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 Si vis pacem, para bellum...* {Pv Aïlin et Torin}
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  • Lynn Bower
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MessageSujet: Si vis pacem, para bellum...* {Pv Aïlin et Torin}   Lun 29 Avr - 17:11:04

* :
 

Lynn avait eu peu de temps pour mettre son enchantement au point. Contrairement à ce qu'elle avait secrètement espéré, l'excellent avocat qu'Aïlin payait à leur frère avait réussi à lui obtenir une libération sous caution. Sa sortie de prison avait donc été extrêmement rapide.
Il n'était pas non plus impossible qu'Aïlin ait fait avancer les choses de manière moins légale mais elle n'avait pas eu le courage de lui poser la question. Pour une fois, elle préférait rester dans l'ignorance car il était fort à parier que la réponse ne lui plairait pas. D'autant que le procès arriverait rapidement et l'issu semblait courue d'avance : au vu du manque de preuve matérielles et de témoignages, il ne serait pas très difficile de convaincre le jury que l'ex-mangemort était en réalité une victime.
La jeune enchanteresse faisait de son mieux pour garder un visage impassible malgré l’écœurement que tout cela lui inspirait. Aïlin avait insisté pour qu'elle soit présente aux audiences, à ses côtés, pour montrer un front uni et elle lui avait promis qu'elle serait là malgré l'impression dérangeante et grandissante de n'être qu'un énième pion dans les plans de son frère. Elle en venait à se demander ce qu'il finirait par faire d'elle si elle se mettait en travers de son chemin et la réponse l'inquiétait chaque jour un peu plus. Au moins avait-il consentit, après une discussion houleuse, à se plier à l'enchantement. Lorsque Lynn avait appris la libération imminente de Torin, elle avait passé deux nuits blanches à le terminer. Exténuée aussi bien physiquement que nerveusement, elle avait eu beaucoup de mal à encaisser la nouvelle lorsqu'elle avait compris que le Lord allait accueillir Torin au manoir et à bout, elle avait passé la nuit à pleurer sans pouvoir se calmer jusqu'à tomber d'épuisement.

Torin avait consentit à ne plus jamais s'en prendre à eux, mais bien évidemment, Lynn n'allait pas se contenter de sa parole, qui ne valait pas grand chose à ses yeux. Elle avait pendant un moment pensé utiliser le sortilège du serment inviolable mais la jeune femme ne le trouvait pas adapté à sa situation. Trop de risques, trop radical, trop...définitif... elle avait donc mit ses talents d'enchanteresse au service de sa cause.
Un enchantement unique, un serment de sang, les lierait bientôt tous les trois, les empêchant d'intenter à leurs vies respectives. Le sortilège était d'une extrême complexité et il s'agissait de l'enchantement le plus sombre et le plus délicat que la jeune femme ait jamais réalisé. La magie noire l'avait entourée pendant toute la durée du processus de création et elle s'était sentie dangereusement au bord du vide. Elle avait passé des heures à consulter des ouvrages tous plus anciens et plus obscures les uns que les autres, à étudier les bon enchevêtrements de runes, à mettre au point la formule la plus adaptée. Elle avait blêmit, le cœur saisit par le doute et la peur lorsqu'elle avait compris que la magie blanche ne suffirait pas à garantir leur sécurité. Mais c'est déterminée qu'elle avait finalement succombé en choisissant d'inclure leur sang dans son rituel. Même dans un but de protection, cette magie était loin d'être pure et Lynn avait eu l'impression d 'entacher irrémédiablement son âme en l'utilisant. Mais imaginer qu'elle pouvait se préserver de la noirceur n'était de toute façon qu'illusion. Il était impossible qu'elle s'en sorte indemne alors autant que ce sacrifice en vaille la peine. Depuis qu'elle avait tué Carpenter, elle ne pouvait se défaire de cette souillure; elle faisait partie d'elle, de son histoire, et rien n'y changerait jamais quoi que ce soit. La tentative de suicide d'Aïlin avait au moins eu cet effet-là, celui de lui rappeler qu'on ne changeait pas son passé, qu' on ne pouvait pas lui échapper, et qu'il n'y avait qu'une seule voie possible : vivre avec. La magie avait un prix, surtout celle qu'elle allait pratiquait pour ce serment de sang, mais elle était prête à le payer. Cette ultime blessure à son âme garantirait sa sécurité, celle d'Aïlin et de leurs descendants le cas échéant. Elle ne pouvait pas faire mieux. C'était tout ce qu'il lui restait.

- Est-ce qu'il y a un risque ? Lui avait demandé Matthew quand elle lui avait expliqué plus en détail sa démarche.
- Non, avait-elle mentit. Ça va fonctionner.
Oui, cela allait fonctionner, elle avait suffisamment confiance en ses talents d'enchanteresse pour être convaincue qu'elle y arriverait. Mais il y avait toujours des risques... l'enchantement créerait un lien ténu très particulier entre les trois Bowers et elle n'était pas encore certaine de l'influence que cela pourrait avoir sur chacun d'entre eux. Après tout il s'agissait de magie noire, de magie de sang, et elle était incapable de prévoir toutes ses conséquences.
- Alors, tout ira bien. Avait-il assuré en la serrant contre lui. Tu fais ce qu'il faut.
- J'espère que tu as raison.
Ils s'étaient séparés à contrecœur et Lynn était retournée au manoir pour finaliser les préparatifs du rituel et se préparer au retour de Torin. Elle redoutait vraiment de devoir cohabiter avec lui. Ils n'avaient pas vécu sous le même toit depuis plus de 4 ans et encore, à l'époque, Aïlin était à Poudlard la majorité du temps, Torin vaquait à ses activités de Mangemort et Lynn s'occupait de Léan tout en mettant au point son plan pour l'arracher à l'influence de leur aîné. Que tout ça lui semblait loin... elle était soulagée de savoir Léan dans une famille aimante. Daniel et son épouse venaient de partir pour les états-unis, préférant s'éloigner de Londres au vu du climat actuel. Elle ne pouvait qu'approuver cette décision. Entre l'AVC qui faisait régresser le monde sorcier plus que jamais, la mafia qui engorgeait les rues et le retour de Torin, il était rassurant de savoir sa petite sœur loin de tout ça. Lynn avait bien assez à faire en se battant pour elle, Matthew et Aïlin. Elle ne voulait pas avoir la responsabilité d'une vie supplémentaire. C'était tout bonnement au dessus de ses forces. Plus Léan était loin, mieux chacun d'entre eux se portait.

La matinée à la boutique avait été longue et difficile pour l'ex-gryffondor, incapable de se concentrer sur autre chose que sur les derniers préparatifs de la libération de Torin qui avaient lieu au même moment au Magenmagot. Matthew était venu la retrouver pour déjeuner avec elle et lui avait avoué qu' il était allé voir le Lord au Manoir sans pour autant consentir à en dire plus. Lynn redoutait un affrontement entre eux presque autant que le retour de Torin. Depuis leur dispute, elle se faisait violence pour ne pas intervenir et ne pas prendre partie. La situation compliquée dans laquelle ils étaient ne tolérerait aucune action de sa part car si elle devait choisir l'un des deux, l'autre ne supporterait pas sa trahison. Elle ne pouvait que rester à l'écart et les deux hommes semblaient, pour l'instant, respecter ce statut quo. Lorsque Matthew s'emportait, elle tentait de le distraire par ses baisers et ses caresses, lorsque c'était Aïlin qui s'agaçait, elle se contenait de garder le silence. Cette fois il était l'unique responsable du chaos dans lequel ils étaient plongés.
Il était pénible pour Lynn de voir leur amitié ainsi malmenée mais la sortie imminente de Torin rendait toute tentative d'apaisement vouée à l'échec.
Sa propre position entre les deux hommes de sa vie n'était pas évidente, mais elle n'avait pas vraiment le choix, il fallait qu'elle arrive à gérer et à concilier tout ça.
Après s'être séparée à regret de son petit ami, Lynn était rentrée au Manoir en début d'après-midi pour terminer les préparatifs.
Elle avait aménagé la salle d'étude du rez-de-chaussée pour qu'ils puissent y effectuer le rituel en toute sécurité. Elle avait poussé quelques meubles avant de tracer un cercle de runes sur le parquet. Elle avait disposé 3 bougies noires et 3 bougies rouges autour de celui-ci, chacune à distance égale. Sur un petit pupitre un peu à l'écart, se trouvaient le parchemin sur lequel elle avait noté la formule, ainsi qu'une coupelle, trois fioles de potions et une dague de cérémonie.
Lynn cru entendre du bruit dans l'entrée et quitta la pièce. Du bout du couloir, elle vit Aïlin qui était déjà venu accueillir l'ex-Mangemort et remerciait l'avocat. Quand celui-ci eut disparu, Lynn rejoignit ses frères. S'ils devaient cohabiter, mieux valait qu'elle essaye d'être courtoise. Ce ne serait peut-être pas sincère, mais c'était le mieux qu'elle puisse faire, au moins faisait-elle des efforts.

- Bonsoir. Salua-t-elle d'une voix qui se voulait neutre. Bon retour parmi les vivants.
La vision des deux Bowers côte à côte était saisissante. Maintenant que Torin avait retrouvé figure humaine, rasé de près et sur les lèvres ce petit sourire suffisant qui irritait tellement Lynn, il ressemblait à nouveau à leur défunt père et les ressemblances entre lui et Aïlin étaient indéniables. Une aura de puissance se dégageait des deux frères et la jeune femme se surprit à penser que si d'aventure ils venaient à s'allier, ils seraient redoutables. Individuellement, ils pouvaient déjà être dangereux mais il y avait de quoi s'inquiéter s'ils collaboraient. Mais n'étaient-ce pas déjà ce qu'ils faisaient... ?
- Ne perdons pas de temps, tout est prêt.
Elle les invita à la suivre dans la salle d’Étude. Elle se sentait nerveuse et n'avait qu'une hâte : que tout ça soit derrière elle.
- Ce ne sera pas long, promit-elle en leur indiquant où s'installer autour du cercle.
Elle s'empara de la dague de cérémonie et prit une longue inspiration avant de les regarder tour à tour.

