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 Le jour que l'on craignait tant hier... [Caïn] - Terminé
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  • Aely Strange
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MessageSujet: Le jour que l'on craignait tant hier... [Caïn] - Terminé   Mer 26 Mar - 17:11:25


Le crépuscule commençait à tomber sur Londres et, avec lui, la fraîcheur de la nuit s'installait doucement. Assise sur le banc en bois, sous le kiosque à musique qui se trouvait au fond de son jardin, Aely observait les étoiles qui apparaissaient petit à petit dans le ciel, entourant un mince quartier de lune. Resserrant autour de ses épaules la couverture à carreaux que lui avait offert Abberline, la jeune fille remonta ses jambes contre sa poitrine et, les entourant de ses bras, enfouit son visage contre ses genoux, ses longs cheveux roux en bataille tombant dans son dos.

Les dernières vingt-quatre heures avaient été difficiles à vivre. La pleine lune d'abord, la visite à Sainte-Mangouste ensuite, puis cette après-midi chargée de questions sans réponse. Incapable de rester en place plus de cinq minutes, l'ancienne Serpentarde avait battue en retraite dans le parc qui jouxtait sa demeure après avoir laissé quelques instructions à Renn, sa petite elfe de maison. L'air frais lui faisait du bien, le vent l'empêchait de penser, de même que toutes les odeurs et tous les bruits qui l'assaillaient.

Sa rencontre avec Lady Mona Mayfair l'avait bouleversée plus qu'elle ne l'aurait voulu. Si, pendant leur entrevue, la jeune fille avait pu paraître sûre d'elle et insensible, il en avait été autrement dès lors qu'elle avait eu claqué la porte du bureau. Les mots plus ou moins blessants de la Médicomage ouvraient en elle une faille, soulevaient des questions qu'elle aurait préféré oublier. Aely doutait. D'elle, de ses sentiments. De Caïn. Sa mère ne savait-elle pas mieux qu'elle ce qui était bon pour le jeune homme ? Et elle, avait-elle confiance en lui au point de lui avouer la vérité ? Et si elle le faisait, peut-être la sorcière blonde aurait-elle raison ? Caïn et elle étaient si différents...

La jolie rouquine était perdue. Elle aurait voulu parler à quelqu'un, mais qui ? Natalee avait Jared, et comment lui exposer sa situation sans faire remonter en elle de mauvais souvenirs ? Elle ne pouvait pas non plus appeler n'importe quel ami, il aurait pour cela fallut mettre beaucoup trop de monde au courant de sa lycanthropie... La peur, la colère, la honte et le regret, tout se mélangeait dans son esprit sans qu'elle ne sache comment faire pour résoudre ses problème...

À l'intérieur du vieil hôtel particulier, inconsciente du trouble qui agitait sa jeune maîtresse, Renn se précipita vers la porte d'entrée et se suspendit à la poignée pour ouvrir. Le petit humanoïde se décala pour laisser entrer celui qu'elle attendait puis referma aussi sec le battant de bois pour ne pas laisser le froid s'installer. L'elfe, gênée, se dandina d'un pied à l'autre dans ses chaussettes à pois, tira sur le bas de sa tunique beige et se gratta les oreilles en roulant ses gros yeux globuleux
.

« Hum... Monsieur l'ami de la jeune maîtresse Aely... Voyons... Hum... », commença-t-elle d'une petite voix fluette. « Si un elfe reçoit, disons... une recommandation par euh... son maître mais euh... que l'elfe est libre et qu'il... voyons... désobéit, mais très légèrement oui, à cette recommandation pour le bien de son... presque maître, ce n'est pas trop grave, si ? »

Renn se mit à faire passer ses doigts fins dans les mailles de son horrible écharpe en laine, qu'elle avait d'ailleurs tricoté elle-même. Elle avait l'air soucieuse et sa mine était toute fripée d’indécision. Doucement, elle s'approcha de Caïn et tira le bas de son manteau en lui faisant signe de la suivre. L'elfe traversa le hall et grimpa le grand escalier de marbre blanc. Arrivée en haut des marches, elle ouvrit d'un claquement de doigts la baie vitrée et poussa le jeune homme au dehors. « Maîtresse Aely avait dit à Renn de ne pas ouvrir à Monsieur son ami, mais Renn pense que Monsieur son ami et la Maîtresse Aely devraient parler... » Sa frimousse était toute déconfite. « Maîtresse Aely est dans le jardin, tout au fond, depuis midi... Renn souhaite bonne chance à Monsieur ! »

Plus loin, une rafale de vent balaya les boucles rousses de la jeune fille qui releva subitement la tête. Une odeur, reconnaissable entre mille. Une boule d’appréhension serra son estomac en même temps que tout un tas d'émotions contradictoires et elle resta là, les genoux contre sa poitrine, à attendre cet instant dont elle savait qu'il devait forcément arriver un jour.



Dernière édition par Aely Strange le Mer 3 Sep - 16:01:50, édité 3 fois
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  • Caïn Mayfair
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MessageSujet: Re: Le jour que l'on craignait tant hier... [Caïn] - Terminé   Mer 26 Mar - 20:00:36

Caïn était sorti du bureau de sa médicomage de mère  avec la certitude qu'il avait loupé quelque chose. Son ravissement à la venue inattendue d'Aely dans la salle de consultation avait rapidement laissé place à une multitude de questions. L'ancien serpentard avait espéré que la journée plus que calme qu'il avait passée au bureau des aurors lui aurait apporté des réponses, mais c'était l'effet inverse qui s'était produit. C'est donc la tête remplie d'interrogations qu'il sorti du taxi qu'il prenait habituellement pour rentrer chez lui, les bras chargés de quelques courses pour que son estomac sur patte de colocataire ne meurt pas de fin ce soir là.
Qu'est ce qui avait poussé la jeune fille à demander une consultation à sa mère? Cette dernière était spécialisée dans les empoisonnements, mais à l'évidence, ce n'était pas parce qu'elle avait avalé quelque chose de toxique qu'Aely était à Sainte-Mangouste ce matin là. Et puis, les consultations n'avaient pas commencer à cette heure là. C'était l'heure de "repos" que Mona s'auto-attribuait pour faire une pause entre sa nuit de garde enchainée à une journée complète de travail. Sauf cas exceptionnel, personne ne pouvait prendre rendez-vous à ce moment là. Qu'avait donc la petite rousse? Qui, en y repensant, n'avait pas du tout l'air heureuse de le trouver dans le bureau de la médicomage...

"Parfait! Justement j'allais te dire que j'avais complètement oublié de faire les courses!"

Telle une tornade, Jaime acceuillit son cousin en lui prenant ses sacs des mains, inspectant minutieusement ce qu'ils contenaient. Caïn parti en silence dans sa chambre, où il déposa sa serviette de cuir gris. Un coup d'oeil à sa montre lui rappela qu'il n'avait pas le temps de se poser s'il ne voulait pas être en retard. Il arrangea le col de son manteau bleu nuit d'esprit militaire et traversa le salon.

"T'as même pris des twinkies pour Sally, t'as une vraie fée du logis mon cousin!"

Le jeune auror claqua la porte de l'appartement sans avoir prononcé un mot. Il était trop occupé à d'une part tenter de trouver la réponse à ses interrogations, mais aussi à réfléchir à l'endroit où il allait emmener dinner Aely. Dans le taxi qui le conduisait jusque chez la jeune fille, il réussit presque à oublier ses inquiétudes et à ne plus penser qu'à la soirée qu'il allait passer avec elle. C'est avec le sourire qu'il arriva devant le vieil hotel particulier. Ce fût une minuscule elfe de maison qui vint lui ouvrir. La frêle créature referma la porte derrière lui, avant de  s'adresser à lui.Il ne comprit pas vraiment de quoi parlait l'elfe, mais elle semblait si soucieuse que s'en était contagieux, et l'auror en oublia vite sa bonne humeur retrouvée après tant d'efforts. Il se laissa entrainer dans les escaliers puis dans le jardin. Aely l'attendait au fond du jardin, d'accord...depuis midi?!
Caïn se tourna vers l'elfe, mais elle était déjà repartie. C'est la gorge nouée qu'il s'avança dans le jardin. Que pouvait donc avoir Aely? Avait il fait une erreur? Le doute quand à sa propre conduite l'envahissait. A tous les coups il en avait trop fait. Peut être la rouquine n'aimait pas sa "politesse pathologique" (citation de Jaime Rosenbach). Il n'y avait qu'un seul  moyen  de le savoir. Et puis, peut être qu'il s'angoissait pour rien, peut être qu'Aely ne lui reprochait rien, et qu'ils allaient passer une très agréable dans un restaurant londonnien.

