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 Le congrès du MCR (RP)
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  • Margaret Bailey
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MessageSujet: Le congrès du MCR (RP)   Sam 23 Fév - 19:01:49

« Dépêchez-vous d’accrocher cette affiche, nous ouvrons les portes dans vingt minutes. Rose, les tracts sont prêts ? Vous avez préparé les présentoirs à placer dans la rue ? Parfait. James ! Avons-nous suffisamment de sièges en plus au cas où il y aurait une forte affluence ? Très bien, je vous félicite. Ne disparaissez pas comme ça, vous ! Le serveur supplémentaire que j’ai demandé pour le coktail, vous l’avez prévu ? »

Tandis qu’elle écoutait le traiteur lui répondre qu’il avait bien recruté un garçon de service supplémentaire, Margaret Bailey parcourut la salle du regard. Le rez-de-chaussée du quartier général avait été transformé. La table ovale avait été enlevée, remplacée par plusieurs rangées de sièges relativement confortables. En face d’eux, une estrade légèrement surélevée était destinée à la présidente, avec un tableau magique accroché au mur. Ni trop haute, ni trop basse, l’estrade avait pour but de permettre à Margaret de voir tous les visages sans se séparer de l’assemblée.

Elle souffla un grand coup. Depuis six heures du matin, elle courrait en tous sens pour s’assurer que tout avait été organisé à la perfection. En attendant l’arrivée des jeunes sympathisants du parti pour lesquels le congrès était destiné, Margaret alla se rafraichir l’esprit à l’étage et parcourut une dernière fois son discours. A neuf heures piles, elle gagna la salle au moment même où les portes s’ouvraient.

Au fur et à mesure que les jeunes arrivaient, la présidente du parti se félicitait intérieurement tout en gratifiant chacun d’un sourire ou plus si elle connaissait l’arrivant. Visiblement, le projet avait atteint son but, la salle était comble. Lorsque l’heure du début du congrès sonna, Margaret se dirigea vers l’estrade, tandis que le silence se faisait pour son discours d’ouverture.

« Bonjour à tous et à toutes. Je suis particulièrement heureuse de vous voir assemblés ici à l’occasion de ce congrès du Mouvement du Centre Raisonné. Votre présence est la preuve qu’il reste de l’espoir dans ce pays pour que la politique appartienne au peuple et, espérons-le, qu’un jour le pouvoir ministériel revienne à nouveau entre les mains des citoyens et pas entre celles de politiciens manipulateurs qui tirent les ficelles grâce à la peur ou à la manipulation. »

C’était un début en force, elle en avait conscience. D’un autre côté, il s’agissait de jeunes dont l’esprit était réactif et rapide. Elle ne comptait pas s’adresser à eux avec des pincettes ou en ménageant les possibilités de les choquer.

« Depuis sa fondation, le MCR a toujours eu pour but de rapprocher la politique de l’électeur, de le rendre véritablement acteur de l’exercice du pouvoir ; c’est ce but que nous poursuivons encore aujourd’hui. Les valeurs que nous défendons sont avant tout celles de respect, d’égalité, de liberté et surtout de modération. C’est grâce à la modération raisonnée que nous pourrons un jour espérer trouver l’équilibre qui permettra l’instauration d’un gouvernement juste.

Nous ne trouverons aucune solution dans une innovation soi-disant salvatrice, comme tendait à nous faire croire le précédent gouvernement, sans faire preuve d’une analyse raisonnée de la réalité. Cependant, ce n’est pas non plus le radicalisme sans modération du gouvernement actuel qui nous mènera sur la bonne voie. Nous pensons que seule une politique modérée et raisonnée peut faire avancer l’Angleterre sur la voie du progrès, sans lequel la stagnation s’installe, précédant le déclin.

C’est pourquoi nous sommes favorables aux relations avec la société moldue, pour préserver les esprits de tout extrémisme préconçu, mais sans leur révéler notre identité, qui mènerait à coup sûr à une déchirure du pays entier. C’est aussi la raison pour laquelle nous voulons protéger les personnes qu’une certaine frange de la population voudrait mettre au ban. Historiquement, il s’agissait, entre autres, des cracmols, loups garous et nés-moldus. Désormais, de nouvelles cibles ont été désignées ; pour l’instant, ce sont les homosexuels, mais qui sait qui sera visé après ?

Cependant, nous pouvons toujours inverser la vapeur. Vous, jeunes de Grande Bretagne, êtes l’espoir de l’avènement d’un monde meilleur. Vous avez vu les horreurs dont l’homme est capable lors de la dernière guerre. Il ne tient qu’à vous de construire un futur plus prometteur que notre passé. Afin que vous puissiez donner un sens concret à cet espoir, nous avons organisé ce congrès pour vous ; pour répondre à vos questions, entendre vos suggestions, vous offrir la parole, puisque nous la portons au Congrès gouvernemental. Je vous écoute à présent. »


[Libre à chacun de relater son arrivée jusqu’au congrès, puis, s’il le souhaite, d’intervenir soit 1) en posant une question sur la politique du gouvernement, du parti, les évènements récents 2) en interpellant Margaret Bailey et l’assemblée sur un fait, une réflexion 3) en proposant à Mrs Bailey et à l’assemblée une suggestion à défendre au Congrès ou à inscrire dans le programme du parti]
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  • Lavande Brown
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MessageSujet: Re: Le congrès du MCR (RP)   Mar 26 Fév - 16:39:49

