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 L'amitié inattendue {Felix & Aely Strange}
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  • Felix Van Dust
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MessageSujet: L'amitié inattendue {Felix & Aely Strange}   Dim 8 Sep - 17:30:59



Felix était perdu. Il ne pouvait qu’admettre l’évidence après avoir constaté que c’était la troisième fois qu’il empruntait cet escalier. Ce dernier semblait ressentir l’instabilité de son caractère et il en profitait pleinement, n’hésitant pas à se déplacer alors même que Felix se tenait encore au milieu des marches.

– Cela suffit ! s’époumonait-il, mais si son balais avait été plutôt réceptif à son autorité lors de son premier cours de vol, cela ne semblait pas être le cas de l’escalier farouche sur lequel il se trouvait.

C’est ainsi que Felix Van Dust arriva en retard d’une demi-heure entière à son premier cours de la journée. La honte le retint de dévoiler la vérité sur cette affaire et il écopa donc de deux heures de colle. Décidément, Poudlard ne l’aimait pas. Et la journée ne ferait qu’empirer.

Cela se passa pendant la récréation. Felix allait vers les toilettes. Il s’y rendait dans le but de nettoyer sa cravate, entachée par une maladresse en cours de Potions. Ce n’était pas de sa faute, cette fois-ci. Felix n’était pas maladroit de nature, il était maladroit lorsqu’il était empressé, distrait ou angoissé. Cela arrivait souvent dans l’enceinte de l’école. Sa solitude, qui ne semblait pas voir de fin, y contribuait grandement. Car en dehors de quelques camarades de bonne nature, qui lui adressaient quelques mots et des sourires, Felix demeurait à l’écart des groupes. Les élèves de Serpentard le voyaient tel que sa famille le voyait : un traitre ou un défaillant, incapable qu’il était de rejoindre les siens dans la plus prestigieuse des maisons. Et pour aller à Gryffondor, en plus ! Quant à ses camarades rouge et or, ils se méfiaient de lui tant son nom évoquait les traits les plus sinistres des sorciers digne de Serpentard. Felix, à nouveau, était balloté d’un côté et de l’autre. Un déraciné, un paria qui ne trouvait sa place nulle part. Il en aurait presque envié les enfants de moldus ! Ils n’entendaient rien à ces affaires-là, et grand bien leur fît…

Engourdi dans ces pensées amères, Felix ne remarqua pas qu’un groupe de Serpentard de deuxième année, dirigée par son frère Basilius, s’approchait de lui. Comme dans un match de Quidditch, trois garçons l’encerclèrent, et avant qu’il eût eu le temps de comprendre la manœuvre, il se sentit attrapé en arrière et écrasé contre le mur. Basilius plaquait sa main contre sa bouche en le lorgnant d’un air mauvais. Il adressa un signe à ses acolytes qui se saisirent des poignets et des chevilles de Felix, prenant soin de garder sa bouche close, avant de l’emmener silencieusement – Felix se débattait mais ne faisait guère le poids face à cette bande de petites frappes – en direction des toilettes.
L’opération ne dura pas longtemps. En quelques secondes, chaussures, chaussettes, robe, pull-over et chemise furent ôtées avec une dextérité exemplaire. Felix, uniquement vêtu de son slip, se retrouva enfermé de l’extérieur dans une cabine, bouclée par un sort lancé par Basilius. Felix eut tout juste le temps de croiser le regard gris-vert de son frère, souriant tel un requin en voyant son cadet si démuni, avant de se retrouver seul. Les rires s’éloignèrent. La blessure demeura.

Après avoir accusé le choc, ce qui dura plusieurs minutes durant lesquelles Felix restait immobile et tremblant, encore hoquetant sous la violence de ce qui venait de se passer, le garçon entreprit de voir ce qu’il était advenu de son uniforme. Il se baissa, ignorant les larmes qui lui piquaient les yeux, et regarda par-dessous la porte en inspectant les lieux. Il distingua bientôt la robe noire à l’écusson rouge et or, trainant sur le sol humide. Impossible de l’attraper. Felix tenta d’actionner la serrure, mais elle était inviolable.

Désespéré, il finit par crier d’une petite voix éraillée :

– S’il vous plait ! S’il vous plait ! Aidez-moi !

Il n’avait plus le choix.





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  • Aely Strange
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MessageSujet: Re: L'amitié inattendue {Felix & Aely Strange}   Ven 13 Sep - 16:51:20



Il était 15 heures lorsque la petite Aely sortie de son cours de Métamorphose, bien contente d'en avoir fini avec les exercices de Mrs Chatterton, d'autant plus que sa journée s’arrêtait là. Elle avait passé l'heure précédente à tenté de transformer le rat gris qu'on lui avait confié en théière, mais malgré tous ses efforts, de petites pattes persistaient sous la porcelaine... Et après que son œuvre se soit jetée par deux du haut de sa paillasse pour faire le grand plongeon, se fracassant au sol avec de petits couinements épouvantables, Aely s'était vu contrainte d'abandonner...

Enfin ! La rouquine n'aurait désormais plus de cours jusqu'au lendemain matin, et elle entendait bien profiter comme il se devait de sa fin de journée. Il faisait trop froid pour sortir, décembre ayant laissé place à un janvier glacial et brumeux, malheureusement dépourvu de neige... Fâcheux mois que celui de décembre d'ailleurs, puisque la pleine lune était tombée la veille de noël, contraignant la gamine à détruire la Cabane Hurlante sous sa forme la plus poilue, loupant par la même occasion le gala de charité qui avait eu lieu chez les Bower, et où tout le monde s'était rendu... Au moins avait-elle eu le droit à un récit détaillé par ses amis, lorsqu'ils l'avaient vu revenir de son pseudo rhume mensuel... Seule Akiko avait compatit à son mal, puisqu'elle était la seule au courant de sa malédiction...

La petite rousse arrêta finalement son choix d'activité pour l'après-midi par une déambulation en règle dans le château, passant juste au dortoir pour se changer avant de poursuivre son chemin. Son uniforme, celui d'hiver, comportait un col roulé qui lui grattait le cou tout au long de la journée... Aely jeta ses affaires en boule sur son lit, échangeant sa jupe plissée avec un jean et son chemisier avec un long pull rayait prune et blanc. Et ainsi parée, elle remonta dans les étages en trottinant, ses longs cheveux roux et bouclés lui battant les épaules.