La jeune fille ét ait assise à l'intérieur d'un petit kiosque, et elle le regardait. Dans l'obscurité, l'auror ne pouvait dire si elle était heureuse, inquiète, ou bien aussi angoissée que lui. Il s'assit à coté d'elle, mais la jolie rousse restait absolument silencieuse. Bientôt un sentiment de malaise auquel il n'était pas habitué envahit l'ancien serpentard, qui pinça les lèvres. Il pouvait dire adieu à son espoir de voir la jeune fille souriante et prête à le suivre pour aller dinner. Maintenant, il fallait trouver un moyen d'entamer la discussion de façon courtoise, si possible sans démarrer par "c'est quoi le problème?!"

"...T'as fait connaissance avec ma mère du coup.."

Caïn se tourna vers la rouquine en souriant, tentant comme il le pouvait d'alléger la tension qu'il y a avait entre eux deux. Il ne voulait pas la forcer à parler de ce qui l'avait emmenée à se trouver à Sainte-Mangouste ce jour là, qui plus est dans le bureau de la médicomage en chef. Il continua donc à parler, cachant comme il le pouvait les vagues d'angoisse qui le submergeaient de temps en temps, et essayant au mieux de donner une ambiance chaleureuse à la conversation, ou plutôt à son monologue.

"On me dit souvent que je lui ressemble beaucoup. Mais seulement d'un point de vue physique, sinon, je ressemble plus à mon père... Elle est assez impressionante, et parfois elle fait même peur aux gens. Mais au fond elle n'est pas méchante, juste un peu...perfectioniste? Enfin, je suis sûr que vous vous êtes bien entendues. Enfin, non, c'est vrai...tu n'es certainement pas allée la voir pour faire la causette, excuse moi." Il se leva d'un bond et se mis face à la jeune fille, tout sourire. Il avait légèrement gaffé, pour se rattraper, il fallait jouer une autre carte." On y va? Tu vas voir, tu vas adorer le resto dans lequel je t'amène."

Il tendit la main vers, elle, espérant qu'elle la prendrait, mais la jolie rousse ne bougea pas.
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  • Aely Strange
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MessageSujet: Re: Le jour que l'on craignait tant hier... [Caïn] - Terminé   Ven 28 Mar - 22:17:31


Une bourrasque de vent s’engouffra dans son visage et Aely battit des paupières. Son odorat sur-développé captait les moindres facettes des effluves masculines qui devenaient de plus en plus fortes. Caïn. Un sentiment de détresse s'empara de la jeune fille sans qu'elle ne pu y faire quoi que ce soit. Elle avait pourtant demander à Renn de n'ouvrir à personne, sous aucun prétexte. Mais la petite elfe était libre, elle pouvait donc se permettre de faire ce qu'il lui plaisait. Et même si elle ne le savait pas forcément, jamais sa maîtresse n'aurait eu ne serait-ce que l'idée de la réprimander...
Une silhouette se détacha au milieu du jardin, que la jolie rouquine apercevait vaguement. Elle aurait voulu transplaner, fuir, tenter de trouver une échappatoire à cette confrontation, mais son corps refusait de lui obéir, d’exécuter les ordres que son cerveau lui envoyait de toute urgence, comme les restes d'un instinct de survie qu'elle avait du oublier quelque part...

Le jeune auror grimpa les quelques marches du kiosque à musique et, aussitôt, la Louve ressentit le malaise au fond de son être. Assise sur son banc, Aely resta silencieuse, ses yeux émeraude fixés sur le visage de Caïn. Elle ne savait que dire, par où commencer. Un "salut" aurait sans doute été le bienvenu, mais les mots restaient bloqués dans sa gorge, refusant de passer ses lèvres. Le blond s'installa à ses côtés et elle frissonna sous la couverture. Pas vraiment à cause du froid non, elle était d'une constitution solide... Mais plutôt parce qu'elle savait qu'elle ne pouvait plus reculer, et que chacune des paroles qu'elle prononcerait ce soir là aurait un impact sur son futur
.


« T'as fait connaissance avec ma mère du coup... »

Premier propos de la soirée, déjà ils entraient dans un sujet difficile. La rouquine se contenta de hocher la tête. N'importe quelle autre phrase aurait fait l'affaire, mais non. Elle allait manifestement devoir faire un commentaire, même minime, sur ce qu'il c'était passé le matin même, à l’Hôpital de Sainte-Mangouste. Comment expliquer à Caïn, sans le froisser, qu'elle n'avait jamais rencontré de personne aussi désagréable et antipathique que sa mère ? Le jeune homme tenta un début de monologue pour détendre l'atmosphère, mais le sujet était mal choisi, et on sentait clairement la tension dans sa voix.

Aely releva la tête. Effectivement, il était impossible de douter du lien de filiation entre Mona et son fils. Dieu soit loué, il y avait un père dans l'histoire, à qui son ancien camarade pouvait ressembler au niveau du caractère ! C'était sûrement la meilleure nouvelle de la journée... La jeune fille chercha quelque chose à dire. Il fallait bien qu'elle commence à parler à un moment ou à un autre... Son cœur battait si fort qu'il lui semblait qu'il résonnait dans tout son être.

La jolie rousse allait ouvrir la bouche pour amorcer ne serait-ce qu'un début de réponse, mais Caïn se leva d'un bond, coupant court à toutes ses résolutions. Avec un sourire qui se voulait engageant, il lui tendit la main
. « On y va? Tu vas voir, tu vas adorer le resto dans lequel je t'amène. »

Un silence de mort lui répondit. La gorge serrée, Aely essaya de faire taire la voix de Mona qui, dans sa tête, lui signifiait de son air glacial qu'elle n'était qu'une fille à fast food. Elle essaya de se donner une contenance en inspirant profondément puis se rendit compte qu'elle était en train d'enrouler la même mèche de cheveux autour de son index depuis trois minutes, signe évident de nervosité.

« Caïn... » Le ton de sa voix, qu'elle voulait le plus assuré possible, ressemblait plutôt à une supplication. « Je ne crois pas que "nous nous sommes bien entendues" soient les termes exacts pour définir ce qu'il s'est passé ce matin... »

L'ancienne Serpentarde poussa un soupir et se prit la tête entre les mains un instant. « Je pense que je vais rester ici, ce soir. » Son regard croisa celui du jeune homme et son cœur se serra. Elle n'avait pas vraiment le choix. Jamais elle ne pourrait lui mentir plus longtemps, même si cela n'était pour l'instant que de l'omission. Et si Mona décidait d'informer son fils à son sujet ? Aely préférait encore se trahir elle-même plutôt que de laisser ce plaisir à la Médicomage... « Il faut que tu saches que... ta mère désapprouve. Complètement. Ce dîner et... le reste. » La jolie rousse se mordilla la lèvre inférieure, les poings serrés à s'en faire mal. « Et... Il faut que tu saches ce que je faisais à Sainte-Mangouste ce matin. C'est non négligeable... »

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  • Caïn Mayfair
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MessageSujet: Re: Le jour que l'on craignait tant hier... [Caïn] - Terminé   Sam 29 Mar - 18:38:51

Lorsqu'il lui avait tendu la main, l'auror avait préssentit que malgré toute l'envie qu'il avait de la voir répondre à son geste, la jeune fille ne ferait rien. La rouquine restait immobile, et entortillait nerveusement autour de son doigt une mèche de sa chevelure flamboyante. Au bout de quelques instants il abaissa son bras, mais ne savait quoi dire face au silence d'Aely. Pourquoi n'avait-elle pas pris sa main? Pourquoi ne disait-elle rien? De nouveau des questions se bousculaient dans sa tête, et il ne savait quelles réponses leur apporter. Caïn repensa aux paroles de la petite elfe de maison. Il n'aurait pas dut entrer, car c'était la recommandation qui avait été donnée par Aely à la frèle créature. Etait-ce de sa faute si Aely avait souhaité ne pas le voir?

