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 Le travail en équipe c'est complètement surfait [Hayden]
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  • Nikolaï M. Dmitriev
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MessageSujet: Le travail en équipe c'est complètement surfait [Hayden]   Lun 16 Déc - 21:56:04

S’il retrouvait le crétin congénital qui, le premier, avait vanté les vertus du travail en groupe en toute circonstance, il en faisait de la pâtée pour dragon ! Sûrement encore un de ces imbéciles finis incapable de réaliser la moindre tâche seul. Il était pourtant évident que le travail en groupe était un handicap majeur à moins de trouver des personnes de confiance et tout le monde savait à quel point il s’agissait désormais d’une denrée rare. Malheureusement son entraîneur appartenait à la catégorie de personnes qui considérait que le bon sens ne le concernait pas, ou plus précisément qu’il était au-dessus de tout cela. Ainsi, il vous lançait dans l’eau d’abord et vous expliquait comment nager ensuite ou, dans le cas présent, vous imposait un partenaire et vous demandait de mettre votre confiance en lui sans ne connaître même son nom, le tout sans aucune espèce de problème de conscience. Autant dire qu’à côté McCarter passait pour un enfant de cœur.

Bien entendu, l’excuse que l’homme se faisait un plaisir de leur répéter à longueur de journée dès qu’un de ses apprentis rouspétait avait un fond de vérité – à savoir que sur le terrain il fallait s’adapter à toutes les situations – néanmoins, Nikolaï se refusait à imaginer une quelconque situation où il placerait sa confiance dans le premier péquenaud venu. Il tenait bien trop à sa vie, merci bien. Il en voulait pour preuve le fiasco monumental qui l’avait mené – bien contre son gré – à son état présent.

Tout avait commencé en début d’après-midi lorsque Tobias O’Burgh, ledit entraîneur, avait eu une fois de plus une de ces idées qu’il aimait à appeler brillantes et que le Russe se contentait de dénommer « folies du jour ». En cette belle journée de janvier, le cinquantenaire avait ainsi décidé d’obliger ses recrues à compter les unes sur les autres qu’elles le veuillent ou non en les couplant deux par deux, en organisant des duels par équipes, et en demandant à chaque apprenti de prendre en charge la défense de son partenaire. Autrement dit, chaque jeune Tireur devait maintenir un charme du Bouclier autour de son binôme le tout en attaquant l’équipe adverse et sans se préoccuper de sa propre protection. Selon O’Burgh, l’exercice était destiné à les obliger à se concentrer simultanément sur la défense et l’attaque tout en leur apprenant à faire confiance à leur partenaire puisque ce dernier était leur seule protection face aux attaques de l’équipe adverse. Dire que l’idée avait été acceptée avec enthousiasme serait une énorme exagération, néanmoins la menace de ne pas voir le terrain pour les six mois à venir – menace que tous les apprentis savaient réelle – avait fait taire les plus récalcitrants et chacun s’était rapproche – bon gré mal gré – de son partenaire désigné.

Nikolaï s’était retrouvé avec un Gallois nommé Llewelyn Gwynfor dont l’ego ne semblait avoir pour limites que la peur de se faire trop remarquer par O’Burgh s’il se référait à la seule phrase qu’il lui avait adressé avant le début de leur combat :
« Si je me retrouve à Sainte-Mangouste par ta faute, tu le regretteras amèrement ». L’ancien Serpentard n’avait pas jugé bon de gratifier pareille connerie d’une réponse et chacun avait pris position dans sa partie de la cour d’entraînement. Etonnement, la confiance de Gwynfor était basée sur de réelles compétences et les deux partenaires avaient vite pris leurs marques, travaillant moins ensemble que ne s’évitant avec maestria. Au bout d’un quart d’heure, ils avaient par conséquent acculé l’équipe contraire dans un coin sans issue et lançaient sans répit sortilège sur sortilège attendant simplement que l’endurance de leurs adversaires finisse par s’épuiser. Du moins c’était ce que Nikolaï faisait car son partenaire décida soudain que l’attente n’était pas pour lui et, concentrant toute sa puissance sur un sortilège d’explosion de puissance considérable, il choisit d’en finir avec les défenses de l’autre équipe. Malheureusement pour le cadet Dmitriev, trop centré sur son attaque, le Protego du Gallois perdit énormément en puissance et lorsque l’explosion retentit le faible charme se brisa en morceaux, envoyant Nikolaï dans le décor.

Complètement surpris par l’action, le Russe n’eut pas l’occasion de limiter la casse en ralentissant sa chute et il termina par rencontrer brutalement le sol, bras droit le premier. Ce dernier se trouvait donc désormais dans un angle totalement anormal et seule la colère noire que ressentait le jeune Tireur l’empêchait de sombrer dans l’inconscience. Pourtant la douleur était largement suffisante. Alors pour la contrer, il commença à traiter Gwynfor de tous les noms, sans distinction langagière entre l’anglais et le russe, y faisant passer tout son répertoire de jurons.

Heureusement pour lui, l’explosion avait attiré l’attention d’O’Burgh qui fit immédiatement apparaître trois brancards. Deux pour la malheureuse équipe adverse qui ne s’en était pas mieux sorti que Nikolaï lui-même si le Russe en croyait les gémissements de douleur qui arrivaient à ses oreilles et un pour lui. L’entraîneur le fit léviter jusqu’au brancard et transfigura une pierre en Portoloin, avant de charger un de ses assistants de continuer à surveiller l’exercice pendant qu’il menait les blessés à Sainte-Mangouste.

Le trajet en Portoloin lorsque vous êtes à la frontière entre conscience et inconscience est d’ailleurs peu recommandé. Car, à peine les quatre hommes atterrirent-ils dans le hall de l’hôpital que Nikolaï rendit l’intégralité de son déjeuner à quelques centimètres seulement des chaussures d’O’Burgh. Il était néanmoins trop mal en point pour s’en préoccuper pour le moment. Il espérait seulement que les Médicomages ne mettraient pas trop de temps à venir s’occuper de son cas car il sentait que pour autant qu’il ait envie de refaire le portrait de Gwynfor, la rage pure ne pouvait vous porter que jusqu’à un certain point. Et il était très proche d’atteindre le sien…
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  • Hayden Rosenheart
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MessageSujet: Re: Le travail en équipe c'est complètement surfait [Hayden]   Mar 17 Déc - 15:52:41

« Hayden !
Hein ? Quoi ? » demanda la jeune blonde en se redressant brusquement. « Je… J'ai dormi longtemps ?
Je dirais… Cinq minutes.
Je ne sais pas si je te l'ai déjà dit Alan, mais ton café me sauve la vie. » souffla Hayden en attrapant le gobelet de café devant lequel elle s'était endormie en attendant qu'il refroidisse.

Elle réajusta sa blouse, avala le contenu de son gobelet d'un seul trait - bénissant au passage le paquet de café colombien offert par son collègue, et quitta la salle de repos. Le signal sonore annonçant un nouveau blessé grave aux urgences retentissait dans les couloirs, requérant la présence sur place d'un médicomage en service. La jeune blonde pressa le pas, slalomant habilement entre les diverses personnes encombrant les couloirs de l'hôpital, et freina brutalement lorsqu'un brancard poussé par un infirmier qu'elle ne connaissait pas lui barra la route.
Elle retint un petit soupir exaspéré. Un peu plus et elle leur fonçait purement et simplement dedans. Ralentie dans sa progression, elle fut bientôt rattrapée par un de ses collègues médicomages, Scott Campbell. Ce dernier était arrivé dans le service des accidents matériels quelques mois après elle, et dès le début, il lui avait tapé sur le système. Son arrogance n'avait d'égale que sa fourberie, et il ne reculait jamais devant rien pour essayer de se faire bien voir par ses supérieurs. Hayden avait les lèche-bottes en horreur.
Ils traversèrent le couloir au coude à coude, sans même s'adresser un regard l'un à l'autre, sachant très bien que la moindre parole échangée pourrait dégénérer en conflit. Car si la jeune blonde ne pouvait pas supporter Scott, celui-ci le lui rendait bien ! Ils marchèrent donc en  silence jusqu'à arriver devant le médicomage en chef du service. Ce dernier se retourna vers eux et les jaugea silencieusement, cherchant à savoir lequel de ses deux subordonnés il enverrait s'occuper du patient.