Aely se laissa glisser sur les rambardes des escaliers, laissant ceux-ci s'occuper de sa direction, puisqu'elle n'avait rien de particulier à faire. Elle avait un instant caressé l'espoir de croiser Salazar, mais son chat devait être parti jouer avec les autres matous du château... Arrivée au sixième étage, alors qu'elle était en train de saluer un tableau, elle croisa un groupe de trois garçons de Serpentard, de la même année qu'elle. La petite reconnu immédiatement celui qui était à leur tête, un dénommé Basilius... Elle le connaissait pour s'être heurté plusieurs fois à lui, puisqu'il semblait ne pas trouver normal qu'elle fasse parti de sa maison... Il était aussi un des seuls à contester l'autorité de Nikolaï, et rien que pour ce fait, elle lui vouait, ainsi qu'à ses frères aînés, qui peuplaient quasiment la Salle Commune à eux seuls, une rancune tenace...

Le garçon, qui était en train de ricaner d'un air fort satisfait, se stoppa soudainement en l'apercevant. Il avança de quelques mètres et la toisa de haut en bas, les bras croisés.


« Alors Strange... Surprise de me voir on dirait ? Tu aurais dû faire demi-tour plus loin, ça t'aurait évité des ennuis... Enfin, tu es une Sang-de-Bourbe, alors... »

Aely émit un petit rire. S'il y avait un avantage à être loup-garou, c'était bien celui d'avoir une force et une rapidité bien supérieure à celle de n'importe qui. Et ici, supérieure à celle de Basilius et de ses deux copains. Il n'était plus question de baisser les yeux devant qui que ce soit, ni de raser les murs.

« L'odeur de ton ego de devance à cent mètre, Van Dust... Qu'est ce que tu fais si loin des jupes de tes frangins ? Il paraît que tu fais moins le malin quand ils sont pas là pour te tenir la main... »

Si effectivement, la Louve en Aely avait apprit à reconnaître l'odeur caractéristique des Van Dust, elle n'avait jamais ouï dire qu'aucun d'eux ait besoin des autres pour faire une crasse à quelqu'un. Et Basilius tenait manifestement à le lui prouver, puisqu'il avança d'un air menaçant.

« Écoute-moi bien, espèce de sale petite... »

Un grondement sourd lui coupa la parole, sortant de la poitrine d'Aely qui, légèrement courbée, sentait la Louve se mettre en colère. La fillette battit plusieurs fois des paupières pour se calmer et inspira profondément. Il n'était pas prudent qu'elle se laisse ainsi aller. Se redressant, elle adressa un sourire lumineux aux garçons, qui avaient l'air passablement effrayé... Comme quoi, elle grognait peut-être plus fort que ce qu'elle pensait...

« Vous devriez retourner dans la Salle Commune... Ou je pourrais bien vous dévorer tout cru ! »

La rouquine fit une révérence exagérée et s'éloigna en riant sans un regard en arrière. Elle continua, tourna à l'angle du couloir et se plaqua contre le mur. Elle réprimer les frissons qui lui couraient le long de l'échine en claquant des dents. La Louve était de plus en plus présente en elle, comme si la bête et elle n'était pas la même personne, mais deux êtres bien distincts. Ce qui était peut-être le cas finalement... Aely transpirait malgré ses tremblements, et elle regretta d'avoir mis un pull...

La fillette allait faire demi-tour, jugeant qu'elle avait déjà assez fait de bêtises lorsqu'un bruit la retint. Tous ses doubles sens aux aguets ( ce qui n'était pas peu dire... ), la rouquine se figea et tendit  l'oreille.


« … S'il vous plaît ! Aidez-moi ! »

Suivant le son de la voix qui l'appelait, la gamine arpenta le couloir jusqu'aux toilettes des garçons. Elle jeta un coup d’œil à droite puis à gauche et, voyant que la voie était libre, elle poussa la porte... Aussitôt, une odeur l'envahit, si forte qu'elle faillit faire demi-tour peur d'un piège. Van Dust. Mais ensuite, la Louve distingua un relent de peur et de souffrance et Aely se rendit compte que tout en étant similaire à celle qui régnait dans sa Salle Commune, l'odeur avait aussi quelque chose de singulièrement différent. Elle avisa l'uniforme qui traînait sur le sol et entendit une sorte de sanglot étouffé qui venait d'une des cabines. Elle tira sur la poignée, mais la porte avait manifestement été verrouillée magiquement. La petite se racla la gorge.

« Hum... Éloigne-toi, je vais te faire sortir de là... »

La rouquine remonta ses manches et sortit sa baguette de sa poche arrière. Soit elle essayait de déverrouiller la porte, soit elle essayait d'annuler le sort, en espérant que celui qui l'avait jeté n'ai pas un niveau de magie beaucoup plus élevé que le sien. Aely pointa sa baguette sur la serrure.

« Finite ! »

Un léger déclic se fit entendre mais la gamine n'étant pas certaine du résultat, elle lança un autre sortilège d'une voix décidée.

« Alohomora ! »

La poignée se souleva et la porte s'entrouvrit de quelques centimètres. Avant de la pousser, la petite lycane récupéra la tenue qui gisait au sol et qui, par chance, n'avait pas été laissée dans une flaque d'eau. Puis elle appuya sa main sur le battant qui pivota.

Aely reconnu, même à moitié nu et les yeux pleins de larmes, un garçon qui avait été le sujet de bon nombres de discutions chez les Serpentards. Avec un sourire qui se voulait rassurant, la rousse tendit les affaires qu'elle avait dans la main à la victime de ce qui semblait être une très mauvaise farce. Elle lui déposa sur les genoux avant de se retourner, pour lui laisser plus d'intimité puis elle commença à parler, nullement gênée de ne pas voir son interlocuteur quoi qu'un peu inquiète pour lui, le dernier Van Dust.


« Je suis Aely Strange, en deuxième année à Serpentard... Je crois que tu devrais me raconter ce qui t'es arrivé... Félix. »




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MessageSujet: Re: L'amitié inattendue {Felix & Aely Strange}   Lun 16 Sep - 14:35:13



Felix espérait avoir mal entendu. Non, cela ne pouvait pas être une voix de fille qui venait de filtrer à travers la porte. Cela ne devait pas être une fille. Oh, son humiliation n’avait pas déjà été assez cuisante ? Felix se mit soudainement à regretter son appel au secours. Il valait mieux demeurer éternellement dans cette cabine, quitte à se changer en l’équivalence masculine de Mimi Geignarde, plutôt que d’être découvert ainsi démuni par une fille ! Touchons du bois, cela pouvait tout aussi bien être un jeune garçon au timbre pas encore alourdi par les années… Après tout, lui-même avait plutôt une voix fluette.
Felix restait là, assis, prostré, les larmes encore figés dans ses yeux mordorés. Le sortilège fusa, la porte s’ouvrit. C’était une fille.

