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 I used to trust you... [Pv Lord Aïlin Bower]
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  • Lynn Bower
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MessageSujet: I used to trust you... [Pv Lord Aïlin Bower]   Mer 17 Juil - 11:17:30

Lynn mangeait silencieusement, comme à chaque fois qu’elle se retrouvait en compagnie de ses deux frères pour le dîner. Elle se demandait encore pourquoi ils continuaient cette mascarade. Cela n’avait aucun sens. Ils n’avaient généralement rien à se dire et à part quelques piques ou réflexions, la conversation finissait toujours par tourner court.  Et pourtant, ils continuaient à se réunir tous les trois autour de l’immense table de la salle à manger, tous les soirs à la même heure.

Ces derniers temps, ces repas lui étaient encore plus insupportables. Depuis que les Connor avaient appris la maladie du patriarche, la  famille était en émoi –même si Lynn soupçonnait son épouse de secrètement souhaiter sa mort - et la détresse de son petit-ami pesait énormément sur les épaules de la jeune femme. Noyée entre ses problèmes et les siens, elle avait du mal à tout gérer d’autant que la période de Noël avait été particulièrement intense à la boutique. Elle se sentait sur la corde raide et leurs réunions familiales factices autour de la table du repas mettaient ses nerfs à rude épreuve.  

Si Lynn consentait à entretenir cette ridicule illusion, c’était en partie pour Jenny, qui n’avait plus eu l’occasion depuis des années de préparer quotidiennement de bons repas et semblait y puiser le peu d’énergie qu’il lui restait. Elle se surpassait chaque soir avec des plats absolument délicieux de l’entrée au dessert. Lynn la félicitait tous les jours sans avoir le cœur de lui dire que l’ambiance du repas gâchait tous ses efforts. La plupart du temps, tout ce qu’elle mangeait avait un goût de carton. Mais elle imaginait que cela avait surement été le seul moyen pour la vieille domestique d’accepter le retour de Torin parmi eux.

Torin qui, lui, prenait tout avec amusement depuis sa libération, avait semble-t-il décidé de faire la conversation à lui tout seul ce soir-là. Plusieurs fois, ses remarques en apparence anodines avaient fait se crisper la main de Lynn sur ses couverts. A croire qu’il cherchait à les tester, à voir jusqu’où il pourrait aller. La jeune enchanteresse ne répondait que du bout des lèvres la plupart du temps et évitait scrupuleusement de croiser le regard d’Aïlin.  Elle sentait qu’à travers ses yeux, il lirait sans mal le reproche qu’elle avait du mal à contenir dans ces moments-là. Torin était mielleux, charmant même pour un œil extérieur, mais pas pour elle. Ils avaient fait la paix. Son enchantement les y obligeait. Elle ne pouvait plus rien faire à part prendre son mal en patience et attendre qu’il s’en aille. Ou qu’elle s’en aille. Car l’autre raison pour laquelle Lynn assistait encore à ces repas, c’était parce que si elle ne portait pas un minimum attention aux relations de ses aînés, elle n’avait plus rien à faire ici. Et si elle restait, c’était justement pour Aïlin, pour ne pas le laisser seul face à Torin, même s’il était désormais pratiquement inoffensif pour eux. Pratiquement, car si son goût pour la manipulation s’était peut-être émoussé lors de ses années d’exil, elle était persuadée qu’il n’avait pas disparu pour autant.


Torin a écrit:
"J'ai voulu aller rendre visite à ce cher Carpenter, figurez-vous qu'il a disparu il y a quelques mois, sa veuve avait l'air tout sauf éplorée."

Le cœur de Lynn rata un battement au nom de son violeur. Elle dévisagea Torin, surprise avant de se tourner vers Aïlin d’un air interrogateur, les sourcils froncés. Son regard argenté plongea dans ses océans agités et elle se figea soudain alors que les mots de leur frère résonnaient dans son esprit. Pourquoi Torin avait-il l’air surpris ? Pourquoi est-ce qu’il… ?
Non.
Par Merlin, ça ne pouvait pas vouloir dire ce qu’elle croyait. Il y avait nécessairement une autre explication. Non. Non, non, non, non. Ce n’était pas possible, pas possible, c’était un cauchemar. Encore un, un cauchemar sournois dont elle allait se réveiller d’un instant à l’autre.  Aïlin ne pouvait pas lui avoir fait une chose pareille, pas après tout ce qu’ils avaient traversé, pas en sachant à quel point cela avait été une torture pour elle. C’était encore l’une des plaisanteries de mauvais goût de Torin, forcément, ça ne pouvait pas être autre chose.  

Mais plus elle regardait le Lord, plus elle reconnaissait la culpabilité sur ses traits et elle en eut le souffle coupé. Son visage se décomposa et elle devint livide.


- Non...

Elle n’arrivait pas à le croire et pourtant… c’était tellement évident… Aïlin lui avait mentit. Il l’avait manipulée pour faire sortir Torin de prison, pour lui rendre sa liberté ! Comment avait-il osé la trahir ainsi ? Et pourquoi ? Pour quelles obscures raisons avait-il fait ça ?
Bouleversée, Lynn se leva lentement et quitta la pièce d’un pas raide. Elle n’entendit pas la voix de son frère l’appeler alors qu’elle montait les escaliers. Elle ne voulait plus l’entendre. Plus jamais. Non, elle ne voulait plus jamais l’écouter, plus jamais croire un seul mot qui sortirait de sa bouche. C’était fini ! Fini ! Plus jamais !

Aussitôt dans sa chambre, elle sortit sa valise et commença à y jeter ses vêtements. Elle était tellement sous le choc qu’en proie à l’agitation, elle n’avait même pas pensé à utiliser la magie.  Il fallait qu’elle s’occupe les mains, et l’esprit, jusqu’à ce qu’elle soit loin d’ici. Une fois loin, elle pourrait se laisser aller, elle pourrait pleurer et crier. Bientôt, mais pas tout de suite. Elle resterait une foutue Bower, droite et digne, jusqu’à ce qu’elle ait franchi le pas de cette foutue porte. Il fallait qu’elle parte d’ici, tout de suite. Oui, elle allait partir et elle ne remettrait plus jamais les pieds dans ce maudit manoir de toute sa vie !
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MessageSujet: Re: I used to trust you... [Pv Lord Aïlin Bower]   Mer 17 Juil - 14:45:20