« Depuis combien de temps êtes vous là ?
Dix heures.
Hum… » hésita la jeune femme, réalisant qu'elle était sur le pied de guerre depuis au moins vingt-et-une heures… « Quelques-unes de plus il me semble…
Très bien, Campbell, c'est vous qui vous en occupez. » déclara le Médicomage en chef tandis que Campbell partait d'un pas pressé. « Ah. Et vous Rosenheart, cessez de me prendre pour un imbécile, et rentrez chez vous. Ça fait au moins vingt heures que vous êtes ici. »

Hayden esquissa un petit sourire gêné, étonnée que son chef la prenne à revers comme ça, et se résolut à obéir. De toute façon, elle n'avait pas d'autre choix ! Le médicomage en chef lui adressa un petit clin d'œil bienveillant et tourna les talons, ayant probablement d'autres sombrals à fouetter. Le cinquantenaire aux cheveux clairsemés semblait l'avoir prit d'affection, et passait son temps à essayer de la faire sortir de l'hôpital : selon lui, elle y passait trop de temps, au détriment de sa vie sociale.
La jeune femme rebroussa donc chemin, beaucoup moins rapidement cette fois, afin de regagner son bureau. Au fond, son chef n'avait pas tord. Elle commençait sérieusement à fatiguer, et boire des cafés à répétition  ne la tiendrait pas éveillée encore longtemps. Il valait mieux rentrer, plutôt que de risquer de commettre une erreur aux conséquences tragiques. Lorsqu'on s'occupait des urgences, il valait mieux être d'attaque, et surtout ne pas craquer sous la pression, ce qui arrivait parfois avec la fatigue. La jeune médicomage retira donc sa blouse et la fourra dans son sac avant de se rhabiller de manière plus conventionnelle : un pantalon cigarette et un élégant chemisier. Elle rangea ses chaussures médicales dans son casier et chaussa ses escarpins à petits talons.
Après avoir attrapé son trench, pendu au porte-manteau, et son sac à main, la jeune blonde quitta son bureau, qu'elle ferma à clef. Elle traversa rapidement la distance la séparant de la sortie : l'avantage de travailler au rez-de-chaussée. Mais avant d'avoir pu franchir la porte, elle fut presque bousculée par de nouveaux arrivants. La fine équipe ! Trois sur quatre semblaient KO technique, d'ailleurs, l'un d'entre eux était tout pâle et semblait sur le point de… Hayden se recula juste à temps pour éviter à ses chaussures un ravalement de façade. Trois blessés ! C'était vraiment pas de veine, sachant qu'Alan effectuait des visites de routine et que Campbell se la jouait pro de la baguette avec son patient ! Un médicomage d'un autre service arriva à son tour et essaya d'évaluer l'ampleur des dégâts.


« D'accord.» murmura Hayden. « Avec Campbell sur l'explosion de chaudron, vous allez être débordés. Je prends le bras cassé ! Mrs Owen, voyez avec monsieur pour remplir les fiches d'admission. »

Elle fit signe à un infirmier, qui, retroussant ses manches, se mit à pousser le brancard sur lequel se trouvait le blessé au bras. La médicomage ouvrit la marche d'un pas pressé : premièrement, le jeune homme devait souffrir le martyr, et deuxièmement, elle préférait aller au plus vite afin d'éviter de croiser son chef. Elle pénétra dans la première salle libre et congédia l'infirmier en le remerciant d'un signe de tête.
A première vue, le patient ne présentait aucun signe de plaies ouvertes. Pas de saignement, ce qui était plutôt bon signe. Si on oubliait l'angle tout à fait grotesque de son bras, il semblait en bon état. Toutefois, il semblait légèrement dans les vapes. Possibilité de commotion cérébrale ou simple contrecoup de la douleur ?


« Je suis médicomage. » précisa Hayden en réalisant qu'elle ne portait plus sa blouse, avant d'agiter une petite lumière devant les yeux de son patient pour tester les réflexes de ses pupilles. « Vous avez reçu un choc à la tête ? »
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  • Nikolaï M. Dmitriev
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MessageSujet: Re: Le travail en équipe c'est complètement surfait [Hayden]   Mer 18 Déc - 19:36:15

Lorsque vous commenciez à recenser les lumières passées et à perdre le compte après quatre c’était mauvais signe non ? C’est du moins la conclusion à laquelle en arriva l’esprit progressivement de plus en plus embrumé de Nikolaï tandis que son brancard était déplacé dans les couloirs de l’hôpital – du moins espérait-il qu’il était réellement déplacé car sinon il était plus atteint mentalement qu’il ne l’avait initialement envisagé. En effet, pour autant que se vider l’estomac lui avait permis de reprendre un instant pied dans une réalité tangible, dès qu’il s’était senti emmené hors du hall, sa capacité à raisonner avait recommencé à lui faire défaut. Il avait par conséquent cherché à se maintenir alerte en se raccrochant aux branches ou, en l’occurrence, au nombre de boules de lumières flottant au plafond de l’hôpital, mais même cet exercice aisé en temps normal lui coûtait dans la situation présente un effort surhumain.

Il s’inquiéta par ailleurs réellement lorsqu’une personne se pencha soudain au-dessus de son brancard et que sa présence à ses côtés le surprit. Avait-il à ce point perdu la notion du temps, tout encore à ses lumières flottantes, que l’apparition de celle qui se prétendait apparemment être Médicomage le prenait par surprise ? Néanmoins, après tout, ce n’était si incroyable que cela car il aurait juré que les Médicomages portaient tous une tenue appropriée, tenue qui dans ses souvenirs n’incluait pas de chemisier, alors peut-être qu’avide d’être soigné au plus vite, il était tout bonnement en train d’halluciner toute cette situation. Par précaution, hallucination ou non, il choisit d’accorder tout le peu d’attention qu’il lui restait aux questions de la jeune femme, se disant que cela ne pourrait de toute façon pas lui faire plus de mal que son foutu bras.

Malheureusement, lorsque la question arriva jusqu’à son cerveau, il déchanta bien vite. Finalement, il espérait vraiment être en train d’halluciner parce que si la blonde face à lui avait besoin de son aide pour réaliser que son problème n’était pas crânien mais au niveau du bras, elle avait probablement mal choisi sa vie. Cependant, bonnes manières obligent, il répondit diligemment.

-Pas que je sache.

Car tandis qu’il critiquait mentalement les compétences de sa Guérisseuse, une idée s’était glissée dans ses pensées décousues. Et s’il était réellement victime d’une commotion cérébrale ? Cela expliquerait bien des choses quant à son incapacité à concentrer son attention plus de deux minutes de suite. Mais quand est-ce qu’il aurait pu se cogner la tête ? Tout ce dont il se souvenait avec certitude c’était l’instant terrible où son bras s’était fracassé contre le gravier de la cour d’entraînement dans un craquement de bien mauvais augure. A partir de là, les choses étaient nettement plus floues. Néanmoins, il avait fini allongé par terre. Selon lui, c’était car dans toute autre position le monde tournait bien trop vite à son goût mais qui lui disait qu’il ne s’était pas également blessé en posant sa tête contre le sol ? Après tout, étant donné la douleur émanant de son bras, un choc plus minime à la tête aurait parfaitement pu passer inaperçu.

Par pur instinct, il s’apprêtait donc à porter sa main à l’arrière de sa tête pour vérifier qu’il n’avait pas de bosse mais, ses capacités étant diminuées, il ne réalisa pas qu’essayer de bouger son bras dominant, désormais réduit à l’état de membre inutile n’était pas la plus brillante des idées. Il poussa donc un grognement de douleur fort peu distingué et sa vision s’obscurcit un instant. Il reprit néanmoins bien vite ses esprits et tenta de fixer son regard sur la Médicomage pour lui préciser – savait-on jamais des fois qu’elle ait pu le louper !