Ladite fille eut la délicatesse de ne pas s’attarder sur sa détresse, et s’il n’avait pas eu la gorge nouée à ce point, Felix aurait été tenté de lui témoigner sa gratitude à cet égard. Il se contenta de saisir ses vêtements et de les enfiler à la va-vite – ce qui se constatait aisément en vue de sa tenue débraillée lorsqu’il consentit enfin à s’extraire de la cabine. La fille était rousse. D’un roux surprenant, absolument flamboyant. Un contraste marqué par l’éclat terne de ses cheveux à lui, plus broussailleux qu’un porc-épic courroucé.
Aely Strange. Lui qui trouvait son nom marqué ! Mais il n’eut pas le temps de s’attarder sur ce curieux patronyme, car les derniers mots de la jeune fille le laissèrent cois. Ainsi, elle connaissait son nom. Est-ce qu’elle avait retenu son visage lors de la répartition ? Est-ce que ses mésaventures scolaires étaient parvenues à ses oreilles ? Ou bien n’était-ce que de la déduction, à le voir si pitoyable, il ne pouvait s’agir assurément que du raté des Van Dust.

Effarouché par ce premier contact – l’assurance de la Serpentard avait quelque chose d’intimidant – Felix passa devant elle pour aller se laver les mains. Découvrant en rougissant son reflet dans le miroir, il entreprit d’améliorer sa tenue afin de ne pas avoir l’air de sortir d’un manège de foire.

– Comment tu connais mon nom ? Les Serpentard n’ont rien d’autre à faire que jacasser à mon sujet ?

Oh certes, Felix Van Dust était impressionné par la présence assurée d’Aely Strange. Mais il n’en perdait pas son toupet, cette sorte de témérité infantile qui l’avait mené jusqu’aux Lions.

– Et puis, de toutes façons j’aurais pu m’en sortir. J’ai l’habitude.

Il faillit ajouter que l’auteur de son malheur n’était autre que son frère, mais il lui semblait qu’il avait épuisé sa réserve de honte pour la journée. Etre ainsi malmené par son propre frangin, c’était le comble du pathétisme. Pas vrai ?

– Et d’ailleurs, pourquoi tu aides un Gryffondor ?

Échauffé par ces années de préjugés antiques, Felix avait la cervelle rempli d’idées reçues, de schémas tous tracés auxquels il se fiait malgré lui. Après tout, personne n’avait cherché à le faire réfléchir autrement. C’est ainsi qu’il était convaincu qu’une jeune fille de Serpentard devait être sérieusement dérangée pour lui venir en aide. A moins que ce ne fût… qu’une ruse ?
La méfiance succéda à la surprise – imaginez un peu l’état de l’esprit de Felix en cet instant ! – tandis qu’il quittait le lavabo et s’apprêtait à rejoindre le couloir. Mais avant, il se plaqua contre le mur, juste à côté de l’embrasure de la porte. Il avait l’air un peu délirant.

– Ils font peut-être semblants d’être partis alors qu’ils sont juste là. Je n’entends rien mais ça ne veut rien dire. J’aimerais bien, tiens, pouvoir sentir leur odeur !

Il ignorait comme cette déclaration était de circonstance…




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MessageSujet: Re: L'amitié inattendue {Felix & Aely Strange}   Lun 16 Sep - 17:40:01



Les bras croisés contre sa poitrine, Aely se décala et alla s'adosser contre le mur des toilettes pour que le jeune Félix puisse sortir de sa cabine. Il la jugea d'un air méfiant, la toisant de la tête aux pieds, et la rouquine ne pût empêcher un sourire vaguement ironique de venir fleurir sur ses lèvres. Si elle s'en souvenait bien, et même si les circonstances n'étaient pas semblables, la première fois qu'elle avait rencontré Apollon Oaken dans les toilettes des filles, son propre accueil n'avait pas été des plus chaleureux... Il fallait aussi précisez que le préfet des Gryffondors leurs avait fait exploser la pièce au nez, à elle et à Ange...

« Comment tu connais mon nom ? Les Serpentards n'ont rien d'autre à faire que jacasser à mon sujet ? … Et puis, de toutes façons j'aurais pu m'en sortir. J'ai l'habitude... Et d'ailleurs, pourquoi tu aides un Gryffondor ? »

La fillette observa le garçon qui se lavait les mains, à demi-caché par les lavabos, et qui essayait de remettre un peu d'ordre dans sa tenue, en rougissant un peu. C'était à peine perceptible, mais ses yeux à elle le voyait.
Contrairement à ce qu'on pouvait penser de sa réaction face à une telle approche, Aely eut un petit rire qui sonnait comme des clochettes, ce rire qui persistait à être enfantin malgré toutes les épreuves qu'elle avait vécues...
Avec assurance, la rouquine se retourna vers l'ancienne cabine de Félix et, avec une facilité déconcertante, sauta. Elle attrapa à une main la barre de métal qui reliait toute les cabines entre elles, posa son pied contre l'embrasure de la porte et, effectuant un pirouette, se retrouva juchée sur ladite barre en moins de temps qu'il n'en faut pour dire Quidditch...
Aely darda son regard émeraude sur le garçon qui se trouvait à deux mètres sous elle et sourit d'un sourire légèrement moqueur, mais teinté de bienveillance.


« Je ne doute pas que tu ais pu t'en sortir tout seul... En faisant comme ça par exemple ! Mais j'ai du temps devant moi et je passais par là alors... Autant que tu ne te casse rien ! … Et ne mets pas tous les Serpentards dans le même sac... Je suis très différente de tes abrutis de frères... Si tu me permet l'expression ! On ne peut pas se balader dans la Salle Commune sans tomber sur un Van Dust, et tu étais effectivement au centre de leurs conversations après la rentrée... Ils ne parlent pas de toi de façon très flatteuse d'ailleurs... Enfin, de la même façon qu'ils parlent de moi, hein ! »

Se placer dans le même camp que Félix n'était pas difficile pour la gamine, puisqu'elle n'était jamais d'accord avec les autres membres de la famille Van Dust et qu'elle ne connaissait pas encore le dernier de ses membres. Aely entortilla une de ses longues mèches rousses autour de son index avant de répondre à la dernière question du rouge-et-or...

