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 Tout le monde sur le pont, Granger ! [PV Caïn]
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MessageSujet: Tout le monde sur le pont, Granger ! [PV Caïn]   Jeu 1 Aoû - 0:54:26

Loutry-st-Chaspoule, fin décembre 2000...

Pour beaucoup, les fêtes de Noël représentaient un moment joyeux passé en famille. Pour d'autres, il était surtout question de gonfler leur chiffre d'affaires, d'offrir des cadeaux souvent inutiles, de jauger ces offrandes par rapport à leur valeur monétaire, non sentimentale. Pour ceux qui n'avaient pas la chance d'avoir une famille, qui vivaient dans la pauvreté ou la solitude, il s'agissait d'un moment très triste, où, assis au coin du feu l'on repensait à cette époque bénis de l'enfance où tout semblait merveilleux, où tout n'était qu'insouciance et angélisme béat. Qui se souciait encore de connaître les véritables origines de Noël, d'en saisir le symbole et de penser à son prochain, à une époque où tout n'était qu'égoïsme, société de consommation, où derrière la tradition familiale, il ne se cachait plus qu'une fête vidée de sa substance ?

Bien que leur niveau de vie ait connu une amélioration notable après la déchéance de Lucius Malefoy et la nomination d'Arthur à un poste plus important au département de la Justice, les valeurs de Noël, la générosité, la joie de vivre et l'Amour avaient toujours briller sur le fronton de l'honorable demeure des Weasley. Au sein de cette famille où Hermione se sentait particulièrement fière et heureuse, on n'oubliait jamais qu'il existait plus malheureux, qu'il était nécessaire de penser aux autres en permanence, non attendre les catastrophes ou les fêtes de fin d'année pour se donner bonne conscience. L'ancienne Gryffondor, qui sortait avec Ronald depuis près de trois ans, espérait secrètement voir son chéri lui demander sa main afin d'officialiser ce qui existait déjà dans leurs coeurs depuis bien plus longtemps que cela.

Le jour de Noël, il était de tradition en Angleterre de déguster la fameuse roast turkey, la célèbre dinde aux marrons avec sauce aux airelles, la goose (l'oie) ou le roast beef. Les Weasley avait déposé sur chaque assiette des crackers, ces espèces de papillotes dans lesquels se trouvait des pétards qui claquaient lorsque l'on tirait sur leurs extrémités et qui contenaient diverses petites choses, comme des chapeaux en papiers, des dragées surprises, des fondants du chaudron, des couines-souris en sucre (ou des véritables souris hiiiiii !), des confettis et des blagues. Molly, en chef pâtissière professionnelle, avait régalé toute la maisonnée à l'aide de mince pie, ces tartelettes aux fruits confis accompagnée du Christmas pudding, ce gâteau qui nécessitait plus de cinq semaines de préparation.

Hermione partagea son Noël avec eux, en présence de son chéri, de Ginny et de celui qu'elle considérait comme son frère de coeur, le non-moins célèbre Harry Potter. Quelle journée et que de mets à déguster ! Seulement voilà, en dépit de la joie qui régnait à la maison, l'ex-Gryffondor avait quelque peu l'esprit ailleurs par moment. Elle semblait si fatiguée après avoir passé son mois à battre le pavé afin de convaincre l'opinion publique de voter et d'accorder du crédit à ses propos. L'élection allait avoir lieu et la candidate manifestait de plus en plus d'inquiétude. Allait-elle échouer ou réussir brillamment à mettre un pied au Congrès magique histoire d'y ajouter son grain de sel et faire barrage au mal au sein de la société ? Ronald et Harry avaient beau essayer de l'encourager et de la réconforter, rien n'y faisait. Elle se voyait déjà perdante, même si elle n'osait l'avouer.

Le jour de l'élection, Hermione et ses amis déposèrent leurs bulletins dans l'urne après avoir affronté les journalistes et les photographes. Elle fit de son mieux pour rester confiante, pour afficher un sourire qui se voulait sincère, mais le stress et la fatigue se faisaient de plus en plus ressentir. Vive les potions revigorantes et les philtres de paix, se disait-elle dans son for intérieur, elle qui croyait en son combat et qui se montrait déterminée à se battre pour les libertés et la démocratie. La jeune femme connaissait les risques de son métier, à qui elle se confrontait. Sa vie et ses choix n'étaient jamais faciles, mais elle avait toujours su prendre la bonne décision et tenir bon, même dans les moments les plus difficiles, où le doute rongeait son courage et ses convictions. Elle devait mettre le paquet pour ses concitoyens et pour des valeurs auxquelles elle croyait dur comme fer. Il le fallait !


"Nous interrompons nos programmes pour un flash spécial d'informations...", rumina le poste de radio sur lequel passait les ondes de la RITM, la radio sorcière. "Aujourd'hui, à 21 h 30, heure de Greenwich, la candidate du MCR et héroïne de la nation, Hermione Jean Granger, est élue au Congrès avec un score écrasant digne de figurer dans les annales si l'on considère la puissance de ses discours et son jeune âge..."

Un rugissement éclata soudainement dans le quartier général du MCR où c'était rassemblé plusieurs centaines de militants et sympathisants. Ron et Harry semblaient très heureux tandis que Hermione était resté étonnement impassible. C'était comme si elle venait d'être foudroyé par la foudre. Gosh ! Un score écrasant ! Soupirant un grand coup, elle se laissa transporter par son chéri qui l'embrassa avec une telle passion qu'elle en oublia ses réflexions et ses doutes avant de se ressaisir pour faire face dignement aux regards et aux sifflets de joie des gens amassés devant elle pour la féliciter. Sentant le stress montant de nouveau en elle en dépit du soulagement ressentis par son élection, elle s'avança vers le pupitre avec cet air grave remplit d'humilité, digne des plus grands serviteurs de l'état. Puis, après avoir soupiré à nouveau et prit une longue bouffée d'air frais, elle déploya des efforts afin de retrouver son sourire.

