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 Aïlin Bower – L'éternel recommencement.
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  • Aïlin Bower
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      Statut sanguin: Sang-Pur. Mère cracmole (tenu secret)
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MessageSujet: Aïlin Bower – L'éternel recommencement.   Sam 30 Nov - 16:06:44

Fiche d'état civilNom :  Bower
Prénom(s) : Aïlin
Âge :  24 ans
Date de naissance : 21 Mai 1980
Statut sanguin : Sorcier de Sang-Pur
Ville d'origine : Entre Leitrim et Sligo dans le Connaught
Habite au : Manoir Bower, entre Leitrim et Sligo, Connaught, Irlande.
Situation maritale : Célibataire
Enfant(s) : Aucun
Emploi actuel : Alchimiste


« Regarde-toi, Aïlin ! Tu n'es plus que l'ombre de toi-même ! Regarde ce que tu laisses derrière toi le soir, lorsque tu vas te coucher, et dont tu retrouves les cadavres le matin ! Regarde l'état du manoir ! Aïlin, réveille-toi ! »
Le tintement insupportable des bouteilles vides résonna contre les tympans de l'alchimiste. Il crispa le visage, fermant ses yeux rougis par l'alcool. Sa bouche était pâteuse, une migraine sourde roulait dans ses tempes et irradiait le reste de son corps. Celui-là était d'ailleurs raide, courbaturé, sans force. Son corps n'était que douleurs. Une boîte étriquée, usée de porter toute la souffrance d'un esprit surchargé par la culpabilité.
« Laisse-moi... J'ai besoin de dormir... »
La supplication était presque inaudible. La main d'Aïlin chercha quelque chose, tâtonnant le vide. Il ne savait lui-même quoi. Peut-être voulait-il éloigner de lui cette voix, cette ombre qui passait devant ses paupières closes en tentant sans succès de le mettre face à ses responsabilités.
« Deux bouteilles de whiskey, Aïlin ! Deux bouteilles ! Comment peux-tu boire autant en une nuit sans finir dans le coma ?! Regarde-moi ça... Tout prend la poussière, tu n'as même pas fait remplacer Jenny ! Est-ce que tu manges au moins ?
— Va-t-en... Par pitié, va-t-en... J'ai du travail.
— Du travail ! Non mais regarde-toi, tu n'es même pas en état d'ouvrir les yeux. Tu es minable Aïlin, minable ! Tu me fais honte. Je ne sais même pas pourquoi je m'échine à me préoccuper de ton état. Tu te fiches de ta propre santé, tu te fiches du reste du monde de toute façon ! Il n'y a que toi, toi et tes misérables petits maux qui comptent !
— Je t'avais dit de rester loin de moi... Va-t-en... »
Le claquement sec de talons frappa son crâne et il s'entendit gémir. On prit quelque chose à côté de lui, et l'horrible claquement s'éloigna.
« Oui, je m'en vais. Il n'y a que ça à faire de toute façon. Je pensais que tu irais mieux depuis, mais tu es de pire en pire au fil des mois. Tu veux que je te dise ? Si tu es aussi seul et malheureux, tu ne peux t'en prendre qu'à toi-même ! »