À présent que la réception de Noël s'était déroulée, Aïlin était irrémédiablement retombé dans l'unes de ses périodes de morosité. Pourtant, alors qu'il piochait dans son assiette, sans grand appétit, l'alchimiste n'en montrait rien. Il avait pris l'habitude de se cacher derrière une muraille, particulièrement en présence de Torin, pour ne pas lui laisser entrevoir ses faiblesses. Lui donner un aperçu de l'état moral dans lequel il se trouvait aurait été la meilleure façon d'éveiller l'instinct prédateur de son frère. Si, à présent, il ne pouvait plus rien physiquement contre lui, Torin demeurait un homme assez intelligent et perfide pour l'achever d'autres façons. Aïlin n'était plus autant impressionné par son aîné qu'à l'époque où il était un adolescent. Néanmoins, la prudence était mère de sûreté.
Aussi, comme tous les soirs ou presque, la fratrie dînait ensemble, dans une ambiance particulière, indéfinissable. Ce n'était plus l'époque des soirées glaciales comme Aïlin avait pu en connaître, bien que ces soupers n'étaient pas ce que l'on aurait pu considérer de « joyeux ». Torin, ce soir, était particulièrement loquace. C'était un jeu qui semblait lui plaire, que de titiller les deux autres en faisant seul la discussion, ou quasiment. Car Aïlin n'était pas décidé à lui laisser reprendre ses marques aussi facilement. Aussi ne manquait-il jamais de répondre à ses piques ou ses phrases tendancieuses, rivalisant avec lui sur les phrases à double sens. Il n'entretenait pas la conversation, mais il refusait de laisser à Torin l'occasion de prendre l'ascendant sur eux de cette façon. C'était une véritable guerre froide, pendant laquelle les amabilités n'étaient qu'hypocrisie et tentatives de déstabilisation. Ce genre de moments, autrefois, auraient profondément usé Aïlin, qui se serait muré dans un silence contrit. Aujourd'hui, c'était presque devenu un réflexe, comme s'il avait toujours su tenir tête à son frère. Une chose qu'il n'avait jamais osé, avant que l'aîné n'orchestre sa mort. Autrefois, il gardait ses répliques pour lui. Mais le temps avait passé, et le lord était bien décidé à montrer que plus rien n'aurait de prise sur lui.

Plus rien, ou presque. Son couvert se figea au-dessus de son assiette, lorsque le nom de Carpenter sortit d'entre les lèvres de Torin. Sa mâchoire se crispa, et il se sentit pâlir. Aïlin ne tourna pas la tête immédiatement vers Lynn, mais le regard pesant qu'elle posa sur lui l'y força. Il essayait de paraître impassible, mais ni elle, ni lui n'étaient dupes de l'autre. Alors, tandis qu'il jetait un regard exaspéré à Torin, Lynn se leva de table et quitta la pièce. Aïlin jura, sous le rire amusé de Torin.


« Il y a quelque chose que j'aurais dû savoir ? »
Commenta l'aîné, tandis qu'Aïlin jetait sa serviette à côté de son assiette et se levait. Il lui aurait volontiers répondu « L'art de savoir se taire. » mais les mots ne passèrent pas sa bouche, déformée par un rictus. Finalement, un soupir échappa au lord et il jaugea Torin d'un air courroucé.

« Je ne sais pas si je dois te féliciter ou te conspuer pour ce don, que tu as, de semer la zizanie. Je sais que cela va te décevoir, mais je n'ai pas le temps d'entrer dans les détails. Si tu veux bien m'excuser. Bonne fin d'appétit, Torin. »

Lâcha sèchement Aïlin, avant de s'acheminer à grandes enjambées jusqu'aux escaliers menant à l'étage. Il traversa la mezzanine et s'engouffra dans le couloir, pour rejoindre la chambre de Lynn, dans laquelle il entra sans frapper.
Bower ferma la porte derrière lui, mais se maintint dos à celle-ci, comme pour se préserver d'une tentative de fuite de la part de sa sœur. Son regard s'agrandit de stupeur lorsqu'il aperçut la valise ouverte, et les affaires que la jeune femme jetait en vrac à l'intérieur. Comptait-elle vraiment partir pour cela ? Objectivement, Aïlin savait qu'elle était largement dans son droit, néanmoins, il ne pouvait se résigner à la laisser faire. Pas sans la retenir. Elle était la dernière personne qu'il lui restait. Il ne pouvait pas la laisser partir, car il savait qu'il ne la reverrait peut-être plus. Lynn, malgré sa patience et sa gentillesse, demeurait une Bower. Il savait qu'une telle décision, de sa part, serait irrévocable.


« Je comprends. » Déclara calmement Aïlin. « Mais tu n'aurais pas compris la véritable raison qui m'a poussée à agir ainsi. Ne fais pas ça, Lynn. Tu es tout ce qui me reste. »

Son regard sonda la tempête qui s'agitait dans les iris d'anthracite de sa cadette. Il savait que d'un instant à l'autre, celle-ci surgirait dans la chambre, balayant tout sur son passage pour venir le heurter de plein fouet. Il savait le mériter, mais il peinait lui-même à garder son sang-froid pour ne pas faillir à la culpabilité oppressante qui lui rongeait le corps. Sa respiration était laborieuse et courte, mais il restait figé, le dos bien droit contre la porte, se voulant un obstacle insurmontable face à celle-ci. Non, il ne la laisserait pas quitter le manoir. C'était au-dessus de ses forces. Il avait déjà trop souffert ses derniers mois pour subir une nouvelle séparation. Surtout pas à cause de Torin.

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  • Lynn Bower
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MessageSujet: Re: I used to trust you... [Pv Lord Aïlin Bower]   Mer 17 Juil - 17:00:12


C'est à peine si Lynn jeta un coup d'œil vers la porte quand elle l'entendit s'ouvrir et se refermer. Aïlin se croyait-il sincèrement capable de la retenir ? Oui, probablement. Après tout, n'avait-il pas toujours obtenu exactement ce qu'il voulait d'elle ? Lynn l'ignora, continuant à remplir sa valise comme s'il n'était pas là.  

