qui la dépasse… »

La sorcière haussa un sourcil d'un air amusé face aux propos du Lord. Ainsi Sheena serait un autre point commun entre elle et le jeune Bower, autre que leur affinité intellectuelle? Décidément, ce petit avait tout pour plaire.

" Désolée de vous dire ça Lord Bower, mais son tempérament...hystérique volcanique  ne se calmera pas avec le temps. C'est un trait de caractère qu'elle a héritée de sa mère."

"Stormcrow, ...oh oui je vois de qui vous parlez, je n'ai pas eu l'occasion de discuter avec elle, mais elle m'a l'air de quelqu'un de très ambitieux, je pense qu'elle vous voit comme un rival Lord Bower. C'est peut être la raison qui la pousse à vous être désagréable." Ogden s'était tourné vers le jeune Lord, et semblait beaucoup s'amuser a participer à ce commérage d'habitude étranger à ces petites réunions.

"En parlant des Stormcrow, Syvanna ne devait-elle pas venir aujourd'hui? " La cadette des soeurs McKiddie, à la chevelure de jais, s'adressait à Mona, qu'elle fixait avec aplomb.

"Elle m'avait en effet promis qu'elle se libèrerait pour ce soir, mais elle a annulé ce matin même, elle a dut se rendre en urgence dans je ne sais qu'elle région d'Asie, où un de ses contacts lui a dégoter un ingrédient qu'elle recherchait depuis longtemps". La sorcière ne pouvait en vouloir à son amie d'enfance, mais elle était quand même vexée de voir ainsi son invitation rejetée le jour même de l'évènement. Elle se tourna de nouveau vers le Lord "Les alchimistes fréquentent beaucoup sa boutique sur le chemin de traverse, moi même je m'y rend assez souvent. La boutique s'appelle la Poudre Cimetière, vous connaissez? "

La médicomage était sereine, satisfaite du déroulement de la soirée. Tous les protagonistes participaient à la conversation, à l'exception du jeune Thomas, dont la timidité maladive était connue de tous. Evidemment elle aurait pu craindre que l'un de ses invités n'évoque le sujet sensible du passé de la famille Bower avec la justice Magique, mais si les anciens Serdaigles devaient un jour en débattre, ce serait sans la présence du Lord, car lorsque Mona reçoit, le scandale est prohibé. Et quand un sujet délicat s'invite dans la discussion, il est manipulé avec  des pincettes.

" Je sais qu'elle a dans sa réserve des ingrédients qu'elle ne destine qu' à l'élite de ses clients, si vous voulez je lui toucherai deux mots à votre sujet, elle acceptera surement de vous en faire profiter."

Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: Des aigles millésimés (pv Aïlin/Mona)   Lun 2 Juin - 18:30:26

« Désolée de vous dire ça Lord Bower, mais son tempérament...hystérique volcanique  ne se calmera pas avec le temps. C'est un trait de caractère qu'elle a héritée de sa mère. »
« Étrangement », Aïlin l'aurait parié. Aussi n'eut-il pas l'air surpris, mais se contenta d'adresser un mince sourire à Mona, manifestant par son expression désinvolte que les humeurs de Sheena lui causaient des désagréments très relatifs. Une once de mépris, peut-être, transparaissait malgré sa tentative de la cacher. À vrai dire, c'était seulement par égard envers Ambrine qu'il n'affichait pas clairement le dédain que lui inspirait le comportement irrévérencieux de Stormcrow à son égard. Il savait les deux jeunes femmes amies et ne voulait pas perturber leurs relations, ni sembler dénigrer une langue-de-plomb qui était l'amie de la seule alchimiste susceptible de devenir, lorsqu'elle serait prête, son associée à part entière.