***

Ses yeux étaient rouges et ses gestes incertains, tandis qu'Aïlin lisait et relisait la missive envoyée par le Maître du Jeu. Cela faisait déjà trois jours qu'il avait reçu l'ordre d'intégrer la Leoni Corporation. Trois jours qu'il sortait, régulièrement, ce bout de parchemin de son bureau en se demandant ce qui allait encore être attendu de lui. On l'avait forcé à pousser Flemming à s'empoisonner sciemment. Il était évident qu'on s'attendait à ce qu'il prenne sa place et c'était avec des mots mielleux qu'on lui présentait la chose. Le Maître du Jeu savait vendre ses propositions. Il lui promettait, ni plus, ni moins, renommée, crédibilité scientifique et puissance politique. Lorsque le jeune homme avait lu cette missive, il n'avait pu s'empêcher de rire. Il avait même rit cinq bonnes minutes, sans pouvoir s'arracher à ce véritable fou-rire nerveux. On le prenait pour un imbécile, misant sur son désir de réhabiliter son nom ainsi que sur sa jeunesse, et il n'avait d'autres choix que jouer le jeu, faisant croire à sa stupidité.
À présent, il se sentait seulement abattu et désemparé. L'alcool dans lequel il se noyait depuis la mort de Flemming n'y changeait rien. La culpabilité restait aussi tenace ivre que sobre. Elle n'en était même que plus douloureuse dans ses moments de débauche. Et la culpabilité atteignait son paroxysme à présent qu'on lui demandait, ni plus, ni moins, d'entrer dans le rôle du bon samaritain qui s'allierait à la corporation pour chercher un remède à l'épidémie. Un remède qui n'avait de remède que le nom, puisque cela n'était qu'une vaste supercherie.
Il n'y avait qu'une origine à l'épidémie. Le Vitmagic, et il suffisait de ne pas en boire pour ne pas mourir. Mais on taisait cela, car le Maître du Jeu était bien décidé à profiter jusqu'à la lie de la peur de la population. Il y voyait certainement là un moyen de prendre un pouvoir tant social qu'économique, une belle opportunité de donner une seconde fois l'occasion aux bourses du bon peuple de s'ouvrir au profit de la Leoni Corp. Au moins Aïlin pouvait-il espérer sauver la vie de ceux qui semblaient déjà condamnés. Au moins avait-il en tête cette perspective pour alléger le poids de sa conscience.

***

La prestigieuse Université de Magie Avancée avait des allures de cimetière, ainsi vidée de ses étudiants et de ses professeurs. Le vaste parc était vide, l'automne tombait sur les arbres comme la misère tombait sur le monde sorcier. C'était mort, flétri, à l'image des occupants de la vaste bâtisse.
Bower rajusta sa longue écharpe noire, qui flottait au souffle d'une bise glacée. Son visage était aussi pâle et moribond que ceux des malades regroupés en quarantaine dans l'Université, si bien que les regards ne manquèrent pas de s'attarder sur l'alchimiste lorsqu'il entra et passa le hall. Son pas, pourtant, demeurait rapide et son allure digne. On murmura sur son passage, étonné de voir « le concurrent » pénétrer l'UMA, et une main finit par se poser sur son bras. Aïlin s'arrêta et tourna les yeux vers la jeune femme qui l'arrêtait. Des cernes rouges ourlaient le regard qu'il envoya à Lavande Brown. Une lueur d'inquiétude étincela dans les yeux de la médicomage en devenir, mais Bower éluda la question d'un sourire fade.
« Pas de question. Tu as l'air aussi fatiguée que moi, et nous savons tous deux pourquoi.
— ...Dis-moi que tu n'as pas été contaminé.
— Aucune chance. »
Aïlin se pencha vers la jeune femme, feignant de l'étreindre. Au lieu de quoi, sa main gantée glissa vers la poche de la blouse que portait la sorcière, et il y glissa le parchemin qu'il avait gardé camouflé sous la manche de sa robe de sorcier.
« Que ça ne sorte pas d'ici. Je ne t'ai jamais rien transmis. Excuse-moi maintenant, je dois voir quelqu'un. »