Mais qu’est-ce qu’elle faisait là déjà ? Elle s’était pourtant juré après le fiasco de Trafalgar Square de ne plus jamais se mêler de politique. Elle laissait ça à ceux qui avaient une cause à défendre, désormais son champ d’action à elle se limiterait aux confins d’un laboratoire médicomagique à tenter de faire avancer la recherche sur la lycanthropie. Du moins si elle obtenait le stage qu’elle désirait. Sauf que c’était sans compter sur la capacité de persuasion de sa meilleure amie. Et Parvati Patil pouvait se révéler une négociatrice hors pair lorsqu’elle en avait ainsi décidé. Or, l’Indienne avait considéré que Lavande ne pouvait décemment pas laisser une expérience, pour aussi traumatisante qu’elle eût été, décider de sa vision de la politique pour le restant de ses jours. « Tu n’as que vingt ans Lav’ ! », avait-elle été jusqu’à déclarer. Comme s’il s’agissait là d’un argument d’autorité, prouvant qu’elle n’était pas assez mâture pour décider sur un coup de tête de son futur. Lavande avait, bien entendu, protesté qu’elle n’était plus une enfant et que, conséquemment, elle avait l’intention d’apprendre de ses erreurs et ne pas faire deux bois la même bêtise en se mêlant à nouveau de politique, ce à quoi Parvati avait répondu : « Lav’, seuls les idiots ne changent pas d’avis et ce n’est pas moi qui le dit ». Lavande avait failli rétorquer qu’elle avait longtemps considéré par la majorité comme un parfait exemple d’idiote mais s’était retenue à temps, sachant que cela ne ferait qu’énerver encore plus son amie, qui détestait qu’elle se dévalorise, même sous forme de blague.

Et, ainsi donc, elle se retrouvait en plein milieu du Chemin de Traverse, aux portes du quartier général du Mouvement du Centre Raisonné, observant compulsivement sa montre, ne sachant si elle voulait que Parv’ soit en retard, qu’elle n’arrivât pas du tout ou bien qu’elle se pointât à l’heure. Tout ce qu’elle savait c’était que plus les gens passaient devant elle pour rentrer dans la salle, plus elle se sentait mal à l’aise. Ils avaient tous l’air de savoir pourquoi ils étaient venus, confortables dans cet environnement étrange, ce qui était loin d’être son cas. Néanmoins, elle ne se voyait pas non plus fuir. Pas qu’elle n’y ait pas pensé, mais elle ne savait que trop que Parvati irait la chercher au fin fond du monde pour la traîner par la peau du cou si besoin était. Alors, il ne lui restait plus qu’à se ronger les sangs en attendant l’arrivée de son amie.

Ne vous méprenez pas, l’occasion de revoir Parvati sans la présence additive de son pot-de-colle de petit ami lui avait fait on ne pouvait plus plaisir, c’était juste l’occasion du rendez-vous qui la dérangeait. En effet, après avoir réfléchi longuement aux différentes possibilités qui s’offraient à elle au moment des dernières élections, elle avait eu beau considérer que le parti de Margaret Bailey était le meilleur choix -le moindre mal diraient d’autres- le fait de lui avoir apporté son soutien dans l’anonymat d’un isoloir ne signifiait nullement qu’elle était prête à afficher ses convictions à la face du monde alors que la tendance dominante était au conservatisme le plus pur. Mais, une fois de plus, Parvati s’en était mêlée et l’avait convaincue qu’assister à un congrès ne l’engageait pas à se faire une carte du parti en sortant, ça lui permettrait seulement de se faire une idée un peu plus précise de la situation. Parv’, quant à elle, était chaque jour un peu plus convaincue par le programme de Mrs Bailey et lui avait avoué que ce congrès allait lui permettre de décider si ou non elle s’affiliait officiellement au parti. Pour l’instant, elle n’était que sympathisante.


-Lav’ ! Désolée pour le retard, je sais qu’on avait rendez-vous il y a dix minutes mais le voisin du dessus a eu une inondation et on avait léger dégât des eaux. Sergio est resté s’en occuper mais j’ai dû rester suffisamment longtemps pour au moins signer le constat à l’amiable. J’avais oublié les ennuis que vivre dans un quartier moldu pouvait amener.

Un sourire content à la vue de sa plus ancienne amie se dessina sur le visage de Lavande et elle s’empressa de l’embrasser, la rassurant sur le peu d’importance de son retard. Parvati lui demanda alors comment elle se sentait et elle fut obligé de reconnaître qu’elle était légèrement stressée. Les deux amies entrèrent ensuite à l’intérieur du bâtiment et prirent place dans deux fauteuils vers le milieu de la salle, vers le côté droit. Parvati aurait voulu se mettre plus près mais Lavande avait préféré garder une certaine distance et l’étudiante modiste avait accepté.

Le discours commença ensuite après quelques minutes et Lavande fut obligée de constater que Mrs Bailey était une excellente oratrice, une partie du malaise qu’elle ressentait s’envolant au fur et à mesure des propos de la politicienne. Elle s’adressait à eux comme à des adultes capables de décisions et de choix rationnels et ne leur mettait pas de pression majeure. Cela s’annonçait plutôt bien. Cependant, elle ne savait que trop bien que les hommes et femmes politiques étaient des pros pour faire toutes sortes de promesses mais, lorsque l’heure du concret arrivait, il n’y avait plus personne. Elle donna donc un léger coup de coude à Parvati et lui murmura quelque chose à l’oreille, après quoi l’Indienne leva la main.