-Par contre, je suis certain d’avoir reçu un choc au bras.

Il agita même son bras valide dans un geste idiot destiné à appuyer ses propos qui, s’il avait été dans son état normal, l’aurait mortifié. Nous dirons néanmoins pour sa défense qu’il avait pour le coup quelques circonstances atténuantes.
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  • Hayden Rosenheart
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MessageSujet: Re: Le travail en équipe c'est complètement surfait [Hayden]   Mer 18 Déc - 23:15:22

Il avait vomit dans le hall, semblait un peu confus, et après examen, la jeune médicomage avait constaté que ses pupilles étaient très légèrement dilatées. Il souffrait donc, en plus de son bras, d'une petite commotion. Rien de bien embêtant à ce stade : tout ce qu'il risquait, c'était un gentil mal de crâne demain matin au réveil.

« N'essayez pas de bou… » commença t-elle en le voyant s'agiter sur le brancard. « ger… » mais sa mise en garde arriva une seconde trop tard.
En l'entendant gémir de douleur après sa tentative de mouvement avortée, elle se recula du brancard et ouvrit les placards se trouvant derrière elle. Elle en sortit un plateau métallique sur lequel elle déposa quelques fioles bigarrées et plusieurs petits bocaux qui pourraient éventuellement lui être utile par la suite. En agissant ainsi, méthodiquement, elle évitait de faire quinze aller-retour entre son patient et les différents objets dont elle aurait besoin pour le soigner.

« Je vais vous donner une potion analgésique. Ça devrait faire effet en quelques minutes. Ça ne fera pas de miracle, mais ça devrait rendre la douleur supportable. »

Elle attrapa une petite fiole emplit d'un liquide vert pâle qu'elle secoua quelques instants avant d'en ôter le bouchon. Passant précautionneusement une main sous la nuque du jeune homme, elle le releva légèrement et l'aida à ingurgiter la totalité de la potion. Potion terriblement efficace d'ailleurs, malgré son goût très amer. Elle reposa sa tête sur le brancard, veillant bien à ne pas faire de geste brusque. Le patient présentait tous les signes d'une commotion cérébrale légère, et tout mouvement trop rapide aurait pu lui occasionner de léger maux de tête.
La jeune médicomage n'avait détecté aucune plaie, ni aucune bosse sur le crâne du blessé, ce qui signifiait que le jeune homme avait chuté de tout son poids sur son avant bras, évitant ainsi une dangereux collision entre sa tête et le sol. La commotion devait résulter d'une secousse trop violente en moment de l'impact. Car le casse-cou allongé sur le brancard avait forcément fait une belle dégringolade! Les fractures au niveau de l'avant-bras arrivaient fréquemment lorsqu'une personne se retrouvait mains au sol au moment d'une chute.
En général, ce genre de blessure était plus facile à soigner. C'était extrêmement douloureux, mais en présence d'un médicomage compétent, la fracture pouvait être résorbée en quelques minutes. Malheureusement pour le jeune homme, au vu de l'hématome et de la déformation de son bras qu'elle percevait à travers sa manche déchirée, cela prendrait peut-être un peu plus de temps ! Mais Hayden fut tiré de ses pensées par la pique que lui lança le brun et lui jeta un regard de biais.


« Vous n'avez pas perdu votre sens de l'humour à ce que je vois. » marmonna t-elle en levant les yeux au ciel. « Votre bras qui zigzague, j'en fais mon affaire, mais je préférerais ne pas vous laisser rentrer chez vous avec une commotion cérébrale non diagnostiquée. »

La jeune blonde était bien obligée d'admettre que le patient n'était plus tout à fait lui-même à cause de la douleur et de la commotion, et pourtant, elle ne pouvait s'empêcher de se sentir agacée par ses dernières paroles. Non mais pour qui il se prenait à lui parler un dédain aussi clairement affiché ? Il n'allait pas lui apprendre son boulot non plus ! Elle inspira un grand coup, comme pour se remettre les idées en place. Elle devait vraiment être épuisée pour réagir ainsi à une pique gentillette qui, d'ordinaire, l'aurait d'avantage amusée qu'énervée.
Elle attrapa sa baguette et, d'un geste délicat, traça une ligne imaginaire sur la manche de son patient afin de la découper et ainsi, exposer la peau nue à son œil inquisiteur. Vu de près, l'hématome était encore moins beau à voir. Elle jeta la bandelette de tissus sur son plateau et inspecta avec minutie le bras du blessé. Probablement une double fracture. Et vu la forme, l'un de ses os était surement déplacé, ce qui ne lui faciliterait pas la tâche.
Elle posa à nouveau sa baguette sur le jeune homme, au niveau du poignet.


« Ne bougez pas votre bras, ça ne sera pas long. Il faut que j'examine votre fracture, après je pourrais entamer la procédure de soin. »

Baissant la tête, elle se concentra sur sa tâche et marmonna un sortilège de révélation. Lentement, et en prenant garde à ne pas exercer trop de pression sur la blessure de son patient, la jeune femme commença à faire remonter la baguette le long de son bras. Grâce à ce sortilège, elle pouvait clairement se rendre compte de l'état de ses os, peut-être même mieux que si elle lui avait charcuté le bras pour y voir à l'intérieur.

« Comment vous êtes vous fait ça ? Vous avez glissé sur une bavboule ? » minauda t-elle, bien consciente que se moquer d'un patient n'était pas très déontologique, sans pour autant lever les yeux de son bras.
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  • Nikolaï M. Dmitriev
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MessageSujet: Re: Le travail en équipe c'est complètement surfait [Hayden]   Sam 21 Déc - 9:55:49

La potion avait un goût atroce. Rien de nouveau sous le soleil la pluie londonienne. Toute potion digne de ce nom se révélait le plus souvent posséder une saveur répulsive de premier choix. Pour la simple et bonne raison que la plupart des ingrédients étaient des petites choses fragiles, non destinées à se mélanger avec des additifs de goût sans résultat catastrophique pour l’efficacité finale de la potion. Alors, bien entendu, si se fonder uniquement sur cette conclusion pour en déduire qu’une potion était réussie lorsqu’elle était vomitive était d’une naïveté sans nom, ce n’était pas pour autant une raison pour paniquer lorsque la fiole que vous veniez d’avaler vous laissait un arrière-goût amer. Au contraire, c’était en règle générale plutôt bon signe. Ce qui, malheureusement, ne signifiait pas pour autant que ç’en fût une expérience que l’on souhaitât répéter régulièrement.

Nikolaï se sentit donc faire une moue dégoûtée tandis que le liquide coulait doucement dans son gosier. Il se retint néanmoins de faire la moindre remarque, sachant qu’il serait bien reconnaissant à la jeune Médicomage de son aide dans quelques minutes. Car, miracle ou non, si la potion qu’il venait d’ingurgiter pouvait l’aider à ramener la douleur émanant de son avant-bras à des niveaux acceptables, c’était déjà amplement suffisant. Ne serait-ce que parce que ça lui éviterait de ressortir des énormités grosses comme lui. En effet, lorsque la Médicomage lui fit comprendre de manière polie que sa remarque de tantôt sur l’état de son bras était légèrement déplacée, il se sentit comme le dernier des crétins. C’était après tout une chose de lancer une pique ou deux à des connaissances dans un cadre intimiste, ç’en était une toute autre de remettre en doute – pour aussi involontaire que cela eût été pour le coup – les capacités médicomagiques de la Guérisseuse en charge de le remettre d’aplomb. Il remercia donc les Cieux lorsque la jeune femme s’intéressa de nouveau à son bras puisque cela lui évita l’humiliation supplémentaire qu’aurait pu lui causer la rougeur qui s’était emparée de ses joues pâles si la jolie blonde l’avait remarquée.