« Je comprends. »
Lynn continuait à lui tourner obstinément le dos. Ha il comprenait ? Vraiment ? Ho et bien merci de votre compréhension, Lord Aïlin ! Elle se sentait tout de suite beaucoup mieux maintenant qu'il reconnaissait qu'elle avait le droit de réagir ainsi !
 « Mais tu n'aurais pas compris la véritable raison qui m'a poussée à agir ainsi. »
A ces mots, elle arrêta un instant ce qu'elle faisait pour darder son regard orageux sur lui. Elle n'aurait pas compris ? Elle n'aurait pas compris ! Parce qu'elle était trop stupide peut-être ? Ho mais oui,  pourquoi diable se donner la peine d'expliquer à sa propre sœur pourquoi il libérait leur psychopathe de frère, le responsable de tous leurs malheurs ? C'était tellement plus simple de mentir ! De lui faire porter la responsabilité et la culpabilité de sa libération ! Etait-elle réellement aussi insignifiante que ça ? N'était-elle bonne qu'à parader à son bras, à être belle et à se taire en prétendant n'être qu'une bécasse ? Etait-ce qu'il avait attendu d'elle ? Par Merlin, est-ce qu'il la connaissait ne serait-ce qu'un tant soit peu ?  Est-ce qu'il avait la moindre idée de ce qu'il avait fait ? Pouvait-il imaginer la plaie béante qu'elle avait dans la poitrine à la simple idée de sa trahison ? C'en était trop, trop et trop. Même pour elle. Elle avait atteint le point de non retour, elle ne pourrait plus encaisser quoi que ce soit d'autre.
Sans rien dire, elle serra les dents et retourna à son bagage.
Elle n'allait pas lui répondre, elle n'allait pas prononcer le moindre mot. Droite et digne. Silencieuse, fière. Voilà comment elle devait être et si elle commençait à lui répondre elle n'était pas certaine de pouvoir garder son calme. Elle oscillait déjà entre l'envie de hurler et celle de pleurer, si elle ouvrait la bouche, elle savait qu'elle ne pourrait plus s'arrêter.  
« Ne fais pas ça, Lynn. Tu es tout ce qui me reste. »
Lynn se raidit et pendant une seconde, elle fut sur le point de s'attendrir mais elle repoussa avec force cette marque de faiblesse, entretenant volontairement son irritation pour se protéger. Non elle n'était pas tout ce qu'il lui restait. Il lui restait ce cher Torin pour lequel il avait visiblement vendu son âme et le peu de conscience qu'il lui restait. Torin grâce à qui son odieuse supercherie venait d'être révélée. Ils étaient faits pour s'entendre finalement. Qu'avait-elle de plus à faire ici ? Elle avait voulu le protéger mais de toute évidence c'était une entreprise perdu d'avance. Il ne restait plus rien à sauver. Il n'y avait plus rien de sacré aux yeux de son frère. Il ne respectait plus la vie depuis qu'il avait tenté d'ôter le sienne, plus l'amour depuis que Clarisse l'avait quitté, et même plus son propre sang depuis que Torin était revenu d'entre les morts. Comment pouvait-elle lutter contre ça ? Elle n'avait plus la force. Elle était trop blessée, humiliée même et plutôt que de sombrer dans la peine, la tristesse et le désespoir, elle se laissait porter par sa colère, tellement plus facile à gérer et à exprimer. C'était la dernière fois qu'un Bower se servait d'elle, la dernière fois qu'un Bower lui faisait du mal… !
Elle se buta dans son silence, en se conjurant de ne rien dire, de ne rien répondre. Surtout, il ne fallait pas qu'elle craque. Elle allait finir d'empaqueter ses affaires en silence, sortir d'ici, qu'il le veuille ou non, même si elle devait utiliser sa baguette pour ça, et quitter le manoir. Pour toujours. Droite et Digne.    
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MessageSujet: Re: I used to trust you... [Pv Lord Aïlin Bower]   Mer 17 Juil - 17:52:02

Silence. Aïlin s'était attendu à tout sauf à cela. Le regard que lui avait jeté sa sœur avait été pareil à un coup de poignard, et maintenant, il ne récoltait plus que son indifférence. Sa main se crispa et il serra le poing, rongeant son frein. Il était à court d'arguments face au silence obstiné de la jeune femme, et il en était déstabilisé. Sa stupeur, face au comportement de Lynn, se transformait en frustration, lorsqu'il l'appela par son prénom et que celle-ci ne lui répondit pas. Alors, Aïlin, dans un geste irréfléchi, sanguin, ôta sa baguette magique de son étui et la braqua sur la valise de Lynn, qui se ferma d'un coup sec pour l'empêcher d'y ajouter quoi que ce soit de plus. Il se tourna vers la porte et la scella d'un sortilège informulé, avant de s'approcha à grands pas, baguette en main, de sa sœur. Il l'attrapa par l'épaule et la retourna afin de la forcer à lui faire face.

« Regarde-moi ! »

S'écria-t-il, d'une voix plus puissante et colérique qu'il ne l'aurait voulu. Aussi tremblant qu'elle, il braqua son regard dans le sien, pour la fixer sans ciller.

« Qu'est-ce que ça change ? Ma peur d'être dénoncé pour le meurtre de père t'était totalement indifférente ! Et j'avais peur, oui ! Que tu me crois ou non, je n'ai cessé de craindre qu'on sache un jour la vérité. Puisque cela t'étais indifférent, il fallait bien que fasse aussi peser la menace sur tes épaules, sinon, à l'heure actuelle, ce serait devant un magenmagot au complet que j'aurais à me justifier ! »

Cracha-t-il froidement, cachant son effarement derrière la bile qu'il déversait sur elle.

« Alors, oui, je t'ai menti. Non, ce n'est pas la seule raison qui m'a convaincu de libérer Torin. J'ai eu le temps de réfléchir en détention, et de me faire la réflexion qu'il était temps de cesser de nous faire justice nous-mêmes. Je ne veux pas devenir comme il est devenu, je veux essayer de faire une croix sur tout ça. Pas pour lui, pour moi, Lynn ! »

Il ne l'avait toujours pas lâché, ni n'avait cédé face au regard qu'elle braquait sur lui. Il ne voulait pas lui laisser l'occasion de réagir tant qu'il n'avait pas été jusqu'au bout de son argumentaire.

« Comme je le lui ai dit, nous sommes tout ce qu'il reste de notre famille. Et grâce à toi, nous sommes plus unis, par notre sang, que nous ne l'avons jamais été. C'est comme ça, et on ne peut rien y faire. Il mériterait mille morts, mais le pire pour lui est certainement que nous soyons dans sa vie plutôt que nous cherchions à l'en éliminer. La pire vengeance que tu pourrais avoir sur lui n'est pas de le torturer, mais de lui montrer que rien de ce qu'il t'a fait n'est parvenu à te détruire. Il doit se gargariser, en ce moment même, d'être encore une fois l'instigateur de notre dispute, alors ne lui donne pas ce qu'il veut. Reste ici, si ce n'est pour moi, fais-le pour ta dignité. »

C'était perfide et il le savait, mais tous les arguments étaient valables pour forcer Lynn à entendre raison. Il aurait pu prendre conscience de la culpabilité qu'il avait fait peser sur les épaules de sa sœur par ses manipulations, s'en excuser, la supplier, mais cela ne lui était pas venu à l'esprit. Il n'y pensait même pas, pressé par la situation, agissant comme il le faisait toujours lorsque la situation lui échappait. Chercher à rétablir son contrôle sur autrui, agissant, sans le vouloir, exactement selon les gènes qu'il avait hérité de son nom.
Seulement à présent, il relâcha son épaule, mais cela dans le but de s'emparer de la valise afin de la ranger dans l'armoire, pour tirer un trait définitif sur le projet qu'avait Lynn de partir. Il ne la laisserait pas faire. Il ne pouvait laisser son dernier lien avec la lumière se briser. Il ne voulait pas sombrer dans les ténèbres, et Lynn n'avait d'autre choix que de les apaiser. Comme il l'avait fait pour elle pendant des années, à Poudlard. Il avait pensé ses plaies, avait subi ses mensonges par omission. C'était son tour. Et il savait qu'elle ne l'abandonnerait pas, car tous deux avaient conscience des conséquences que cela aurait. Elle n'en supporterait pas le poids et Aïlin comptait bien, s'il le fallait, le lui rappeler.