- Et bien, commençons...
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MessageSujet: Re: Si vis pacem, para bellum...* {Pv Aïlin et Torin}   Lun 29 Avr - 19:34:01

Assis au piano, un verre de whisky à côté de lui, Aïlin jouait autant pour s'occuper que pour calmer ses nerfs à vif. Ces derniers jours avaient été éprouvants pour l'alchimiste, bien qu'il ait passé la majeure partie de son temps cloîtré dans son laboratoire, au sous-sol. Il s'était montré distant avec sa sœur les premiers temps, pour échapper à son regard où se mêlaient rancoeur, tristesse, incompréhension et résignation, jusqu'au jour où elle était venue à sa rencontre pour lui imposer un enchantement qui lieraient les frères et soeur, de sorte à ce qu'aucun ne puisse attenter à la vie des autres. C'était le jour même où Aïlin avait obtenu, quelques heures plus tard, la date de libération conditionnelle de leur aîné. La douleur que la nouvelle avait ranimé en Lynn n'avait pas échappé au lord, et il s'était efforcé, dès lors, de se montrer plus prévenant. La communication avait été partiellement rompue, cependant, et les quelques attentions qu'Aïlin avait portées à sa sœur résidaient à lui faire servir ses plats favoris à table, ainsi qu'à jouer quelques unes de ses compositions favorites au piano, le soir venu. C'étaient des gestes dérisoires, particulièrement absurdes dans la situation qu'ils traversaient, mais c'était un moyen pour le frère de garder un contact, un lien avec sa sœur, autrement que par l'oral.
Les pleurs de Lynn, ce soir où elle avait appris le retour de Torin au manoir, avaient fait s'arrêter Aïlin devant la porte close de sa chambre, mais il n'y était pas entré. Il avait hésité, figé devant la porte, sa main à demi tendue vers la clenche, puis il avait passé son chemin, le cœur lourd de culpabilité. Il lui avait mentit pour obtenir sa résignation, mais bien qu'elle l'ignorait, un mensonge n'était jamais exempt de conséquences.

Lui-même n'avait pas trouvé le sommeil, la veille. Il avait passé la nuit à fixer l'obscurité, à chercher dans son cœur les vraies motivations qui le poussaient à commettre une telle folie. L'idée qu'avait fait germer Torin dans son esprit avait pris de plus en plus de place au fil des jours, au point d'en devenir une obsession. Était-il vraiment possible de ramener une âme de l'au-delà ? Outre qu'il s'agissait, dans la question, de celle de son père, c'était là une hypothèse tellement fascinante qu'il ne pouvait pas résister à la tentation d'expérimenter une telle chose. Torin avait su toucher au point sensible d'Aïlin. Aussi noire était la magie qu'ils auraient à utiliser pour mener à bien un tel projet, l'alchimiste était un chercheur dans l'âme, et les aspects les plus terrifiants de la magie le fascinaient tout autant que ses miracles les plus lumineux.
Seulement, n'y avait-il que cela qui poussait Aïlin à extraire son frère d'Azkaban ? Le jeune homme s'était torturé l'esprit pour trouver une réponse à cette question, mais n'avait reçu en retour que le silence. Finalement, le sommeil avait eu raison de lui quelques heures avant le lever du jour.

Le reste de la journée, Aïlin n'avait pas eu le loisir d'être au calme. La matinée avait commencé par l'intrusion du petit ami de Lynn au manoir, et Aïlin avait dû user de tout son sang-froid pour ne pas exploser au visage de l'auror, autant par les mots que par la magie. Son contrôle de lui-même avait été payant, mais Aïlin ne pouvait s'empêcher de se demander combien de temps Connor supporterait le chaos qui entourait la famille Bower. Les heures suivantes avaient été occupées par des tâches administratives rébarbatives et les visites successives de son avocat ainsi que de celui de Torin, en prévision de la libération finale, à qui il avait transmis des affaires propres pour le détenu, afin qu'il ne sorte pas du Ministère avec son affreux accoutrement mité. Par chance, les deux frères avaient sensiblement la même silhouette, dorénavant, et c'était l'un de ses propres costumes qu'Aïlin avait prêté à Torin. Puis il y avait eu la visite, bien plus pénible, de l'agent du service de probation. Il tardait déjà à Aïlin que cette mascarade prenne fin et que le jugement soit prononcé. Ces quelques jours avaient eu l'allure d'un mois entier.

Le heurtoir frappa la porte d'entrée et Aïlin retira ses doigts des touches. Il avala d'une traite le reste de son verre et se leva, pour ouvrir lui-même la porte. Il s'était apprêté d'un élégant costume au col indigo brodé d'ornements noirs, sur une chemise à col cassé, où il avait noué un escot de soie bleue. Le soin qu'il avait mis à s'habiller était inconscient, mais trahissait, pourtant, son désir de rappeler à son aîné que malgré son retour, il demeurait le maître des lieux. D'un mouvement de baguette, Aïlin ouvrit la porte d'entrée puis se recula d'un pas pour permettre à Torin et son avocat d'entrer. Les derniers détails ayant été réglés dans l'après-midi, celui-ci ne s'attarda pas, se contentant de recevoir les remerciements d'Aïlin et la clef d'un coffre à Gringott's, qui renfermait sa paie, avant de tourner les talons.

Alors, le regard d'Aïlin se braqua sur Torin, et le visage de son frère, maintenant débarrassé de sa barbe, manqua de le saisir de stupeur. Il se reprit juste à temps pour ne pas laisser entrevoir le trouble que ce visage, autrefois si connu, avait causé en lui. Ce n'était pas leur ressemblance qui l'avait frappé, pour sa part, mais celle que Torin avait avec sa sœur. Ils partageaient tous deux cette couleur d'iris si particulière, qu'ils tenaient de leur père et Aïlin compris mieux, tout à coup, comment le mage noir était parvenu à se faire passer pour un ange auprès de la communauté pendant de si longues années. La clarté de ce regard, aujourd'hui si dur, si froid, avait su transcrire avec perfection les émotions humaines les plus charitables, Aïlin n'en doutait pas une seconde.

« La barbe t'allait pourtant si bien... »

Lâcha Aïlin, laconique, pour tout salut. Ce fut ce moment que choisit Lynn pour apparaître dans le couloir. Après de brèves salutations, elle les invita sans autres formalités à la suivre dans la salle d'études, au bout du couloir. Aïlin ne put contenir un soupir. Cette formalité l'agaçait au plus haut point, et il s'était imaginé avoir un peu de répit avant de passer aux hostilités. C'était sans compter sur la pugnacité de sa sœur, qui ne voulait certainement pas voir les deux hommes lui échapper et faillir à leur promesse commune. Au moins, cela serait vite derrière eux, pensa le jeune homme en suivant à contrecœur sa sœur le long du couloir.

Aïlin regarda d'un œil dubitatif (et plein de mauvaise foi quant aux efforts de sa sœur) le cercle de rituel tracé sur le parquet, ainsi que les bougies. Il resta d'abord à l'écart et ses bras se croisèrent machinalement tandis qu'il murmurait, sur un ton aigri :


« Ne me dis pas que nous allons devoir nous assoir en tailleur en nous prenant les mains, ou je m'en vais. »

Cependant il consentit malgré tout à prendre place à l'emplacement que lui indiquait sa sœur. Son regard tomba dans celui de Torin, et il ne put retenir un sourire cynique face à la situation pour le moins surréaliste. Aïlin ne doutait pas que le rituel que Lynn s'apprêtait à orchestrer serait issu de la magie noire, et il y avait, en effet, une étrange ironie à voir leur sœur être la maîtresse d'une cérémonie obscure tandis qu'eux demeuraient de simples spectateurs, réceptacles à demi consentants d'une magie qui les lierait à jamais. Leur sœur qui avait tant fuit leurs liens de parenté et qui allait maintenant les unir tous trois, alors que ces mêmes liens n'avaient jamais su le faire...

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Dernière édition par Aïlin Bower le Mer 1 Mai - 13:41:01, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Si vis pacem, para bellum...* {Pv Aïlin et Torin}   Mer 1 Mai - 13:24:16

L'ex mangemort devrait certainement remercier Aïlin de lui avoir fourni cet avocat. Non seulement l'homme était compétent, mais il était aussi sympathique -si l'on peut dire ça comme ça- puisque Torin avait pu entretenir pour la première depuis plus de deux ans une conversation totalement civilisée. Pas de menaces, pas de conflit, pas de magie noire ; juste une flasque d'hydromel dissimulée dans la mallette de l'homme de loi. Il lui avait fait la promesse d'une libération prochain, dans un premier temps conditionnelle, puis définitive à l'issue du procès : il était très confiant là-dessus. Torin avait essayé de creuser un peu plus durant leurs séances de préparation d'une défense solide car malgré tout le doute persistait : le ministère avait besoin de montrer qu'il envoyait des gens en prison pour se faire un peu de publicité. Mais l'avocat se contentait de le rassurer en ne parlant que de ses compétences puis du soutien de ses « proches ». Tout semblait si simple.