« Stormcrow, ...oh oui je vois de qui vous parlez, je n'ai pas eu l'occasion de discuter avec elle, mais elle m'a l'air de quelqu'un de très ambitieux, je pense qu'elle vous voit comme un rival Lord Bower. C'est peut être la raison qui la pousse à vous être désagréable.
Aïlin haussa les sourcils, amusé et surpris par les propos d'Odgen. Tourné vers lui, il le fixa un instant, de cet air courtois qu'il arborait pour répondre à ses aînés.
— J'ose alors espérer qu'elle ait les facultés intellectuelles pour se prêter à ce genre de jeu. Pour ma part, je ne suis en compétition qu'avec moi-même. M'octroyer le luxe d'un rival serait à la fois inconséquent et irrespectueux vis-à-vis des responsabilités que notre travail implique. Nous n'officions pas pour remporter un prix ou une distinction, mais pour l'évolution du savoir et de la magie. »

S'il ne disait clairement rien à l'encontre de Sheena, sa phrase résumait pourtant strictement le fond de sa pensée. Aïlin aurait pu excuser l'ex-Poufsouffle par sa jeunesse, mais le fait était qu'il n'était guère plus vieux, de quatre ans tout au plus. À dix-neuf ans, Aïlin avait déjà eu assez de maturité pour savoir que le travail d'autrui ne se méprisait pas. Certes, on lui avait reproché, à cette époque, des mots forts qu'il avait employé à la conférence d'alchimie qu'il avait donné à l'UMA, mais ils avaient été mal compris et les alchimistes les plus dépendants des distinctions les élevant dans les rangs de l'Élite, étaient monté au credo. Non, il n'y avait plus de maîtres alchimistes. Qui saurait véritablement aller au bout du Grand-Œuvre à présent que Nicolas Flamel était mort ? Ce n'était pas du mépris, mais une vérité. En revanche, il était vrai qu'il avait largement compté sur, et espéré surtout, une certaine gloire. Il avait voulu se distinguer et le désirait toujours. Mais il canalisait, du moins l'espérait-il, positivement cette énergie. Son travail importait plus que le reste car non comptant d'être une vraie passion, c'était le domaine qui lui réussissait le mieux. Fondamentalement, pensa-t-il non sans ironie, Sheena ne pouvait pas rivaliser. À moins que sa vie fut, à l'instar de celle du lord, un triste champ de ruines rongées par les mauvaises herbes.

Le jeune homme ne s'attarda guère plus sur ces réflexions, et suivit silencieusement la conversation qui reprenait, cette fois entre l'une des McKiddie et Mrs Mayfair. Pendant ce temps, Aïlin sirota plus qu'il ne but vraiment son verre, appréciant l'arôme voluptueux libéré par le vin contre sa langue. Contrairement aux soirées réservées à la détente, Aïlin buvait lentement et surtout, prudemment lorsqu'il était reçu. C'était autant par égard envers ses hôtes que par souci de garder le contrôle du moindre de ses faits et gestes. Aussi conviviale et détendue promettait d'être cette réunion dans la demeure Mayfair, Bower se sentait ici davantage par devoir que par amusement et conservait, sous son visage ouvert et souriant, une large part de réserve ainsi qu'un zeste de suspicion. Rien n'était totalement gratuit, et inconsciemment, l'alchimiste attendait le moment où on solliciterait de lui quelque chose.

« Les alchimistes fréquentent beaucoup sa boutique sur le chemin de traverse, moi même je m'y rend assez souvent. La boutique s'appelle la Poudre Cimetière, vous connaissez ?
— Seulement de réputation, je dois le reconnaître. Je n'ai encore jamais eu l'occasion de faire affaire avec Mrs Stormcrow. Il est cependant probable que certaines de mes fournitures proviennent de sa boutique. Mes intermédiaires ont coutume de se rendre là où le fournisseur est aussi bon que son produit est de qualité. »
En réponse — et en lieu et place d'une sollicitation — ce fut une proposition généreuse que lui adressa Mona Mayfair. Flatté, Aïlin lui rendit son regard.  
« C'est très généreux, merci. Ce sera l'occasion de passer enfin le pas de sa porte. Je m'étais promis de le faire, mais n'ai jamais trouvé le temps. D'ailleurs, je suis désespérément à la recherche d'une corne de cornelongue. Il semblerait y avoir pénurie, ou toutes celles disponibles ont déjà été réduites en poudre. » Il marqua un temps d'arrêt, avant de sourire : « J'espère cependant que je serai mieux reçu par Mrs Stormcrow que par sa fille ! Je ne donnerai pas cher de ma peau, sinon. »