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MessageSujet: Re: I used to trust you... [Pv Lord Aïlin Bower]   Mer 17 Juil - 20:46:37

Il l'appela, mais elle ne se retourna pas. Elle ne voulait pas lui faire face. Elle voulait qu'il comprenne le message et qu'il s'en aille. Mais Aïlin n'était pas du genre à abandonner. Lynn sursauta quand sa valise se referma brutalement et fit quelques pas en arrière de surprise. Mais presque aussitôt la main du Lord s'abattit sur son épaule et la retourna sans ménagement.
« Regarde-moi ! »
Son ton impérieux ne fit qu'agacer davantage Lynn qui lui lança un regard noir. Monsieur le Lord ne supportait pas qu'on lui tienne tête ? Tiens donc, quelle surprise !  Cela lui rappelait quelqu'un d'autre. Il ne lui avait fallu qu'une poignée de minutes pour perdre tout contrôle. Cela ne faisait que confirmer ce que Lynn venait seulement de comprendre : il ne changerait plus à présent, sa présence n'y changerait rien.
Elle l'écouta alors, puisqu'il ne lui laissait plus le choix et chacun de ses mots amplifiait la colère qui grondait en elle. Elle avait été indifférente à sa peur, elle ? Elle, entre tous, ne comprenait pas ce que cela faisait d'avoir peur, de vivre dans la crainte ? Non mais il se foutait d'elle ! Il s'enfonçait dans ses propres mensonges, il s'était tellement répété tout ça qu'il y croyait réellement. Pourtant jamais il n'y avait eu la moindre menace sur leur tête. Absolument rien n'aurait pu mener à lui, le témoignage de Torin n'aurait rien valu. Il s'était monté la tête pour excuser son geste, voilà tout ! Et quand bien même, cela serait arrivé, elle aurait prit sa défense, elle, devant le magenmagot, elle aurait prouvé aux yeux de chacun qu'il était innocent, elle aurait mentit pour lui, elle se serait battu pour lui. Mais c'était fini. Il avait préféré une autre menace, bien plus réelle, à celle-là. Et elle ne pouvait rien y faire.
La colère de son frère, glaciale, sourde ne faisait qu'attiser la sienne. Elle avait du mal à garder son calme, et tout son être était tendu tant elle voulait répliquer. Mais il ne lui en laissait pas l'occasion, ce qui n'était peut-être pas plus mal car ses mots suivants ne l'apaisèrent pas un instant. Temps de cesser de se faire justice ? N'était-ce pas lui qui avait initié tout ça ? Il avait été le premier à céder, elle n'avait fait que le suivre. Il était de toute façon trop tard pour se différencier de Torin. Il était déjà devenu tout ce qu'il avait détesté, et il avait beau essayer de s'accrocher à l'illusion du contraire, cela ne changerait plus rien. Il clamait faire tout ça pour lui, et bizarrement, c'était exactement ce qu'elle lui reprochait. Après l'avoir supplié, pendant des années, de penser un peu à lui au lieu de penser aux autres, la seule décision qu'il avait prise en ce sens, il l'avait fait aux dépends de sa sœur. Elle avait essayé de l'aider, elle lui avait montré un soutien sans bornes, elle s'était accroché alors que même lui la repoussait, elle avait tenu bon quand il n'y croyait plus. Par Merlin, comment avaient-ils pu en arriver là ?  Pourquoi n'était-elle plus capable de voir le frère qu'elle avait tant aimé quand elle le regardait aujourd'hui ? Ce garçon-là était mort des années auparavant. Peut-être bien en partie à cause d'elle, mais elle avait désespérément tenté de se racheter depuis, sans s'avouer que c'était impossible.
Sa main sur son épaule lui était de plus en plus intolérable et elle eut un mouvement pour se défaire de sa poigne mais il refusait de la lâcher, son regard toujours plongé dans le sien.
Il termina sa tirade avec des mots vides de sens, des phrases qui ne trouvaient aucun écho en elle. Ils étaient liés à cause d'elle, oui, peut-être, mais il ne comprenait pas que c'était justement parce qu'elle avait déjà abandonné toute idée de vengeance. Qu'elle voulait la paix, la tranquillité, qu'elle voulait une vie loin des drames permanents de la famille Bower. Et elle voulait Torin hors de sa vie. Elle n'en avait rien à faire de ce que ce dernier voulait, du fait que cela l'amusait sûrement de les voir se disputer. Il n'était pas réellement l'instigateur de leur dispute. C'était la faute d'Aïlin, c'était ses actes, ses décisions qui les avaient mené à ce conflit auquel elle n'avait même pas encore pris part.  

« Reste ici, si ce n'est pour moi, fais-le pour ta dignité. »
Elle lui jeta un regard incrédule alors qu'il la lâchait enfin pour aller s'emparer de sa valise et la ranger dans l'armoire. C'était d'une bassesse ! Elle n'essaya même pas de l'en empêcher. Ça y était, avait-il terminé ? Croyait-il vraiment s'en tirer comme ça ?
- Tu pensais vraiment que je n'allais jamais le découvrir ? Demanda-t-elle d'une voix glaciale, tremblante de rage.
Ho mais oui, bien sûr qu'il l'avait pensé. N'était-elle pas trop idiote pour comprendre ? S'il avait imaginé un instant que cela arriverait, il aurait prit ses dispositions. Il s'était cru au-dessus de  tout ça, comme toujours. Il avait pêché par excès de confiance, par arrogance. Encore quelque chose qui ne serait jamais arrivé à l'ancien Aïlin.
- Qu'est-ce que tu espérais ?
Croyait-il qu'elle lui pardonnerait encore une fois ? Qu'elle dirait "Ce n'est rien, Aîlin, je comprends, continue à me traiter comme une moins que rien, à me mentir, à me manipuler, à m'utiliser, ça ne me fait rien, j'ai l'habitude !" ?
Elle le regarda s'énerver sur le bagage et secoua la tête:

- Je n'ai pas besoin de ma valise pour m'en aller, pas plus que je n'ai pas besoin de ton autorisation pour quitter cette foutue baraque ! Dit-elle d'une voix qu'elle tentait de maîtriser pour ne pas crier. Toi qui voulais tellement que je m'en aille, tu devrais être soulagé.
N'avait-il pas demandé à Matthew de la convaincre de partir ? Et bien finalement, il n'avait fallu qu'un mensonge et une intervention providentielle de Torin pour qu'elle s'exécute. Et dire qu'il s'était donné tant de mal, quel dommage !
Elle se dirigea vers la porte avec humeur mais celle-ci était fermée et cela ne fit que l'exaspérer davantage. Elle se tourna vers son frère et revint à la charge :

- Combien de temps tu croyais que j'allais encore supporter tout ça ? Par Merlin, Aîlin, est-ce que tu réalises ce que tu m'as fait vivre ces derniers mois ?
Ça y était, le reproche avait prit la parole, celui qu'elle avait tant tenté d'ignorer, celui qui avait tant menacé de l'étouffer. Sa tentative de suicide avait été le début de l'enfer pour elle. Un nouvel enfer après tout ceux qu'elle avait déjà traversé.  La colère grondait toujours en elle, mais elle la maîtrisait encore pour l'instant.  
- J'abandonne. Tu vois, c'est aussi simple que ça. Je ne peux plus, je ne veux plus. J'arrête. Et ça commence par moi quittant le manoir, ce soir. Rien de ce que tu diras ou feras n'y changera quoi que ce soit.
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MessageSujet: Re: I used to trust you... [Pv Lord Aïlin Bower]   Ven 19 Juil - 13:04:01

Pensait-il que Lynn n'aurait jamais su son mensonge ? À vrai dire, Aïlin n'y avait même pas pensé. Il avait agit sans réfléchir aux conséquences, à moyen et long terme, qu'aurait sa manipulation, sur sa relation avec sa sœur. Il avait eu tant de choses à penser, tant d'évènements ayant accaparé son esprit, qu'il avait choisi la solution de facilité sans se soucier des retombées que cela aurait, particulièrement sur sa cadette. Mais cela, il ne pouvait le lui dire. Lui répondre la vérité, qu'il n'avait rien espéré, qu'il n'y avait pas même pensé, oubliant son odieux mensonge comme s'il n'avait jamais vécu davantage que le temps d'être prononcé, aurait été certainement bien pire que de mentir encore.

Il ne fit aucun commentaire, ni ne chercha à s'excuser des questions rhétoriques que la jeune femme lui adressait. Aïlin n'avait pas la moindre arme pour se défendre, et cela, même son tempérament orgueilleux l'admettait, pour cette fois.
Néanmoins, la seconde répartie de Lynn lui fit écarquiller les yeux, autant de stupeur que de colère. Pourquoi l'accusait-elle à présent d'avoir espéré la voir partir du manoir ? Jamais il n'avait formulé ce vœu, ou du moins, pas en sa présence. La conversation qu'il avait eu avec Matthew Connor ressurgit comme un éclair dans sa mémoire, et son poing se crispa de fureur.


« C'est Connor, qui t'as dit cela ? Lui aussi, chercherait-il à nous éloigner ? Lui qui m'a confessé, de son propre chef, éprouver de la jalousie vis-à-vis de moi ? Je voulais que tu ailles auprès de lui plutôt que de moi, car je me sais plus néfaste qu'autre chose, ces derniers mois. Je voulais aussi t'épargner la présence de Torin ! Est-ce un crime ? Te l'a-t-il au moins dit dans ces termes ? »

Rétorqua-t-il, tandis que son regard azur s'embrasait davantage. Il la laissa aller vers la porte, sa main fermement serrée sur sa baguette, prêt à l'empêcher de passer la porte s'il lui venait l'idée de tenter de défaire le sortilège qu'Aïlin avait apposé sur la sortie. Mais il ne fit pas un geste, car déjà, Lynn revenait à la charge, espérant certainement lui faire abandonner la partie par quelques mots bien sentis.

« Je refuse de te laisser partir dans ces conditions. »

Lâcha froidement Bower, malgré ses tumultes intérieurs.

« Ce que je t'ai fait vivre n'est rien en comparaison à ce que je ressens. Et je ne te l'ai pas imposé. C'est toi qui l'a choisi. C'est toi qui m'a dit vouloir rester au manoir, quel qu'était mon avis sur la question, après m'avoir trouvé baignant dans mon sang. »

Le jeune homme s'approcha d'elle, la jaugeant d'un regard troublé par le mélange chaotique d'émotions qui se bousculaient en lui. Il ne s'arrêta que lorsqu'il ne fut plus qu'à quelques centimètres d'elle, son visage penché vers elle pour continuer à la regarder.

« Je suis désolé d'être ton frère, Lynn. Je sais combien cela te coûte. Je sais que tu préfèrerais mille fois que je n'existe pas. Mais tu ne peux pas m'abandonner, pas maintenant. »

Déclara-t-il d'une voix tremblante. Il prit une inspiration, fermant les yeux une seconde, cherchant à retenir sans succès la phrase qui brûlait de dépasser ses lèvres.

« J'ai besoin de toi. »

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MessageSujet: Re: I used to trust you... [Pv Lord Aïlin Bower]   Ven 19 Juil - 15:26:36


Bien sûr Aïlin ne répondait rien. De toute façon, quoi qu’il ait eu à dire, cela n’arrangerait pas les choses, elle en était convaincue. Le nom de Matthew dans la bouche de son frère lui écorcha la poitrine :
- Ne mêle pas Matthew à ça ! Gronda-t-elle. Bien sûr qu’il m’a dit tout ça et c’est justement la raison pour laquelle je suis restée ! Il n’a jamais essayé de nous éloigner alors qu’il avait toutes les raisons de le faire… Tu te débrouilles très bien pour ça tout seul. Est-ce que tu entends ce que tu dis ? C’est toi qui m’as imposé la présence de Torin ! Alors pourquoi tu tiens tant à ce que je reste aujourd'hui ? Laisse-moi partir puisque c’était ce que tu voulais tant !
Mais tout ça, c’était avant. Avant qu’elle apprenne ce nouveau mensonge, avant que cette trahison ne réveille en elle toutes les autres, toutes les erreurs de leur parcours, toutes leurs disputes, tout ce qui n’allait pas dans leur relation instable. Elle avait voulu lui faire comprendre qu’elle était là, auprès de lui, qu’elle le soutenait, qu’il n’était pas définitivement seul et brisé,  et pour quel résultat ? Qu’y avait-elle gagné à part de nouvelles blessures ? Sa présence ici n’avait rien changé, rien du tout. Seulement aujourd’hui, il faisait son Lord capricieux et alors qu’il avait souhaité la voir s’éloigner, il refusait à présent de la laisser faire.  
Rien ne la ferait changer d’avis et elle lui répéta, mais il semblait n’en avoir cure.