-Parvati Patil, sympathisante. Vous parlez d’aider les franges de la population minoritaires poursuivies par l’actuel gouvernement pour diverses raisons mais quelles sont les mesures qui sont actuellement envisageables sachant que l’AVC a la quasi-majorité au Congrès ?

Voilà, comme ça Lavande aurait sa réponse. En effet, l’ancienne Gryffondor avait cédé aux demandes de son amie et s’était un peu plus informée sur le système politique du pays avant de venir au congrès mais à la condition expresse que, si elle avait une question ou une remarque à faire, ce serait Parv’ qui lèverait la main. En effet, l’étudiante en Médicosoins n’était pas encore prête à prendre la parole en public alors que son nom avait été associé à la manifestation de Trafalgar Square par la Gazette. Or, Parvati, quant à elle, n’avait jamais eu de difficultés à s’exprimer publiquement. De cette façon donc, tout le monde avait ce qu’il désirait.
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  • Alan Desoya
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MessageSujet: Re: Le congrès du MCR (RP)   Mar 26 Fév - 18:48:57

(HJ court je ferais mieux ensuite. Après j'ai peur de ne plus avoir le temps de poster >< HJ)

- Rappelle-moi encore une fois. Qu'est ce que je fiche ici alors que j'aurais cent mille meilleures choses à faire ?

La question à mille galions, certes. En tout cas, quelque réponse que puisse lui apporter son aimable compagne amicale, il ne la jugerait pas suffisante. En plus Lavande et Tomas n'y seraient probablement pas. Remarque, tant mieux, sinon ils allaient se demander s'il n'était pas devenu fou, ou perdu la mémoire - sentez l'ironie possible - au point d'oublier son précédent voeu de s'abstenir de tout ce qui avait rapport de près comme de loin à la politique. Et pourtant, il était là, tout juste transplané sur le Chemin de Traverse avec son activité habituelle... peut-être un peu plus, d'ailleurs. Sans doute un effet supplémentaire de cette histoire de Congrès pour les jeunes du Mouvement Centriste Modéré. Rien qui ne lui plaise...

"Allez, cesse de faire ta mauvaise tête ! Tu n'allais quand même pas laisser une lady comme moi y aller toute seule ? C'est toi le local en plus, et tu sais combien j'étais curieuse de voir l'équivalent de nos partis politiques en Angleterre. Puis je suis certaine que cela te fera de l'air frais, tu travailles trop en ce moment. En plus, ce n'est pas comme si je t'emmenais dans un parti avec lequel tu ne partageais pas un peu certaines idées..."

Ennuyé il haussa un sourcil, poings contre ses hanches, avant de lever les yeux ciel et de pousser un gros soupir à peine masqué, un regard blasé dans les prunelles noires. Riant avec légèreté, comme le carillon d'un rossignol, la jolie américaine blonde qu'il accompagnait bien malgré lui - trop gentil mxm pour son propre bien - et secoua horizontalement sa tête, une main sur son visage avant de reposer son regard mécontent et perçant sur la jeune étudiante en troisième année de Filière Générale :

- Je suis déjà venu ici avec toi, Len'. Au pire tu aurais pu demander à Tomas, il aurait été assez curieux pour y aller et aurait sans doute accepté de t'accompagner. Pourquoi moi ? Tu sais pourtant bien que la politique et moi ça fait deux depuis l'histoire de la manif'...

D'un geste de la main délicat elle chassa ses excuses, et d'un dernier brillant sourire lui coupa la parole, avant de l'attraper par le bras et lui faire presser le pas. Maugréant entre ses dents, il finit au bout de quelques minutes par non pas se faire traîner de force mais y accompagner l'incorrigible journaliste en devenir de mauvais grès, mais de son grès quand même... n'était-ce pas le plus important au fond ? Puis Elena avait un minimum raison : certes, il avait voté MCR lors des dernières élections - c'était le moindre mal à ses yeux, comme souvent sont considérés les régimes de nature républicains - démocrates, mais cela ne voulait pas dire qu'il se considérait comme sympathisant... ok, il était un peu curieux aussi de voir ce que cela allait donné. Il garderait un esprit ouvert, mais méfiant aussi...

Il fut surpris d'y retrouver une tête blonde connue un peu devant eux : Lavande ? Mais qu'est-ce qu'elle fichait là ? Et bien ! C'était bien la dernière personne qu'il s'attendait à trouver ici à ce genre de réunions, d'après ce qu'elle lui avait dit lors de leur échange de lettres estival entre le Nouveau/l'Ancien Continent. Un mince sourire amusé glissa sur ses lèvres, le regard noir pétillant, et il indiqua Lavande du regard à Len'. La réaction de cette dernière ne se fit pas attendre, et l'Américaine s'avança vers elle à grands pas, obligeant l'étudiant à la suivre à l'amble tout en s'excusant aux gens qu'il devait parfois bousculer légèrement et fendre la foule. Voyant que Len' n'avait pas indiqué sa présence, il s'amusa à s'approcher à pas de loup de sa meilleure amie et une amie à elle dont l'attention restaient sans doute sur l'Américaine. Il s'arrêta juste derrière l'anglaise blonde, bras croisés, et lui glissa sans le moindre avertissement avec un amusement certain dans sa voix grave :


- Salut Lav'. Ben alors ? M'attendait pas à te voir ici, reviendrait-on sur ses bonnes résolutions ?