"Mes chers compatriotes", fit-elle avec sérieux et aplomb, comme si elle se sentait investis par sa nouvelle fonction.

"Aujourd'hui, vous avez lancé un signal fort au Congrès et au Ministère en m'apportant votre confiance et je tenais chaleureusement à vous remercier pour cela", conclût-elle avant d'être interrompu par de vibrants applaudissements.

"Cette victoire n'est pas celle d'un nom ni d'un parti. Il s'agit de la vôtre, celle de la liberté et de la démocratie. Vous pouvez être assuré que je vais m'employer à remplir mes fonctions avec honneur, intégrité et dévouement envers chacun des citoyens de notre grand pays. Devant nous se dresse aujourd'hui une nouvelle frontière : celle de bâtir un monde meilleur et de combattre le mal. Cette nouvelle frontière dont je parle n'est pas faites de promesses. Il s'agit d'un ensemble de défis. Il n'est pas uniquement question de ce dont je serais en mesure d'offrir à nos concitoyens, mais de ce que j'attends de chacun d'entre vous, y compris en terme de moralité.

Ce soir, mes pensées vont vers chacun et chacune d'entre vous, vers ceux qui souffrent du froid, de la solitude, de la faim, de l'humiliation et de la misère. L'importance de notre mission m'empêche de sourire et de me réjouir, car nous allons devoir nous confronter à d'énormes difficultés et à des temps difficiles. Je n'ai à vous offrir que ma loyauté, mon dévouement et ma vie. Nous aurons tous à choisir entre le Bien et la facilité. La réussite ou l'échec de ce qui vient de naître ce soir ne dépendra pas que de moi, mais aussi de chacun et chacune d'entre vous. Profitez de cette soirée pour faire la fête et prendre du bon temps, car les choses difficiles commenceront dès demain.

Il existait autrefois un royaume nommé Camelott et un puissant mage, Merlin. Lui et le roi Arthur, tout deux des réformateurs, ont souhaité combattre le mal et bâtir une société qui tranchait avec l'obscurantisme qui régnait à leur époque. Des chevaliers réunis pour leurs valeurs et leur courage se réunissaient autour d'une table ronde, une table où même le roi était assis au même rang que les autres et où se prenait les grandes décisions avec justice et sagesse éclairée. Tous étaient à la recherche du Graal, cet objet magique comparable à une corne d'abondance laissant présager une ère d'auto-suffisance et un nouvel âge d'or pour leur royaume. Cet idéal peut renaître si nous et les générations qui nous suivrons, nous nous engageons à travailler tous ensemble afin de lui donner pleinement son sens. Je vous remercie."


Un silence dans l'assistance fut aussitôt couvert par un tonnerre d'applaudissements et sous les acclamations de ses partisans. "- Hermione ! Hermione ! Hermione !", s'écria la voix de centaines de personnes tandis que le "très honorable" membre du Congrès nouvellement élue quitta la scène par l'arrière boutique avec un large sourire aux lèvres, accompagnée de Harry et Ron et d'un mitraillage photographique.

Pré-au-lard... Le lendemain...

Hermione se rendit jusqu'au Ministère et au Congrès afin de visiter les lieux, mettre ses affaires dans son bureau, organiser son staff et donner quelques consignes. Ensuite, elle consulta son planning, signa quelques documents qui entérinaient sa nomination puis elle commença à s'occuper de certains dossiers. A l'heure du déjeuner, Miss Granger préféra se rendre dans le village magique de Pré-au-lard plutôt que dans l'un des restaurants destinés aux membres du Congrès. Pour cela, elle transplana avec son porte-documents qui ne contenait aucun document officiel ni dossiers de grandes importances. La raison était simple : elle ne souhaitait en aucun cas se faire voler alors que la criminalité avait explosé au cours des derniers mois.

Vêtue d'un tailleur noir à chemise blanche sur lequel figurait le logo argenté attribué à tous les membres du Congrès magique, la jeune femme s'installa à une table après avoir saluée le gérant et passer commande d'un plat accompagné d'une bierreaubeurre avec du gingembre. Et tandis qu'elle était en train de déguster son plat en lisant son exemplaire de la Gazette du sorcier, sa quiétude fut dérangée par un jeune homme, un élève de Poudlard dont elle ne connaissait pas l'identité, mais dont elle reconnut son appartenance à cause de son écharpe verte et argent. Ce bougre n'avait même pas pris la peine de regarder où il mettait les pieds qu'il heurta un client plus grand et plus balèze que lui. Manque de bol, ce carambolage eut pour effet de lui faire renverser une bonne rasade de sa chope sur les vêtements immaculés de la jeune député qui sursauta la bouche ouverte d'un air stupéfaite, avec les bras écartés. Voilà que sa chemise était toute trempée. Rhaaaa... si elle tenait ce voyou qui venait de lui jouer ce mauvais coup...


"- Non, mais vous n'auriez pas pu faire plus attention, jeune homme !?", s'écria-t-elle l'air un peu agacé et mal à l'aise tandis qu'elle déployait des efforts surhumains afin de maîtriser cette moutarde qui venait de lui monter au nez. De quoi avait-elle l'air avec sa chemise toute trempée ! Peut-être qu'il était possible de voir son soutien-gorge à travers sa chemise ! Oh mon dieu !! Grrrrraaarrrr !!
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