Aïlin a écrit:
« Je refuse de te laisser partir dans ces conditions. »
Voilà qu’il recommençait à vouloir diriger sa vie. Ne lui avait-il pas reproché plus d’une fois autrefois de courber l’échine ? Ce temps-là était bien révolu. Elle lui avait confié sa vie, et voilà comment il l’en avait remercié. En abusant de sa confiance et de son amour pur lui. La colère de Lynn était de plus en plus difficile à contenir et le ton de sa voix augmenta perceptiblement :
- Tu n’as plus voix au chapitre. J’en ai fini de t’obéir aveuglément ! Tu ne sais pas ce que tu veux ! Rien ne te satisfait jamais ! Comment veux-tu que je reste après ça ? A chaque fois que je reviens vers toi tu trouves une nouvelle façon de me faire du mal ! Qu’est-ce qui va changer si je reste ? Qu’est-ce que tu inventeras encore pour te faire pardonner ? Je n’arrive plus à te faire confiance, je n’arrive plus à te croire !
La suite de ses mots la fit secouer la tête et elle recula alors qu’il s’approchait. Non, elle ne voulait pas entendre ça, elle ne voulait pas l’écouter.
Son dos heurta la porte et ses yeux s’agrandirent d’effroi lorsqu’il évoqua sa tentative suicide :

- Arrête ! Tais-toi !
C’était probablement l’un de ses pires souvenirs et elle en cauchemardait encore parfois. Elle essaya de le repousser mais pas avec assez de conviction ou de force pour le faire reculer. Il osait la faire culpabiliser ! Comme si elle ne le faisait déjà pas assez toute seule ! Elle sentit ses yeux s’embuer et se mit à crier :
- Tu me l’imposes maintenant !  Qu’est-ce que ça change ? Tu m’as imposé Torin, crois-tu vraiment que ce soit mieux ?  Comment je peux avoir la moindre idée de ce que tu ressens alors que tu ne me parles pas ! Tu continues à agir avec moi comme si j’étais une gamine ! Tu l’as toujours fait et tu le feras toujours ! Mais je suis une adulte maintenant ! Je n’ai plus à subir tes humeurs, tes manipulations ou tes décisions sans rien dire ! Je suis ta sœur, bon sang, Aïlin, pas une poupée !
Il ne comprenait rien, il ne voulait rien comprendre, mais tout ça c’était sa faute !
Il se rapprocha encore et il ne fut bientôt plus qu’à quelques centimètres d’elle, la forçant à lever la tête pour soutenir son regard. Son cœur se serra à ses mots et les larmes s’échappèrent de ses yeux sans qu’elle puisse les retenir. Elle le repoussa plus violemment, frappant ses poings sur son torse :

- Je t’interdis de dire ça ! Je n’ai jamais ne serait-ce que pensé une chose pareille et tu le sais !
Elle se sentait affreusement mal et malgré sa peine, la colère ne retombait pas :
- Oui tu es mon frère, et je t’aime… ou en tout cas, je t’ai aimé, bien plus que de raison, bien plus que tu ne le méritais ! Je t’ai soutenue, je me suis accrochée à toi quand tu rejetais tout. J’aurais fait n’importe quoi pour toi ! Ne me reproches pas d’en arriver là. Tu m’as abandonné le premier, Aïlin !
Elle se retourna pour ne plus avoir à affronter son regard, essayant d’ouvrir la porte avec acharnement :
- Laisse-moi sortir ! Qu’est-ce que tu vas faire ? Me garder prisonnière ici ? C’est ça que tu veux ? Pourquoi ? Pourquoi !
Aïlin a écrit:
« J'ai besoin de toi. »
Elle se figea. Ces mots achevèrent de lui briser le cœur et elle éclata en sanglot, reposant son front sur la porte. Elle se laissa glisser jusqu’au sol, et enfoui t sa tête entre ses mains. C’était du chantage, un horrible, odieux, détestable chantage affectif.
- T’as pas le droit de me faire ça… t’as pas le droit, t’as pas le droit ! C’est trop tard !
Elle releva finalement les yeux vers lui et jeta avec hargne :
- Regarde ce que tu me fais !
Même ainsi, il continuait d'essayer de la manipuler. Ses mots, comme ses actes, n’étaient que poison et ils la blessaient chaque instant un peu plus. C’est pour cela qu’il fallait qu’elle parte, elle ne pensait pas être capable de supporter tout ça encore très longtemps.
- Tu vas finir par me détruire, Aïlin...
Comme il avait déjà détruit tout le reste...
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MessageSujet: Re: I used to trust you... [Pv Lord Aïlin Bower]   Ven 19 Juil - 16:50:51

La souffrance coula comme du mercure dans les veines d'Aïlin, consumant sans la moindre difficulté chaque parcelle de lui qui entrait en son contact. La douleur lui prenait la gorge, rendait chaque battement de cœur plus difficile, comme si une petite lame s'était fichée dans celui-ci. Il n'avait plus le choix, il devait la laisser partir. Il devait surmonter l'égoïsme dont il était en train de faire preuve. Il avait effectivement voulu la protéger en demandant à Matthew de l'éloigner de lui, et aussi mal avait-il, c'était à lui d'avoir la force de la laisser partir, à présent. Aussi insurmontable que lui était l'idée de ne plus jamais revoir sa sœur.
Elle avait de toute façon raison. Il ne restait plus rien à sauver de lui, et quand bien même il restait quelque chose, Aïlin doutait d'avoir encore l'envie de sortir du gouffre. C'était tout ce qu'il connaissait, après tout, et Lynn avait encore, elle, des chances de vivre une vie heureuse. Cela impliquait nécessairement de vivre loin de lui.

Non, il ne pouvait pas. Il ne pouvait pas ouvrir cette porte et la regarder lui tourner définitivement le dos. Il la détruisait, oui. Il la faisait pleurer, l'enrageait, la blessait, lui faisait perdre toute confiance. Mais il avait compris, à présent. Il pouvait encore changer. Elle était sa seule motivation, la seule personne qui lui restait, et qui lui permettrait, peut-être, d'échapper aux tourments noirs dans lesquels il voguait depuis plus de deux mois. Elle ne pouvait pas ne plus l'aimer, elle se sentait seulement trahie, elle était seulement blessée, et toute blessure finissait toujours par cicatriser. Celle-là ne se réparerait pas en lui tournant le dos. Il était l'origine de son mal, mais fuir le mal ne l'avait jamais réparé.