Il se contenta donc de rester immobile tandis qu’elle lançait son diagnostic, profitant déjà en partie des effets de la potion analgésique. En effet, il était certain que sans cela, le moindre frôlement sur sa blessure l’aurait fait hurler de douleur ou, de manière plus réaliste étant donné son état de conscience limitée jusqu’alors, l’aurait probablement envoyé pour de bon dans le pays des rêves. A la place, il ne ressentait qu’une légère gêne tandis que la baguette de la Médicomage caressait doucement son avant-bras. C’était un tel soulagement comparé à quelques minutes auparavant qu’il laissa involontairement s’échapper un petit soupir de contentement. Ce dernier ne dura néanmoins pas bien longtemps car la question qui lui fut posée fit remonter à la surface tous ses mauvais souvenirs.

La tronche d’abruti hautain de Gwynfor s’imposa ainsi à son esprit et tout son corps se tendit sous la rage qui s’empara de nouveau de lui. Cela lui causa bien évidemment une nouvelle gêne au niveau du bras et il s’obligea – par pure force de volonté – à se calmer. Cela ne servait à rien de s’énerver ici alors que Gwynfor n’était pas à proximité pour se défouler. Il aurait tout le temps de remettre ce crétin à sa place la prochaine fois qu’il le recroiserait dans les couloirs du Département. Ou, plus précisément, lorsqu’il mettrait enfin la main sur lui, car il n’allait pas laisser au hasard sa vengeance. Il allait chercher le Gallois dès son retour et, une fois qu’il en aurait fini avec lui, Gwynfor y repenserait à deux fois avant de chercher à se mettre en avant sans penser aux personnes autour. Oh que oui !

Une fois calmé, il n’en oublia néanmoins pas pour autant qu’il n’avait toujours pas répondu à la Médicomage et, prenant sur lui, pour ne pas trop laisser transparaître son énervement, il déclara un peu trop mécaniquement pour que ce soit normal.


-Pas exactement.

Il prit ensuite une inspiration posée pour honorer sa guérisseuse d’une réponse quelque peu plus développée sans pour autant laisser ressortir toute sa rancœur.

-Vous avez déjà subi le souffle d’un sortilège d’Explosion lancé par un idiot en manque de gloire ? Moi oui. Rajoutez à ça que ledit idiot était censé vous protéger d’un Charme du Bouclier digne de ce nom, mais que tout à son sortilège d’attaque, ça lui est sorti de l’esprit et vous avez le résultat devant vous. Un sorcier pris par surprise, incapable de se protéger lui-même à temps, avec un avant-bras en charpie et des envies de meurtre.

Bon cette dernière partie, il aurait probablement dû se la garder pour lui, mais tout à son énervement, c’était sorti tout seul. Et ce qui finissait de le mettre hors de lui c’était que son Protego à lui avait fonctionné correctement. En effet, ce n’était que lorsqu’il s’était senti propulsé dans les airs par le souffle de l’explosion qu’il avait perdu le contrôle de son sortilège. Autrement dit, à tous les coups Gwynfor avait évité le plus gros des dégâts. Pire même, il était à coup sûr dans un état suffisamment bon pour avoir évité de rejoindre Nikolaï et la malheureuse équipe adverse à Sainte-Mangouste. Il aurait dû pourtant savoir que les connards s’en sortaient toujours mieux que les autres. D’ailleurs, en parlant d’autres, désormais que ses propres problèmes semblaient en voie de résolution, il se rappela enfin qu’il n’était pas arrivé seul et se sentit légèrement coupable de ne pas avoir demandé de nouvelles des autres patients. Il n’était certes pas directement la cause de leur état, mais il n’en restait pas moins que c’était son incompétent de partenaire qui les avait mis dans leur état actuel, il interrogea donc la Médicomage, sans grand espoir de réponse à vrai dire.

-D’ailleurs, vous savez ce qui est arrivé aux deux autres personnes qui sont arrivées avec moi ?

Parce que de son côté, à part savoir qu’ils devaient être mal en point, ses connaissances s’arrêtaient là.
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  • Hayden Rosenheart
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MessageSujet: Re: Le travail en équipe c'est complètement surfait [Hayden]   Sam 21 Déc - 17:53:48

Hayden se morigéna toute seule en sentant le patient se raidir après qu'elle eut finit de parler. Etait-ce le fait de repenser à ce qui lui était arrivé ? Ou bien n'était-il tout simplement pas réceptif au genre d'humour qu'avait développé la jeune femme ? Probablement un peu des deux. De toute façon, la blonde n'avait jamais été considérée comme une grande marrante, et n'était pas reconnue pour son sens de l'humour, c'était même plutôt le contraire. La fatigue qu'elle ressentait la faisait agir et réagir de manière un peu inattendue ! Elle grimaça discrètement en entendant son patient lui expliquer qu'un petit rigolo en mal de sensations fortes était responsable de son état. Effectivement, ce dernier ne l'avait pas loupé. Mais pourquoi s'était-il volontairement prêté à ce genre d'exercice stupide ? Elle repensa alors à l'homme plus âgé qui les avait amené jusqu'à Sainte Mangouste.

« C'est en rapport avec votre travail ? On peut dire que vous avez eu de la chance ! » répondit la jeune femme en relevant les yeux vers lui. « Votre bras est, certes, bien amoché, mais vous avez échappé au pire. »

En effet, lors de ce genre d'accident, les blessures pouvaient se révéler beaucoup plus grave. Même si la remise en place de son bras serait désagréable, cela ne resterait qu'un mauvais moment à passer, et dans quelques jours, son corps ne porterait plus aucune trace de cette agression plus surprenante que brutale. Il serait bien sûr dans l'obligation de ménager un peu son bras pendant un ou deux jours après le retrait de l'atèle, mais ça n'irait pas plus loin, il ne resterait pas handicapé dans ses mouvements bien longtemps.
En passant au dessus de l'hématome se situant sur l'avant bras du patient, la jeune femme fronça les sourcils et se mordit la lèvre inférieure, signe chez elle de grande concentration. Le jeune homme souffrait d'une double fracture, et malheureusement pour lui, les deux os semblaient déplacés : en particulier le radius, qui était responsable, dans sa position actuelle, de l'angle tout à fait étrange de son bras. La voix du brun dissipa très légèrement son attention et elle se redressa légèrement pour l'écouter.


« Leurs blessures semblaient à première vue un peu plus grave que la votre. Je suppose que l'homme responsable de ce sortilège d'explosion les visait plus ou moins directement. » l'informa posément Hayden. « Toutefois, il est inutile de vous inquiéter, ils sont entre de bonnes mains. Ils seront sur pieds en un rien de temps, tout comme vous. »
De ce qu'elle avait pu voir, les deux autres blessés étaient plus mal en point que le jeune brun, mais sans auscultation préalable, elle ne pouvait pas lui donner plus d'information. Elle était plutôt douée dans ce qu'elle faisait, et elle aimait ce métier qui avait toujours été pour elle une vocation, mais elle n'avait pas encore développé le don d'effectuer un bilan médical d'un simple coup d'œil.  Ce qui serait, soit dit en passant, quelque chose de très pratique ! Le premier, arrivé presque inconscient, avait l'arcade ouverte et probablement plusieurs côtes cassées, au vu de la position dans laquelle il était arrivé. Le second, incapable de bouger la tête, souffrait probablement d'un traumatisme cervical. Toutefois, à en juger par la violence qu'avait généré le sortilège explosif, la liste de ces blessures n'étaient surement pas exhaustive.
« Par ailleurs, vu votre état, je vous déconseille de chercher à mettre une correction à l'imbécile qui vous a mis dans cet état, vous ne feriez qu'aggraver les choses. Si vous vous tenez tranquille, dans trois jours ce sera de l'histoire ancienne et vous pourrez reprendre vos activités. »

Laissant courir sa baguette avec légèreté le long des deux fractures, la jeune femme étudiait leur position et leur degré de gravité. Ils étaient trop déplacés pour qu'elle puisse remettre le tout en place d'un sort bien placé et maitrisé, elle risquerait de faire d'avantage de dégâts que d'améliorations. Effectuer la procédure complète serait plus long, mais moins douloureux pour le patient, et plus sûr pour le médicomage. Elle ne pouvait pas tâtonner au hasard et risquer d'aggraver l'état du bras de son patient.
Elle n'oublierait jamais le jour où elle avait vu pour la première fois un médicomage rater un sortilège permettant de ressouder les os. Ce dernier l'avait pratiqué sans donné la moindre potion à son patient, et Hayden ressentait encore des frissons d'horreur courir le long de son dos lorsqu'elle repensait au craquement qu'avaient produit les os en se brisant l'un contre l'autre.