" Caïn...  Je ne crois pas que "nous nous sommes bien entendues" soient les termes exacts pour définir ce qu'il s'est passé ce matin..."

Fronçant légèrement les sourcils, il tentait, malgré l'obscurité dans laquelle baignait le jardin, de décrypter l'expression du visage de la jeune fille. C'était à cause de son rendez-vous avec sa mère? Certes la médicomage était impressionante, mais il n'y avait aucune raison que cette consultation ait un lien avec sa vie privée.

" Je pense que je vais rester ici, ce soir. "

Que s'était-il donc passé entre les deux femmes pour qu'il se voit privé de rencard le soir même? Il croisa enfin le regard de la jolie rousse, mais ce qu'elle dit ne fût pas vraiment rassurant.

" Il faut que tu saches que... ta mère désapprouve. Complètement. Ce dîner et... le reste. Et... Il faut que tu saches ce que je faisais à Sainte-Mangouste ce matin. C'est non négligeable... "

Tout s'embrouillait dans son esprit. Comment les évènements avaient-ils pu prendre un aspect si dramatique? Le matin il était ravi de croiser la jeune fille à  Sainte-Mangouste, d'autant plus que cette dernière rencontrait sa mère par la même occasion. Et maintenant elle lui annonçait que Mona désapprouvait? L'auror ne put retenir un léger rire, face à l'absurdité qu'avait pour lui cette nouvelle.

"Ma mère?...Ma mère désapprouve le fait que je te fréquente?..ça n'a pas de sens, elle ne ferait jamais ça, elle ne s'est jamais mélée de ce genre de choses auparavant." Il leva un instant la tête vers le ciel étoilé avant de soupirer, toujours souriant." Tu es bien sûre de ce que tu dis? Car ça m'étonne vraiment de sa part. C'était tout juste si elle s'interessait à mes bulletins lorsque j'étais à Poudlard."

C'était ridicule. Il n'était plus un enfant. Et sa mère n'était pas le genre de femme à agir de la sorte,...n'est ce pas?Et si c'était vrai, et si la médicomage avait réellement fait comprendre, si ce n'est directement dit à la rouquine qu'elle ne souhaitait pas la voir se rapprocher de lui? Qu'était donc le rapport entre la raison de la présence d'Aely à l'hôpital magique et leur début de relation? Son sourire s'effaça pour laisser place à une légère inquiétude. Quoiqu'ait la jeune fille, il ne voulait pas que ce détail vienne gâcher ce qui naissait entre eux. Mais il ne pouvait s'empecher de se demander qu'est ce qui pouvait être assez grave pour que sa mère ne veuille pas le voir en compagnie de la rouquine.

"C'est à dire non négligeable? Tu n'es pas obligé de me dire ce que tu faisais là bas, si tu ne le souhaite pas. Et ne t'en fais pas pour ma mère, elle ne me dira rien, elle est tenue au secret professionnel."
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  • Aely Strange
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MessageSujet: Re: Le jour que l'on craignait tant hier... [Caïn] - Terminé   Dim 30 Mar - 15:42:11


Le petit rire incrédule de Caïn résonna étrangement dans la nuit et la jeune fille se sentie parcourue d'un frisson glacé. Que pouvait donc penser le blond ? Il connaissait sa mère mieux qu'elle et devait avoir une idée très précise de la tournure qu'aurait du prendre les événements du matin même, à Sainte Mangouste. Mais il lui manquait des informations, essentielles pour qu'il puisse comprendre la situation délicate dans laquelle elle se trouvait. Dans laquelle ils se trouvaient. L'idée de lui donner ces informations la terrorisait, mais elle n'arriverait à rien si elle ne prenait pas ce risque.

« Ma mère ?... Ma mère désapprouve le fait que je te fréquente ? », demanda le jeune homme d’un air surpris. La rouquine hocha la tête lentement, les lèvres pincées. C'était effectivement ça, même si les mots "refuse catégoriquement" auraient peut-être été plus juste qu'un simple "désapprouve".
« ... Ça n'a pas de sens, elle ne ferait jamais ça, elle ne s'est jamais mêlée de ce genre de choses auparavant. Tu es bien sûre de ce que tu dis ? Car ça m'étonne vraiment de sa part. »

Abandonnant sa position initiale, Aely s'assit en tailleur sur le banc et croisa les bras, sourcils froncés. La mère de Caïn n'avait donc jamais fait preuve d'autant d’intérêt envers son fils unique ?
« Évidement, que je suis sûre de ce que j'avance. », déclara-t-elle avec une légère pointe d'agacement dans la voix. La jolie rousse inspira profondément. C'était un peu idiot de retourner sa frustration contre le jeune homme, qui en plus de n'être en rien responsable de la situation, ne pouvait pas comprendre l'étendue du problème... D'un ton plus calme, elle ajouta. « Elle a été aussi explicite que possible, Caïn... Mais elle a ses raisons, n'en doute pas. » Et voilà qu'elle se mettait à défendre le point de vue de Mona Mayfair ! Mais à bien y penser, si elle avait été a la place de la Médicomage, aucun doute qu'elle aurait préféré que son fils se tienne le plus loin possible d'elle...

« C'est à dire non négligeable ? » La jeune fille tourna la tête vers l'ancien Serpentard qui l'observait dans la pénombre. Elle même voyait très bien son expression, inquiète et interrogatrice, mais lui devait tenter de distinguer les traits de son visage masqués par l'obscurité. « Tu n'es pas obligé de me dire ce que tu faisais là bas, si tu ne le souhaite pas. Et ne t'en fais pas pour ma mère, elle ne me dira rien, elle est tenue au secret professionnel. » Le cœur d'Aely loupa un battement. Le jeune homme était si compréhensif ! Lui mentir aurait été d'autant plus insupportable.

« Si, je suis obligée de te le dire, Caïn... » Elle se passa la main dans les cheveux, un peu perdue. « Ce n'est pas une sorte de détail, le genre de truc qu'on oubli facilement... Si je ne te met pas au courant, je te mens sur toute la ligne ! C'est ignoble et... je ne pourrait pas faire semblant. Parce que ça remet tout en question ! »

La jolie rousse se leva brusquement, se débarrassa de sa couverture et traversa le kiosque, tournant le dos à Caïn. Elle enserra de ses doigts la barrière en fer, la respiration saccadée. Aely avait peur. Peur de ce qu'allait penser le jeune homme, à qui elle aurait voulu moins tenir à l'instant présent. Peur aussi de sa propre réaction. La déception serait immense si Caïn ne souhaitait plus la voir. Et elle maîtrisait si mal ses émotions... Elle se demanda un moment comment les choses avaient pu devenir si catastrophiques. Elle le savait pourtant. Ne pas s'attacher était la meilleure solution. Mais avec Caïn, c'était différent...

L'ancienne Serpentarde se retourna et croisa les bras contre sa poitrine, soutenant le regard du jeune auror. Sa gorge était nouée d'appréhension
. « Mon Médicomage de référence était en congés. C'est la première fois que j'ai été voir ta mère pour qu'elle me donne... » Les derniers mots moururent entre ses lèvres et ses yeux émeraude cherchèrent fiévreusement une échappatoire. Mais rien à faire, il était temps d'affronter la cruelle vérité. Le corps d'Aely se détendit brutalement, angoisse laissant place à une sorte de fatalité.