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MessageSujet: Re: Des aigles millésimés (pv Aïlin/Mona)   Sam 12 Juil - 17:32:49

« C'est très généreux, merci. Ce sera l'occasion de passer enfin le pas de sa porte. Je m'étais promis de le faire, mais n'ai jamais trouvé le temps. D'ailleurs, je suis désespérément à la recherche d'une corne de cornelongue. Il semblerait y avoir pénurie, ou toutes celles disponibles ont déjà été réduites en poudre.  J'espère cependant que je serai mieux reçu par Mrs Stormcrow que par sa fille ! Je ne donnerai pas cher de ma peau, sinon. »


"Ne vous inquietez pas à propos de cela, elle est infiniment plus sociable que sa tornade de fille. Nous sommes amies depuis l'école elle et moi."
Mona ne fut pas mécontante de voir un éclat de reconnaissance dans le regard du lord, réponse plus que satisfaisante pour la médicomage. Alors que Llandrindod se resservait du vin avant de resservir tous les convives, signe qu'il était parfaitement à l'aise chez les Mayfair et qu'il était depuis longtemps rodé à ces réunions en petits comités. Comme il se rasseyait et que personne ne disait mots, il en profita pour s'adresser à Tiberius, sur un ton qui se voulait désinvolte mais qui laissait transparaitre un léger malaise quand au sujet qu'il abordait.
"Dites-moi Tiberius...les lois pour protéger le Secret se font de plus en plus nombreuses ces temps-ci, ...non pas que je sois contre, mais..ma petite fille a récemment déménagé de Préaulard, et elle souhaitait s'installer à Brighton avec son mari, ils avaient trouvé une petite bicoque tout à fait charmante en bord de mer, une lettre du ministère a mis fin à leur petit rève de nid douillet, ..et je dois dire que cela me semble un peu ...exagéré. Pour l'instant ils louent un appartement pas loin de Gringotts..."

"Vous m'en voyez navré, hélàs ce ne sont pas les seuls à devoir emménager dans des villes sorcières, c'est le cas de tous les sorciers voulant quitter leur domicile pour un autre."

"A vrai dire...je pensais..que peut être, ..vous pourriez leur donner un petit coup de pouce?" Un clin d'oeil appuyé vint souligner sa phrase, provoquant le rire du membre du magenmagot."Vous tenez tant que ça à ce que je perde mon poste? Une loi votée est une loi appliquée. Je ne peux rien faire même si tu sais que je le ferai de bon coeur."

La sorcière blonde surveillait les deux hommes, écoutant leur conversation en buvant quelques gorgées de vin. Voilà exactement le sujet qu'elle aurait à la fois à tout prix voulu éviter, mais dont elle brulait de parler à quelqu'un. Plus les semaines passaient, plus les lois votées par le ministère étaient nombreuses et de plus en plus restrictives. Elle et sa petite famille n'avait pas encore été touchées, ou du moins pas encore. Mais le jour où cela arriverait, elle ignorait encore ce qu'elle ferait. Perdue dans ses pensées, elle espérait juste que le sujet de conversation ne diviserait pas trop ses invités. Elle avait passé une semaine difficile à Sainte-Mangouste, et elle ne tolèrerait pas de débats trop animés ce soir là.
"Au fait Mona, d'entre nous tous tu es celle qui a le plus épousé la culture moldue, je voudrais bien savoir ce que pense ton mari de toutes ces mesures du ministère, il doit être un peu inquiet non?"

La médicomage leva son regard gris vers son interlocuteur. "William travaille autant que moi, nous ne nous voyons que les week ends, et encore, lorsqu'il n'est pas en voyage d'affaires. Il ne lit pas la gazette, n'écoute pas la radio du Monde Magique, et ne s'est rendu sur le chemin de traverse qu'une seule fois, il y a plus de dix ans. Autrement dit, il n'est pas au courant."