« Vous souffrez d'une fracture des deux os de l'avant-bras. » expliqua la jeune blonde en reposant sa baguette. « En plus d'être fracturé, votre radius - c'est l'os qui fait le lien entre l'avant-bras et la main, est complètement déplacé, ce qui explique la déformation. Pour le cubitus, ça sera plus simple. Le déplacement est minime. »
Certains médicomages travaillant au service des urgences des accidents matériels finissaient par sacrifier l'efficacité sur l'autel de la rapidité : Vite fait, bien fait. Il ne fallait pas perdre de temps, et, sans se soucier de complètement déshumaniser le patient, ils soignaient les blessures à tour de bras comme s'il s'agissait d'un travail à la chaîne. Ils ne faisaient pas l'effort de rendre les soins un peu moins impersonnels. Si Campbell s'était trouvé à la place d'Hayden, il aurait surement conseillé au jeune patient de serrer les dents et lui aurait remis les os en place d'un coup de baguette. Premièrement, cela provoquait des douleurs complètement insoutenables et fragilisait l'os pour plusieurs semaines, et en plus, le risque que de petits morceaux d'os se rompent lors de la manoeuvre était trop grand.
« La potion analgésique a-t-elle fait effet ? Comment situeriez-vous la douleur sur une échelle de 1 à 10 monsieur… Monsieur ? »

Elle allait devoir manipuler son bras avec un peu plus d'insistance que tout à l'heure, alors elle avait besoin de savoir dans quel état le patient se trouvait, et si il était prêt à passer à la suite. Certaines personnes étaient plus douillettes que d'autres, et Hayden ne voulait pas de mauvaises surprises. Un jour, alors qu'elle effectuait ce genre de soin sur un homme d'une quarantaine d'année, ce dernier avait manqué de lui broyer la main sous le coup de la douleur. Maintenant, elle préférait prendre ses précautions.
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  • Nikolaï M. Dmitriev
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MessageSujet: Re: Le travail en équipe c'est complètement surfait [Hayden]   Lun 30 Déc - 10:28:12

-Absolument, j’ai un chef aux idées farfelues. Il a des méthodes … originales, déclara-t-il sur le ton fatigué et légèrement blasé de l’adulte décrivant un enfant particulièrement difficile. Selon lui, déposer votre défense dans les mains d’un partenaire inconnu est la meilleure façon d’obliger deux personnes à travailler ensemble.

Il allait sans dire que le Russe ne partageait nullement ce point de vue des plus extrêmes et pourtant il avait été formé à bonne école, ayant participé aux cours de Duel de William McCarter - connu pour ses méthodes « vigoureuses » - pendant l’intégralité de son séjour entre les murs de Poudlard. Néanmoins, trop c’était trop. Pour autant qu’il eût aimé les classes de l’Auror dont l’originalité compensait la touche de folie, O’Burgh semblait ne pas connaître de limites. Sa situation présente le démontrait. Il espérait d’ailleurs que le fiasco remonterait jusqu’aux oreilles de Marilyn Striker, leur supérieure à tous, car elle semblait bien être la seule capable d’inculquer un minimum de bon sens à O’Burgh. Enfin, il ne comptait pas trop dessus, sachant pertinemment que la Directrice de la Brigade de Police Magique avait des affaires bien plus urgentes à traiter que les excès d’un de ses formateurs.

Il laissa par conséquent la question de côté, ayant appris dès son plus jeune âge à ne pas nager contre le courant lorsque cela n’en valait pas la peine. Se laisser porter était bien plus productif. En l’occurrence, il était plus important de s’enquérir de la santé de ses camarades de promotion, ce qu’il fit. La réponse de la Médicomage calma ainsi ses plus grosses inquiétudes : malgré l’étendue des dégâts, leurs infortunés adversaires n’en garderaient pas de séquelles durables. A part probablement une haine farouche de Gwynfor s’ils étaient rancuniers, mais il ne pouvait pas tellement leur en vouloir étant donné son propre énervement. Il fit d’ailleurs la moue lorsqu’il se fit morigéner, ressemblant certainement à un enfant à qui l’on refuse son jouet préféré. Mûrir n’avait définitivement pas que des avantages. Il était si facile de faire passer une bagarre d’enfants pour un accident sans conséquences, mais lorsque vous atteigniez la majorité tout changeait. Et dire que, plus jeune, il n’avait pas la carrure pour se battre et que maintenant qu’il l’avait, il n’en avait plus le droit, la vie était franchement mal faite !

Il se reprit cependant bien vite, heureux de savoir qu’il ne serait pas handicapé plus de trois jours, il s’était attendu à pire, incapable de déterminer lui-même la gravité de sa blessure. Il adressa en conséquence un sourire de remerciement à la jeune femme. Enfin, le sourire était-il pour elle ou non, il n’aurait su le dire, mais étant donné qu’il l’avait adressé dans sa direction, il ne se vexerait pas si elle le considérait comme sien. Surtout que désormais que la potion analgésique commençait à faire son effet, il réussissait à se concentrer sur autre chose que la douleur émanant de son avant-bras et il put constater qu’il était loin d’avoir tiré le mauvais lot en termes de soignante. La Médicomage avait une silhouette des plus agréables à regarder. Rien qui le détourne des formes affriolantes d’Arabella - surtout qu’il constatait sans difficulté la différence d’âge et doutait fortement de pouvoir intéresser une femme plus mature que lui, même s’il l’avait voulu - mais quitte à être soigné par une femme, il n’allait pas de plaindre qu’elle soit jolie !

La question suivante de la charmante créature l’amena néanmoins à délaisser ses observations pour réfléchir une seconde. De combien de degrés était descendue la douleur depuis qu’il avait avalé la potion ? S’il était arrivé à 8-9, il dirait probablement qu’il était désormais à 5-6. Il ressentait encore une douleur lancinante, comme si son bras était encaissé dans un étui produisant de la chaleur, puis du froid, puis de nouveau de la chaleur et ainsi indéfiniment. Mais comparé à la douleur insoutenable quelques minutes auparavant, il était capable de réflexion raisonnée, ce qui était déjà une amélioration des plus notables.


-Nikolaï Dmitriev, Miss ?

Bah oui, il était normal qu’il lui renvoie la question, non ? Elle ne portait nulle étiquette qui aurait pu le mettre sur la bonne piste et il voulait au moins savoir qui il allait devoir remercier en sortant. D’ailleurs, il se demanda un instant si elle l’avait choppé au moment de prendre son tour de garde ce qui expliquerait qu’elle n’ait pas eu le temps de se changer. Il se sentit d’ailleurs bêtement orgueilleux d’être le patient d’une Médicomage si dévouée et se morigéna une fois de plus pour avoir mis en doute les capacités de la jeune femme lorsque les seules en veille sur le moment étaient les siennes.


-Et je dirais que la douleur se situe entre 5-6. La potion a très bien marché, merci.

Il préférait le dire maintenant avant qu’elle ne commence la procédure réellement et qu’il ne se retrouve à devoir serrer les dents pour retenir des grognements de douleur. Car, il n’était pas idiot, maintenant qu’elle avait fini de lui expliquer son état, elle allait commencer les différents étapes à suivre et quelque chose lui disait que potion analgésique ou non, il allait douiller Après tout, même un 5 sur 10 était loin d’être négligeable et la douleur allait probablement augmenter lorsqu’elle commencerait à manipuler son bras. Enfin, c’était pour un résultat meilleur, il saurait donc tenir. Il avait été à bonne école depuis sa plus tendre enfance, son père et son frère ne connaissant ni l’un ni l’autre le sens du mot retenue lorsqu’ils décidaient de lui mettre une correction.