« Ma grande sœur de cœur est chez les Serdaigles, tout comme ma confidente. J'ai une amie chez les Poufsouffles qui me fait toujours mourir de rire ! Et si je n'avais pas été là il y a quelques mois, un des membres de ta maison serait sans doute à Askaban à l'heure qu'il est... J'ai aussi des amis géniaux chez les Serpentards, mais les disputes entre les maisons sont finis depuis la fin de la guerre, et je le pense vraiment... C'est un peu cliché ce que tu dis... »

Elle souriait encore, mais elle espérait que ses mots trouveraient un chemin chez Félix. Il venait d'une famille de Sang-Pur, elle le savait, et c'est en général dans ces milieux que persistait les différences de sang... Pas par la faute des enfants, mais on ne pouvait pas effacer des années d'éducation d'un claquement de doigts...
D'ailleurs, elle se demandait ce que pouvait bien faire le garçon à présent... De son perchoir, Aely le voyait se plaquer contre le mur en jetant des coups d’œil timides vers la porte... Ça en revanche, ce n'était pas une attitude de Sang-Pur... Enfin, à la connaissance de la gamine qui se gratta la gorge pour que le rouge-et-or se souvienne de sa présence, même à deux mètres au dessus de lui...


« Ils font peut-être semblants d’être partis alors qu’ils sont juste là. Je n’entends rien mais ça ne veut rien dire. J’aimerais bien, tiens, pouvoir sentir leur odeur ! »

La rouquine regarda son interlocuteur avec stupéfaction avant de se souvenir que sa remarque ne s'appliquait pas directement à elle et elle éclata de rire, si bien qu'elle bascula en arrière. Suspendue au dessus du sol par les jambes, elle effectua un quart de tour autour de la barre et sauta au sur le carrelage. Elle atterrie souplement et sans bruit, mais dû s'asseoir contre le mur en se tenant le ventre tellement elle riait... Lorsqu'elle eut fini, elle s'essuya les yeux et répondit en suffocante encore un peu à un Félix qui devait la prendre pour une cinglée...

« Il n'y a personne dans le couloir, je te le promet ! Les dernières personnes qui sont passées étaient Basilius et ses copains, et ils sont partis depuis longtemps ! … Je les ai terrorisés ! »


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MessageSujet: Re: L'amitié inattendue {Felix & Aely Strange}   Ven 20 Sep - 17:30:29



Felix, englué dans son angoisse, n’avait pas réellement prêté attention aux acrobaties improvisées de la deuxième année. Il la voyait s’agiter avec souplesse mais, obsédé par l’éventuelle présence de son « frère », il ne parvenait pas à s’intéresser à cette vision – qui pourtant sortait tout à fait de l’ordinaire. Ce ne fut que lorsque Aely quitta son perchoir de fortune et parvint à le rassurer un peu qu’il se rendit compte du spectacle singulier que la jeune fille venait de lui offrir.

– Tu es très habile ! Est-ce que tu fais du Quidditch ? Pour un peu, j’aurais pu croire que tu étais une animagus macaque. Mais je sais bien que c’est impossible en Deuxième Année.

Il espérait via cet humour maladroit donner une meilleure impression à la Serpentard. Sa remarque à propos des clichés révolus l’avait quelque peu ébranlé. C’était d’autant plus blessant qu’il se rendait compte à quel point son éducation l’avait, malgré lui, marqué. Pour les autres Gryffondor, il devait avoir l’air d’un conservateur arriéré, inconscient des évolutions du monde. Après tout, peut-être n’était-ce que ce qu’il était vraiment…
C’est ainsi que la chaleur du timbre d’Aely Strange le surprit presque autant que ses prouesses d’agilité, car dans son cerveau modelé à la mode ancienne, il était convaincu que tous les Serpentard étaient des individus froids à qui l’amitié évoquait une sorte de compote terne et insipide. Voilà qu’Alely – même si c’était très léger pour l’instant – ne semblait pas le voir tel une compote.
Sans s’en apercevoir, la jeune fille éveillait sa conscience au véritable monde sorcier. Elle avait des amis de Poufsouffle et de Serdaigle, elle était Serpentard mais n’estimait pas les Van Dust ni sa descendance. Et elle était aussi habile qu’un contorsionniste trapéziste. Pour sûr, cette fille-là était étonnante !

Il se mit à rougir – encore – en constatant sa propre étroitesse d’esprit. Cela lui faisait plus de mal que d’apprendre que sa famille médisait à son propos. Et pour cause, il s’attendait à cette dernière révélation, tandis qu’il se retrouvait bête et confus devant celle, plus surprenante, de l’entente cordiale qui régnait parmi les maisons de Poudlard…
Il consentit à esquisser un petit sourire timide lorsque Aely lui promit que la bande d’affreux avait déserté pour de bon. Elle en avait l’air convaincue. Aely avait un drôle de rire. Quand elle riait, son visage changeait tout à fait, ses traits devenaient l’expression même de la joie. Un peu comme les enfants. C’était intrigant et amusant pour Felix qui, disons-le, n’était pas accoutumé à la rigolade – ni même à en être témoin.

– Tu as sûrement raison. Des fois je ne comprends rien. On me dit des choses… et c’est tout l’inverse en réalité. Mais je ne suis pas comme eux ! Je ne suis pas comme Basilius. La preuve.

Il désigna du doigt son écusson brodé d’un griffon rouge et or, prenant une expression étrange… Comme de l’embarras. Comme s’il s’attendait à provoquer une déception, un regard compassé.

– Je suis le seul de Gryffondor.

Repensant aux derniers propos de la jeune fille – il avait manifestement l’esprit un peu lent – Felix fronça les sourcils et, s’approcha d’Aely, demanda :

– Comment… Comment une fille comme toi a-t-elle pu les terroriser ?

C’est vrai, après tout, Aely Strange, du haut de sa douzaine d’années, n’avait pas l’air bien impressionnante…




Dernière édition par Felix Van Dust le Jeu 28 Nov - 17:03:40, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: L'amitié inattendue {Felix & Aely Strange}   Lun 23 Sep - 19:33:03



Le garçon qui se tenait en face d'Aely semblait reprendre peu à peu ses esprits et finalement, l'air inquiet qu'il avait eu plus tôt quitta son visage. La rouquine, assise contre le mur, lui sourit gentiment et ricana lorsque Félix écarquilla les yeux d'ébahissement en se rendant compte – enfin ! - qu'il venait d'avoir le droit à une des curieuses capacités physiques qu'elle avait depuis peu.