"Mais enfin,... tu ne lui en as pas parlé?"

"Du moment que nous ne sommes pas directement concernés, je n'en vois pas la necessité. Le monde moldu a ses propres problèmes, et cela lui suffit je pense."

"Même Caïn ne lui a pas dit?"

"Il est auror, pas journaliste."

"Tout de même Mona..."

"Moi je trouve qu'elle fait bien, nous ignorons tous plus ou moins ce qu'il se passe dans le monde Moldu, même lorsque nous  y vivons. Et sans pouvoirs pour résoudres leurs soucis, ils sont bien à pleindre les pauvres. Je me souviens qu'une fois, un ami m'avait raconté que pour soigner un bras cassé, il leur arrivait d'inserer une plaque de métal et de la visser à l'os ainsi que des agrafes, n'est ce pas complètement barbare?"
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MessageSujet: Re: Des aigles millésimés (pv Aïlin/Mona)   Lun 14 Juil - 22:15:38

« Ne vous inquiétez pas à propos de cela, elle est infiniment plus sociable que sa tornade de fille. Nous sommes amies depuis l'école elle et moi.
— Je me ferai alors une joie d'aller à la rencontre de Mrs Stormcrow dès lors que j'aurai du temps libre. » conclut Aïlin, ponctuant sa phrase d'un sourire, avant de se pencher pour accueillir dans son verre le vin que Llandrindod voulait lui servir. Le remerciant d'un signe de tête, il profita du léger silence pour boire quelques gorgées d'alcool.
Il ne buvait pas souvent de vin, si ce n'était à table, plus particulièrement lorsqu'il recevait des invités. C'était, de fait, un phénomène assez rare, mais cela ne l'empêchait pas d'apprécier la saveur exceptionnelle de celui servi par Mona. Elle savait recevoir, c'était indéniable.
Plus détendu que lorsqu'il était arrivé, Aïlin s'installa confortablement dans son fauteuil, passant sa jambe au-dessus de l'autre tandis que sa main gauche venait se poser sur l'accoudoir.
Derrière son air tranquille, il écoutait cependant avec attention l'échange entre les deux sorciers, observant, par la même occasion, l'attitude des autres convives face au sujet délicat qui venait d'être amené. Aïlin n'était guère touché par les lois du Ministère. Absolument rien n'avait changé dans sa vie, au contraire de cette vieille loi qui, sous le gouvernement Kingsley, avait forcé les sorciers de tous horizons à obtenir des papiers d'identité moldus, provoquant de graves problèmes dans les administrations sorcières et moldues, en plus d'avoir menacé le Code International du Secret Magique.
Cela était, selon Bower, le prix à payer d'avoir menacé le fragile équilibre du monde sorcier par trop d'enthousiasme, hypocrite et feint, envers les moldus. La Confédération Internationale avait menacé le Royaume-Uni de lui faire perdre son autonomie gouvernementale et, à présent, Bower se demandait si le but du jeu n'était pas principalement de se faire mieux voir par les gouvernements étrangers avec des lois surprotectrices.
Au fond, la loi était parfaitement conforme avec l'idéologie du Secret et Aïlin aurait pu l'approuver si elle n'était pas, à son sens inapplicable. Certes, des sorciers trop peu familiers des mœurs moldues créaient de nombreux soucis au employés de la Désinformation en vivant dans des quartiers moldus, mais il fallait être réaliste : il y avait trop peu de villages sorciers pour accueillir la totalité de la population britannique sorcière.