Oui, si simple, le jour où un auror s'était présenté devant sa cellule pour simplement l'ouvrir et lui demander de sortir sans même le menotter. Il l'avait conduit jusqu'à une petite salle de bain où se trouvaient des vêtements propres et de quoi se faire une toilette digne de ce nom, lui annonçant qu'il allait être relâché en liberté conditionnelle avant de le laisser seul face au miroir.
Torin se rapprocha lentement de son reflet qu'il n'avait plus observé depuis si longtemps. Il passa une main sur cette horrible barbe qu'il avait fini par négliger, faute de confort. Il n'avait pas réalisé à quel point cette chose était hideuse, ne manquant pas de lui rappeler ces criminels de bas étage qui lui étaient inférieurs. Il avait donc chuté si bas, lui, un homme de bonne famille, promis à un statut des plus importants au sein de la société sorcière... Il s'était oublié lui-même durant ces deux années de cavale et s'était montré amoindri aux yeux de tous récemment : cet accoutrement lui avait fait perdre tant de crédibilité et il ne se négligerait pas davantage. Il empoigna d'une main la lame de barbier posée sur le bord du lavabo, puis de son autre main il se saisit de cette horrible barbe pour la trancher net. L'objet coupait vraiment bien, sans aucun doute enchanté pour effectuer correctement la toilette d'un homme. Il acheva donc le travail en ne laissant sur son visage qu'une peau lisser et parfumée de musc.

Il se rinça la tête puis la releva face au miroir tout en laissant glisser ses mains sur son visage qui était maintenant bien plus agréable à observer. Ces lignes épurées laissaient davantage ressortir la lueur métallique de ses yeux : il se reconnaissait enfin malgré une autre ombre au tableau. Sa main droite guida cette fois la lame derrière ses oreilles : des cheveux trop longs donnaient toujours un air négligé aux hommes, alors il coupa tout ce qui tombait plus bas que sa nuque. Après quelques arrangements, un peu d'eau et un coup de peigne, il rencontrait enfin de nouveau ce reflet digne et fier, ses cheveux plaqués en arrière pour accentuer la froideur de son visage et ne laisser paraître que la dureté et la détermination. Il n'avait plus l'air ni d'un sauvage, ni d'un être affaibli. Seul son torse encore nu portait les stigmates de la défaite la plus humiliante qu'il ait vécu. Cependant, la disparition de son nombril et les cicatrices témoignaient aussi de sa proche libération et du début d'une nouvelle vie... A condition que tout ceci ne soit pas un piège destiné à le supprimer définitivement de ce monde. Il acceptait volontiers cette hypothèse et resterai toujours sur la défensive : on ne se jouerait pas de lui car il ne se laisserait pas duper.

Un fois propre de la tête aux pieds, il se hâta de s'habiller pour ne plus avoir à supporter la vu de ce corps marqué et encore amaigri, d'ailleurs il nageait un peu dans le costume de marque que lui avait probablement fait parvenir Aïlin. Il ne reconnaissait pas là ses propres vêtements. Avaient-ils détruit toutes ses possessions après sa supposée mort ? Ne retrouverait-il rien de « familier » au manoir ? Il espérait juste qui cette armoire où il avait trouvé le manuel de légilimencie existait encore et que son système de dissimulation n'avait pas été découvert car il y avait caché quelques ouvrages de magie noire qui ne parlaient peut-être pas de nécromancie, mais de rituels tout aussi sombres.


Une fois prêt, il avait rejoint l'accueil du département de la justice où son avocat lui avait remis sa baguette après avoir rempli les dernières formalités. Torin avait laissé glisser la pointe de tilleul argenté le long de ses vêtements pour les resserrer afin qu'ils lui aillent correctement. Puis ils avaient transplané au manoir. Les lieux avaient changé, mais l'automne et l'Irlande faisaient toujours aussi bon ménage.
Le nécromancien laissa le soin à son avocat de frapper à la porte. Il resta en recul, simple observateur, tandis qu'Aïlin rémunérait l'homme pour ses service. Rapidement, ne restaient que les deux frères sur le palier et, alors que Torin faisait note de l'accoutrement de bourgeois influent de son jeune frère, celui-ci lâcha une remarque des plus amusantes sur sa barbe à laquelle le mage noir répondit par un sourire perçant.


« Elle me donnait un air attachant? »

Ou plutôt inférieur, il l'avait constaté par lui-même dans le miroir, toute cette pilosité masquait ses traits manipulateurs, il inspirait bien moins de choses que lorsque la lumière donnait sur sa peau. Il avait comme d'habitude choisi ses mots, le terme attachant demandant si l'on préférait le libérer plutôt que de le tuer. Mais il ne valait mieux pas aller plus loin, une joute verbale aurait fait dégénérer la situation alors Torin entra sans attendre de réponse, d'un pas déterminé pour montrer qu'il se sentait ici chez lui bien qu'il se trouve déshérité. Lynn allait enfin à leur rencontre, lui souhaitant un bon retour parmi les vivants. Il s'amusait d'entendre ce genre de remarque en y répondant uniquement par un signe de tête hypocrite qui la remerciait de cet accueil.
Il se dit un instant que ce petit jeu serait rapidement agaçant mai qu'il devrait s'y plier malgré tout pour son propre bien. Heureusement, les formalités ne se poursuivaient pas, Lynn les conduisant directement vers la pièce où les choses sérieuses allaient se dérouler.

Il observa la disposition des pièces du rituel. Certains indices lui prouvaient que la petite sœur pure s'était laissée corrompre par le vice qui coulait dans les veines de chaque membre de la famille : la magie noire. C'était tout à l'honneur de l'ex mangemort qui voyait ici que ce dont on l'accusait par le passé devenait une chose utile. Il s'avança vers le cercle tandis que Aïlin se plaignait : monsieur faisait déjà sa diva aux goûts de luxe alors qu'il n'était pas le plus à plaindre avec cette histoire de rituel. Torin ne lui adressa pas un regard, contrairement à Lynn qu'il fixa un petit moment l'air satisfait. Puis ses yeux se posèrent sur la dague qu'il savait nécessaire à l'exécution du sortilège.


« Essaye de ne pas blesser quelqu'un avec ça. »

Lui par exemple. Il l'avait longtemps crue incapable de faire du mal mais il arrivait maintenant à émettre des soupçons. Il n'avait pas pu sonder l'esprit de la demoiselle et même si il osait croire que ses intentions étaient simplement de protéger les intérêts de chacun, le doute persistait. Non pas qu'une dague l'effraye, mais ils étaient à deux contre un et qui sait de quelle manière avait été enchanté le cercle?

« Vous permettez? »

Il sortit sa baguette et fit le tour de l'emplacement du rituel en sondant chaque élément, sans rien déranger. Il rangea ensuite son arme en constatant que ce n'était pas un piège. Puis il s'installa à l'emplacement indiqué par Lynn. Il se mit à l'aise en desserrant légèrement sa cravate puis en déboutonnant son col ainsi que ses manchettes qu'il retroussa. Il était maintenant fin prêt à renoncer au moins de manière directe à sa vengeance personnelle, il leva même les yeux vers Aïlin pour y trouver ce sourire amer qui lui fit penser que cela les embêtaient tout autant l'un que l'autre finalement. Torin ne laissa cependant transparaître aucune réponse sur son visage, il préférait rester muet sur ce que lui inspirait la réalisation du rituel, car si cela se passait réellement comme on le lui avait dit, il aurait tout le loisir de se focaliser sur la nécromancie pour ne plus penser aux choses gênantes.


Dernière édition par Torin Bower le Jeu 2 Mai - 15:54:35, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Si vis pacem, para bellum...* {Pv Aïlin et Torin}   Mer 1 Mai - 19:44:03

Ses frères étaient de toute évidence décidés à ne pas lui rendre la tâche aisée. Elle jeta un regard agacé à Aïlin qui consentit finalement à prendre place là où elle lui demandait. Puis ce fut au tour de Torin d'avoir quelque chose à dire. La jeune femme eut un sourire amusé lorsqu'il lui conseilla de ne blesser personne mais elle ne répondit rien, le laissant vérifier le cercle de Runes avant de s'installer. Au vu de leur histoire commune, il n'y avait rien d'étonnant à ce qu'il prenne quelques précautions. Mais Lynn avait fait les choses bien et s'en tiendrait à l'engagement qu'elle avait pris.
- En vérité, j'espère que tu me pardonneras, mais je vais bel et bien devoir te blesser. Tu m'en vois navrée. Répliqua-t-elle avec un sourire innocent faussement peiné.
Elle s'empara de la dague et la lui montra.
- Je vais entailler ta main gauche. Expliqua-t-elle en regardant tour à tour le mage noir et le Lord. Puis tu feras de même avec Aïlin et Aïlin avec moi.
Pour illustrer ses propos, elle tendit sa main à l'ex-Mangemort sur sa droite. Le sacrifice devait être volontaire, aussi attendit-elle qu'il y dépose la sienne. Puis elle fit glisser la lame sur la paume de son aîné, peut-être légèrement plus fort qu'il n'était nécessaire, et une ligne rouge s'y dessina. Elle y déposa ensuite la dague et referma la main ensanglantée sur le pommeau de nacre. Quelques gouttes de sang tombèrent sur le cercle de Runes qui se mit à luire légèrement.
- A ton tour.
Elle attendit patiemment que les deux frères s'exécutent. Tandis que leurs sangs se mêlaient sur la dague et que de nouvelles gouttes venaient arroser le sol, le cercle devint plus lumineux. Elle tendit sa propre main à Aïlin, ses prunelles d'acier plongées dans son regard océan. Si elle avait peur, elle n'en montrait rien. Sa main ne trembla pas et c'est à peine si elle cilla quand l'acier trancha sa peau. Comme ses frères avant elle, elle referma sa main sur la dague dont la lame et le pommeau réunissaient désormais leur sang. Elle entoura l'arme de ses deux mains et murmura:
- Sanguinem meum sánguinem.
Aussitôt, le cercle de Runes, maintenant complet, se mit à briller beaucoup plus intensément, et les symboles blanc semblèrent se mettre à flotter à quelques centimètres au-dessus du sol. Une légère brise, venue de nulle part, tourbillonna un instant autour d'eux, preuve s'il en fallait que la première étape avait été correctement réalisée.
L'enchanteresse déposa la dague et récupéra la petite coupelle de bois en demandant à ses frères de serrer leur poing au-dessus de celle-ci pour en extraire à nouveau un peu d'hémoglobine supplémentaire. Puis avec minutie, elle utilisa sa baguette pour verser trois gouttes du mélange dans chacune des fioles de potion dont la couleur noire iridescente prit des reflets pourpre.
Elle donna une fiole à chacun de ses frères avant de tendre la sienne vers eux comme pour porter un toast:

- Sláinte, mes frères.
Et elle vida la potion d'un trait, grimaçant légèrement face à son goût métallique. Elle préférait ne pas penser au contenu de la fiole aussi, se concentra-t-elle sur la suite.
- Maintenant, répétez après moi.
Elle ne récupéra pas le parchemin sur lequel était écrit la formule. Elle avait passé tant de temps à la mettre au point qu'elle la connaissait de toute façon par cœur. C'est ainsi qu'elle se mit à réciter, en latin, la formule du rituel qui conclurait l'enchantement:

Sanguinem meum sánguinem
Ubique et omni tempore
Numquam mea dextera
Vitae imminere


La brise se leva à nouveau autour d'eux et s'intensifia, faisant virevolter les cheveux de Lynn.
Une étrange fumée noire, semblable à de la brume, commença à s'élever du cercle de Runes, glissant autour de chacun d'eux.


Sanguinem meum sánguinem
Caro de carne mea!
Praeteritum et futurum
Mortem tuam a me profectum nunquam dicam


La brume s'enroula autour d'elle et répandit un froid glacial dans son cœur et dans ses os. Des fourmillements désagréables attirèrent son regard vers sa main gauche et sous ses yeux ébahis, elle vit la coupure se refermer et ne laisser qu'une fine trace avant de complètement disparaître. Ne se laissant pas déconcentrer pour autant, Lynn continua à réciter la formule, attendant entre chaque phrase que les deux Bower l'aient répétée.

Sanguine os et caro,
In sudore vultus pro lacrimis et clamoribus.
Plura bella, magis necessarium funera.
Hodie insere ira finit.


Le froid s'intensifia et elle sentit la brume glisser jusqu'à ses poumons, envahissant chaque recoin de son corps. Elle posa une main sur sa gorge alors que sa respiration devenait plus pénible. Elle n'avait pas prévu ça, elle ne comprenait pas cette sensation. Mais elle n'avait pas le temps de s'en inquiéter, il ne fallait pas qu'elle s'arrête. Avec difficulté, elle reprit le dernier couplet.

Hoc est pactum sacra,
Væ qui audeat vendicare.


La brume s'intensifia et s'épaissit au sein du cercle de Runes. La brise s'était transformée en violente bourrasque et les longs cheveux noirs de Lynn fouettaient son visage.

Dolor erit tibi dolor reputabuntur mihi.

Il lui sembla soudain qu'une lame de glace lui transperçait le cœur et elle poussa un cri en s'effondrant à genoux, la main serrée douloureusement contre sa poitrine. Malgré la douleur, elle essaya de discerner ses frères à travers l'épaisse brume et elle comprit, même sans les voir distinctement qu'ils avaient ressenti la même chose. Il lui sembla que l'un d'eux criait quelque chose, mais cela aurait aussi bien pu être le bruit du vent qui hurlait dans la pièce. Il fallait qu'elle tienne bon, il fallait qu'elle termine le rituel.

Hodierno et in aeternum... nos obligat hoc iuramentum.

Ils y étaient presque. Plus qu'une dernière phrase.

Sanguine hoc sacramentum concedo !
S'écria-t-elle.

La lumière et le bruit furent si intense, qu'elle cru un instant que quelque chose explosait et elle se couvrit la tête de ses bras. Les flammes des bougies atteignirent un mètre avant de s'éteindre brusquement en se consumant complètement, emportant la brume obscure et le froid glaciale avec elles. Un silence absolu s'abattit sur eux. Lorsque Lynn releva la tête, le cercle de Runes tracé à la craie blanche avait disparu, ne laissant à son emplacement que des traces noires brûlées. Une douce chaleur bienfaisante avait remplacé le froid en elle et elle reprit son souffle. Un sourire cynique sur ses lèvres tandis qu'elle passait ses mains sur son visage et dans ses cheveux. Elle avait réussi. Pas exactement comme elle l'avait prévu, mais elle avait réussi. Si Lynn avait pu voir son reflet à cet instant, elle se serait inquiétée de la lueur dérangeante dans son regard, de l'ombre brumeuse qu'on pouvait y déceler. Elle venait d'accomplir l'acte d'enchantement le plus dangereux de sa vie, le plus sombre et le plus complexe. Et pourtant elle ne ressentait ni joie ni fierté. Seulement une intense lassitude.
Elle sentait ce lien étrange qui les unissait désormais, les rendant plus proches qu'ils ne l'avaient jamais été et paradoxalement, elle ne s'était jamais sentie aussi seule.

- Je suis désolée... je n'avais pas prévu que ce serait aussi... violent...
Elle était presque sûre que ça n'aurait pas dû l'être.
Elle se releva laborieusement et tituba légèrement jusqu'à une chaise où elle se laissa choir, la respiration toujours haletante. L'enchantement avait requit plus d’énergie que ce qu'elle avait imaginé et elle était épuisée.


La formule du Pacte de Sang:
 
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  • Aïlin Bower
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MessageSujet: Re: Si vis pacem, para bellum...* {Pv Aïlin et Torin}   Mer 1 Mai - 22:04:24

La petite joute entre Torin et Lynn acheva d'agacer Aïlin, qui arborait un air fermé et distant depuis qu'il était entré dans la salle d'études. Néanmoins, il consentit à prêter l'oreille à ce que disais Lynn lorsque celle-ci leur expliqua la façon dont le rituel allait débuter. D'entrée de jeu, les trois Bower devraient s'entailler mutuellement. Charmant. L'idée de se laisser taillader par Torin n'était pas du tout du goût d'Aïlin, qui n'avait pas la moindre confiance en son aîné. Tant que le pacte n'aurait pas été achevé, l'alchimiste avait de quoi se méfier d'offrir son bras en pâture au mage noir. Il l'avait sévèrement blessé quelques jours plus tôt, et il ne doutait pas que le sortilège qu'il avait lancé allait laisser une trace sur le corps de son aîné. Il suffisait à Torin de lui planter la dague dans le poignet pour rompre le rituel et déclarer la guerre au reste de la fratrie. Néanmoins, Aïlin s'efforçait de balayer cette éventualité de son esprit. Ç'aurait été stupide et suicidaire, dans la condition qui était la sienne. Le lord n'avait rien à craindre, si ce n'était saigner plus qu'il ne l'aurait été nécessaire.

Déjà, Lynn tendait la main pour recevoir celle de Torin, et Aïlin observa l'ancien mangemort se laisser couper, avec une certaine fascination lorsque le dessin des runes se mit à briller au contact du sang. Si être la victime du pacte l'ennuyait au plus haut point, il devait reconnaître que la création de sa sœur ne manquait pas d'intérêt, ni de raffinement. Elle était naturellement douée en enchantements, mais jamais son frère ne l'avait observé travailler. Surtout pas avec des forces aussi obscures que celles qu'elle s'apprêtait à réveiller.
L'instant d'après, ce fut à son tour de consentir à donner sa main à Torin. Le jeune homme hésita tandis que son regard s'attardait sur la dague déjà ensanglantée. Un rictus barrait ses lèvres tandis qu'il se demandait si sa sœur avait bien conscience de l'impact qu'allait avoir l'insertion de leur sang dans le rituel. Le sang, en magie noire, était un élément convoité et précieux, qu'il fallait utiliser avec une extrême prudence.


« J'espère que tu sais ce que tu fais... »

Souffla Aïlin d'une voix lasse, en consentant enfin à poser sa main ouverte dans celle de Torin, sans daigner le regarder pour autant. L'air sombre, il regarda l'estafilade se dessiner sous le tracé de la dague, puis le sang se soulever et s'épandre sur sa peau. Ses doigts se refermèrent sur la garde et quatre grosses gouttes de sang churent dans le cercle de runes, avant qu'il ne se tourne vers sa sœur.
Celle-ci avait l'air prête. Bien plus que ne l'étaient Torin et lui, certainement. Aussi ne fit-il pas la moindre politesse avant de s'emparer de la main qu'elle lui tendait et d'entailler d'un geste sec et précis la paume offerte. Alors, il posa le couteau rituel entre les doigts de sa sœur et referma ses doigts au-dessus de ceux-ci pour lui serrer le poing. Son regard d'azur plongea dans l'anthracite du sien et un sourire mi amer, mi ironique, passa sur ses lèvres. Aïlin était amusé – bien que la situation ne s'y prêtait – de la voir si appliquée. Néanmoins, lorsqu'elle qu'elle incanta les premiers mots qui donneraient leur sens à la magie invoquée, il détailla les réactions du cercle avec une vague appréhension.