« Je suis un loup-garou, Caïn. »

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  • Caïn Mayfair
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MessageSujet: Re: Le jour que l'on craignait tant hier... [Caïn] - Terminé   Dim 20 Avr - 14:55:44

Aely  avait quitté le banc pour aller s'appuyer sur la barrière de fer forgée du vieux kiosque. L'ancien serpentard avait cessé de chercher la cause de cette si soudaine et inattendue gravité dans les propos de la jeune fille. Ses questions avaient laissé place à une angoisse mélée d'incompréhension, et Caïn ne trouva quoi répondre à la jolie rousse. Tout était remis en question. Comment ça "tout"? Que voulait-elle dire par là? Etait-elle en train de parler d'eux? Le jeune homme fixait le dos de l'ancienne serpentard. La rouquine était elle en train de lui mettre un rateau?! Car c'était bien comme cela qu'il interprétait la situation. Pour une raison inconnue elle s'était rendue à Sainte-Mangouste, et cette raison mettait apparemment en danger les liens qui s'étaient tissés entre les deux anciens camarades de serpentard. Il eut l'impression d'attendre pendant des heures que la jeune fille continue, qu'elle lui dise enfin pourquoi elle était comme ça, pourquoi elle était en ce moment si différente de la Aely avec qui il avait fait du patin à glace. Caïn ne put  s'empecher d'avoir un léger mouvement de recul lorsque la rouquine se tourna tout d'un coup vers lui.

« Mon Médicomage de référence était en congés. C'est la première fois que j'ai été voir ta mère pour qu'elle me donne... »

Il haussa les sourcils, attendant la fin de la phrase. Mais un silence pesant s'abbatit encore une fois entre les deux sorciers. Mais pour rien au monde il n'aurait put ne serait-ce que soupçonner ce qui allait briser la quiétude du jardin.

« Je suis un loup-garou, Caïn. »

La voix claire et décidée avec laquelle Aely avait dit cela parvint d'une toute autre façon aux oreilles de l'auror, qui entendit ces mots comme s'ils avaient été prononcés à l'autre bout de la ville. La véritée lui était tombée dessus tel un rocher. Pendant un instant, il n'arriva plus à réfléchir, se répétant seulement ces mots dans sa tête "loup-garou...un loup-garou..". A présent il comprenait. Il comprenait non seulement la présence de la jeune fille à l'hôpital  le matin même, mais cette révélation faisait également eccho  loin dans le passé de Caïn. Il se remémorait ce séjour chez ses grands parents cet été là. Il était encore élève à Poudlard. Il revoyait sa mère arriver soudainement en plein milieu du déjeuner, alors qu'elle devait être en congé la veille au soir. Elle n'avait alors pas touché à son assiette, et avait simplement excusé son retard en expliquant qu'un cas exceptionnel s'était présenté à Sainte Mangouste. Elle avait parlé d'une très jeune fille, victime d'un loup-garou. En cette fin d'été, et jusqu'à la rentrée, elle avait été encore moins présente que d'habitude pour sa famille, voire absente pendant des jours. Maintenant il savait qui était cette fameuse jeune fille. Aely.

Caïn regardait la rouqine en silence. Que pouvait-il bien lui dire? Ce qu'il ressentait face à cette nouvelle? Il n'en était même pas certains lui même, tout s'embrouillait dans son esprit, et seul lui venaient clairement en tête ce qu'il savait sur les lycans, et surtout ce que sa mère pensait d'eux. Pour la médicomage, ils étaient surtout des objets d'études. Elle ne les considérait pas comme des être humains, mais plutôt comme des mutants qui auraient quitté leur nature humaine pour revenir à l'animal. Dans sa recherche constante de perfection, elle ne pouvait les voir que comme des poids qui feraient régresser l'humanité. Caïn, lui, n'avait jamais eût un avis très tranché sur la question, en grande partie parce qu'il ne l'avait jamais abordée qu'en cours, et qu'il n'y avait jamais été confronté. Et puis il y avait aussi tous ces films qu'il avait regardé avec son père. Le "Wolfman", "Le loup garou de Londres", comment ne pas être influencé par l'image que ces fictions renvoyaient du lycan?
Il était effrayé, il devait bien l'admettre.  L'image qu'il avait d'Aely, si douce et gentille, laissait place à celle d'une jeune fille complètement imprévisible, voire sauvage. Mais il avait passé de si bons moments en sa compagnie, il était simplement heureux lorsqu'il était près d'elle. Il ne pouvait l'imaginer se transformant en loup la nuit.

"Ah bon..."

Sans s'en rendre compte, il s'était levé à son tour. L'auror fixait le sol en fronçant les sourcils, ne sachant quoi penser. Un loup garou...il y avait de quoi être chamboulé. Caïn fit quelques pas dans le kiosque, avant de se tourner vers Aely.

"Euh..bon beh...je...on se voit plus tard, je dois y aller..."

D'un pas un peu trop rapide pour paraitre détendu, l'auror traversa le jardin, et franchi la porte du petit manoir sans faire attention à l'elfe de maison. Les mains dans les poches, il ne pris pas de taxi et décida de faire un bout de chemin à pied, espérant que l'air frais de la nuit l'aiderait à mieux réfléchir. Il avait besoin de réfléchir, et surtout de digérer la nouvelle. Il avait besoin d'être seul. Pour repenser à tout ce qui s'était passé.
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  • Aely Strange
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MessageSujet: Re: Le jour que l'on craignait tant hier... [Caïn] - Terminé   Dim 4 Mai - 12:13:29


Aussi improbable que cela puisse paraître, le silence était assourdissant. Le temps semblait s'être arrêté et, pendant un instant, Aely se demanda si elle avait bien prononcé les mots qu'elle imaginait. Ou alors, tout cela n'avait eu lieu que dans son esprit, si bien que le jeune homme en face d'elle attendait toujours une explication. Mais non, elle l'avait dit. Impossible de l'ignorer. Ses doigts fins, douloureusement crispés sur la balustrade en fer, lui rappelaient que la réalité était bien là, de même que les battements sourds de son cœur, qui s'affolait dans sa poitrine. Caïn ne disait rien, laissant les pupilles dilatées de la jolie rousse fouiller son visage figé, en quête de la moindre trace d'émotion.

En réponse aux troubles qui agitaient la jeune fille, la Louve, qui était pourtant restée blottie dans un coin de son corps jusque là, fit lentement surface, sans que rien ne puisse l'en empêcher. Une odeur, reconnaissable entre mille, frappa de plein fouet l'odorat d'Aely. La peur. Rien n'était pire pour elle que cette effluve glacée, alors que sa part animale s'en délectait. Instinctivement, ses lèvres se retroussèrent sur ses canines, là où apparaissaient des crocs acérés les nuits de pleine lune, et elle se pencha légèrement vers l'avant, dans un mouvement offensif quasiment imperceptible.

Caïn, dont elle percevait le visage dans ses plus infimes détails, battit nerveusement des paupières et la Louve rendit le contrôle de son corps à sa propriétaire. Celle-ci se redressa, trop droite pour que cela paraisse naturel, et inspira doucement par le nez. L'air était toujours marqué par cette odeur persistante, froide et sombre, qui menaçait pourtant de lui brûler la gorge. L'auror était effrayé et, s'en qu'elle ne sache vraiment pourquoi, cela effrayait aussi Aely. Ils étaient là, face à face, le regard bleu marine du garçon cherchant désespérément un point auquel se raccrocher, pourvu que ce ne soit pas elle. Ils restèrent ainsi, lui assit sur le banc en bois, elle dos à la barrière de fer, pendant ce qui lui sembla durer une éternité, même si elle n'était pas certaine qu'il se soit écoulé plus de quelques minutes.