Aïlin passa la porte d'un ancien amphithéâtre transformé en véritable fourre-malades. Il y avait des lits partout, pour les adolescents et les enfants touchés par l'épidémie. Des volontaires allaient et venaient pour administrer les soins, nourrir, tenir compagnie. Aïlin évitait de s'attarder sur les visages des enfants touchés par le Syndrome de Déficience Magique. Il n'était pas responsable de cela, et pourtant, il se sentait coupable. Coupable, car se taisant, il cautionnait les actes du Damier. Coupable, car la pièce d'échiquier qu'il pouvait faire apparaître d'un simple sort, le cavalier, lui rappelait qu'il faisait parti de ceux qui avaient les mains souillées. Cela lui était d'autant plus insupportable qu'il savait un être cher à son cœur touché. D'ailleurs, le jeune homme s'arrêta finalement et passa le rideau fermé qui conférait un minimum d'intimité au patient. Une étudiante était là, posant un plateau déjeuner sur le trépied sommaire qui servait de table de chevet.
« Laissez-moi m'en occuper. »
La sorcière ne se fit pas prier. Il y avait assez à faire pour ne pas insister. Ôtant ses gants, Aïlin s'empara de la potion qu'on administrait aux malades afin d'amoindrir la fièvre et la versa dans un verre. Il y ajouta un sucre et touilla, avant de s'assoir sur le rebord du lit. Sa main caressa le front de l'adolescente et un sourire ourla ses lèvres.
« Bois ceci. »
Bower aida l'enfant à s'assoir sur le lit et la jeune sorcière s'adossa contre son buste, après une brève hésitation.
« Comment te sens-tu, aujourd'hui ?
— ...J'aimerais sortir d'ici.
— Bientôt, Ambrine. Tout va bientôt aller mieux, tu verras. ...Tu m'as demandé de la lecture, la semaine dernière, tu te souviens ? Celle-ci devrait au moins t'aider à trouver le sommeil, si cela ne t'intéresse pas. »
Avec un sourire, Aïlin sortit un petit livre ancien de la poche intérieure de sa cape, qu'il posa dans les mains de la jeune fille.
« Qu'est-ce que c'est ?
— De quoi satisfaire enfin ta curiosité concernant mon métier. »
C'était une joie simple et plus réconfortante que n'importe quelle autre que de voir le regard d'Ambrine briller, n'était-ce qu'une seconde. La jeune fille qu'il avait pris sous son aile avait cela de magique qu'elle le faisait sentir, pour un instant, avec un seul « merci », meilleur qu'il ne l'était en réalité. Il avait pris pitié d'Ambrine comme on prend pitié d'un animal errant, abandonné à la misère et à la perdition sans la main salvatrice d'un protecteur insoupçonné. Une drôle d'amitié avait fini par naître entre l'adolescente et l'alchimiste, et s'il avait consenti à répondre aux lettres d'Ambrine, lorsqu'elle se trouvait à Poudlard, il s'occupait maintenant d'elle comme il l'aurait fait de sa propre petite sœur, depuis qu'il avait appris qu'elle était tombée malade à son tour. Il ne s'était pas attendu à ce que la jeune fille ait eu la sottise de boire du Vitmagic. Ironiquement, se faisant, elle avait mis entre les mains d'Aïlin sa vie, sans même qu'elle ne le soupçonne. Associer un visage au SDM avait de positif que cela motivait au moins Aïlin à pousser jusqu'au bout son travail pour Leoni, travail qu'il partageait, à la demande de McGregor, au groupe de recherches du Professeur Vawdrey et de Lavande Brown, afin de les aiguiller vers un véritable remède. Bien sûr, Matthew Connor, le petit ami de Lynn, était lui aussi malade, mais Aïlin éprouvait bien moins de compassion pour celui qui fréquentait sa sœur que pour le petit être fragile et sans défense que représentait Ambrine.

Le document qu'il venait de transmettre à Brown était bref, mais crucial. Aïlin savait maintenant ce qu'il lui restait à faire. Attendre que le groupe trouve la solution à sa place et saboter ses propres recherches, tout en prenant des dispositions pour assurer sa sécurité. McGregor lui avait promis la sécurité judiciaire, si le scandale venait à éclater, mais l'alchimiste craignait également pour sa sécurité physique. Il trahissait le Damier. Il lui faudrait prochainement assumer cela, quand bien même la Dame Rouge en personne protégeait son secret, désireuse, pour d'autres raisons, d'ouvrir une brèche dans l'empire du Maître du Jeu.
Cela serait l'occasion de voir le monde. S'éloigner, à moins de disparaître. S'il ne finissait pas enterré dans le jardin du Maître du Jeu, alors tout pourrait changer. Il ne pouvait aller moins bien, il avait donc une chance d'aller mieux. Il partirait, oui, laissant ses affaires à Lynn et ses vices au passé. L'ombre d'un sourire passa sur ses lèvres, tandis que d'une main distraite, il caressait la tempe de la jeune fille.
« Qu'est-ce qui vous fait sourire... ?
— La fin. ...La fin d'une époque, d'un monde, d'un temps. Même la souffrance finit par s'achever. »
Le regard d'Ambrine le considéra un moment, interloqué, puis un sourire passa sur son visage pâle :
« Vous êtes si mystérieux, Monsieur Bower... »


Votre âge : 23 ans
Comment avez-vous connu le forum ? J'y suis depuis 6 ans, maintenant.

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