D’ailleurs, maintenant qu’il y réfléchissait, il espérait que la belle Médicomage était trop prise par son travail pour suivre l’actualité de trop près car il craignait que sinon, la découverte de son nom de famille ne cause quelques tensions après le scandale qui avait mené à l’arrestation de son père déjà deux ans auparavant. Quoiqu’en deux ans, tout le monde finissait par oublier. Deux ans … maintenant qu’il réalisait c’était une éternité rapportée à ses maigres dix-huit. Deux ans qu’il n’avait pas vu Mikhail. Et le pire à réaliser, c’était qu’il n’en ressentait aucun manque…


[Hj : Enfin, j’ai trouvé un moment où caser ta réponse, en espérant qu’elle te plaise Yeux]
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MessageSujet: Re: Le travail en équipe c'est complètement surfait [Hayden]   Jeu 27 Fév - 1:00:03

Hayden reposa délicatement le bras de son patient, prenant bien garde à ne pas le malmener plus qu'il n'était nécessaire. Même si elle lui avait administré une potion anti douleur, réputée pour son action rapide et efficace, il était clair que le jeune homme n'allait pas se porter comme un charme quelques minutes seulement après l'ingestion. Si elle rendait l'élancement supportable, elle ne le supprimait évidemment pas totalement, ça aurait été franchement trop beau pour être vrai. La jeune médicomage, en tant que sang-mêlé, avait eu l'occasion de constater les différences entre la médecine sorcière et la médecine moldue. Toutefois, elle avait vite compris que la magie − contrairement à la croyance populaire − ne faisait pas de miracle.
En même temps, pensa t-elle avec un sourire, si tout le monde pouvait se soigner d'un simple coup de baguette après avoir trouvé la formule adéquate donc un quelconque livre de soins, les médicomages ne seraient plus d'aucune utilité à personne. Les gens avaient parfois tendance à croire qu'il suffisait de connaître un sort pour pouvoir le pratiquer sans problème. D'ailleurs, beaucoup de patients se présentant au service des urgences de Sainte Mangouste s'y retrouvait après avoir tenté de se soigner eux-mêmes. En plus d'aggraver leur état, il compliquait d'autant plus la tâche de leur soignant.

«
Hayden Rosenheart. J'ajouterais bien que je suis enchantée de faire votre connaissance, mais dans de telles circonstances, ce serait probablement malvenu de ma part. » répondit la jeune blonde avec un sourire pour son patient. « Et excusez moi pour la tenue très peu réglementaire, je m'apprêtais à rentrer chez moi lorsque vous êtes arrivés. »

Elle savait bien qu'elle n'avait en aucun cas à se justifier devant son patient pour son accoutrement pas vraiment conventionnel pour un médicomage, mais il aurait été normal qu'il se pose des questions. Après tout, encore sous le choc de la douleur, il s'était vu conduit à travers les couloirs de l'hôpital par une inconnue qui, de par sa tenue, ne ressemblait en rien au personnel de l'hôpital. Elle était bien forcée de reconnaître que ce Nikolaï, malgré l'air bourru qu'il avait affiché au premier abord, était un patient des plus faciles. Le genre de patient qu'Hayden aurait aimé avoir plus souvent d'ailleurs. Malgré la situation un peu étrange, à aucun moment il n'avait fait de difficulté.
Si la jeune blonde avait l'habitude d'avoir affaire à des patients imbuvables, elle n'en trouvait pas cela moins agaçant pour autant. Elle ne faisait après tout que son métier, ce qui n'empêchait pas certains malades de se montrer vraiment antipathiques. Ils étaient blessés, ou malade, certains gravement, et ils déchargeaient leur peur, leur colère et leur indignation sur les premières personnes qui leur passaient sous la main. Parfois, la médicomage était contrariée d'être traitée de la sorte − elle était là pour les soigner, pas pour saisir leur maison − mais la plupart du temps, elle arrivait à ne pas y faire trop attention.

«
5 à 6 vous dites ? » demanda Hayden en se levant de son tabouret. « Je vais vous appliquer un cataplasme au niveau de la fracture. Ça ne devrait pas être trop douloureux, et cela aura pour effet de ramollir légèrement les os brisés, de les rendre plus malléables. Cela facilitera la remise en place… Et réduira considérablement la douleur lorsque je ressouderai le tout ! »
Depuis qu'elle exerçait la profession de médicomage, la jolie blonde avait prit l'habitude d'expliquer en détail à chaque patient la manière dont elle allait les soigner. Lorsque les gens étaient au courant de ce qui les attendaient, ils étaient plus sereins face aux techniques de soins déployés sur leur blessure, moins tendus. Là où certains se contentaient de faire leur travail sans trop se soucier de tenir au courant les patients, la jeune femme, au contraire, aimait discuter un peu avec eux, et surtout les tenir au courant de la procédure employée. Parfois, cela les intéressait, parfois pas, mais dans la plupart des cas, cela les rassurait. Et puis, pour Hayden, entretenir le dialogue avec les blessés et les malades rendaient les consultations beaucoup moins impersonnelles.
«
Dans tous les cas, vous ne devriez pas trop souffrir. Le temps que je prépare tout ça et que je vous l'applique, la potion analgésique aura continuer de faire effet. Dans l'idéal, je préférais attendre que la douleur soit passée à 3 ou moins. Ce sera plus facile, pour vous comme pour moi ! »

La blondinette adressa un sourire engageant à son patient et se mit à farfouiller dans les placards à la recherche de tout ce dont elle aurait besoin pour le remettre sur pied au plus vite. Après quelques secondes de recherche, après avoir poussé et repoussé toute sorte de flacons étranges, elle finit enfin par en sortir deux bocaux et une fiole au contenu violet et visqueux. Elle sortit un récipient et revint s'installer près de son patient. Concentrée afin de ne pas se tromper dans les dosages − le jeune homme n'apprécierait surement de se retrouver avec un bras aussi mou que de la guimauve bien travaillée − elle préférait tout de même revenir à ses côtés plutôt que lui tourner le dos. Même si elle ne parlait pas, c'était toujours plus agréable, et puis Dmitriev avait ainsi l'occasion de voir ce qu'elle fabriquait.
Elle versa une sorte de crème blanchâtre issue du premier bocal dans le récipient, à laquelle elle ajouta une poudre d'un bleu foncé presque noir. Elle fit tomber deux gouttes de la matière violette sur le tout et mélangea énergiquement jusqu'à ce que tout le cataplasme prenne une consistance similaire. Elle attrapa une paire de gant en latex et les enfila prestement.

«
La première fois que j'ai appliqué ce cataplasme sur un patient, j'avais oublié de mettre des gants. Je vous laisse imaginer l'état de mes mains à la fin de l'intervention ! » expliqua la jeune femme avec un petit rire avant de lui reprendre doucement le bras. « Vous allez sentir une sorte de fourmillement dans tout l'avant bras, c'est normal. »
Et sur ces dernières explications, la jeune blonde se mit consciencieusement au travail, guettant la moindre réaction de son patient à chaque fois qu'elle posait les mains sur sa blessure.
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MessageSujet: Re: Le travail en équipe c'est complètement surfait [Hayden]   Dim 2 Mar - 19:11:54

La remarque taquine de la jeune femme amena un sourire amusé sur les lèvres du Russe qui ne put réprimer son tempérament provocateur et renchérit, une lueur malicieuse dans les yeux :

-Effectivement, si je ne peux que me réjouir d’avoir atterri entre des mains si dévouées, je n’aurais néanmoins pas poussé le vice jusqu’à me blesser volontairement pour faire votre connaissance, aussi agréable se révèle-t-elle désormais que mes capacités mentales ne sont plus obstruées par la douleur et l’énervement. Je suis bon nombre de choses certes, mais pas encore masochiste.