« Nan, je ne fais pas de Quidditch, crois le ou non, mais dès que je ne suis plus en contact avec le sol par un moyen quelconque, j'ai le vertige ! C'est épouvantable... »

Effectivement, la gamine avait été dispensée à vie de cours de Vol sur Balais... Il semblait que la Louve qui sommeillait plus ou moins en elle n'était absolument pas d'accord pour qu'on la fasse voler... La peur qui la prenait alors nouait les tripes de la rouquine qui, prise de convulsions nerveuses, se retrouvait au bord de l'évanouissement...

« Et encore non, je ne suis pas vraiment un Animagus ! Si ça avait été le cas, je pense que ouistiti aurait été plus approprié que macaque... ! »

Sans s'en rendre compte, Aely venait encore de laisser échapper un indice sur sa malédiction. Et pour autant, cela ne les dérangeait pas, ni elle ni la Louve. Elles sentaient qu'elles pouvaient avoir confiance. Le garçon dégageait une sorte de chaleur apaisante, et sa présence était étrangement réconfortante, bien qu'il suffit de le regarder dans les yeux pour se rendre compte que lui-même n'en avait absolument pas conscience...

La jolie rousse observa de ses grands yeux émeraudes le visage de son compagnon prendre une teinte embarrassée tandis qu'il lui montrait son écusson. C'était vraiment bizarre. En temps normal, il n'y avait que très peu de gens qui souhaitaient intégrer Serpentard, tandis que des masses d'élèves admiraient les rouges-et-or...


Aely se mordilla la lèvre inférieure en fronçant les sourcils, puis trouvant comment formuler ce qu'elle voulait exprimer, un nouveau sourire éclaira son visage.

« Tu sais, parfois, on peu penser qu'il y a des choses qui ne sont pas ce qu'elles devraient être... Entre autres choses, je suis née-moldue, et pourtant, le Choixpeau n'a pas hésité longtemps avant de m’envoyer à Serpentard... Alors, je suppose que quelque chose en toi te rend profondément différent de tes frères et que c'est pour ça que tu n'es pas avec eux... Mais il n'y a pas de honte à avoir, c'est une chance pour toi comme pour moi de pouvoir nous démarquer ! On entre pas toujours dans le cadre, je m'en suis rendue compte très vite... »

Après avoir un instant réfléchit sur le petit discours anticonformiste qu'Aely venait de lui servir, Félix posa LA question, celle qui en fonction de la réponse de la rouquine, définirait les liens qu'ils pourraient avoir à l'avenir...
La rouquine soupira et tapota le carrelage du plat de la main pour inviter son camarade à venir s'installer près d'elle.


« Je les ai terrorisé... C'est vrai. C'est mon plus grand et lourd secret... Mais tu n'as pas encore répondu à ma première question... Dis moi ce qui fait que tu es si différent de tes frères, ce qu'il t'es arrivé, et pourquoi t'en veulent ils autant ? Si tu me dis ta vérité, je te raconterais la mienne. Je veux bien te faire confiance, mais il faut que ce soit réciproque... Mais tu es libre de refuser, bien entendu... »

Aely croisa les bras sur sa poitrine et darda son regard dans celui de Félix, attendant sa réponse.



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MessageSujet: Re: L'amitié inattendue {Felix & Aely Strange}   Mar 1 Oct - 16:26:33



Embarrassé ou intrigué, le fait est que Felix Van Dust écoutait avec grande attention les propos étonnants que lui adressait la jeune Serpentard. Pour un être doté d’une conscience classique, ordinaire, ces propos auraient semblé tout à fait évidents, une suite de banalités. Pour Felix, c’était un monde qui s’ouvrait à lui. C’est peut-être ce que, dans sa grande sagesse un brin espiègle, le Choixpeau avait voulu pour Felix en l’envoyant dans la noble maison des Lions…

Felix haussa les sourcils en souriant légèrement lorsqu’il apprit qu’Aely était née-moldue. On aurait dit qu’ils étaient tous deux dans la situation la plus illogique à leur condition. Lui était descendant d’une grande lignée de sorciers austères et suffisants, Aely une enfant de moldus ignorant du monde sorcier, pourtant leur maison ne correspondait pas aux archétypes déclinés de cette situation. Il se surprit lui-même à ressentir une forme d’allégresse, teintée de soulagement, comme si ce petit paradoxe le rassurait. Il n’était pas le seul à être « en marge ».
Ce réconfort masqua quelque peu la perplexité qu’il aurait dû ressentir à la tournure ambigüe qu'avait pris la phrase d’Aely à propos des Animagus. Pas vraiment ? Une chance que la jeune fille eût enchainée directement avec la suite de sa déclaration, sans cela Felix aurait eu des chances de creuser la question.

Dans tous les cas, cette confusion latente prit une sacrée ampleur lorsque le ton d’Aely Strange s’alourdit de gravité, si bien que le jeune Gryffondor en fut saisi de frissons. Les secrets, il savait ce que c’était Felix. Il en était un.
Après « l’incident » survenu avec la petite moldue, la préoccupation première de ses parents avait immédiatement été de dissimuler l’affaire au plus vite. Cela ne s’était pas produit, cela n’existait pas. Et surtout, surtout, cela ne devait être mentionné sous aucun prétexte.
Et voilà qu’Aely, d’un air qui ne laissait pas de place à l’esquive ou à la digression, le prenait entre quatre yeux, l’incitant à tout révéler de… cela.
Felix était confus, coincé, et en même temps, Felix était bien curieux. Curieux de savoir quel pouvait être le si grand secret caché dans le cœur d’Aely Strange, qui bien qu’elle émanât une aura fort singulière, avait l’air d’une fille comme les autres – en dehors de ce roux extraordinaire. Il pensa l’espace d’un instant à proposer un compromis, mais le regard fixe et ferme que lui lançait la jeune fille l’en dissuada bien vite.

Alors Felix Van Dust s’adossa contre le mur en soupirant, la tête légèrement relevée, et dit d’une voix sourde :

– C’est comme ça. Pour eux, je ne suis pas à leur hauteur. Je ne suis pas digne d’être un Van Dust. Je ne suis pas comme eux, donc je suis moins qu’eux, plus faible qu’eux… Ils sont tous comme ça. Je veux dire, dans… dans ma famille.