Il eut juste le temps de saluer brièvement la compagne de sa meilleure amie avec une brève salutation et courte présentation, se postant à gauche de Lav' entre cette dernière et Elena, comme le congrès commençait. Il écouta d'une oreille attentive et prudente les dires de la meneuse du groupe, les bras reposant tranquillement contre son pull léger en cachemire gris, vêtu sinon de son habituel jean noir et des kickers de base sombres. Une chose était sûre dès les premières phrases, lignes, mots de la meneuse du partie : elle était une très bonne oratrice. Vraiment, très bonne. Elle connaissait bien les trucs pour attiser l'attention et la bienveillance de son public, s'adapter à lui, véhiculer les idées de son groupe tout en incorporant les jeunes dedans. Elle connaissait les trucs. A ses côtés, Elena prenait des notes effrénées, passionnée, captivée et curieuse. Reportant son attention sur le discours, il écouta d'une oreille ouverte mais prudente les propos alors énoncés :

"C’est pourquoi nous sommes favorables aux relations avec la société moldue, pour préserver les esprits de tout extrémisme préconçu, mais sans leur révéler notre identité, qui mènerait à coup sûr à une déchirure du pays entier. C’est aussi la raison pour laquelle nous voulons protéger les personnes qu’une certaine frange de la population voudrait mettre au ban. Historiquement, il s’agissait, entre autres, des cracmols, loups garous et nés-moldus. Désormais, de nouvelles cibles ont été désignées ; pour l’instant, ce sont les homosexuels, mais qui sait qui sera visé après ? Cependant, nous pouvons toujours inverser la vapeur. Vous, jeunes de Grande Bretagne, êtes l’espoir de l’avènement d’un monde meilleur. Vous avez vu les horreurs dont l’homme est capable lors de la dernière guerre. Il ne tient qu’à vous de construire un futur plus prometteur que notre passé. Afin que vous puissiez donner un sens concret à cet espoir, nous avons organisé ce congrès pour vous ; pour répondre à vos questions, entendre vos suggestions, vous offrir la parole, puisque nous la portons au Congrès gouvernemental. Je vous écoute à présent. »

Donc, qui allait se lancer le premier ? Quand il jeta un coup d'oeil à Lavande, il vit que cette dernière n'était pas plus décidée que lui à se lancer et se faire remarquer. Elle, pour les conséquences de la manif et du procès pas entièrement juste qu'elle avait enduré et où son nom avait été indiqué, et lui-même pas plus envie que cela puisque peu désireux de se faire plus remarquer que nécessaire depuis l'obtention de son brevet de potion du Bureau des Brevets Saugrenus concernant la Potion de Régénération Mémorielle. Il était surtout venu là pour écouter et juger discrètement les interventions des uns et exposés des autres, dont la leader. C'est alors que l'amie de Lavande - Parvati Patil, c'est ça ? - prit la parole la première après quelques murmures de sa compagne blonde aux yeux bleus, et demanda :


"Parvati Patil, sympathisante. Vous parlez d’aider les franges de la population minoritaires poursuivies par l’actuel gouvernement pour diverses raisons mais quelles sont les mesures qui sont actuellement envisageables sachant que l’AVC a la quasi-majorité au Congrès ?"

C'était une excellente question. Surtout que l'A.V.C avait pas mal marqué son influence depuis les élections et durcissait grandement les règles. Comme par exemple la loi contre les Homosexuels - presque de la ségrégation sociale d'ailleurs - sans forcément résoudre les problèmes intérieurs - par ex encore, les disparitions et meurtres mystérieux comme évoqués dans le prétexte de discussion de sortie avec Lynn et son... ne pas y penser. Pas le moment. Une bonne question, à laquelle, il espérait, serait livrée une bonne réponse, ou au moins un débat de valeur qui se respecte, tant intellectuellement que de manière éthique...
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  • Tomas Herz
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MessageSujet: Re: Le congrès du MCR (RP)   Mar 26 Fév - 19:44:04

[HJ: Me MP si besoin d'éditer =) ]


« Il y a un congrès dans pas longtemps. Il ne se passera pas sur le campus, mais ça serai bien que l'un de vous y aille! Pourquoi? Parce que c'est le congrès du MCR et que ça touche les jeunes directement! Alors, vous allez me faire le plaisir d'y aller et plus vite que ça! » avait dit si gentiment la rédactrice-en-chef, Lisbeth. Elle pouvait dire tout ce qu'elle voulait, mais aller là-bas n'était pas le genre de soirée dont Tomas rêvait. D'ailleurs, étant allemand il n'était pas directement lié à la politique de l'Angleterre, alors pourquoi lui? Pourquoi? Il se le demandait bien, à par pour faire plaisir à une jeune femme et être sûr qu'elle ne le fusille pas avec ses yeux d'autoritaire... Enfin. Toujours est-il que le jeune homme avait passé des heures à choisir ses vêtements. Comme une fille, il avait honte. Mais en même temps, il y allait avec une carte de presse pour l'université, alors il ne devait pas y aller habillé n'importe comment! Voilà pourquoi, il hésitait entre deux tenue. Une chemise beige aux boutons noirs, avec un simple jeans noir neuf ou un t-shirt blanc avec un jeans normal? D'un côté, la chemise faisait plus habillé et de l'autre le t-shirt blanc apportait de la neutralité. Après encore un moment d'hésitation, il opta pour la chemise.