Bien au contraire. Une enfance passée à rencontrer poings et autres sorts du même calibre sur son chemin avait provoqué chez lui un dégoût profond pour toute douleur inutile. Il se faisait ainsi un devoir de refuser tous les défis idiots que les garçons de son âge se lançaient en permanence pour tester leur virilité. Souffrir pour une bonne cause, autrement dit dans le cadre de son travail ou pour aider quelqu’un d’autre, cela ne lui posait aucun problème. Se blesser pour la gloire par contre, très peu pour lui. Il avait son lot de souvenirs violents et ne comptait rien faire pour en rajouter d’autres inutilement.

Il accueillit par conséquence avec un soulagement non dissimulé l’annonce que la potion allait continuer à faire effet dans les minutes qui suivraient. Quant à l’application du cataplasme, si les détails techniques lui parurent quelque peu complexes pour en suivre la totalité, il en comprit suffisamment pour déterminer qu’il s’agissait d’une excellente nouvelle. Toute action réduisant son seuil de douleur était la bienvenue. Il réalisa d’ailleurs que tandis que la Médicomage lui expliquait le processus qu’elle allait désormais suivre, la potion avait continué son travail sans qu’il s’en rende seulement compte. Pourtant, force était de constater qu’il était désormais à quatre, voire peut-être même trois. En tous les cas, un chiffre suffisamment bas pour pouvoir faire attraction de son bras tandis qu’il était concentré sur autre chose, en l’occurrence les paroles de sa guérisseuse.

Il se laissa donc approcher tout en laissant échapper un léger rire en imaginant l’état dans lequel avait dû se retrouver la pauvre Miss Rosenheart lors de sa première intervention en la matière. Il se représentait la scène sans difficulté, ayant toujours eu une imagination des plus débordantes. Une Hayden quelque peu plus jeune, un peu moins expérimentée, cherchant à attraper un pot pour arranger son état mais voyant celui-ci lui échapper à cause de la non-consistance de ses paumes. Une image des plus comiques. Il calma néanmoins bien vite ses ardeurs, ne désirant pas indisposer la jeune femme en riant plus que nécessaire. Sans compter qu’il n’était de toute façon pas le plus démonstratif des hommes en termes de sentiments.  

Il se reconcentra donc sur les actions de la jolie blonde, constatant sans surprise que les paroles de cette dernière étaient véridiques. La sensation du cataplasme sur sa peau était … étrange. Comme si on lui avait plongé l’avant-bras dans un récipient rempli de minuscules bestioles qui parcouraient désormais son épiderme. C’était avant tout inconfortable. Cela lui donnait envie de se gratter. Pourtant il se contint comme il put en relançant la conversation, meilleure façon selon lui de détourner son esprit du picotement incessant qui lui parcourait l’avant-bras.


-Est-il courant que vos journées se prolongent au-delà des horaires prévus ou suis-je un cas isolé et dois-je m’en considérer par conséquent chanceux ?, demanda-t-il ainsi, réellement curieux de savoir si le métier de Médicomage impliquait des horaires aussi instables que le prétendait la rumeur.

En effet, plusieurs de ses camarades de classe avaient fini par abandonner cette idée de carrière par peur des nuits interminables passées de garde et autres urgences de dernière minute. Ils, enfin surtout elles pour le coup, craignaient que cela ne finisse par affecter leur vie personnelle dans le futur, en particulier le jour où elles désireraient fonder une famille. Personnellement, il s’était fait la remarque qu’il s’agissait là d’une excuse facile pour laisser de côté une profession loin d’être aisée, demandant une formation rigoureuse et une attention constante, mais il avait bien entendu garder ses propos pour lui. Il y avait des vérités que personne n’avait envie d’entendre. Et celle qu’on manquait d’ambition ou tout bonnement de talent pour entreprendre un des métiers les plus difficiles que la société sorcière avait à offrir tombait sans aucun doute dans cette catégorie.
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  • Hayden Rosenheart
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MessageSujet: Re: Le travail en équipe c'est complètement surfait [Hayden]   Lun 3 Mar - 20:28:55

Comme à chaque fois que la jeune femme pratiquait ce genre d'intervention sur un patient, elle pu se rendre compte à la seconde près à partir de quel moment le cataplasme commença doucement à agir. C'était écrit sur le visage du jeune tireur de baguette d'élite. C'était une sensation plutôt inconfortable, et la plupart des gens que soignait Hayden dans le même cas ne pouvait s'empêcher de se gratter. Pas que ce soit carrément insupportable, mais assez en tout cas pour les indisposer. Le calme de Dmitriev n'étonna pourtant pas la médicomage, après tout, il s'était tenu tranquille depuis le début.

«
Au courant ? Très certainement. D'accord ? C'est déjà beaucoup moins évident. Disons que ce qu'il ne sait pas ne peut pas lui faire de tort. Et n'en fait d'ailleurs à personne ! » expliqua t-elle avec un petit sourire conspirateur en reposant son bras, la crème consciencieusement appliquée. « J'aime mon travail, et faire des heures supplémentaires ne me posent aucun problème, bien au contraire. Moi, je pratique, vous, vous récupérez votre bras, ce qui évite à mon chef de voir la salle d'attente des urgences déborder. Au final tout le monde est content. »
Une chance pour la jeune médicomage, son chef de service ne l'avait jamais prise sur le fait. Toutefois, ça n'était pas parce qu'il n'était jamais tombé sur elle en train de faire des heures supplémentaires non déclarées qu'il n'était pas au courant pour autant. Le médicomage-en-chef du service des accidents matériels était loin d'être quelqu'un de stupide, et il était tout bonnement impossible qu'il ne se soit rendu compte de rien. Enfin… Comme elle l'avait dit plus tôt, lui aussi devait y trouver son compte, et du moment qu'elle restait discrète… Nul doute, toutefois, qu'il l'habillerait pour l'hiver s'il la surprenait dans ce genre de situation. Il était certes gentil et compréhensif, presque paternel avec ses subordonnés, mais il ne fallait pas non plus pousser le bouchon trop loin. Sa position hiérarchique l'obligeait bien à sévir de temps en temps pour que tout le monde rentre dans le rang.
«
Par contre je ne vous cache pas que s'il me trouve en train de vous ressouder le bras clandestinement, il risque de me passer un sacré savon. »

Et il aurait mille fois raison de la réprimander sévèrement ! Elle n'avait rien à faire dans les locaux passé la fin de ses heures de service, et avait encore moins le droit de soigner qui que ce soit ! Déjà qu'elle jouait avec le feu en totalisant plus d'heures consécutives journalières qu'il n'était raisonnable… Si en plus elle se mettait à agir en électron libre, faisant peu de cas des recommandations et des ordres de son supérieur, elle finirait forcément par se faire remonter les bretelles. Enfin… Il était un peu tard pour avoir un cas de conscience ! Tant qu'elle faisait bien son boulot et qu'elle ne se faisait pas surprendre, tout irait pour le mieux.
Pendant les quelques minutes nécessaires au bon fonctionnement du cataplasme qu'elle avait appliqué sur le bras de son patient, Hayden en profita pour ranger un peu tout le fourbi autour d'elle. L'intervention touchait à sa fin, et il valait mieux tout remettre en ordre maintenant, histoire de ne pas perdre de temps et de pouvoir s'éclipser discrètement. Elle remit en place les différents bocaux et fioles qu'elle avait utilisé et remis la pièce dans l'état dans lequel elle l'avait trouvée. Même si, au final, le brancard devait rester dans la pièce, ça n'était pas grave. Personne ne ferait le lien avec elle. Il n'y avait aucune raison pour qu'on soupçonne quoi que ce soit. Elle revint avec un sourire vers Dmitriev.