La suite, en revanche, lui déplu complètement. Sans prononcer un mot, il ferma le poing au-dessus de la coupe. Ses ongles s'enfoncèrent dans sa chair, à quelques millimètres de la blessure, et un peu de son sang tomba sur le bois, sans que celui-ci ne s'en gorge pour autant. Boire le sang des deux autres était un acte qui aurait des conséquences définitives. S'il avait su que Lynn aurait inclus une potion dans le pacte, Aïlin aurait tenté de l'en dissuader, mais c'était maintenant trop tard. Il aurait peut-être eu mieux fait de s'intéresser au rituel pour en contrôler les étapes, plutôt que de la laisser se débrouiller seule, mais il aurait été trop tenté de le saboter ou d'en tirer un avantage et il ne tenait pas à trahir Lynn deux fois. Pour cela, la jeune femme était plus intègre que lui. Du moins, l'espérait-il. Il grimaça lorsque sa cadette trinqua en irlandais, et avala en silence le contenu de sa propre fiole. Le goût ferreux du sang lui resta en bouche, et il passa sa langue contre son palais pour s'en défaire.

Enfin, on passa aux choses sérieuses. À l'instar de Torin, l'alchimiste répéta les paroles de Lynn, non sans avoir tendu, cependant, l'oreille pour y déceler tout mot ou formulation trouble, qui aurait pu avantager l'un ou l'autre parti. À la place de Lynn, il n'aurait pas hésité à jouer sur une forme grammaticale obscure pour s'octroyer des droits que n'auraient pas les deux autres et Lynn, aussi charmante était-elle, demeurait elle aussi une Bower. En témoignait la force avec laquelle, soudain, un brouillard noir étreignit leur trois corps en répandant dans leurs muscles, leurs os et leur âme un froid glaçant.
Aïlin sentit la plaie de sa main cicatriser avec des picotements gênants, mais il était trop accaparé par la poigne glaciale sur son cœur et les battements affolés de celui-ci, signe que la magie noire pénétrait sa chair. Il n'avait jamais été la cible d'un rituel aussi sophistiqué, et, sous la puissance de la magie utilisée, il sentait son souffle se raréfier tandis que l'énergie pulsait dans chacune de ses veines. Il avait l'impression de ne plus être qu'un canal, ou plutôt un catalyseur attirant à lui des forces de plus en plus violentes. Forces qui s'élevaient maintenant en bourrasques, au point qu'Aïlin distinguait avec difficulté le visage de Lynn et de Torin. Ses cheveux d'un noir de jais frappaient ses joues et son front, et il luttait pour rester digne et droit malgré les sensations dérangeantes qui parcouraient son corps. Il sentait, d'ailleurs, que les prochaines phrases qu'il aurait à dire ne feraient qu'empirer ses ressentis.


« Dolor erit tibi dolor reputabuntur mihi. »

Murmura-t-il à contrecoeur, et non sans appréhender l'effet qu'auraient à l'avenir ces paroles. Il entendit le cri douloureux de sa sœur à l'instant même où un pieu d'acier sembla transpercer son cœur, qui s'arrêta une longue seconde. Sous le choc, Aïlin suffoqua en pressant sa poitrine d'une main crispée. La fureur émergea à travers ses autres émotions, lorsqu'il saisit, à travers la douleur, l'engagement que Lynn lui avait forcé à prendre. C'était bien plus que l'incapacité de s'entretuer, comme elle l'avait dit tout d'abord. C'était l'incapacité totale à se faire le moindre mal au risque sinon d'en subir soi-même les souffrances. Il eut envie de crier d'arrêter, mais il savait que cela aurait été vain. Quoi qu'il arrivait, il était déjà engagé. Il le sentait dans son cœur et son âme. Aussi s'écria-t-il rageusement les deux dernières phrases du pacte, à travers le boucan du vent tournoyant dans le cercle consacré. Et, dans un final impressionnant, le lien se consolida entre entre eux trois, si distinctement que cela approchait d'une sensation physique.

Alors que le silence retombait, Aïlin, fébrile, plaqua distraitement ses cheveux sur son crâne avant de tourner un regard noir vers Lynn. Il aurait pu être fier d'elle, cependant, il ne pouvait s'empêcher d'éprouver une colère intense, viscérale. Une fureur qui le prenait aux tripes et qui lui donnait envie de hurler.

« C'est de la magie noire, à quoi t'attendais-tu ? »

Cracha sèchement Aïlin lorsque Lynn s'excusa. Aïlin savait au fond de lui que sa colère et sa frustration de ces dernières semaines étaient exacerbée par la magie obscure ayant traversé son corps, à laquelle sa fatigue le rendait d'autant plus sensible. Mais c'était plus fort que lui. Sans l'aider à se redresser, Aïlin passa devant elle pour sortir du cercle cramé, tout en extirpant sa baguette de son fourreau. D'une incantation informulée, il fit disparaître les restes du rituel afin de rendre au parquet son lustre initial, mais s'abstint de tenter une purification de la pièce. Il était trop imprégné lui-même pour cela. Son regard s'attarda sur la dague posée au sol, et il l'attira d'un accio silencieux dans sa main, avant d'observer d'un œil dubitatif la lame rougie par leur trois sangs.

« Ta douleur sera ma douleur, hein... ? »

Répéta-t-il avec aigreur, en jetant un regard à Lynn. Puis, se tournant, il tendit brutalement le bras vers Torin et fit siffler la lame de la dague au ras de sa joue, laissant une fine estafilade sur la peau d'albâtre de son frère. La douleur, faible mais piquante, fut instantanée, et Aïlin sentit le sang couler sur sa joue alors même que celui de Torin se répandait en un mince filet. Un sourire sans joie étira ses lèvres et il jeta la lame sur sol, avant de se tourner vers l'enchanteresse.

« Satisfaite ? »

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MessageSujet: Re: Si vis pacem, para bellum...* {Pv Aïlin et Torin}   Ven 3 Mai - 0:21:02

La confrontation entre sa chair et la dague serait donc bel et bien la première épreuve du rituel. Cela avait quelque chose de rassurant, il n'aurait plus à craindre une attaque de l'arme un peu plus tard lorsque les incantations seraient lancées, quoique. Au moins Lynn admettait volontiers qu'elle le blesserait. Elle réclamait même déjà sa main. Torin se demanda un instant si cela excitait la demoiselle, de devoir le faire saigner et l'y voir consentir. Ce serait le seul mal physique qu'elle lui imposerait de toute sa vie, s'il ne comptait pas cette séance plus qu'humiliante de légilimencie qui avait si mal tourné. Il ne pourrait pas le lui faire payer, après tout l'expression disait que chacun devait porter le fardeau de son passé sur le dos. Après cela il n'y aurait plus d'agression possible d'aucun côté, un mal pour un bien.
Alors il tendit lentement sa main gauche vers celle qui était, quoi qu'il en pense, sa sœur. Ses yeux étaient rivés sur les runes, il faisait appel à ses souvenirs de cours pour les décrypter, et celles-ci n'étaient pas joliment tombées du grand frêne Yggdrasil. Un regard en coin maintenu sur la dague l'alertait en avance de ce qu'il allait ressentir. La sensation du métal froid sur sa peau lui fit plisser les yeux, puis l'entaille plus profonde que nécessaire le fit hausser sa lèvre supérieure. Inutile de manifester davantage, il avait vécu bien plus désagréable et accueillait volontiers le liquide tiède et écarlate qui s'échappait désormais de la plaie.

Il accueillit également la dague qui faisait suite à la blessure, sans même jeter un regard direct à Lynn, toujours focalisé sur les runes. Sa main se resserra si fort sur l'arme -comme pour neutraliser cette forme primitive de douleur- que quelques gouttes de son précieux sang furent attirées par les runes. Elles semblèrent s'en nourrir et cette forme de rituel s'avéra fascinant aux yeux de l'ex mangemort. Mais il n'eut pas le temps de s'égarer davantage à la contemplation des inscriptions, il se devait de faire suivre. Il avait maintenant Aïlin à sa merci, il pouvait simplement lui trancher la gorge pour lui faire payer son affront. Il pouvait également le lui faire payer d'une autre manière, l'obliger à contempler son épanouissement pour le restant de ses jours. Et après une courte vie de mangemort, le simple crime semblait trop banal. Un goût pour une torture plus subtile, celle de l'âme, s'était développé chez le nécromancien. Tuer Aïlin n'était pas suffisant, l'épargner et le forcer à le voir évoluer libre par sa faute était bien plus jouissif.
Alors il plaça la dague dans sa main droite et saisit de sa main gauche ensanglantée celle de son cadet. Il ignora la remarque et daigna enfin lever les yeux vers lui dans un regard accompagné d'une étrange douceur comparable à celle avec laquelle on mord dans le premier abricot de la saison, puis il laissa tendrement glisser la lame sur la peau du prétendu Lord : il savait à quel point elle était aiguisée et il savait aussi qu'il n'y avait aucune raison pour appuyer comme Lynn l'avait fait sur lui pour qu'elle pénètre la chair aisément. Il savoura d'ailleurs l'instant, effectuant son geste avec lenteur comme pour dire à Aïlin qu'il aurait très bien pu faire de même avec son cœur, lui laisser le doute, puis lui céder l'arme sans agir davantage.