Une fois habillé et carte de presse autour du cou, le jeune homme quitta sa chambre et traversa le couloir du troisième étage du campus. Avant d'emprunter les escaliers, il s'arrêta devant la chambre numéro 21, celle d'Alan. Il hésita un moment. Devait-il toquer à la porte ou non? Oserai-t-il demander à son meilleur ami de venir avec lui? Il allait frapper contre le bois de la porte quand il changea d'avis. Non, la dernière fois qu'il avait voulu le sortir de sa chambre, ils avaient fait un paris qui n'avait pas été de son côté, résultat, il avait à présent un rendez-vous chez Madame Pieddodu avec Izlaya Cummings, son ex-aventure. Quoi de mieux pour commencer l'année? En tout cas, il espérait que Maureen ou Lavande n'entendraient jamais parler de ce défis idiot.

Après avoir quitté le campus, Tomas transplana dans la petite cour derrière le Chaudron Baveur, il tapota contre le mur avec sa baguette en Érable et entra sur le Chemin de Traverse. Il vérifia une dernière fois qu'il avait tout. Pratique de faire une check-list une fois sur place, non? Bon, appareil photo, plume à Papote et carnet d'écriture, carte de presse, c'est bon tout était là. Il soupira en remarquant qu'il n'avait aucune excuse pour arriver en retard à cet évènement. Cela l'ennuyait car il était sûr et certain qu'il n'y verrai personne de sa connaissance. Alan devait préparer sa soirée à faire quelque chose de plus intéressant ou d'aller se coucher. Maureen devait surement commencer une soirée entre filles dans la chambre qu'elle partageait avec Lavande. Et les autres personnes de l'UMA, soit il ne les connaissait pas assez pour vouloir partager leur compagnie dans une soirée ennuyante ou alors il ne les appréciait pas ou ne les connaissait pas du tout! En bref, cela allait être passionnant!

Il entra donc dans l'établissement qui accueillait le congrès et alla s'installer devant avec les autres personnes de presse. Il regarda ses collègues et ne fut pas mécontent d'avoir choisi la chemise. Tous étaient bien zappés et transpiraient le professionnalisme. Certains parlaient entre eux des dernières parutions dans la presse. Quasiment tous parlaient d'une personne qu'il connaissait bien, Alan Desoya. Tomas se permis de sourire en les entendant parler de lui et son invention. C'est alors que l'homme à sa droite se tourna vers lui, jeta un coup d'oeil à sa carte et ouvrit grand ses yeux d'étonnement.


-Oh! Tu es un étudiant de l'UMA? Tu dois avoir partager des cours avec celui dont on parle, Alan Desoya, non? Ah! Excuse-moi, je m'appelle John Parker, je suis rédacteur chez News Wizard.


Tomas serra amicalement la main qu'on lui tendit et se présenta à son tour.

-Enchanté, Tomas Herz étudiant à l'UMA en filière Générale. Oui, effectivement, j'ai partager quelques cours avec Alan...

Tomas hésita à préciser que l'étudiant en Médicomagie était également son meilleur ami. Il avait peur que cela fasse trop prétentieux pour une première rencontre avec un professionnel. Finalement,il n'en fit rien et se contenta de parler avec cet homme jusqu'à ce que la présidente du partie prennent la parole.

-[...] C’est pourquoi nous sommes favorables aux relations avec la société moldue, pour préserver les esprits de tout extrémisme préconçu, mais sans leur révéler notre identité, qui mènerait à coup sûr à une déchirure du pays entier. C’est aussi la raison pour laquelle nous voulons protéger les personnes qu’une certaine frange de la population voudrait mettre au ban. Historiquement, il s’agissait, entre autres, des cracmols, loups garous et nés-moldus. Désormais, de nouvelles cibles ont été désignées ; pour l’instant, ce sont les homosexuels, mais qui sait qui sera visé après ?

Cependant, nous pouvons toujours inverser la vapeur. Vous, jeunes de Grande Bretagne, êtes l’espoir de l’avènement d’un monde meilleur. Vous avez vu les horreurs dont l’homme est capable lors de la dernière guerre. Il ne tient qu’à vous de construire un futur plus prometteur que notre passé. Afin que vous puissiez donner un sens concret à cet espoir, nous avons organisé ce congrès pour vous ; pour répondre à vos questions, entendre vos suggestions, vous offrir la parole, puisque nous la portons au Congrès gouvernemental. Je vous écoute à présent. »


Tomas allait se lever pour poser l'une des questions qu'il avait préparer pendant le discours, mais il fut prit de cours par une demoiselle derrière lui qui était au côté d'une blonde... Lavande?! Et derrière elle se trouvait Alan et Elena! Tomas les dévisagea comme s'ils étaient des extraterrestres venus de loin.


-Parvati Patil, sympathisante. Vous parlez d’aider les franges de la population minoritaires poursuivies par l’actuel gouvernement pour diverses raisons mais quelles sont les mesures qui sont actuellement envisageables sachant que l’AVC a la quasi-majorité au Congrès ?

-Bonne question, une de moins à poser, commenta monsieur Parker.

Tomas sourit à la remarque de son presque collègue et écouta la réponse de la présidente avant de poser sa question.