«
Bon. On arrive à la partie la plus pénible de l'intervention. Je vais vous remettre les os en place. » expliqua la jeune femme. « Ça ne devrait pas être trop douloureux, mais ça n'a rien d'agréable pour autant ! »
La jeune blonde vérifia du bout du doigt si la crème avait correctement pénétrée dans le bras de son patient avant de retirer ses gants chirurgicaux pour les jeter dans une petite poubelle à côté. Maintenant qu'il n'en restait plus sur sa peau, elle pouvait recommencer à travailler sans s'embarrasser de protection inutile. Et puis elle était bien forcée d'avouer qu'elle détestait le contact du latex sur ses mains, c'était une sensation plutôt désagréable. Elle reprit rapidement possession de sa baguette et la passa silencieusement sur le bras du brun, afin de déterminer si elle pouvait ou non commencer à ressouder son bras. Elle fut ravie de constater que tout était en ordre et qu'elle pouvait commencer sans plus tergiverser.
«
Le cataplasme que je vous ai appliqué est très efficace, ça devrait être plutôt rapide. »

Elle lui adressa un regard encourageant, afin de lui assurer qu'il n'y avait au final vraiment pas de quoi fouetter un chat. Ressouder des os, quoiqu'en pensait la majorité des patients, provoquait plus de peur que de douleur. Avec les progrès de la médicomagie, il était rare que ce genre d'intervention provoque d'intolérable souffrance. A moins de tomber sur un incompétent bien entendu… Elle ricana intérieurement en pensant à son collègue Campbell, car faire les choses vite fait mal fait était tout  à fait son genre, ce qui agaçait prodigieusement la blonde.
Elle posa doucement sa baguette sur la blessure du brun et commença à tracer une ligne imaginaire sur celui-ci, replaçant doucement l'os responsable de la déformation du bras. Les lèvres pincées et les sourcils légèrement froncés sous le coup de la concentration, la médicomage réussi sans mal son entreprise. Lorsque les os furent à nouveau alignés les uns aux autres, et elle effectua un petit tour de poignet sec et, dans un petit craquement, le radius et le cubitus se ressoudèrent. Hayden esquissa un sourire satisfait et reposa sa baguette derrière elle, inspectant le bras de son patient.

«
Comment vous sentez-vous ? Aucune nouvelle douleur à signaler au niveau de l'avant bras ? » demanda Hayden en lui faisant délicatement bouger le bout des doigts pour en vérifier un à un le bon fonctionnement.

Tout s'était parfaitement déroulé, mais elle préférait tout de même demander. Elle n'était pas à l'abri d'une erreur, et le jeune homme était certainement le mieux placé pour savoir ce qu'il ressentait maintenant que ses os avaient retrouvés leur position habituelle.
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  • Nikolaï M. Dmitriev
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MessageSujet: Re: Le travail en équipe c'est complètement surfait [Hayden]   Jeu 6 Mar - 18:33:49

Ainsi la jolie Médicomage était une rebelle dans l’âme, trop accro à son travail pour laisser le moindre patient lui échapper, y compris une fois ses heures terminées ? Etrangement, alors qu’il ne l’aurait probablement pas deviné au premier abord, maintenant qu’il y repensait avec toutes les cartes en main, cela lui semblait assez logique. Elle avait l’air non seulement dévouée à sa tâche mais également impliquée dans ce qu’elle faisait, il en voulait pour exemple la façon dont elle était en train de s’occuper de lui. Au lieu de perdre patience après sa première impression pour le moins désagréable, elle avait gardé son calme, lui avait expliqué tranquillement la procédure qu’elle allait suivre et s’apprêtait désormais à le soigner avec un professionnalisme auquel personne n’aurait pu reprocher quoique ce fut. Il s’amusa donc à faussement la rassurer :

-Ne vous inquiétez pas, si votre supérieur venait à faire une entrée impromptue, je lui dirais que je vous ai fait des yeux de chiot battu en me tenant le bras et que vous n’avez pas pu résister à une scène aussi pathétique. Regardez, je suis très bon à ce petit jeu-là.

Aussitôt dit, aussitôt fait. Il s’empressa de concocter son air le plus misérable. Celui qui marchait si bien sur Lev quand il n’était pas encore plus haut que trois pommes mais qui depuis qu’il avait acquis un corps d’homme le rendait surtout on ne pouvait plus ridicule. D’ailleurs, il aurait juré que c’était l’ombre d’un sourire qu’il avait aperçu sur le faciès d’Hayden. Au cas où, il détourna le regard pour la laisser montrer son amusement en toute discrétion si elle le désirait et soupira dramatiquement.

-Aaaah, il semblerait que grandir n’a pas que des avantages. Je ne dois plus avoir autant de talent qu’avant. Il ne nous reste donc plus qu’à prier pour ne pas être découverts et cette opération restera ainsi notre petit secret, termina-t-il avec un sourire narquois.

La formulation était volontairement enfantine et hors de propos, histoire de laisser bien clair qu’il se contrefichait que la Guérisseuse ne soit pas exactement dans son bon droit sur le moment. Elle avait promis de le soigner et tout indiquait qu’elle était suffisamment compétente pour le faire, il ne demandait rien de plus. Il l’écouta donc attentivement lorsqu’elle eut fini de ranger les affaires dont elle avait eu besoin jusque-là et commença à lui expliquer la partie finale du processus, à savoir la soudure des os en elle-même. Il fut d’ailleurs plutôt content d’apprendre que cela ne serait pas long. Car à vrai dire pour autant qu’il eût reçu sa part de coups durant sa vie, il ne s’était jamais brisé aucun os et l’idée de se le voir ressouder n’était pas a priori des plus rassurantes.

Il ne put par conséquent s’empêcher de jeter un regard méfiant à la baguette de la blonde lorsque cette dernière la fit se déplacer le long de son épiderme. Pourtant, comme elle le lui avait promis, il ne ressentit aucune gêne. Certes, il avait senti ses os se déplacer à l’intérieur de son bras, mais comparé à l’envie de se gratter que le cataplasme lui avait provoqué ce n’était rien. Quant à la soudure en soi, la douleur fut forte mais éphémère, aussi vite apparue, aussi vite disparue. Très similaire à la sensation d’une épaule déboitée que l’on vous remettait en place. Car oui, avoir une épaule déboitée, ça il avait déjà donné. Plus d’une fois qui plus est. Bon deux fois à vrai dire, mais ça restait tujours plus qu’une.


-Comment vous sentez-vous ? Aucune nouvelle douleur à signaler au niveau de l'avant-bras ?
-Là, tout de suite, je vous répondrais non, mais laissez-moi faire quelques tests avant d’être positif dans mon affirmation.

Avec précaution, il commença donc par soulever délicatement son bras de l’accoudoir où il avait été posé durant toute la durée de l’opération. Puis, lorsque rien ne se passa, il s’enhardit jusqu’à plier tout doucement le bras. Enfin, prenant courage, il prit de la vitesse et tourna son membre dans tous les sens. Satisfait du résultat, il indiqua à la Médicomage qu’il allait se lever un instant et, lorsque ce fut fait, il s’empara de la poubelle de son bras précédemment en charpie et constata avec plaisir qu’il n’en éprouvait aucune difficulté. C’était comme s’il ne s’était jamais rien cassé. Bon, pour être complètement certain d’être rétabli, il aurait aimé tiré sa baguette et lancer un sort pour constater que ses réflexes étaient toujours en place, mais une salle d’opération n’était clairement pas l’endroit adéquat pour cela. Il se rassit donc et se tournant de nouveau vers Hayden lui adressa un sourire franc, un de ceux qu’il gardait inconsciemment pour les grandes occasions.

-Je suis comme neuf, merci pour tout. Je suis bien content que vous ayez désobéi aux ordres pour moi. Alors, si jamais vous vous retrouvez en mauvaise posture auprès de votre supérieur, je viendrais témoigner en votre défense c’est promis. Après tout, j’imagine qu’en sortant je vais devoir remplir un formulaire avec les informations pour me contacter au secrétariat.

Son sourire avait pris une teinte taquine sur la fin, sachant pertinemment que la parole d’un apprenti Tireur d’élite tout juste majeur ferait une belle jambe au supérieur de la belle Médicomage, mais c’était sa façon à lui de la remercier réellement. Car elle avait fait plus que simplement traiter ses blessures, il en était conscient, elle s’était assuré qu’il comprenne tout ce qu’elle lui faisait au fur et à mesure pour ne pas ajouter l’inquiétude à la douleur et pour cela il lui en était réellement reconnaissant. Or, il n’était normalement pas particulièrement enclin à cette émotion. Tout le contraire même.
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