La suite des événement eut un côté mystique : voir Aïlin blesser Lynn de son plein gré comme tous les autres hommes de la famille l'avaient fait... C'était sans prix. Il l'aurait fait au moins une fois avant que cela ne soit impossible, c'était tout ce qui comptait. Quelque part, l'ex mangemort était bien content d'y être passé en premier, il n'aurait pas à sentir le sang souillé de cette indigne sœur glisser sur sa plaie, tant cela semblait malsain. Il s’aperçut en revanche trop rapidement qu'il devrait le boire. Les fioles de potion n'avaient pas échappé à son regard, la coupelle non plus. Ils devaient donc mêler leur sang en une unique mixture, cela semblait bien écœurant quand on savait ce que Voldemort lui avait fait subir pour être plus pur que chaque membre de sa fratrie. Il essayait de le voir d'une manière plus correcte, il offrait là un breuvage précieux qui peut-être serait le début d'une alliance plus stable malgré ce qu'inspirait le passé. Alors après la première incantation, il serra volontiers sa main au dessus du réceptacle, laissant couler autant de sang que sa plaie voudrait bien en offrir. Il ignorait si ce que lui avait fait le Seigneur des Ténèbres par le passé pouvait influencer le rituel, mais cet espoir qu'il avait souvent reproché aux faibles le guidait. Pas exactement l'espoir en fait, mais plutôt l'ambition de pouvoir un jour corrompre ceux qu'il ne pourrait plus victimiser à souhait.

Et c'est alors que Lynn trinquait avec un accent irlandais des plus notables. Lui-même n'avait jamais trinqué de la sorte : il accordait peu d'importance à ses terres natales malgré la beauté qu'il leur accordait. Alors il se saisit simplement de sa fiole pourvu qu'un goûte du mort-vivant n'y soit pas introduite : à priori ses vérifications préalables n'avaient rien montré de suspect, il pouvait donc y aller sûrement. Il ne trinquerait cependant pas, encore moins au nom de la fratrie : cela l'étonnait encore qu'on puisse l’appeler « frère » après tout ce qui s'était produit, mais peut-être n'avait-il pas la même vision des choses : il était le premier-né, ceux qui avaient suivi étaient donc inutiles et il ne pouvait pas les accepter aussi bien que l'on accepte une personne présente d'avant naissance comme membre de la famille. Même Ultan, frère rêvé de tout aîné malin, n'avait jamais eu bénéfice de son estime, Torin s'estimait trop unique en son genre, il avait vu ce qu'aucun d'entre eux ne pourrait imaginer, à part peut-être Lynn qui avait entraperçu à travers lui la mère qu'ils n'avaient jamais connue aussi aimante et surprotectrice. Alors ce rituel, il le faisait uniquement pour son propre bien-être, buvant la potion en se disant qu'il s'agissait uniquement d'un mauvais quitte ou double au goût si sanglant proportionnellement à ce qu'elle représentait.

Puis, alors que le liquide se dissipait dans sa bouche, il articula avec soin les mots de latin que Lynn leur demandait de répéter. Comme tout bon sorcier, il avait appris le latin, comme tout bon Bower devrait-on dire en fait, dès leur enfance Devin n'avait pas manqué de leur donner des leçons afin que la traduction de chaque incantation ne leur échappe pas. Il réalisait sans difficulté ce que chaque vers signifiait, il l'acceptait et le prononçait sans s'interposer.
En deux ans il n'avait pas suivi l'évolution des deux autres êtres présents, il ignorait s'ils avaient enfin accepté la grandeur de la magie noire ou s'ils vivaient actuellement un moment exceptionnel. Pour sa part il n'émettait aucune opposition face aux forces occultes qui les submergeaient, il s'agenouillait même pour les accueillir à bras ouverts. Il avait eu raison tout ce temps, la sombre magie était son salut. La brume ne l'inquiétait pas, la puissances des forces, aussi invasives soient-elles, ne le perturbaient pas. Il savait ce qu'était la magie noire, mais aussi le fait que sa gorge se retrouve violemment enserrée : cela l'inquiétait bien moins que lorsqu'il avait s'agit des mains d'Aïlin, aussi laissa-t-il faire la magie. Ses yeux fermés cachaient bien des choses, contrairement à ses traits qui se crispaient naturellement sous l'effet du sortilège. Il ne cherchait pas à résister, peut-être cela jouait-il en sa faveur car la chose semblait moins désagréable lorsque l'on s'y soumettait.

Sa bouche continuait de suivre les mots de Lynn, bien qu'il essaye d'oublier que c'était la voix de sa sœur qu'il entendait. Le rituel s'intensifia de plus en plus et rapidement, alors qu'il n'avait même pas réalisé que la plaie de sa main s'était refermée, ce fut son cœur qu'il sentit écorché. Comme une pique de rappel qui lui disait que ce qu'il avait fait n'était plus à faire. Ses poings se serrèrent sous cette agression foudroyante, il réalisait enfin ce qui se passait, il réalisait cette notion de « distance » qui les « rapprochait ». En entendant le cri de Lynn, il voulu pendant un instant lancer une contre-incantation mais ce fut seulement sa bouche qui s'ouvrit pour lâcher un son étrange, sans aucune articulation, qui ne dura pas bien longtemps. Le rituel ne pouvait être contré à ce point-là et c'était comme ci la magie elle-même lui avait interdit de prononcer ce qu'il avait à dire.

Puis les derniers mots vinrent. Le corps de Torin resta figé un bref instant comme s'il n'était plus qu'une statue sans vie, sans souffle, sans sang et sans âme. Quelque chose avait été scellé en lui, il avait senti sur son torse un douleur, comme si l'on venait de lui apposer un cachet sur sa chair tendre comme de la cire fondue. Cela ne faisait que la seconde fois que ce genre de situation se produisait, même si la première fois il l'avait vu à travers une marque des ténèbres désormais absente. Une impression désagréable de déjà vu l'envahit alors, une connexion si puissante se fit ressentir. Cela le mettait mal à l'aise, il en avait envie de vomir car ce lien étroit n'était pas relié à Voldemort mais à des être qui ne s'étaient pas montré favorables à sa cause. Le final du rituel le força d'ailleurs à frapper violemment des poings sur le sol tandis que les flammes des bougies s'élevaient. Il ne se sentait pas plus libre qu'avant. Le rituel n'arrangeait rien, il ne pouvait sentir que son âme qui se rattachait à son corps, la rendant plus dépendante que jamais de ses actes. Même s'il ne pouvait concrètement décrire en quels termes.

Alors que tout était maintenant fini, ses yeux se relevèrent instinctivement vers Lynn. Le rituel semblait réussi même si sa fierté l'empêchait d'en féliciter la sorcière. Alors il la laissa s'excuser en riant intérieurement de sa naïveté, elle n'avait aucune idée de ce qu'était la violence pure. Cela n'était rien face à ce qu'il avait pu vivre. Il se demanda alors jusqu'où pouvait aller la magie noire, jusqu'où lui même pouvait aller face à ces forces destructrices. Ce n'était pas le premier rituel qu'il éprouvait et vu tout le mal qu'on en disait, il aurait déjà du brûler en enfer depuis le temps. Mais encore une fois il en ressortait plus fort : alors comment pouvait-on encore controverser ce genre de pratique lorsqu'on savait de quelles prouesses elle était capable ? Cette question était d'autant plus pertinente que lorsqu'il posa les yeux dans ceux de Lynn, il y vit quelque chose de plus familier qu'à l'accoutumée. Il y voyait malgré lui une opportunité. Il y voyait le regard de quelqu'un qui avait peut-être aimé pratiquer une magie aussi sombre malgré la soit-disant pureté de son cœur.
Mais il ne put faire aucune remarque concernant cela car Aïlin les ramena tous sur terre tandis qu'il répondait durement à leur sœur. Il lui demandait à quoi elle s'attendait?


« À quelque chose de réellement puissant. »

Torin ne savait pas s'il avait dit ça pour agacer Aïlin ou pour féliciter Lynn mais les mots lui étaient naturellement venus même si la seconde option l'aurait étonné de lui-même. Cependant, il n'avait pas de raison de provoquer son frère en cet instant puisque la hache de guerre se devait d'être enterrée dès maintenant... Ce qui n'était apparemment pas de l'avis général. Si Lynn avait ressenti le besoin de s'asseoir, Torin daignait enfin se relever tranquillement tandis que Aïlin effaçait les brûlures au sol avant de s'emparer de la dague en traduisant une partie de l'incantation. Cela ne disait rien qui vaille mais il était averti. Puis alors que tous deux jetèrent un œil à leur sœur, le geste fut rapide. L'un brandit la dague, l'autre sa baguette et, alors que le visage de l'ex mangemort se trouvait écorché, un éclair blanc siffla près du bras de l'alchimiste pour entailler le tissus de son costume de luxe ainsi que le dos de son poignet. Si Torin sentait désormais un mince filet de sang s'écouler de son visage, il constata rapidement que le précieux liquide s'échappait aussi de son poignet. Un regard assassin vers Aïlin lui fit remarquer que son frère portait trait pour trait les mêmes stigmates que lui. Aucun doute possible sur la réussite du rituel, il était déjà assez agaçant de voir que Lynn n'avait pas échoué.

Fort heureusement, la situation se calma rapidement lorsque la dague fut abandonnée. Si Torin n'avait aucune envie d'en dire plus sur ses impressions vis à vis du rituel, Aïlin, lui, demandait si leur sœur était satisfaite. Mais que se passerait-il si l'on engageait par exemple un tueur à gages ? La morale s'alliait-elle au sang ? D'après ses quelques connaissances, Torin pensait que oui, mais il n'en avait pas le cœur net et ne voulait pas être la victime d'une tentative sournoise. Alors à son tour il interrogea leur sœur d'une question plus pertinente.