-Tomas Herz, rédacteur de la Plume Sagace, journal universitaire. Vous dîtes être favorable aux relations entre sorciers et moldus. Quelles sont les solutions que vous envisagez pour améliorer les échanges entre nos deux sociétés?
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MessageSujet: Re: Le congrès du MCR (RP)   Sam 2 Mar - 4:17:15

http://youtu.be/SsGfg17eq1g

Un Congrès politique était une réunion d'individus issus de tous les milieux socio-professionnels qui se regroupaient en assemblée afin d'échanger leurs idées, communiquer des résultats ou débattre sur une question donnée. On y trouvait des particuliers, des sympathisants, des adhérents au parti, des membres d'autres factions politiques et des journalistes. C'était aussi l'occasion de récolter des motions reflétant les différentes sensibilités afin que les dirigeants aient la possibilité de se réunir dans l'objectif de parvenir à une motion unique. En cela, Hermione Granger possédait un point de vue très tranché sur les moyens à mettre en oeuvre afin de résoudre les problèmes du pays. Elle qui était particulièrement déterminée à oeuvrer pour le bien-être de la population Britannique, la jeune femme n'avait ménagé aucun effort pour mettre au point un programme qui vaille la peine d'être entendu, même s'il n'était pas parfait. Cela n'empêcha pas la née-moldue à passer des semaines entières à réfléchir afin de se positionner sur tous les sujets d'actualité, un passage qui semblait obligatoire pour toute femme politique jugée sur la base d'une opinion publique pas toujours très honnête ni très au fait des enjeux diplomatiques et économiques.

Lors de son entrevue secrète avec la Sous-Secrétaire d'état, Miss Granger réalisa l'ampleur des difficultés auxquelles faisait face le Ministère à l'heure actuelle. Certains politiciens corrompus ainsi que la mafia avaient suffisamment influencés le pouvoir avec leur immoralité et leurs conflits d'intérêts qu'ils étaient parvenus à le rendre quasiment inerte, ce qui expliquait certains assassinats et disparitions que l'étudiante avait relevé dans la presse quotidienne. L'absence de réelles réformes, la faiblesse de la Justice, les dérives politico-financières et les décrets soit-disant moralisateurs, contredisaient un peu plus chaque jour la politique d'un gouvernement tantôt Conservateur ou extrémiste. Quelque-chose de grave se déroulait dans l'incompréhension quasi-générale. Cela ne faisait aucun doute. Les gens recommençaient à craindre pour leur sécurité ou leur avenir au point de redouter des représailles s'ils osaient s'insurger contre certaines formes de dérives. Il était dès lors indéniable que le plan machiavélique du Maître du jeu et de ses sous-fifres était devenu le nouvel Empire du mal qu'il fallait absolument éradiquer pour le salut de la Grande-Bretagne. Pff ! Cette fichue guerre n'était pas encore terminée qu'une nouvelle menace l'avait déjà remplacée. Si ce n'était pas malheureux...

Pourtant, s'il n'y avait eu que la corruption, l'augmentation de la criminalité, la dérégulation dans de nombreux domaines ainsi que l'individualisme pour mettre en péril toute idée même de progrès social, de relance réelle de l'économie et de paix au sein du Royaume-Uni, la situation aurait pu être jugée délicate, alors qu'elle était plutôt catastrophique. Hermione avait appelé de ses voeux de profonds changements dans un système clairement dépassé sans voir son souhait se concrétiser. Depuis, la population magique se retrouvait devant un examen de conscience, à une recrudescence de l'insécurité, à une hégémonie financière suscéptible de mettre en péril de nombreux emplois et le pouvoir lui-même. Où étaient donc ces belles promesses au lendemain de la guerre d'établir un véritable régime démocratique dans le pays ? Qu'en étaient-ils de leurs libertés et de leurs valeurs lorsque les conservateurs et les extrémistes de l'ATP prenaient certaines décisions en bafouant la Constitution magique, la Charte du Magenmagot et même le décret du quatre février ? Pourquoi la sorcière avait-elle l'impression qu'il fallait redouter l'avenir ?

Pourtant, la Constitution magique de Grande-Bretagne stipulait dans son article seize que "toute société dans laquelle, la garantie des droits fondamentaux n'était pas assurée, ni la séparation des pouvoirs clairement déterminée, n'aurait point de Constitution". Dans de telles conditions, le monde magique n'en possédait aucune. Les sorciers vivaient toujours dans une oligarchie de fait, un modèle arriéré et antidémocratique. Ce modèle faisait d'ailleurs sa réapparition un peu partout ces derniers mois sous des formes diverses. Son but ? Servir les intérêts personnels d'une infime minorité composée de politiciens corrompus, de riches industriels, de journalistes, de financiers et de chefs d'entreprise, mais aussi d'étudiants avides d'ambition. Il s'agissait ni plus ni moins d'une logique purement néo-libérale, extrémiste, qui broyait toute idée de liberté et de libre-entreprise en vantant les mérites de l'individualisme. Sa méthode ? Se revendiquer de la démocratie, en se faisant élire ou nommer par des moyens légaux, pour ensuite utiliser la propagande pour confisquer le pouvoir en manipulant l'opinion et en lui dissimulant des informations qui auraient dû être révélée. C'était ainsi que l'on volait au peuple sa capacité à exiger des comptes de leur administration. Cette idéologie n'était qu'une forme de dictature, une vaste supercherie, à laquelle le peuple ne comprenait pas toujours les tenants et aboutissants, parce que ceux qui oeuvraient dans l'ombre craignaient leur pouvoir et la vindicte publique.