L'échange dériva et inclut bientôt Mona et son mari qu'Aïlin devina, à la teneur des questions, moldu.  Un rien curieux, il observa Tiberius et Mrs Mayfair, qui répondait d'une façon qui lui sembla sans appel. Ainsi, il y avait un clivage même au sein d'une famille unissant les deux mondes. C'était ainsi, cependant, qu'Aïlin le ressentait. Si Mona et son époux ne semblaient pas, à leur décharge, portés sur la communication, Bower ne put cependant s'empêcher de se demander s'il pouvait y avoir dans les autres couples moldus-sorciers davantage d'échange. Chacun provenait d'un monde bien différent, et il avait pu constater auprès de Clarisse que son ignorance de la vie des moldus avaient parfois, sans vraiment les gêner, au moins été source d'incompréhension de sa part. Elle n'avait, pourtant, été que sang-mêlé. Pour sa part, Aïlin ne pouvait pas s'imaginer partager sa vie avec une moldue. Non pas par dédain ou sentiment de supériorité, mais simplement parce qu'il savait qu'il ne supporterait pas de ne pouvoir partager des conversations riches et intenses sur la magie, sur le monde, enfin, sur son monde, avec la femme qui partagerait sa vie. Il était trop cérébral pour ne pas jouir d'une fusion tant sentimentale qu'intellectuelle avec sa potentielle épouse.

L'une des McKiddie interrompit Tiberius pour commenter, non sans une vague once de mépris, qu'Aïlin jugea comme de l'ignorance, le mode de vie moldu. Le regard perçant d'Aïlin se braqua sur elle, alors qu'il avalait une nouvelle gorgée de vin. Bien qu'il s'apprêtait à prendre des pincettes, il ne put s'empêcher d'y répondre plutôt que de se terrer dans le silence.
« Nous avons des dragons, des plantes capables de nous tuer d'un simple cri ou de nous étrangler sans pitié. Des strangulots dans nos lacs, d'affreuses créatures venimeuses dans nos greniers et il y a quelques années encore, nous ne condamnions non pas à mort, mais mieux encore, nous privions de son âme le coupable d'un crime. La barbarie, si vous me permettez de le dire, Miss McKiddie, est toute relative. »

Des pincettes ? Peut-être pas tant finalement. Au moins n'avait-il pas fait de faux semblant. Un sourire amusé et charmeur vint adoucir la « remontrance » que venait de prononcer Aïlin.
« Je connais bien peu de la vie des moldus, seulement ce que j'ai pu lire dans des livres. Cependant, je trouve admirable la façon dont ils usent de leur intelligence pour contrer les problèmes que nous résolvons si simplement grâce à la magie. Ils ont appris à maîtriser d'autres forces qui leur permettent d'aboutir à des résultats parfois similaires à ceux que nous obtiendrions avec quelques sorts. Ils ont, paraît-il, même inventé des machines qui leur permettent de résoudre instantanément des problèmes mathématiques complexes autrement que par le biais d'un sortilège et, comme je le disais à l'UMA il y a quelques années, un japonais a même approché le rêve alchimique grâce à la puissance du génie nucléaire. Peut-être est-ce ma curiosité de Serdaigle envers les expériences farfelues, mais je trouve cela fascinant ! »

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MessageSujet: Re: Des aigles millésimés (pv Aïlin/Mona)   Mar 2 Sep - 20:45:29

Son verre à la main, la médicomage braqua son regard gris sur la McKiddie. Comment avait -elle pu oser dire cela sous son toît? En parlant ainsi des moldus, elle venait de briser une règle de bienséance si essentielle au bon déroulement de ces réunions du gratin du monde magique: ne pas insulter son hôte. Car c'était bien comme ça que la sorcière blonde voyait les choses. Et cette insulte était d'autant plus insupportable qu'elle ne trouvait pas sa source dans de la méchanceté gratuite, mais dans un avis bien tranché sur la question. Bien que son époux n'ai jamais, et heureusement, eu de bistouri dans les mains, elle ne pouvait que se sentir visée par les propos de la botaniste. Elle était d'autant plus surprise que la McKiddie ne semblait pas remarquer l'effet qu'avaient eu ses paroles sur l'ensemble des personnes présentes. Et alors qu'un malaise palpable s'installait dans le salon, le silence fût brisé net par l'intervention inattendue du jeune Lord. Il s'adressa à la sorcière tout d'abord d'une manière assez sèche, ce qui ne déplut pas à Mona bien qu'elle n'eut pas accepter ce ton en temps normal, avant de retrouver le ton poli qui lui allait à merveille.