« Quelles sont les limites exactes du rituel, Lynn ? Et ne joue pas sur les mots. »
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MessageSujet: Re: Si vis pacem, para bellum...* {Pv Aïlin et Torin}   Ven 3 Mai - 10:36:02

« C'est de la magie noire, à quoi t'attendais-tu ? »
De toute évidence pas à ça. Elle eut envie de lui rétorquer qu'une seule partie du rituel était affilié à la magie noire, celle qui concernait leur sang, mais que la formule et les runes faisaient partie de ses enchantements habituels, mais elle n'en donna pas la peine. Aïlin ne voulait pas d'explication, il avait juste besoin de déverser sa bile sur quelqu'un alors c'était à elle qu'il s'en prenait.
« À quelque chose de réellement puissant.
Lynn lança un regard indéchiffrable à Torin. A quoi jouait-il ? Aïlin était suffisamment agacé sans qu'il en rajoute. Elle-même se sentait terriblement irritable sans en comprendre exactement la raison, aussi préféra-t-elle ne rien dire. Elle regarda le Lord effacer toute trace physique de ce qui venait de se passer et attirer la dague à lui, d'un air sceptique.
« Ta douleur sera ma douleur, hein... ? »
Le reproche dans sa voix et dans son regard étaient indéniables et pendant une seconde elle se sentit presque coupable. Mais il avait trop souvent fait les choses dans son dos pour qu'elle estime avoir outrepassé ses droits. Il lui avait donné cartels blanche en refusant de s'impliquer. Elle était l'enchanteresse, c'était elle qui décidait. Elle aurait d'ailleurs très bien pu truquer le pacte à son avantage si elle l'avait voulu, et cela même sans qu'aucun d'eux ne puisse le remarquer. Mais elle ne l'avait pas fait. Elle s'initiait peut-être, malgré elle, à la magie noire, mais elle restait honnête, contrairement à ses deux frères spécialistes dans le mensonge et la manipulation. Ce n'était qu'un juste retour des choses et cela les empêcherait peut-être de se torturer par plaisir.
Elle tressaillit lorsque les deux frères s'attaquèrent et observa avec une fascination frisant le morbide, les blessures de l'un se répéter chez l'autre. L'enchantement fonctionnait au-delà de ses attentes. C'était un franc succès, quoi qu'elle en pense, mais cela ne lui apportait aucun soulagement. Elle frotta ses bras machinalement. Elle avait l'impression d'être sale comme si la magie noire avait laissé une fine pellicule sur sa peau tandis qu'elle la sentait encore grouiller dans ses veines. Il fallait qu'elle se débarrasse de cette sensation au plus vite !
Elle sentit soudain une légère douleur sur sa joue et sur sur son poignet et elle posa ses doigts à l'endroit exacte où Aïlin et Torin portaient leur blessure. La peau était intacte et elle ne saignait pas, mais elle sentait la brûlure comme si elle était marquée dans sa chair. Il en allait de même pour son poignet. Par Merlin... quelque chose n'allait pas. Peut-être était-ce juste son imagination. Il faudrait qu'elle vérifie tout ça au plus vite. Son esprit se mit en route à toute allure, cherchant la faille qu'elle aurait pu laisser dans l'enchantement mais Aïlin interrompit le cours de ses pensées en jetant la lame sur le sol et se tournant vers elle.

« Satisfaite ? »
Lynn ne s'attendit pas à la bouffée de colère que provoqua ce simple mot craché avec dédain. Elle fronça les sourcils et jeta un regard noir à son frère. Non, elle n'était pas satisfaite. Jamais elle n'avait voulu une chose pareille, jamais elle n'avait souhaité être lié à quelqu'un de cette façon, mais c'était fait, il n'y avait plus rien à en dire. Elle s'apprêtait à lui répondre sèchement mais fut interrompue par Torin qui souhaitait savoir quelles étaient les limites du rituel. Un sourire désabusé se dessina sur ses lèvres alors qu'il lui conseillait de ne pas jouer avec les mots. Il ne pouvait plus rien lui faire désormais. Même s'il lui prenait la fantaisie de mentir, il n'en saurait jamais rien et elle-même ne risquait plus rien. Elle seule connaissait les tenants et aboutissants de son enchantement, encore qu'elle sentait que quelque chose lui avait échappé au cours du rituel.
- Il n'y a pas de limites. Répliqua-t-elle avec satisfaction. Nous ne pouvons être responsable de la mort des un les autres, que ce soit de manière directe ou indirecte. Notre sang nous protège. Si tu essayes tout de même, le serment défend la victime et se venge sur celui qui ne respecte pas sa parole.
Libre à lui de le tester s'il le souhaitait. Lynn serait d'ailleurs ravie de le voir en subir les conséquences. Elle avait fait sa part, elle les avait protégé l'un de l'autre et elle s'était protégé d'eux. A défaut d'avoir l'esprit en paix, elle ne se sentait plus menacée par Torin et cela en valait le sacrifice.
Elle se releva d'un air fier, sourde aux suppliques de son corps, et vint récupérer la dague plantée à aux pieds du Lord avant de se redresser.

- Ce n'est pas ce que je voulais et tu le sais, mais je te rappelle que tu ne m'as pas vraiment laissé le choix. Lui dit-elle durement, son regard d'acier plus froid qu'il ne l'avait jamais été. C'est uniquement ta faute si j'ai dû en arriver là. ​
Furieuse, elle se dirigea vers la porte de la salle d'Etude et les planta là​ sans une parole supplémentaire. Lorsque la porte claqua, une onde étrange et obscure émana d'elle, mais Lynn ne s'en rendit même pas compte et elle se s'arrêta pas.
Oui, il était le seul responsable de cette débauche de Magie noire. Il ne pouvait s'en prendre qu'à lui ; sa décision de libérer Torin les avait mené à cet instant.
Lynn était écœurée et nauséeuse tant elle sentait la noirceur et la perversion de l'enchantement bouillir dans son sang. Elle venait sûrement de faire plus de dégâts qu'elle ne le pensait à son âme. ​
​De quel droit ​Aïlin osait-il se plaindre ? ELLE avait prit l'entière responsabilité du rituel et ELLE serait la seule en subir les conséquences.
Elle venait d'augmenter considérablement leur espérance de vie à tous les trois et ils faisaient preuve d'une ingratitude insolente ! Tout ce qu'ils avaient à faire, eux, consistait à ne pas se laisser tenter de blesser inutilement l'un des deux autres. Ce n'était vraiment pas cher payé pour un peu de tranquillité.​
Elle sentait la colère et une haine qu'elle ne s'expliquait pas, gronder en elle.​
S'éloigner de la salle d'étude n'avait pas suffit, iIl fallait qu'elle sorte, qu'elle s'en aille, car elle se sentait sur le point d'exploser et elle ne voulait pas le faire ici. ​
Au moins ne pourraient-ils plus s'entretuer ​pendant son absence. Ce qui était presque dommage si on y pensait bien...
Lynn se raidit, horrifiée qu'une telle pensée ait traversé son esprit. Qu'est-ce qui lui prenait, par Merlin ? Mais elle se sentait tellement frustrée ! Elle avait l'impression de suffoquer, il fallait absolument qu'elle sorte du Manoir, immédiatement.
Elle ne prit même pas la peine de prendre une veste et quitta les lieux avant de transplaner chez Matthew.
Lorsqu'il ouvrit la porte et vit son visage, il la laissa rentrer et lui caressa la joue:

- Ça y est ?
Elle acquiesça sans un mot, incertaine de sa propre voix. Elle était même incapable de mettre des mots sur l'imbroglio de ses émotions.
- Tu veux en parler ?
Elle secoua la tête et agrippa sa chemise pour se coller à lui. Elle avait envie de pleurer, elle avait envie de hurler. Il fallait qu'elle trouve un moyen de repousser les ténèbres, un moyen d'éteindre le feu qui brûlait en elle.
- Embrasse-moi, murmura-t-elle avec désespoir.
Il s’exécuta avec douceur et pendant quelques secondes, elle oublia l'obscurité qui lui collait à la peau.

- Encore... chuchota-t-elle avec empressement contre ses lèvres en commençant à déboutonner la chemise de l'Auror.
Cette fois il entoura sa taille de ses bras et ses baisers se firent plus passionnés. Elle lui retira complètement sa chemise et glissa ses mains dans ses cheveux. Puis elle laissa échapper un soupir d'aise lorsqu'il déposa quelques baisers dans sa nuque.
Voilà qui était mieux. C'était exactement ce dont elle avait besoin... quelques heures de répit dans les bras de l'homme de sa vie.
Les ténèbres reviendraient bien vite, mais pour l'instant, cela n'avait pas d'importance.
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MessageSujet: Re: Si vis pacem, para bellum...* {Pv Aïlin et Torin}   Ven 3 Mai - 12:15:41

Du bout des doigts, Aïlin toucha la plaie qui ouvrait son bras en libérant sa brûlante douleur. Il écarta, avec une légère grimace, la manche fendue de son costume et releva un regard vers celle qu'avait eu en retour Torin, visible en-dessous de ses manches retroussé. L'estafilade répandait assez de sang pour maculer la chemise blanche, mais pas assez pour imprégner le tissu épais de sa veste. Il l'ôta et la lâcha sur le vieux pupitre derrière lequel il avait tant étudié pendant son enfance, tout en contenant l'agacement qu'avait occasionné en lui le commentaire de Torin ainsi que leurs blessures mutuelles. L'air était lourd, chargé de colère, et Aïlin remarqua qu'il n'était pas le seul à se sentir aussi agité. La sécheresse de Lynn était parfaitement lisible sur son visage habituellement doux et affable, lui donnant, pour la première fois, un air dur, glacial.
Aïlin n'aimait pas cela. Il n'aima pas non plus le ton avec lequel elle répondit à la question de Torin. Ce qui fut profondément désagréable pour lui, en revanche, fut la façon dont elle s'adressa à lui après avoir récupéré à ses pieds la dague qui avait servie à sceller leur pacte. La noirceur de son regard le heurta alors qu'il plongeait ses yeux dans les siens. Il n'aurait su dire si la colère contenue dans les yeux de sa sœur lui était vraiment destinée ou s'il s'agissait des conséquences de la magie noire qu'elle avait utilisé. Cependant, pendant une courte seconde qui lui parut déjà trop longue, il eut envie d'étrangler sa cadette. Sa main se crispa sur sa baguette et il suivit Lynn d'un regard furieux tandis qu'elle partait en claquant la porte. L'étrange onde qui le heurta quand la porte frappa le chambranle n'arrangea en rien la fureur contenue dans son cœur.