Puis, le jeune homme se leva, marmonnant un vague
« Ah bon », les yeux toujours fixés sur le sol du kiosque à musique. La rouquine frémit et une boule se forma au creux de son estomac. Elle ne savait pas vraiment à quoi s'attendre, ni comment réagir face à ses craintes. Jamais auparavant elle ne s'était trouvée dans une pareille situation, puisqu'elle avait toujours pris grand soin de ne rien dévoiler de sa lycanthropie. Parmi les rares personnes au courant de cette malédiction, il y avait bien eu Akiko, mais la jolie Serdaigle avait deviné toute seule l'état dans lequel Aely se trouvait. Et puis Félix, bien sûr. Mais elle lui avait confié son secret à une époque où tous deux avaient encore un pied plongé dans l'enfance, royaume où tout se finissait bien, malgré le fait qu'ils avaient tous deux prit conscience très tôt de la dureté de la réalité.

Le blond fit quelques pas mal assurés vers les marches, tandis qu'elle était toujours d'une immobilité suspecte. Caïn se retourna pour la regarder enfin, et la jeune fille sentit son visage, déjà pâle, perdre ses dernières couleurs. Comment réagir face aux yeux écarquillés de l'auror, pleins d’effroi et d'incrédulité ? Avant qu'elle n'ai trouvé une réponse à cette question, ou fait un quelconque geste pour le rassurer, il bafouilla un incompréhensible
« Euh... bon beh... je... On se voit plus tard, je dois y aller... », comme s'il cherchait un moyen de justifier sa fuite prochaine.

Aely s'avança, réduisant considérablement la distance qui les séparait en un temps un peu trop court peut-être. Mais elle n'était pas assez calme pour faire attention à ne pas se trahir. Elle ne voulait pas que Caïn parte. Elle voulait qu'il reste, qu'il lui parle, qu'il la pardonne d'être ce qu'elle était, et surtout qu'il l'accepte. Elle aurait voulu lui dire, mais la peur qu'elle lisait dans ses yeux se dressait entre eux, barrière qu'elle ne pouvait franchir.
« Caïn, je... » Que pouvait-elle dire ? C'était trop tard, la balle n'était plus dans son camp. Elle avait fait ce qu'elle devait faire. Dire la vérité, même si celle-ci était cruelle et pleine d'incertitude. C'était tout ce qui était en son pouvoir. « Oui... À plus tard... Je t'attendrais... », murmura-t-elle sans savoir si Caïn l'entendrait, puisqu'il qu'il s'était déjà éloigné à travers le jardin, en direction de la maison.

La jolie rousse resta un long moment encore sous le kiosque. Insensible au froid, la Louve l'avait quitté et elle ne ressentait plus rien. Juste un immense vide. Elle aurait aimé pouvoir pleurer toutes les larmes de son corps, mais ses yeux émeraudes restaient désespérément secs. Aely savait qu'elle aurait du ressentir quelque chose. De la douleur, du remord, de la tristesse, de la déception ou de la colère. Mais il n'y avait rien. Rien d'autre que le silence et le vide. Et la nuit. Celle-ci était déjà bien avancée lorsque, grelottant de froid, la jeune fille regagna sa chambre et se glissa dans ses draps avant de s'endormir d'un sommeil agité.

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MessageSujet: Re: Le jour que l'on craignait tant hier... [Caïn] - Terminé   Ven 30 Mai - 16:09:17

Une semaine plus tard..












Caïn sorti du Reform club avec un moral aussi bas que lorsqu'il y été entré. Il avait espéré que les débats des vieux londonniens lui auraient changé les idées, et auraient redirigés sa concentration sur autre chose que sur le fiasco de la semaine précédente. Mais qui sortirait en jubilant d'une conférence sur l'impact de la crise economique moldues dans les pays d'Europe? Quelques uns des autres membres du club avaient remarqué l'humeur triste du nouveau venu dans leur cercle, mais l'auror avait préféré evoquer une journée de travail difficile, plutôt que la honte qui le submergeait à chaque fois qu'il repensait à Aely. Immobile sur la chaussée, il n'avait qu'à lever le bras pour, comme d'habitude, prendre un taxi qui le ramènerait à l'appartement qu'il habitait avec son cousin. Mais c'est presque sans s'en rendre compte qu'il commença à marcher dans la direction opposée. Il savait où ses pas le menaient, et contrairement à ce qu'il imaginait, il n'était ni terrifié, angoissé ou stressé. Il ne ressentait rien, à part le besoin d'aller lui parler. Lui même se trouva naïf.
Il y avait fort à parier que la jeune fille ne lui ouvrirait pas la porte. Tant pis. Qui ne tente rien n'a rien comme on dit.


Quelques jours auparavant, il était partit précipitemment..non, il avait littéralement fuit la maison de son ancienne camarade de Poudlard, juste après qu'elle lui ait annoncé qu'elle etait un loup-garou. Il regrettait que cela ait été son seul réflexe, mais à ce moment précis, il aurait été incapable de sortir deux phrases. Avec les jours qui passaient, il avait réussit à digérer en partie la nouvelle, mais la peur qu'il avait ressenti en apprenant la lycanthropie de la rouquine avait décidé de laisser la place à une honte écrasante. Il s'était comporté en veritable goujat. Même son cousin Jaime l'aurait réprimandé s'il lui avait parlé de ce rendez vous raté.
Caïn n'avait cessé de réfléchir à une façon de se racheter. Mais est ce qu'un collier ou des fleurs auraient suffit à la jeune fille? Certainement pas. Et offrir ainsi des cadeaux pour s'excuser parraissait vraiment trop facile.
Trop vite au gout de l'auror, il arriva dans la rue où se trouvait le vieil hotel particulier occupé par la sorcière et son elfe de maison. Trop tard pour faire demi-tour. S'il tournait les talons maintenant, il craignait de ne plus trouver le courage de revenir. Le blond passa le portail et s'avança sur le perron de l'entrée. Il prit le temps de respirer avant de toquer. Mais rien ne se fit entendre à l'interieur de la demeure. Aely n'était peut être pas là se surprit-il à espérer. Quoiqu'il en soit, la petite elfe de maison devait être forcément présente.

Et si elle avait reçue pour consigne de ne pas ouvrir à l'auror? Il n'était plus bienvenu, et il ne s'attendait pas à être reçu comme un roi. Les minutes s'écoulèrent et toujours aucun bruit, ni mouvement aux fenêtres du rez de chaussée.

-Aely?...

Caïn fit quelques pas sur le perron, jetant un coup d'oeil aux maisons alentours, qui semblaient aussi habitées que celle de l'ancienne serpentard.  Se tournant à nouveau vers la porte, le sorcier toqua derechef, plus fort cette fois ci. Mais encore une fois, personne ne vint. Sentant son calme le quitter, l'auror tourna les talons pour quitter la propriété. Alors qu'il descendait les quelques marches qui le menaient au portail, il entendit un cliquetis d'une poignée qui s'abaisse.
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MessageSujet: Re: Le jour que l'on craignait tant hier... [Caïn] - Terminé   Jeu 5 Juin - 16:42:24



Un craquement sonore retentit dans le hall d'entrée et une jeune fille à l'opulente chevelure rousse se matérialisa en tournoyant sur elle même. D'un geste excédé, elle envoya dans un coin de la pièce un sac de sport entrouvert dont une partie du contenu se répandit sur le sol. Soudainement lasse, la sorcière entreprit de remettre tout en ordre. De petits pas légers se firent entendre dans son dos, et elle se retourna vivement. La grimace collée à son visage n'inspirait guère la sympathie.