Justice était rendue. La médicomage ne souhaita lancer une autre pique qur la McKiddie, puisqu'elle venait de décider que c'était la dernière fois qu'elle participait à ce comité restreint. Quiconque connaissait un tantinet Mona savait parfaitement qu'elle ne donnait jamais de deuxième chance. Détournant la tête d'un air hautain, la médicomage posa sur son plus jeune hôte un regard qui n'avait rien à voir avec celui dont elle avait gratifiée la vieille sorcière. Depuis qu'il avait passé le pas de sa porte, le lord ne cessait de la surprendre en bien.
"Nous devrions un peu plus nous inspirer de leur manière de vivre. Nous sommes, à mon avis, trop dépendant de notre magie pour les petites choses du quotidien. Et puis ils ont le sens du confort et de la beauté quand à leurs moyens de transport. Pour moi le meilleur des balais ne vaudra jamais une Roll's Royce, et personne ne pourra me faire changer d'avis là dessus."Un sourire en coin s'étirant sur ses lèvres, la sorcière blonde parcouru des yeux la petite assemblée, s'amusant de savoir que la plupart d'entre eux ignoraient de quoi elle parlait lorsqu'elle faisait référence aux voitures de luxe. Perdant son sourire, elle s'adressa au jeune Aïlin." Il est vrai que l'inventivité des moldus est tout à fait fascinante, mais tout comme nous, ils savent aussi bien l'utiliser pour créer de bonnes choses que pour en créer de mauvaises.." Portant son verre à ses lèvres peintes, Mona en but une gorgée avant de continuer."Dans sa jeunesse mon père a étudié la mèdecine moldue. Et bien qu'ils aient fait des progrès fulgurants en la matière depuis le siècle dernier, il n'a hélàs pas supporté de voir des patients ne pouvoir être sauvés alors qu'ils auraient pu l'être dans un hôpital du Monde Magique. Pour ma part, il y a beaucoup de patients à Sainte Mangouste qui ne nécessitent pas l'intervention d'un sorcier, et je pense que les salles d'attente seraient beaucoup moins remplies si l'on utilisait quelques méthodes moldues pour les soigner. Cela ne serait que bénéfique à l'hôpital, et laisserait ainsi plus de sorciers spécialisés se concentrer sur les cas les plus sérieux."

"Je me demande comment ça se fait qu'avec de tels propos tu ai réussi à avoir quand même des patients réguliers!" Llandrindod éclata d'un rire tonitruant, laissant ressortir son naturel de bon vivant, qui s'était trouvé mal à l'aise lors des échanges tendus entre la soeur McKiddie et le jeune lord. "Quelqu'un veut un peu plus de vin? Vous jeune homme?" Offrant un sourire chaleureux au Lord, il tendit vers lui la bouteille de vin, n'attendant plus qu'il lui tende son verre pour le resservir.
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MessageSujet: Re: Des aigles millésimés (pv Aïlin/Mona)   Dim 14 Sep - 16:57:13

Au regard que lui adressa Mrs Mayfair, Aïlin su que l'intervention plutôt risquée qu'il venait de faire avait plu à son hôtesse. Les McKiddie trouvaient manifestement l'intervention osée, voire insultante, au vu de l'œillade dont il fut gratifié de leur part, mais le malaise général, lui, s'estompa aussitôt que la voix suave de la charismatique sorcière envahit le salon. Car, pendant une seconde après le discours du jeune Bower, l'on avait eu la sensation que l'assemblée toute entière avait cessé de respirer. Lui-même d'ailleurs, avait été pris d'une vague appréhension, camouflé derrière son air affable, quand Mona avait tourné la tête vers lui.