Depuis son entrée à Poudlard, Hermione c'était toujours fait un point d'honneur à suivre l'actualité, notamment pour protéger Harry et lui être utile. Il fallut attendre l'année quatre-vingt-quatorze pour la voir s'intéresser de plus près à la politique du monde magique. Ce qu'elle découvrit la glaça d'effroi, mais cela la rendit également folle de rage. Il y régnait un tel obscurantisme, une telle noirceur, surtout sur le plan moral, que l'on se serait cru quasiment au temps de l'Inquisition, à une époque où les valeurs n'étaient absolument pas les mêmes que celles que l'on retrouvait dans les sociétés modernes. C'était une honte ! Avoir subis deux conflits étalés sur une vingtaine d'années, cela n'avait-il pas suffi à convaincre que le meurtre, la haine, la vengeance et l'ambition déraisonnée conduisaient à l'auto-destruction ? Que fallait-il de plus pour admettre que ce modèle de société était dépassé en dépit de ce que le gouvernement essayait de leur faire avaler ? Une nouvelle guerre, de nouveaux massacres, un retour à la dictature ? N'avaient-ils pas vus suffisamment de proches, d'êtres intelligents, souffrir et mourir pour défendre la cause de la liberté et de la Justice pour ne plus oser s'en préoccuper ? Pourtant, comme l'affirmait Pierre Mendès-France, l'exercice du citoyen ne consistait certainement pas à voter ou à s'abstenir, à se mêler de politique lors des élections et à maintenir le silence le reste du temps. La lutte pour le droit, la démocratie et les libertés, exigeait du citoyen une vigilance de tout instant.

Ce qui convainquît la sorcière de sortir de l'ombre pour se mêler aux affaires politiques, ce fut ces coupures de presse, ces rumeurs, ces déclarations parlant de règlements de compte, d'assassinats, de disparitions, de chantage, de démissions et de coups tordus au Ministère. Les libertés étaient menacées, la presse donnait des signes de fatigue et de collusion avec le pouvoir, une bonne partie des étudiants vivaient dans la crainte d'une nouvelle fermeture de leur université, tandis que ceux qui refusaient de marcher avec les criminels en payaient les conséquences. Ce n'était certainement pas le monde dans lequel elle voulait vivre et voir grandir ses enfants. Hermione se doutait que l'écrasante majorité de la population réagissait à la peur ou à l'Amour, les deux seules manières de gouverner un peuple. Après tant de souffrances et de cris d'alarme dans les journaux anonymes, il ne faisait aucun doute que c'était le Ministère qui n'écoutait plus, qui ne se souciait plus des besoins de la population. Lorsque l'AVC et l'ATP votèrent le décret privant de leurs droits les homosexuels, la jeune femme entra dans une colère monumentale, outragée qu'elle fut d'apprendre qu'après les loups-garous, les centaures et les nés-moldus, on s'en prenait à eux en les stigmatisant, en les excluant de certaines fonctions et même en allant bien plus loin que cela. Hermione serra de rage l'exemplaire du journal officiel du Ministère qu'on lui envoya par la Poste sorcière. Le bout de papier fut tellement comprimé dans sa main qu'il aurait été difficile de lui redonner sa forme initiale. Grrr... Cette fois, le Ministre et son parti de pacotille étaient allés trop loin ! C'était scandaleux !

La jeune femme ne devait désormais plus tergiverser, mais agir afin de protéger ses compatriotes. C'était le seul moyen légal à sa disposition et elle se sentait dans l'obligation de le faire. Qu'aurait-elle du décider ? S'occuper de ses fesses et espérer un miracle ? Oh ça non ! Il était de son devoir de s'opposer aux dérives en donnant aux gens matière à réflexion, en les encourageant à élire le plus grand nombre possible de représentants du MCR au Congrès, car c'était justement ce que craignait le plus la majorité au pouvoir. D'ailleurs, Hermione ne voulait pas du titre "de très honorable membre du Congrès" pour se glorifier, toucher un salaire mirobolant, obtenir des privilèges et chercher toujours plus de pouvoir pour son profit personnel. Si elle se présentait, elle aurait tôt fait d'écraser la critique d'entrée de jeu, car l'étudiante savait déjà à l'avance à quoi s'attendre. La jeune sorcière d'origine moldue était avant tout une patriote au service des autres, elle qui était mue par une détermination forgée dans la difficulté et le sentier de la guerre. Alors, sans attendre, l''étudiante se saisit aussitôt d'un bout de parchemin, de son encrier et de sa plume d'aigle, puis se lança dans la rédaction d'une lettre pour la Sous-Secrétaire d'état Bailey dans laquelle elle lui exposa ses intentions et ses doutes.