Le mot lui parut bizarre, comme un mauvais goût dans la bouche. Ou plutôt, comme s’il avait fait une erreur de nuance, comme s’il avait voulu employer un mot mais s’était trompé malgré lui. Le mot ne sonnait pas bien. Il se trouvait comme un étranger voulant exprimer une idée mais ne pouvant utiliser que des mots approximatifs pour le faire. Bizarre, bizarre, bizarre. Second soupir.

– J’imagine que c’est dur à comprendre pour quelqu’un de l’extérieur. Mais moi j’ai toujours vécu comme ça. Cela ne me rend pas triste, je suis… je suis habitué. Je n’ai jamais connu autre chose alors… Et puis, j’imagine qu’il y a pire.

Il porta à nouveau son regard sur Aely.

– Tu sais, ce n’est pas la pire période de ma vie ! La pire période, c’était quand on pensait que j’étais un Cracmol. Quand tout le monde pensait que j’étais un Cracmol. Tout le monde avait peur. Ma mère avait peur. Je n’avais pas de pouvoir, je ne faisais que des bêtises… Aucune magie. C’est drôle, toi et moi on aurait été inversés… Une sorcière dans une famille de moldus, un moldu dans une famille de sorciers !

Il rit, mais son rire était amer.

– Quand j’ai réussi à faire de la magie, j’ai été soulagé. Parce que je n’étais pas un Cracmol. Je n’allais pas être le déshonneur. Je n’allais pas être bafoué. J’ai été soulagé et heureux pour ça. Pour mes parents.  Mais sinon… La magie, elle ne m’a pas apporté grand-chose. Et puis, il y a eu l’accident…

Felix s’enfonça dans ses pensées, le regard dans le vague. Il se tourna à nouveau vers Aely qui le toisait avec intérêt, les bras croisés.

– Tu vois, mes secrets à moi ne sont pas bien intéressants. Si tu veux savoir pourquoi ils ne m’aiment pas, c’est parce que je ne suis pas à leur hauteur. Pas un digne hériter de Serpentard. Parce que je suis… différent. Et parce que… c’est vrai, j’ai… j’aimais bien les moldus. Une, en tous cas.

Un peu gêné d’avoir exposé ainsi sa vie et ses tourments, Felix leva le menton et dit d’un ton un peu abrupt :

– Alors, et toi ? Tu as vraiment un lourd secret ?

Dans son innocence, Felix pensait encore qu’il s’agissait d’un interdit bravé, d’un trésor caché, d’une aptitude spéciale, des petites choses qui rendent certains enfants fabuleux aux yeux des autres…




Dernière édition par Felix Van Dust le Jeu 28 Nov - 17:04:38, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: L'amitié inattendue {Felix & Aely Strange}   Sam 12 Oct - 19:23:22



Après un léger temps d'hésitation, Félix se laissa glissé contre le mur auprès d'Aely qui, reconnaissante et touchée par le fait qu'il accepte de lui livrer une partie sensible de sa vie, garda le silence en attendant qu'il soit prêt à parler. Le garçon leva légèrement la tête et ses yeux foncés se perdirent plus loin dans la pièce. C'était sans doute difficile pour lui de devoir étaler ses faiblesses, tout comme cela le serait lorsqu'Aely devrait révéler les siennes. Elle s'était engagée, alors ce serait douloureux à exprimer pour elle, étrange à entendre pour lui, mais cela serait peut-être bénéfique à leur éventuelle amitié naissante.

Le Gryffondor se mit à parler. Pendant un long moment, parfois ponctué de silences où de rires brefs et amers. Et jamais Aely ne se permit de l'interrompre, fronçant les sourcils avec concentration et jouant nerveusement avec une de ses longues mèches rousses.
Si elle comprenait bien, la famille de Félix avait toujours été dure avec lui... Et il y avait eu un accident, impliquant une moldue... Mais sur ce sujet, la gamine n'en demanderait pas plus. On ne dévoile pas l'épisode le plus marquant et le plus grave de sa vie à une quasi inconnue qui vient de vous retrouver à moitié nu dans les toilettes...


« Alors, et toi ? Tu as vraiment un lourd secret ? »

La rouquine releva la tête et sourit à Félix d'un petit sourire triste, bien moins rayonnant que les précédents... Si elle devait raconter sa vie au rouge-et-or, autant commencer par le début, même si cela retardait un peu le moment de la véritable bombe.

« Si ça peut te rassurer, ma famille à moi n'est pas terrible non plus... Comme mes parents sont moldus, un sorcier du Ministère de la Magie est venu leur expliquer ce qu'était Poudlard et le monde magique, ainsi qu'à moi. Parce que, même si je savais déjà que j'étais différente, je ne l'avais dit à personne... Au départ, ils semblaient vraiment contents pour moi, un peu émerveillés aussi, mais je ne pense pas qu'ils prenaient ça vraiment au sérieux... Tu vois, c'est remettre leur monde en question, ils ne devaient pas trop comprendre... En plus ils sont tous les deux archéologues, donc scientifiques. C'est difficile de faire avaler un truc pareil à des adultes... Alors trois mois après ma rentrée à Poudlard, ils ont coupés les ponts avec moi. La seule chose que je savais c'est que je possédais une maison à Londres, qu'eux avaient vendu notre résidence familiale et qu'ils étaient partis vivre sur un site archéologique en Afrique... Et ça je l'ai appris par un notaire ! J'ai pas comprit, mais mes lettres sont restées sans réponses alors je me suis résignée. Ça a été très dur. Mes parents m'aimaient, j'en étais certaine mais... Enfin. Je suis restée à Poudlard aux vacances et pendant l'été je suis allée chez une amie. Mais en septembre, McGonagall leur a rendu visite personnellement pour leur parler de mon... secret. Et ils ont dit qu'ils ne souhaitaient pas que la magie bouleverse leur vie, que c'était trop lourd à porter. Et que j’incarnai la Magie pour eux... La Directrice en a parlé avec moi. Et elle leur a effacé la mémoire. Ils ne savent même plus qu'ils ont une fille, mais c'est mieux pour eux... Quant à moi, je suis sous la protection de Poudlard et j'ai de quoi subvenir financièrement à mes besoins jusqu'à ma majorité. »

Aely émit un petit rire bref devant la mine ébahie de Félix et se mordilla la lèvre, un peu gênée. Elle n'avait parlé à personne de son entretient avec Minerva McGonagall et cela la touchait plus que ce qu'elle n'aurait pensé même si elle essayait depuis un an de se persuader qu'elle réussirait à s'en sortir seule. Pour une enfant de douze ans, c'était assez inimaginable comme situation. Comment pouvait-on survivre sans ses parents, quand on a encore tout à apprendre de la vie ? Cette question, la rouquine se l'était posée des centaines de fois, sans trouver la réponse alors qu'elle devait continuer à avancer. Elle ne pouvait pas arrêter le temps pour prendre le temps de réfléchir. La seule chose à faire était de garder la tête haute, de serrer les dents, de ravaler ses larmes, et de continuer à aller de l'avant, sans se retourner.