De ce que Mona avançait, en revanche, Aïlin aurait bien été en peine de s'en trouver d'accord ou non. S'il connaissait des principes scientifiques, ou l'existence de certaines inventions en rapport avec la chimie ou les sciences susceptibles d'avoir éveillé sa curiosité, le langue-de-plomb était parfaitement ignorant des habitudes de vie des moldus, et de leurs subterfuges pour optimiser leur confort au quotidien. C'était un domaine qui ne le concernait pas, ni humainement, ni professionnellement. En témoignaient, d'ailleurs, les parures qu'il revêtait, reflets de la mode sorcière, et dont il aurait été bien en peine de changer pour s'habiller comme un moldu. Aussi partagea-t-il l'attitude circonspecte des trois-quarts des convives, jusqu'à ce que le regard de Mona revienne encore à lui.

Les propos qu'elle lui tint étonnèrent sincèrement le jeune Bower. D'ailleurs, l'éclat fugace qui traversa ses yeux en témoignèrent. Habituellement, les experts en un domaine avaient pour coutume de rabaisser ceux qui, prétendant aux mêmes desseins, voyaient leurs méthodes différer. Il aurait été facile pour une médicomage de sa stature de rire de la médecine moldue, mais au contraire, Mona semblait la considérer avec estime et respect. C'était d'une intelligence rare. Sans qu'il ne s'en rende compte, un sourire léger était apparu sur le visage de l'alchimiste.
Certes, Aïlin n'aurait su dire, pour sa part, s'il y avait effectivement des méthodes moldues rivalisant avec un « curo » ou un « episkey », mais il ne doutait pas une seconde que certains sorciers, trop médiocres pour se débrouiller à se rafistoler quelques menues blessures seuls, engorgeaient le seul hôpital sorcier d'Angleterre. Trop souvent, les sorciers londoniens devaient privilégier un passage à Sainte-Mangouste plutôt que chez un guérisseur indépendant ou dans un de ces dispensaires, comme ceux construits peu après la guerre pour alléger le trop-plein de l'hôpital.

Avant qu'il n'ait le temps d'émettre son avis, Llandrindod fit preuve de la bonhomie qui semblait inhérente à son tempérament. Coupé dans son élan, Aïlin tendit son verre de vin en direction de la bouteille qu'approchait le sorcier, profitant de cet interlude pour réfléchir davantage à ce que venait de dire Mona.
« Juste une larme, merci. » prononça-t-il, davantage pour ne pas froisser le sorcier que par réel désir. Il n'aimait guère l'idée de boire trop au milieu d'un tel comité, surtout lorsque, tout nouvel arrivant qu'il était, il voyait l'attention focalisée sur ses moindres faits et gestes. Car, même alors que certains n'avaient point encore ouvert la bouche, il sentait leur regard se poser régulièrement sur lui, même lorsqu'il se contentait d'écouter en silence. Heureusement, le jeune homme avait l'habitude de ce genre de situation, et il savait que, la soirée avançant, la curiosité des autres convives viendrait à s'amoindrir.

« Pour ma part, je regrette qu'il n'y ait pas davantage… ne serait-ce que de centres pour accueillir les sorciers malades ou blessés. Comme vous le savez certainement – ajouta-t-il en regardant successivement Llandrindod et Mona – il n'y a pas un seul hôpital comparable à Sainte-Mangouste dans toute la république d'Irlande. Autrement dit, nous sommes dépendants de Londres, et je trouve cet état de fait déplorable. Un seul dispensaire, financé aux trois quarts par les quelques fortunes d'Irlande, a été ouvert en 98, à quelques kilomètres de Dublin. Aux dernières nouvelles, il fonctionne au ralenti à présent que les blessés de guerre ne comblent plus les lits disponibles. »
Aïlin marqua une pause, lors de laquelle il tourna son verre entre ses doigts, songeur. Il n'hésita qu'un instant avant d'émettre sa conclusion :
« À mon avis, Sainte-Mangouste gagnerait à rediriger davantage les patients vers ce genre de centres, aussi rares soient-ils. Cela mettrait certainement les blessés en confiance et permettrait l'accroissement des dispensaires en des lieux où il est difficile d'avoir accès aux soins. Qu'en pensez-vous, Mrs Mayfair ? »
Son regard, curieux, se posa sur l'interpelée et il attendit que la médicomage réponde.

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