La tête lui tourna légèrement, faisant battre douloureusement ses tempes, comme si même son sang avait décidé de peiner à circuler. Immobile, l'air absent, il regardait Lynn sur le sol, à genoux, pleurant malgré la colère avec laquelle elle s'adressait toujours à lui. Il la regardait, oui, comme elle le lui demandait. Et cela lui faisait l'effet d'une douche froide. Bower se recula d'un pas, hochant la tête, lorsqu'elle l'accusa, encore. Il en avait bien conscience. Il le lui avait dit. N'était-ce pas de sa faute, après tout ? Il avait été sincère avec elle. Il lui avait dit qu'il ne faisait que détruire ce qu'il touchait. À présent, elle se rebiffait contre les ténèbres qu'il lui transmettait, l'accusant du poison qu'il faisait courir dans ses veines, alors que c'était elle, et elle seule, qui avait décidé de venir y boire à grandes goulées. Un frémissement de fureur parcourut son corps et Aïlin se détourna brutalement, sans savoir où, ni comment, libérer cette frustration, cette hargne, cette violence qui ne demandait qu'à éclater.
Il ne devait pas céder à celle-ci, car il savait, sinon, qu'il commettrait un acte irréparable. Alors, le jeune homme s'achemina d'un pas raide jusqu'au lit, sur lequel il se laissa tomber, assis. Il se prit la tête dans les mains, sans pour autant lâcher son arme, le dos courbé.

Il l'aimait. Il voulait la garder près de lui. Et cela était paradoxal, car Aïlin savait que sa présence ne faisait que tuer à petit feu sa cadette. Il en avait la preuve sous les yeux. Il ne lui restait plus qu'à faire le choix entre son propre bien et celui de Lynn. Le jeune homme se redressa lentement, puis tourna les yeux vers sa sœur, qu'il contempla d'un regard humide. Mieux valait, certainement, qu'il finisse de se détruire seul, plutôt que d'entraîner Lynn avec lui. C'était, certainement, le seul bien qu'il pouvait lui faire, et le seul hommage qu'il pouvait adresser à l'adolescent qu'il avait été, autrefois. Celui-là même qui avait tout fait pour protéger sa sœur de ses frères. Aujourd'hui, c'était de lui qu'il devait protéger Lynn, quoi qu'il lui en coûtait. Il devait en avoir le courage.

Dans un sursaut de volonté, il canalisa sa colère sur sa décision. Il se leva et d'un mouvement de baguette, rouvrit la porte de l'armoire, pour faire léviter la valise hors de celle-ci. La malle s'ouvrit et l'intégralité des vêtements de sa sœur vint en un éclair s'y loger. Aïlin referma brutalement la valise et l'envoya valser en direction de la porte. La valise heurta le mur et tomba lourdement, tandis que la porte cliquetait. Son regard, flamboyant, tomba alors sur Lynn.

« Très bien, je me tais. Va-t-en. »

Ordonna-t-il d'une voix dure, et pourtant chevrotante. Il espérait de tout cœur que la jeune femme ne traîne pas à disparaître de cette chambre et de sa vie, car il n'était pas certain d'assumer très longtemps la décision qu'il venait de prendre.

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MessageSujet: Re: I used to trust you... [Pv Lord Aïlin Bower]   Ven 19 Juil - 18:31:56

Lynn en avait assez de pleurer et de crier sans qu'Aïlin ne réagisse. Elle avait l'impression de se heurter à un mur, et cela faisait plus mal à chaque tentative. Puis finalement, quelque chose changea sur sa physionomie et il recula en acquiesçant avant d'aller s'asseoir sur le lit. Il se prit la tête entre les mains et resta un long moment silencieux. Lynn n'osait pas parler non plus. Elle ne savait plus où elle en était. Elle avait beau lutter, Aïlin avait appuyé sur les bons boutons pour la faire culpabiliser et surtout pour qu'elle s'inquiète de ce qui lui arriverait une fois qu'elle serait partie. Il fallait que Torin s'en aille. Aïlin devait retrouver ses repères et avoir Torin dans les pattes ne l'y aiderait pas. Mais ne faisait-elle pas partie de ces repères ? Elle ne savait plus. Elle n'en pouvait plus. Lorsqu'il croisa à nouveau son regard, ses yeux humides lui firent se mordre la lèvre. Et voilà, elle s'en voulait. Elle s'en voulait de prendre la bonne décision pour elle, car elle doutait que ce soit la meilleure chose pour lui. Mais elle allait finir par craquer et elle ne lui serait plus d'aucune utilité.

Il se leva pointa sa baguette sur l'armoire. Aussitôt la valise en sortit, s'ouvrit sur le lit et en quelques secondes la totalité des affaires de Lynn y avaient trouvé leur place. Puis aussi soudainement, Aïlin referma le bagage et l'envoya valser contre le mur. Lynn sursauta quand la valise s'écrasa près d'elle et que le verrou de la porte cliqueta dans son dos.


Aïlin a écrit:
« Très bien, je me tais. Va-t-en. »

Lynn le dévisagea avec surprise. Il venait de rendre les armes, d'accepter qu'elle s'en aille. Quelle partie de son discours avait trouvé écho en lui ?
Elle sentait à nouveau sa fureur, mais après avoir vu sa faiblesse, son inquiétude et sa peine, cela ne réveillait plus sa propre fureur. Celle-ci s'était envolée.
Elle se redressa, essuyant ses larmes et se retourna pour sortir. Mais à peine eut-elle ouvert la porte qu'elle hésita et la referma un instant avant de se tourner vers son frère. Elle plongea son regard argenté, rougie par les larmes dans les océans flamboyants du Lord. A cet instant, elle le détestait. Car il lui donnait le mauvais rôle, car il avait essayé de la contrôler, de la manipuler alors même que la décision de la jeune femme était due à un autre de ses mensonges. Il était responsable de ce qui lui arrivait. Mais elle n'avait pas le cœur de le renvoyer à ses démons, à sa solitude, comme on renvoi un chien à sa niche. Il était son frère, et peu importait qu'elle lui en veuille pour l'instant. Il lui avait demandé de ne pas l'abandonner, alors elle n'allait pas le faire. Elle voulait lui offrir la seule chose dont elle était capable : la vérité.


- Je quitte le manoir, Aïlin, je ne sors pas de ta vie. Je ne t'abandonne pas. Je suis… furieuse, blessée, humiliée, et je me sens… trahie. Mais…

Elle eut un petit sourire sans joie et haussa les épaules :

- Toi et moi on sait que je finirai par te pardonner… J'ai juste… besoin d'un peu de temps et de recul…

Elle rouvrit la porte et prit sa valise avec détermination.

- Maintenant, raccompagne-moi. Il est hors de question que je laisse à Torin le plaisir de croire qu'il a réussi à nous séparer.