La fillette sourit à Félix en pensant à la tête qu'il ferait lorsqu'il apprendrait ce qui était vraiment important : ce qu'elle était, et non qui étaient ceux qui l'entouraient. Elle se racla la gorge, soudain moins sur d'elle, poussa un petit soupir en décroissant ses bras et en étendant ses jambes devant elle.

« Enfin... C'est pas ça mon secret, c'est un peu plus compliqué... »

Aely ne savait plus trop par où commencer et elle sentait la Louve s'agiter en elle, se rendant sans doute compte du malaise de son hôte. La rouquine inspira profondément et se tourna vers Félix, le regardant droit dans les yeux car si elle le fuyait, elle ne réussirait pas à le dire... C'était très différent de sa discussion avec Akiko. La Serdaigle connaissait déjà sa condition lorsqu'elle était venue lui demander une confirmation, alors que le Gryffondor était sûrement à mille lieux de ce qui l'attendait.
Après un moment de silence à scruter son compagnon, la petite Strange décida de lâcher sa bombe.


« Je suis un Loup-Garou. »

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MessageSujet: Re: L'amitié inattendue {Felix & Aely Strange}   Jeu 28 Nov - 17:28:56

Spoiler:
 




Silence.
Felix demeurait stoïque, raide, comme une planche de bois posée sur un mur. Il n’écarquillait même pas les yeux, il n’ouvrait même pas la bouche. Aucune expression, ni d’effroi ni de stupéfaction, ne passait sur son visage rond. La phrase lâchée par Aely était si incongrue, ni aberrante qu’elle n’avait même pas atteint sa conscience. Fronçant finalement les sourcils, le garçon lâcha :

– Quoi ?

Aely ne répondit pas, se contentant de soutenir le regard confus de son camarade. Interprétant, à raison, ce silence comme une confirmation de ce qu’il venait d’entendre, il finit par sentir un frisson glacé lui parcourir le dos jusqu’à secouer son échine. Une sueur froide remonta le long de son thorax. Se laissant doucement retomber contre le carrelage froid, Felix fixa une bonne minute la silhouette, statique aussi, d’Aely Strange.
Elle semblait guetter une réaction. Mais Felix ne savait pas comment réagir.

En tant que sorcier, en tant que fils de sorciers, il connaissait l’existence des loups-garous depuis toujours. Ses frères, en l’occurrence, s’étaient employés à plusieurs reprises à nourrir ses frayeurs infantiles de créatures semblables, lui assurant qu’elles étaient non seulement réelles mais omniprésentes, tapies dans l’ombre, prêtes à vous bondir dessus…
A ces souvenirs, Felix tenta vainement de réprimer un frisson d’épouvante.

Il aurait pu s’enfuir. Il aurait pu laisser Aely là, dans les toilettes, et rejoindre sa chambre à toutes jambes en espérant que la bête en elle n’eût pas l’idée de le prendre en chasse. Mais Felix ne percevait pas, en dehors de l’impact de cette révélation, une quelconque menace à son égard de la part de la Serpentard. Aely avait l’air, sinon inoffensive, au moins humaine. Et puis, il y avait son regard… Toute son expression, d’ailleurs. Elle attendait vraiment quelque chose. Elle se demandait, sûrement, ce qu’il pensait. S’il avait peur. S’il était dégoûté, épouvanté. Oh, Felix n’aurait pu dire qu’il ne ressentait pas l’ombre d’un effroi en cet instant. L’idée d’imaginer Aely en canidé enragée s’agrippait à son esprit sans qu’il pût s’en débarrasser. Mais il sentait… Il sentait une détresse. Une détresse grondante, tenace, profonde, dans la condition de Aely. Ou peut-être était-ce parce que lui s’imaginait à sa place, prisonnier d’un sort qu’il n’aurait ni choisi ni maîtrisé. Peut-être que leurs deux fardeaux n’étaient, finalement, pas si dissemblables…

Alors non. Il n’avait pas envie que ce secret, qui paraissait bien plus lourd que n’importe quel mystère entourant l’existence d’un enfant ordinaire, ce secret qu’elle avait manifestement gardé trop longtemps, trop durement, et qu’elle consentait à révéler, sacrifiant pudeur et sécurité… Il n’avait pas envie que ce secret fût la fin de quelque chose. Ce secret serait le début. Le début d’une amitié inattendue.

A la fois enhardi et surpris par sa propre sagesse, le garçon se releva lentement et s’approcha de la jeune fille.

– Je te crois. dit-il d’une voix plus basse, plus grave, plus mûre que celle qu’il avait coutume d’employer. Je ne le dirai à personne.

Désireux de prouver à Aely que son annonce ne représentait rien de dramatique, Felix lança en riant :

– C’est drôle, les félins et les loups ne s’entendent pas beaucoup, d’habitude ! Nous sommes une exception.

Mais le sourire d’Aely était toujours un peu triste. Un peu amer, craintif. Celui de Felix aussi, révélant la faille de sa volonté qui oscillait entre amitié et crainte. Aely lui faisait peur à présent. Il luttait simplement pour que cette peur ne l’emportât pas. Il lui devait ça.

Laissant finalement son maigre sourire s’affaisser pour de bon, le garçon ajouta, très doucement :

– Comment… Comment est-ce arrivé ?

Il avait du mal à croire qu’une fille si jeune et d’apparence si assurée, si pleine de vie, eût pu connaitre de telles tourments. Et elle n’avait que douze ans.




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MessageSujet: Re: L'amitié inattendue {Felix & Aely Strange}   Dim 1 Déc - 21:00:25


Le silence pesait, lourd d'émotions contenues. La petite rouquine observait avec une légère appréhension le visage de Félix qui, comme s'il c'était brusquement figé dans la glace, ne trahissait aucune image, qu'elle soit bonne ou mauvaise. Puis un frisson de peur s’empara du garçon, que la Louve ressentit instantanément. Un tic agita le visage d'Aely, qui se mordit la lèvre en essayant de rester impassible. Elle ne pouvait pas, n'avait pas le droit de ressentir une quelconque déception vis-à-vis de la peur que son monstre intérieur lui transmettait.