« Maîtresse Aely est rentrée toute seule ? », demanda un petit elfe aux yeux inquiets. « Maîtresse Aely devrait être plus prudente, car Maîtresse Aely n'a pas encore... »
« Je sais. », la coupa brutalement la rouquine. «  Je sais, Renn. Je ne suis pas encore majeure, je suis dans l'illégalité. Je sais. Mais manifestement, je suis toujours vivante. »
La petite créature se ratatina sur elle-même et sa lèvres inférieure fut agitée d'un tremblement. Le remord envahit Aely et son visage perdit de sa sévérité. Elle s'agenouilla près de l'humanoïde et lui caressa affectueusement l'une de ses oreilles démesurées.
« Je suis désolée, Renn... Je suis un peu sur les nerfs depuis... Enfin, je vais bien, ne t'inquiète pas pour moi. Et si tu préparais quelque chose à manger ? Un bon truc pour goûter, je meurs de faim ! » Un sourire factice éclaira sa peau blanche, mais il se fana un peu lorsqu'elle aperçut le regard de l'elfe sur son épaule ensanglantée. Sa mauvaise humeur revint et elle grommela quelques mots avant de monter les escaliers de marbre en traînant le sac de sport derrière elle. « Rien qu'une morsure de ces stupides petits strangulos... Je vais désinfecter ça... »

La jolie rouquine gagna sa chambre en traînant des pieds et commença à poser ses affaires en un tas informe. Elle rangerait plus tard. Elle enleva sa veste militaire et grimaça en la voyant toute poisseuse de sang. C'était de sa faute aussi. Une semaine qu'elle travaillait à la Réserve comme une forcenée, la fatigue avait eu raison de sa prudence avec les créatures magiques. Résultat, Abberline l'avait renvoyé chez elle. De force.
Aely se rendit dans sa salle de bain et fonça sous la douche. Rien de mieux que l'eau chaude pour dénouer ses muscles crispés. Puis elle désinfecta la plaie sur son épaule, se sécha les cheveux qui décidèrent de rester en bataille, et enfile un jean et un débardeur noir. Elle allait manger un morceaux pour faire plaisir à Renn, et ensuite, elle se coucherait. Et dormirait. Le plus longtemps possible.

Mais, manifestement, quelqu'un quelque part avait décidé de la contrarier depuis quelques temps. Son ouïe sur développée perçut nettement le bruit de coups frappés à sa porte. Juste avant que son odorat n’identifie la personne qui se trouvait sur son perron. En frisson glacé la parcouru, et tous les sentiments qu'elle avait cherché à refouler la semaine passée remontèrent en bloc. Elle avait eu honte, avait été triste et déçue. Et elle avait été en colère. Très en colère. Elle l'était toujours d'ailleurs. La brûlure l'envahit tandis qu'elle restait là, anormalement immobile au milieu de sa chambre, retenant son souffle.

Un instant, elle se dit qu'elle allait l'ignorer. Le laisser là, devant sa porte. Il repartirait sans aucun doute. Le message serait clair. Mais elle l'entendit. Le son de sa voix, qui murmurait son nom à elle. C'était insupportable. La douleur la fit se mettre en marche, et Aely sortit de sa chambre en courant, ses pieds nus adhérant au marbre. Elle descendit les escaliers trop vite pour que quiconque ne puisse qualifier sa vitesse d'autre chose que surnaturelle. Et elle sauta les dix dernières marches, volant presque à travers le hall et se réceptionnant habilement.

Elle inspira à pleins poumons, posa sa main sur la poignée et ouvrit brutalement la porte. Il était là, en train de descendre les marches qui menait au petit portail. Les cheveux blonds, le regard marine, élégant. Égal à lui-même. Et cela ne fit que renforcer la colère chez Aely
.

« Caïn Mayfair. Quelle bonne surprise. Je ne pensais pas que je te reverrais un jour. », lâcha-t-elle d'un ton froid et tranchant, sans pour autant pouvoir dissimuler la douleur dans sa voix.
La jeune fille recula d'un pas, passant rapidement un main dans sa crinière rousse. Ses yeux émeraudes prirent un reflet sauvage et elle retint tant bien que mal le grondement qui montait de sa poitrine jusque dans sa gorge en pinçant les lèvres. « Tu peux rentrer, je crois que tu es venu pour ça... Si tu veux, je laisse la porte ouverte, ce sera plus facile pour t'enfuir. » Ses propres mots la blessaient, mais elle resta de marbre, attendant que le jeune homme vienne chercher ce qu'il voulait.

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MessageSujet: Re: Le jour que l'on craignait tant hier... [Caïn] - Terminé   Lun 9 Juin - 0:43:21

« Caïn Mayfair. Quelle bonne surprise. Je ne pensais pas que je te reverrais un jour. »
Il ne s'était pas encore tourné  vers la rouquine qu'il regrettait déjà de ne pas avoir profité de la désertion du quartier par les moldus pour transplaner. Cela lui aurait entre autre évité l'acceuil glacial auquel il venait d'avoir droit. "Acceuil" n'était d'ailleurs pas le terme approprié, car les paroles de la jeune fille transpiraient le ressentiment, et montraient clairement que la colère qu'elle avait du ressentir face à son comportement de la semaine dernière ne s'était pas estompée. Il essaya tant bien que mal de soutenir le regard émeraude dont l'éclat particulier traduisait l'agitation intérieure de la jolie rousse, mais rapidement ses propres yeux dévièrent sur sa crinière flamboyante. L'auror chercha quelque chose à dire, mais il fut incapable de sortir le moindre mot. Est ce qu'il devait la saluer? Il craignait que s'il se contentait de ça, la louve ne se mette encore plus en colère et il voulait absolument éviter cela. Mais que dire dans ce cas? Devait il engager l'inévitable conversation dont le sujet promettait de passer un moment plutôt tendu en compagnie de la jeune fille? Ou bien il pouvait appliquer la tactique de l'autruche et rester muet jusqu'à ce que ce soit elle qui dise tout ce qu'elle avait sur le coeur. « Tu peux rentrer, je crois que tu es venu pour ça... Si tu veux, je laisse la porte ouverte, ce sera plus facile pour t'enfuir. »


Fixant le sol afin d'eviter de croiser le regard de la rouquine, il s'avança vers l'entrée, en pensant qu'une fois installé dans un fauteuil, peut être les mots lui viendraient plus facilement, qu'il trouverait sûrement comment aborder le sujet facheux, et surtout, comment essayer de se faire pardonner pour sa conduite lors de leur rendez-vous. Les paroles de la jeune fille étaient blessantes, et pour éviter de perdre tous ses moyens face à tant d'antipathie, il essayait de se persuader que c'était uniquement due à la colère de son ancienne camarade, même si une petite voix au fond de lui criait qu'il le méritait. Mais arrivé sur le perron, il stoppa net lorsqu'il se rendit compte qu'Aely n'avait pas bougé d'un poil, et le fixait toujours d'un air furieux. Se trouver ainsi nez à nez avec elle le rendit mal à l'aise, et il pensa qu'il comprenait enfin ce que ressentait  Jaime lorsque, enfant, il s'attirait les foudres de Mona. A ce moment précis il était aussi penaud et effrayé qu'un enfant de neuf ans. Il attendait désespérement qu'elle se dirige vers l'intérieur de l'hôtel particulier, mais il comprit que cela ne serait pas si simple.
Que voulait-elle qu'il lui dise? Qu'il n'avait pas cesser de s'en vouloir depuis une semaine? Qu'il avait passé la majorité de son temps à réfléchir à un moyen de se faire pardonner et que le reste du temps il s'était juste sentit minable? Qu'il s'était conduit en vrai goujat, en lâche. Qu'il aurait du rester avec elle, car elle s'était confiée à lui. Qu'il n'aurait pas du fuir en écoutant que sa propre peur à ce moment là.  Qu'il voulait juste que tout soit comme avant. Qu'elle lui pardonne sa bétise, et qu'ils rient de nouveau ensemble, qu'ils retrouvent leur complicité et que ce mauvais moment soit oublié.