Même si c'était en partie vrai.
Ils descendirent silencieusement les escaliers et une fois devant la porte, Lynn embrassa la joue de son frère et déclara à son oreille :


- Débarrasse-toi de Torin. Il ne doit pas rester ici. Quant à toi… ne profite pas de mon absence pour faire n'importe quoi. Je ne veux pas avoir d'autres raisons de t'en vouloir. Celle-ci est amplement suffisante.

Et malgré elle, elle lui sourit, avant de disparaître du manoir, mais pas de la vie de ses occupants.
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MessageSujet: Re: I used to trust you... [Pv Lord Aïlin Bower]   Dim 21 Juil - 23:04:36

Aïlin n'avait à présent plus qu'un seul désir. Que Lynn s'en aille, sans un mot ni un regret. Il fulminait, ses mains tremblaient malgré que ses coudes reposassent sur ses genoux. L'orage qui abimait son cœur remuait l'iris azuré de ses yeux de remous violents. La façon dont il avait jeté la valise contre le mur n'était qu'un aperçu très superficiel des bourrasques de colère et de peine qui tournaient en lui, grondantes, prêtes, à tout instant, à s'échapper et dévaster ce qui lui restait de bon sens. D'un instant à l'autre, il le sentait, il pouvait perdre le contrôle. Revenir sur sa décision, et la tenir recluse ici, dans cette chambre, pour ne pas avoir à souffrir d'un nouvel abandon.
Il ne devait celui-ci qu'à lui, comme, peut-être, beaucoup d'autres. Cela ne rendait pourtant pas la tâche plus facile. Il n'y était pas prêt, il ne le voulait pas. Seul un éclat de lucidité l'avait poussé à rendre les armes, à laisser à sa sœur le choix de sa propre vie. À tenir sa promesse. Il avait juré la protéger. C'était, à présent, contre lui-même qu'il devait le faire. Le meilleur était certainement que Lynn prenne définitivement son indépendance, et que celle-ci vienne se dresser en rempart imprenable face aux noirceurs torturées de son frère aîné. Y avait-il, finalement, une autre solution ?

Mais sa sœur ne partit pas. Son regard vint se poser sur lui, incertain, troublé par l'abdication d'Aïlin. Celui-ci lui renvoya un regard ardent, douloureux. Néanmoins, il s'efforça de ne pas bouger, pour ne pas être tenté de la retenir malgré les mots qu'il venait de proférer. Cela, contre toute attente, servit sa cause.
Déjà, Lynn se rétractait légèrement, comme si le simple fait de lui laisser la liberté de partir, après avoir tenté de la retenir par les cris ou l'autorité, était le geste qu'elle attendait de lui. Il avait tenté de la manipuler, malgré lui, et voilà qu'à présent qu'il ne le faisait plus, Lynn se laissait prendre par les sentiments, revenait sur sa décision. Et, quelque part, cela avait quelque chose de tout aussi terrible. Car se faisant, il obtenait ce qu'il désirait. Que Lynn quitte le manoir, sans quitter sa vie. En tous points, par son mensonge, par sa tromperie éhontée, il avait obtenu satisfaction. Le vent furieux qui agitait son corps vint frapper contre ses tempes, mais, dans son sillon, il amenait avec lui un âpre sentiment d'ironie.

Pour cette fois, Lynn aurait certainement mieux fait de ne pas envisager le pardon, mais Bower n'avait pas la force de l'en dissuader. D'ailleurs, malgré lui, il sentait derrière ses tourments l'ombre de la satisfaction ressurgir, à l'idée qu'il n'avait finalement pas perdu ce qu'il redoutait le plus de perdre. Cette allégresse avait néanmoins quelque chose de honteux, car encore une fois, il venait de fissurer un peu plus le cœur d'une personne qu'il aimait. Ou, plus précisément, de la seule personne envers qui il éprouvait des élans d'amour, d'affection et de tendresse.

Il était fatigué. Fatigué de répandre sur autrui, comme un torrent de lave destructeur, le mal qu'il s'auto-infligeait. Fatigué de se sentir pourrir de l'intérieur, d'être le prisonnier de ce cœur et de ce corps auxquels il ne pouvait échapper, étouffant sous son désespoir, sa tourmente, la lente folie qui semblait étreindre son esprit un peu plus au fil des jours. Il perdait pied, c'était trop. Il aurait aimé hurler au ciel sa souffrance pour la repousser loin de lui, empêcher à la lumière, mourante au fond de lui, de s'éteindre à jamais. Où était passé le jeune homme qu'il avait été autrefois ? Qui avait piétiné l'adolescent innocent pour jeter son cadavre dans le marécage fétide de la haine ? Était-il encore vraiment Aïlin ? Il ne le savait plus. Son âme s'était brisée, entraînant dans l'agonie du moment la lumière qui avait jusqu'alors repoussé les ténèbres associés à son nom. Il n'y avait pas réchappé. Il n'était plus que cet homme qui mettait à genoux sa sœur, causant mille maux à son âme par la seule puissance de ses mots. C'était, à présent, qui il était. Les restes de son innocence passée venaient de s'effondrer face à la cruelle vérité, balayant dans le souffle de sa chute les derniers stigmates de l'Aïlin d'autrefois. Ces restes qui le forçaient, jusqu'alors, à se débattre avec les noirceurs de sa nature. Le combat, il le voyait à présent, était perdu d'avance. Il ne faisait que s'infliger une souffrance supplémentaire, inutile.

Aïlin se leva lentement et suivit Lynn dans un silence sépulcral. Son maintien, rigide, trahissait mieux que les mots la défaite qu'il venait d'encaisser. Mais cette défaite n'était plus tant celle que lui avait infligé sa sœur que celle qu'il avait eu contre lui-même. Le cliquetis des couverts résonna à ses tympans lorsqu'ils passèrent les portes menant du couloir à la salle à manger, seul bruit distinct à l'exception de leur pas. Puis, les deux jeunes gens se figèrent sur le pas de la porte, et Aïlin retourna à Lynn un regard changé, éteint. L'orage était passé, laissant un vide morbide s'étaler dans les yeux clairs du lord. Pourtant, lorsque Lynn posa un baiser sur sa joue, il posa une main dans le dos de la jeune femme et l'attira brièvement à lui.


« Je crois que j'ai besoin aussi de recul. D'être seul. Ne te soucie pas de ce que je ferai, car je le ferai pour moi. J'ai besoin de me retrouver, et je n'en ai plus eu l'occasion depuis près de trois mois. Je t'aime Lynn, malgré tout le mal que je te fais, je t'aime. »

Sur ces paroles chuchotées, Aïlin se recula et laissa Lynn disparaître dans la nuit, avant de fermer la porte sur son ombre mourante, que l'obscurité avala l'instant d'après.

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MessageSujet: Re: I used to trust you... [Pv Lord Aïlin Bower]   

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