Elle-même, au moment de sa morsure, n'avait connaissance du monde magique que depuis très peu de temps. Alors, malgré le fait qu'elle ai entendu parler de la lycanthropie, ce concept était resté pour elle une sorte de fable irréelle que l'on lisait dans les histoires ou que l'on racontait aux enfants pour les effrayer...
Félix, en revanche, avait été élevé dans le monde des sorciers, et on avait dû lui parler des loups garous comme on lui avait parlé à elle des tueurs en série. Il avait dû lire des récits sur ses semblables dans des livres d'histoires, et on avait certainement parlé, chez lui, le soir et à voix basse, lorsque l'on pensait que les enfants dormaient, des nouvelles de la Gazette sur les meurtres monstrueux des lycanthropes, sans se douter une seconde que des oreilles traînaient derrière les portes entres-ouvertes...

Maintenant qu'elle y réfléchissait, c'était la première fois qu'Aely avouait sa condition à quelqu'un. Certes la Directrice McGonagall était au courant, ainsi peut-être que ses professeurs, mais elle ne leur avait pas dit elle-même. De même pour Natalee, qui avait sut avant tout le monde et était venue l'aider à l'hôpital de Sainte Mangouste. Et pour Akiko, qui avait deviné dès leur premier regard et qui était timidement venue lui exposer sa théorie, à laquelle la rouquine avait bien été obligée d'opiner.

Puis, brusquement, la peur que la Louve ressentait disparue, remplacée par un sentiment plus subtil, une sorte de détermination surprise. Le regard d'Aely alluma tandis que Félix lui accordait quelques mots bienveillants d'une voix profonde et sincère en se rapprochant un peu d'elle. Il alla même jusqu'à tenté un trait d'humour, et malgré le sourire légèrement triste et amer qui était né sur son visage, la fillette se força à répondre à la boutade, laissant échapper un petit rire franchement soulagé bien qu'aussi un peu nerveux à présent.


« Le pire, ce sont les hybrides ! Un loup croisé serpent, je te dis pas le mélange ! Tu es vraiment un lion très spécial pour ne pas t'être enfuit en courant... Merci. Vraiment. »

Mais le sourire du garçon s'affaissa, suivant l'exemple de celui de la gamine. Félix posa alors la question, celle à laquelle elle ne pouvait que répondre maintenant, même si cela devait remuer des souvenir douloureux qu'elle avait vainement essayé d'enfouir. Aely prit une profonde inspiration, et regarda le rouge-et-or de la façon la plus rassurante qu'elle pouvait prendre en cet instant.

« C'était pendant les grandes vacances, le milieu du mois d'août. J'étais seule chez moi, à Londres. Un après-midi, je suis sortie acheter un livre au Chemin de Traverse, mais je me suis attardée, et le nuit est tombée. Je me suis perdue et j'ai rencontré... un loup-garou. C'était... c'était un de ces monstres, comme... comme dans les histoires... Il était là pour tuer, uniquement pour ça. Il m'a... il m'a mordu et... un groupe d'homme l'a fait fuir avant qu'il ne me... dévore. Alors j'ai fini à l'hôpital et... voilà. J'ai gardé un petit souvenir... Cela fait bientôt cinq mois... que j'incarne les fantômes de la Cabane Hurlante... »

La rouquine se tut. L'atmosphère était un peu tendue et dans le silence, Aely entendit la cloche de Poudlard sonné cinq heures. Le temps était passé bien plus vite qu'elle ne le pensait, et il était sûrement temps qu'elle s'en aille, avant qu'on ne les découvre tous les deux assis par terre dans les toilettes des garçons...
La gamine entortilla une mèche de cheveux flamboyants autour de son index et sourit à Félix.


« Je vais y aller, les autres vont bientôt sortir de cours... Merci. De m'avoir écouté. Et de garder le secret. Je ferais de même pour les toilettes... Si un jour tu as besoin de moi, n'hésites pas. Je serais là. »

Aely se leva, tendit la main au garçon pour l'aider à se remettre sur pied. Ils faisaient exactement la même taille. Elle lui déposa un baiser sur la joue avant de sourire et de gagner la sortie. Arrivée à la porte, elle se retourna et lui adressa quelques mots avant de partir pour de bon.

« À bientôt, Félix. Je suis sûre qu'on se reverra de toute façon... »
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MessageSujet: Re: L'amitié inattendue {Felix & Aely Strange}   Jeu 19 Déc - 10:47:45



Felix sentit sa joue s'enflammer au contact des lèvres d'Aely. A la fois sonné par ce baiser et par les révélations inédites de la jeune Serpentard, il ne répondit même pas à sa dernière phrase. Il se contenta de la suivre des yeux, le regard comme voilé, tandis qu'elle passait la porte des toilettes. Ses pas s'éloignèrent dans le couloir jusqu'à s'évanouir tout à fait.
Le garçon posa alors, presque tremblant, sa main frêle contre sa joue. Ses repères tombaient un à un, comme un circuit de dominos, et c'était là la conséquence unique de sa rencontre avec Aely Strange. Jamais encore une seule personne n'avait eu tant d'incidence sur sa vie, et certainement pas aussi rapidement.
Il avait appris, compris, que les Serpentard et les Gryffondor étaient des individus de toutes sortes, eclectiques et singuliers, et non des stéréotypes sur pattes. Il avait compris qu'une amitié peut être réelle, belle même, sans qu'elle fût évidente. Il avait même su voir l'humaine avant l'animal, tandis que sa camarade s'affranchissait de toute pudeur en révélant sa vraie nature. Il était presque surpris de ne plus avoir  peur. Car non, il n'avait plus peur.

Et Felix se sentait comme libéré à présent. Délivré d'un poids qu'il n'avait jamais su réellement saisir. L'enfant honni qu'il était, l'enfant raté, avait trouvé un alter ego dans ce monde un peu fou. Un air nouveau infiltrait ses poumons. Une force nouvelle circulait dans ses veines. Il se sentait plus fort. Et même son pas, tandis qu'il quittait à son tour le théâtre de sa récente humiliation, semblait plus assuré.

Quel étrange pouvoir que celui d'Aely Strange.





FIN




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