"..Je suis désolé..."
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MessageSujet: Re: Le jour que l'on craignait tant hier... [Caïn] - Terminé   Lun 9 Juin - 13:46:24



Aely était là, debout, la main toujours fermement serrée sur la poignée de la porte, et elle l'observait. Caïn était au bas des marches, et finalement, elle s'était peut-être trompée en pensant que rien chez lui n'était différent de d'habitude. Son regard marine semblait perdu, ne sachant trop où se poser, et il se tenait moins droit qu'à l'accoutumé, comme si une partie de sa fierté l'avait quitté. Mais la jeune fille ne bougea pas, même lorsqu'il gravit les marches pour la rejoindre. Il la dominait de plus d'une dizaine de centimètres, mais elle soutint son regard, les sourcils froncés et le visage dur.

C'était plus difficile qu’elle ne le pensait. Elle avait envie de hurler, de lui dire à quel point elle le trouvait lâche et jusqu'où il l'avait déçue. Mais elle mourrait aussi d'envie de le serrer dans ses bras, et d'oublier tout ça, tout ce qu'il c'était passé, pour que tout redevienne comme avant. Mais c'était trop facile, et elle savait qu'il fallait affronter le problème, l'attaquer de front. Aely prit le temps de parcourir des yeux le visage de Caïn. La louve sentait ses sentiments. Il était effrayé et penaud, avait honte. C'était déjà ça
.

« Je suis désolé. »

Sa voix était légèrement tremblante, et la rouquine savait qu'il disait la vérité. Elle baissa les yeux sur ses pieds nus. Ils devaient parler. De quoi ? De tout. Cela allait être long et difficile, mais ils le devaient. Elle poussa un soupir en relevant la tête vers le jeune homme. « Moi aussi. », souffla-t-elle. Elle s’excusait pour ce qu'il c'était passé, mais aussi pour ce qui allait suivre.  

Indiquant d'un mouvement du menton l'intérieur de la maison, elle ferma la porte après un instant d'hésitation. Mais ne la verrouilla pas. Elle ne savait pas trop ce qui allait se passer et, d'avance, la tête lui tournait. « Hum... Je reviens tout de suite. » déclara-t-elle à voix basse sans regarder Caïn avant de le planter seul au milieu du hall. Elle traversa la pièce d'une façon trop rapide pour être honnête, mais un sourire ironique traversa son visage. Au moins, elle n'avait plus besoin de se cacher face à Mayfair.

Aely s'engouffra dans la cuisine et trouva Renn en pleine préparation d'une de ses fameuse brioches, ses petites mains pétrissant la pâte de toutes les forces. Pas besoin de parler, l'elfe de maison savait très bien qui était là. Son goûter pourrait bien attendre. Sa jeune maîtresse ouvrit le frigo et en sortit deux bouteilles en verre qu'elle décapsula rapidement avant de retourner auprès de son invité.

Elle lui fourra sans ménagement une des bières entre les mains.
« Tiens. Je crois que tu vas en avoir besoin... » lâcha-t-elle d'une voix douloureuse, qui avait néanmoins perdu une partie de sa colère. Puis elle gravit l'escalier de marbre, sans avoir besoin de se retourner pour savoir que Caïn la suivait. Il était vraiment bruyant. La jolie rousse poussa une porte sur le pallier et entra, traversant la pièce pour aller ouvrir les volets. Elle ne venait quasiment jamais à cet étage du vieil hôtel particulier. Seule, elle préférait manger dans la cuisine avec Renn plutôt que dans l'immense salle à manger, et elle n'avait absolument pas besoin d'un salon. Et encore moins de deux.

L'ancienne Serpentarde s'installa dans un des canapés de cuir noir, sans prêter attention au désordre qui régnait dans la pièce. Des partitions traînaient sur le sol ainsi que des manuels datant de Poudlard. Elle ne savait même pas à quand remontait la dernière fois qu'elle était venue ici...

Aely inspira et avala une gorgée de bière au goulot, histoire de se donner un peu de courage. À croire que Lee avait fini par déteindre sur elle...
« Alors ? » demanda-t-elle en jetant un coup d’œil à Caïn. « Pourquoi t'es venu ? ». Elle n'était plus aussi fâchée. Juste résignée et froide. Méfiante. Ce n'était pas comme si elle pouvait changer. Et pour appuyer cette pensée, son regard se posa sur son avant-bras droit, où brillaient ses fameuses marques de crocs argentées...


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MessageSujet: Re: Le jour que l'on craignait tant hier... [Caïn] - Terminé   Mer 11 Juin - 19:29:22

"Moi aussi"
Caïn croisa un instant le regard de la rouquine. Il ne s'attendait pas à cette réponse, et avait l'étrange impression que ces excuses concernaient plus la suite des évènements plutôt que la triste fin de leur dernier rendez-vous. C'est l'estomac noué que l'auror franchit la porte du vieil hôtel particulier, après que la maîtresse des lieux l'y ait invité sans dire un mot. Il s'arreta et se tourna vers son hôte, attendant qu'elle le mène quelque part. Au lieu de ça la flamboyante jeune fille passa devant lui sans lui accorder un regard, le laissant poireauter à son aise dans le hall d'entrée. Il n'entendit que vaguement ce qu'elle lui disait, car pour la première fois, il avait eu la démonstration des changement physique qu'avait entrainé sa nature de lycanthrope. Aely avait traversé la pièce à une vitesse impressionante, presque inquiétante, avant de disparaitre derrière une porte. Profitant de cet instant de solitude, Caïn observa plus en détail le décor qui l'entourait. La première fois qu'il était venu, il n'avait pas vraiment fait attention ni aux meubles sans âges, ni aux escaliers de marbre blanc, ni encore à cette odeur si particulière, et que l'on ne retrouve que dans les demeures anciennes.

Tout en otant son manteau, il se reconcentra sur ce qui allait suivre. Ce qu'il allait bien pouvoir lui dire. Enfin, si elle voulait bien l'écouter. Bien que la situation semblait plutôt prendre une bonne tournure, il ne pouvait s'empécher de lui trouver un coté "ultimatum". Si il ne réussissait pas à se faire pardonner, ou bien à regagner ne serait-ce qu'un peu de l'affection de la rouquine, cela pourrait bien être leur dernière entrevue. Mais avant qu'il n'ait pu penser à la possibilité de franchir à nouveau la porte de l'hôtel particulier, il se retrouva avec une bière dans les mains. Sa chemise l'avait échappé belle. « Tiens. Je crois que tu vas en avoir besoin... » L'auror ne releva pas la phrase de son hôte. A vrai dire, il aurait pu immédiatement commencer à l'assomer d'excuses, comme si son retour de la cuisine avait été un déclencheur. Mais il avait le sentiment qu'il valait mieux attendre qu'ils soient tous les deux installés quelque part, au calme. Caïn suivit la jolie rousse dans les escaliers de marbre, jusqu'à une pièce plongée dans le noir. Ne distinguant d'abord rien de l'endroit, ce n'est que lorsque la jeune fille ouvrit les volets qu'il pu enfin voir le salon.