« Bien. »

Conclut sèchement Aïlin en se détournant, sans d'abord adresser d'attention à Torin. Il retroussa la manche abimée de sa chemise et exécuta un « curo » sur son bras, puis dressa sa baguette jusqu'à sa joue, où la blessure se referma instantanément. Alors seulement, il se tourna vers son frère.

« Il n'y a plus aucune affaire à toi, ici. Je n'ai pas estimé nécessaire de garder quoi que ce soit appartenant à un mort. Mon tailleur viendra demain matin prendre commande pour ta garde-robe... aussi, j'ai fait préparer le second étage. Tu pourras en convenir à ta guise jusqu'à la clôture de ton procès. »

Aïlin tira à lui la chaise du pupitre et se laissa choir, en posant son bras contre le plateau de la table. Il sous-entendait, clairement, que leur cohabitation n'aurait rien de définitive. Le jour venu, Torin devrait quitter le manoir. Il n'y était plus chez lui.

« J'ai d'ors et déjà ouvert un compte à Gringott's. Il sera tiens lorsque tu seras réhabilité, et contient une partie du patrimoine familial. Je trouvais inutile d'investir notre énergie dans ces considérations dérisoires d'héritage, je suppose que tu conviens qu'il vaut mieux régler cela entre nous. »

Déclara le jeune homme sur un ton qui sonnait désagréablement. Sa voix, bien que plus grave, avait l'accent suave et pourtant irritant de Devin, lorsqu'il s'adressait à une personne qui lui avait profondément déplu. Aïlin, en revanche, était très loin de s'en douter. Il ne désirait rien d'autre que régler les derniers points matériels afin d'en être débarrassé au plus vite. Ces considérations vulgaires le fatiguaient, et il s'en serait passé volontiers. Elles étaient pourtant nécessaires. En s'engageant à libérer Torin, Aïlin s'était inévitablement engagé à investir dans la réhabilitation de son frère. Il aurait été forcément mal vu, et complètement paradoxal, que le jeune lord abandonne son aîné à son sort, sans un gallion en poche. Il fallait jouer la comédie jusqu'au bout.

« Je suppose que tu vas désirer reprendre où tu t'es arrêté... Il y a bien assez de pièces inutiles au second étage pour faire office de salles de travail, tu y seras à ton aise... J'aimerais cependant savoir ce que tu comptes faire, à présent. Tant que cela se passe sous ce toit, j'estime que cela me concerne. »

Aïlin jaugea Torin d'un regard perçant. Lorsque les deux frères s'étaient retrouvés seuls au manoir, c'était l'aîné qui avait estimé que les faits et gestes de son puîné devaient être sus de lui. Aïlin n'avait rien pu cacher, ou presque, à son frère pendant leurs trois années de vie commune, mais aujourd'hui, c'était au tour d'Aïlin de surveiller Torin. L'alchimiste en était à un point où il se fichait bien de quelle magie pourrait utiliser Torin entre ces murs. Moral ou pas, il n'en avait que faire. Peut-être même aurait-il mieux valu qu'il ne s'en enquière pas, cependant, il ne voulait pas prendre le risque de se compromettre dès les premiers moments de la libération conditionnelle du mage noir. Et puis... Torin avait un engagement auprès de lui. C'était la condition sine qua none à la paix entre eux. Le jeune homme comptait bien rappeler à son frère qu'il n'était pas le seul à devoir se sacrifier, et attendait le moment propice pour le lui remettre en mémoire.

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MessageSujet: Re: Si vis pacem, para bellum...* {Pv Aïlin et Torin}   Lun 5 Aoû - 10:18:46

[HJ: un petit manque d'inspi, hésite pas à m'envoyer un mp si tu veux que je modifie]

Aux vues de l'atmosphère qui régnait dans la pièce, Torin songea un moment qu'il était au final le plus avantagé par ce rituel. Il sentait la colère et la frustration mutuelle mais cela le renforçait, il aimait ce petit air de chaos familial et en réalité, sa fratrie aurait bien plus désiré se venger que lui. Il gagnait la partie en ce sens : la liberté, le pacte de non agression avec les deux personnes qui avaient le plus de raisons de vouloir sa peau. Dire qu'il y a plusieurs jours de cela il entrait dans le couloir lumineux bien connu de ceux qui avaient frôlé la mort du bout des doigts. C'était incroyable. Lynn lui répondait même en confirmant que le rituel allait au-delà de ses espérances : les deux autres Bower ne pourrait pas non plus lui ôter a vie.
Il avait en somme de quoi être plutôt content en cet instant, mais quelque chose l'en empêchait. En venant ici il avait accepté la fatalité liée à un tel rituel avec agacement, mais il s'y était volontiers plié. Et voilà qu'en cet instant il se sentait plus nerveux que soulagé, peut-être était-ce lié au fait que Aïlin l'ait encore une blessé à son insu, bien qu'il en ait payé le prix. Ou bien la mauvaise humeur se faisait-elle contagieuse...

Il restait néanmoins amusé de voir Lynn se mettre en colère contre leur frère et lui rejeter entièrement la faute : c'était si bon de se faire oublier quand au fond on se savait être le véritable problème tout en devenant intouchable. Il ne se lasserait jamais de ce délicieux spectacle : leurs disputes à propos de sa libération. Et leur sœur, pourtant adulte, quitter les lieux comme une adolescente en pleine crise... La magie noire avait quelque chose de comique. Et cette onde de noirceur échappée après le claquement de porte pénétrait Torin comme si de rien n'était. Il était peut-être un peu plus irritable, mais comparé à l'allégresse de la victoire, cela restait imperceptible.

Maintenant seul avec Aïlin, celui-ci s'empressa de discuter logistique -ou peu importe comment l'on pouvait qualifier cela. Un gamin aurait crié de joie en se voyant confier un étage, mais pas Torin. Il préférait la fraîcheur des sous-sol, surtout dans le cadre de ses recherches et ses éventuels besoin de conserver quelque denrée périssable que ce soit. Il aurait d’ailleurs voulu objecter mais son cadet ne lui en laissa pas le temps, poursuivant avec l'évocation d'un compte à Gringott's. Il ne savait pas comment accueillir cette nouvelle. Cela semblait si... Convenable, anticipé, réfléchi et arrangeant. Trop pour lui. On lui tendait la main pour qu'il y mange sans faire d'affaire ni avoir à semer un peu de chaos pour y trouver son compte. Et le ton sur lequel l'annonce était faite...
Torin grinça des dents. Il ne pouvait pas se résumer à dire merci, trop fasciné par cette sensation, celle d'entendre son père lui dire à quoi s'en tenir. Il fronça les sourcils : mais comment pouvait-il apercevoir Devin Bower à travers celui qui n'était encore qu'un gamin quelques années auparavant ? Aïlin se rendait-il compte lui-même qu'il était en train de devenir le stupide bourgeois suffisant et bien assis qu'avait été leur père ? Probablement pas, mais la ressemblance était frappante. Demandait-il à Torin sur quels projets il travaillerait durant son séjour au manoir pour s'assurer qu'il n'y ai pas de danger, ou le faisait-il pour assouvir un besoin de contrôle total et d'omniscience sur son domaine?


« Je ne ferai rien qui puisse nuire à la réputation de qui que ce soit tant que ça restera entre les murs de mes appartements. Et je pourrai presque te remercier de ta générosité si je n'avait pas cette désagréable impression d'entendre Père s'exprimer à travers toi. »

Torin était resté froid et impassible en répondant à son frère, mais voilà qu'il réfléchissait d'une manière plus critique à ses propres mots. Il leva les yeux au ciel et émit un mince sourire confus, réalisant que le moment était mal choisi pour critiquer Aïlin alors que celui-ci lui offrait bien plus que ce à quoi il s'attendait.

« Navré. J'ai du mal m'exprimer, compte tenu de ce qui lui est arrivé. Tu vaux bien plus que lui. Tant que tu fais les bons choix. Un vrai philanthrope, sincèrement. »

Il lui était impossible de simplement dire « merci » malgré tout. Au fond, c'était le minimum qu'Aïlin puisse faire pour lui puisqu'il s'était servi durant son absence et ne lui laissait que quelques restes juste bons à le faire taire le temps de se remettre au travail. Travail dont Aïlin voulait savoir plus : autant ignorer cette requête pour le moment, car quelque chose lui disait que tôt ou tard l'alchimiste aurait un aperçu concret.
Alors autant passer à autre chose pour l'instant Torin était presque libre et, revenant d'entre les morts, il souhaitait maintenant savoir tout ce qui s'était passé depuis sa disparition, y compris l'avancement dans la recherche. Y compris la composition de ce fameux tonic vitmagic qui pouvait être la pièce manquante à la base de ses travaux. Un peu pressé de se remettre au travail, il ajouta :


« Et je ne voudrai pas abuser de ton temps libre davantage, si tu n'a plus rien à ajouter. »
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MessageSujet: Re: Si vis pacem, para bellum...* {Pv Aïlin et Torin}   

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