Sur le sol trainaient quelques partitions. Comme il aurait préféré la questionner sur son goût pour la musique, au lieu de devoir lui parler de ce qui les blessaient tous les deux. Pourtant c'était nécessaire, il le savait. Il hésita un instant avant de s'assoir à son tour, aux cotés de la rouquine, mais à une distance respectable, pour ne pas la froisser.« Alors ? » Il ne toucha pas à sa bière, se contentant de faire tourner la bouteille entre ses mains, comme un anti-stress.
"Pourquoi t'es venu ? "

Evitant soigneusement de tourner la tête vers Aely, l'auror ne répondit pas de suite. Il préférait  prendre son temps pour bien choisir ses mots. Pour ne pas la blesser, pour ne pas la perdre. "L'autre fois..je n'aurais pas du partir comme ça." Il inspira, histoire de garder son calme si possible jusqu'à la fin de leur discussion. Sentant sa gorge se nouer, il continua d'une voix plus basse, afin d'en dissimuler les tremblements. "Je n'aurais pas du ...Tout ce que je sais c'est que je regrette. J'ai eu peur, je l'avoue. Tu t'es confiée à moi, et la seule réaction que j'ai eue, ça a été de m'enfuir. " Marquant une pause, il hesita un instant à boire une gorgée de bière, mais il renonça, posant la bouteille de verre sur le sol, à côté de lui, avant de se redresser et de s'adosser contre le cuir du canapé, fixant obstinément ses mains. " On ne peut pas changer ce qu'il s'est passé, mais si je le pouvais...Maintenant je n'ai plus peur, je me fiche que tu sois un loup garou." Baissant la tête,il prit à nouveau une inspiration, plus profonde, avant de dire dans un chuchotement presque inaudible: "Je t'aime..."
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MessageSujet: Re: Le jour que l'on craignait tant hier... [Caïn] - Terminé   Lun 23 Juin - 21:19:28



Installée sur le canapé de cuir noir, Aely faisait passer sa bière d'une main à l'autre, les genoux remontés sur la poitrine. Elle observait Caïn, assis non loin d'elle. La jeune fille détaillait son profil, le sentant nerveux. Il y avait de quoi. Elle attendait des explications, des excuses ou n'importe quoi d'autre. Mais il lui fallait quelque chose. C'était important pour elle. L'ancienne Serpentarde gardait la tête froide. Ne pas s'emballer, ne pas trahir d'émotions. Elle ne savait pas trop ce qu'avait l'intention de lui dire le jeune homme. Elle s'était confiée à lui une fois, et cela avait mal fini. Il regrettait la façon dont les choses s'étaient passées, évidement. Mais elle ne voulait pas faire deux fois la même erreur, souffrir encore. Alors elle chassait les espoirs qu'elle avait, fermait son cœur à double tour, essayait de sortir de son corps, pour voir la scène de l'extérieur.

Caïn se racla la gorge, et la jolie rousse se promit mentalement de ne pas l'interrompre. Il ne la regardait pas, ses yeux bleu marine fixés sur ses mains.
« L'autre fois... Je n'aurais pas du partir comme ça. » L'autre fois. Oui, cette fameuse autre fois. Aely avala une gorgée de bière glacée, se contraignant au silence. Elle ne pouvait empêcher les commentaires sarcastiques de fuser à l'intérieur de son crâne, comme des armes d'auto-défenses qu'elle employait machinalement pour prendre du recul. Le garçon continua. Il était sincère. Plus que ça même, elle le sentait, le savait. La Louve discernait la vérité dans le ton rauque de sa voix où perçaient des tremblements qu'il tentait de maîtriser, et la rouquine voyait sa froideur fondre lentement.

Après tout, elle n'avait pas envie qu'ils se quittent de façon définitive. Cela aurait été comme se plier à la lycanthropie, laisser la malédiction prendre le dessus sur sa vie, sur ses sentiments. Sur l'amour qu'elle éprouvait pour Caïn. Et elle ne voulait pas de ça. S'il fallait se battre, elle le ferait, c'est ce qu'elle avait toujours fait. Elle voulait vivre normalement. Elle n'allait pas se plier à la part animale qui sommeillait en elle. Elles pouvaient cohabiter, mais Aely restait maître du jeu.

« Maintenant je n'ai plus peur, je me fiche que tu sois un loup garou. » La jeune fille releva la tête, une lueur surprise au fond de ses yeux émeraudes. Elle faillit dire quelque chose mais pinça les lèvres pour empêcher les mots de sortir de sa bouche. Son cerveau avait laissé tomber les défenses et la Louve restait silencieuse, blottie au creux de sa poitrine. Il s'en fichait. Il s'en fichait vraiment. Comme si cela n'avait aucun impact sur lui, sur elle. Sur eux. Un sourire incrédule naquit sur son visage. C'était possible ça ? Mais, coupant court à ses pensées, Caïn prit une profonde inspiration. Et il murmura, dans un chuchotement à peine audible. Qui pourtant, résonna fort en elle.

« Je t'aime... »

Aely se sentait un peu étourdie. Sous le choc, comme perdue au cœur des émotions qui l'assaillait brutalement. Et ça, c'était possible ça ? Oui !, criait sa tête, son cœur, ses yeux, son corps. Oui ! Oui, c'était possible. Et une douce chaleur s'installa. Évidente. Elle était légère soudain, comme si tous les problèmes de l'univers venaient de se régler d'un seul coup. Comme si elle savait qu'elle n'aurait plus jamais peur. Comme si elle avait d'ailleurs été idiote d'avoir eut peur un jour. Pour quoi faire la peur ? Franchement ? N'était-ce pas une perte de temps ? "Le contraire de l'amour, c'est pas la haine. C'est la peur." Elle ne savait plus où elle avait lu ça. Mais c'était vrai, si vrai.

Et la chaleur resta là. Ne se dissipa pas. Comme si elle avait trouvé sa place, et décidé d'y rester. Mais Aely revint sur Terre. Du moins, juste sa tête, son cœur était ailleurs. Elle aussi, elle avait des choses à dire. C'était donnant donnant. La jeune fille posa sa bière sur la table basse, et se leva, arpentant la pièce. Trop de mots se bousculaient en elle, elle voulait tout dire, le plus vite possible. Pourtant, elle devait prendre son temps. Pour ne pas gâcher l'instant. Pour s'en souvenir. C'était important.

« Moi aussi, j'ai eu peur. » Sa voix était douce, posée. Elle observait le jeune homme, assis devant elle. Elle se sentait forte, paisible, inébranlable. « J'ai eu tellement peur, Caïn. Je ne l'avait jamais vraiment dit à personne. C'est mon secret, mon seul et unique secret. Tu n'imagines pas à quel point je l'ai gardé précieusement. J'ai tout fait pour que personne ne sache, même si, pour cela, il fallait mentir à tout le monde. C'est difficile, tu sais. C'est lourd à porter. Mais je peux pas le dire. Parce que les gens, les autres... Ils te regardent de travers. Et ils t'abandonnent. Même mes parents. Et toi... J'ai cru que tu reviendrais pas. J'avais tellement honte. J'étais déçue. Et j'étais en colère, ça prenait toute la place. C'était horrible... » Sa voix se voila un instant, mais la chaleur en elle balaya ses mauvais souvenirs. « Ça va pas être facile. Je peux pas changer ce que je suis, il faut juste vivre avec. C'est tout. »

Voilà. Elle avait fini. Il savait maintenant. Qu'il lui avait fait mal. Et la chaleur en elle effaçait ça. Disait, pardonne pardonne ! Elle diluait l'ancienne douleur, noyait tout sous une couche de douceur, sous une couche de légèreté, sous une couche d'amour. Elle chantonnait à l'intérieur, pardonne pardonne, c'est facile tu vas voir ! Et Aely n'avait rien d'autre à faire que de suivre ces conseils. Et de pardonner.

« Je t'aime aussi, Caïn Mayfair. » Conclue-t-elle avec un sourire tendre, en le regardant au fond des yeux. Et soudain, elle ne savait plus mais elle savait, elle était un peu effrayée mais se sentait audacieuse. Elle n'avait jamais dit ça, avait toujours barricadé son cœur et ses sentiments, l'amour c'est pas pour moi qu'elle disait. Et soudain, tout tourbillonnait, et elle se rendait compte à quel point elle s'était trompée.

Aely traversa les quelques mètres qui la séparait de Caïn à sa vitesse naturelle, et se réinstalla à ses côtés un sourire aux lèvres. Et elle posa sa tête contre son épaule, parce qu'il sentait bon, et parce qu'elle était heureuse, et parce qu'elle en avait envie. Et parce qu'elle l'aimait. « J'espère que je suis le premier loup-garou que tu rencontres au moins ! », lâcha-t-elle d'une voix rieuse, pour passer à autre chose.

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