Leur entrevue se déroula dans le plus grand secret afin qu'aucune fuite n'ait lieu dans la presse. Un tel rapprochement aurait eu de quoi faire des étincelles, mais il fut très utile. En dépit de quelques divergences (je suppose, mais nous verrons lol), les deux femmes s'étaient merveilleusement bien entendues. Elles partageaient toujours la même opinion sur les grands principes et sur les valeurs morales. Cette rencontre fut également l'occasion pour Miss Bailey de révéler à Hermione l'organisation prochaine d'un Congrès pour les jeunes et sympathisants du MCR. Voilà qui tombait à pic, si elle souhaitait afficher ses convictions et son soutien politique ! Suite à cela, que restait-il à faire ? Choisir une tenue, se préparer aux questions que l'on ne manquerait pas de lui poser et réfléchir à son avenir. Elle allait devoir y aller au culot, mais aussi avec finesse au cours de cette soirée. Seulement, Miss Granger n'appréciait pas trop ces cocktails mondains où elle risquait de se sentir mal à l'aise. Manquer autant de confiance lorsque l'on jouissait en public d'une réputation d'héroïne nationale était un comble, mais la née-moldue était si jeune, si désireuse de convaincre sur ses bonnes intentions qu'elle s'interrogeait sur sa légitimité. C'était normal. Pour elle, il valait mieux dire la vérité aux gens, agir avec intégrité plutôt que d'user de la langue de bois pour tromper et parler pour ne rien dire.

Evidemment, il était certain que les opposants de Margaret Bailey, entendraient parler de sa présence au Congrès des jeunes du MCR, quand bien même ils se ficheraient royalement de cette information. Pour le moment, elle ne représentait qu'une faible menace, mais une candidature soutenue par la Sous-Secrétaire d'état risquait de susciter bien plus qu'un ras-de-marée médiatique. Dès lors, il était à prévoir que la née-moldue serait exposée aux menaces, au chantage, à la corruption et à tant d'autres difficultés, comme une tentative d'assassinat par exemple, certes improbable en connaissant les risques qu'un tel acte déclencherait sur l'opinion publique, mais qui demeurait du domaine du possible. L'étudiante estimait que les chefs mafieux et les politiciens véreux réfléchiraient à deux fois avant de tenter de la corrompre, en sachant qu'ils avaient affaire avec un parangon de Justice. Cela restait tout de même envisageable, là aussi. Cela ne leur coûtait rien d'essayer. Après tout, ce n'était pas comme si cette jeune femme sans expérience politique serait capable de nuire à leurs intérêts bien établis, n'est-ce pas ? Et bien, allez donc dire cela à Dolores Ombrage et à cette chère Rita Skeeter ou au cadavre de Lord Voldemort...

Quelques jours avant la date fatidique, l'étudiante donna un coup de main au Quartier-Général du MCR en collant des affiches et en distribuant des tracts publicitaires. Elle passa ensuite un certain temps à réfléchir sur certaines questions, sur ce qu'elle pensait de la politique actuelle, du parti de Margaret Bailey, si son adhésion impliquait une candidature prochaine au Congrès, sur le prix de sa robe et de ses escarpins, sur l'insécurité dans le pays, sur l'endroit où se déroulerait son stage et s'il était vrai qu'elle avait reçue une proposition d'emploi par le bureau des Aurors. Il valait mieux essayer de tout prévoir avec les journalistes, y compris les questions de mode dont elle se fichait totalement. Peut-être aurait-elle fait ça pour rien. Ce serait bien dommage. Quant à ses suggestions pour le programme du MCR, Hermione préféra confier une copie de son dossier directement à son chef de parti, en sachant qu'elle défendrait les mêmes positions devant les électeurs. Elle avait tellement à dire que cette réunion risquait de s'étirer en longueur, alors qu'il suffirait de glisser quelques allusions lors du cocktail pour avoir au moins quelques sujets de conversation ou matière à répondre à des interviews, à moins que Miss Bailey n'ait une autre idée derrière la tête.

Le matin même du Congrès, Hermione sembla particulièrement stressée. La jeune femme espérait qu'en dépit des récents évènements survenus sur le chemin de traverse, des sorciers de tout bord auraient envie d'écouter la dirigeante du MCR. Après l'attentat de la Commémoration et l'incident de Trafalgar square, il était normal de ressentir une certaine appréhension. Le fait qu'un homme ait été retrouvé mort près du Grizz' Light, victime de ce qui ressemblait à un règlement de compte, avait contribué à renforcer chez elle ce sentiment d'insécurité. A en croire la Gazette du sorcier, l'individu semblait avoir été torturé, mais par qui et pourquoi, alors là... Le plus étonnant - non en fait cela ne l'était pas du tout - était de constater l'absence de réaction de la part des autorités. Le Ministre aurait pu instaurer un "plan vigipirate" afin d'assurer la protection de cet endroit très fréquenté, mais il ne fit absolument rien. "Voilà qui était curieux", songea Miss Granger en repliant l'exemplaire de son journal avec la mine des mauvais jours. Briser les phalanges d'un individu, le soumettre à divers sortilèges puis abandonner son corps près d'un cabaret, avouez que cela ressemblait fort à une extorsion d'informations, un règlement de compte mafieux ou à une dette de jeu.

Lorsque l'heure approcha, Ronald se rendit chez Harry afin de passer du temps avec lui, loin de toute cette agitation et de la presse. L'idée de laisser sa petite-amie affronter seule les journalistes et les personnalités présentes sur les lieux l'inquiétait, même si son meilleur-ami l'avait incité à la laisser respirer un peu. Certes, un Auror avait violé sa vie privée en lui donnant matière à réflexion, mais de là à vouloir jouer les gardes du corps, vingt-quatre heures sur vingt-quatre... Et puis, il savait qu'elle était de taille à assumer cette épreuve, même si elle ne lui avoua pas certaines de ses craintes. Elle promit néanmoins de lui faire un résumé de la soirée et du discours de Miss Bailey, mais aussi de ne pas trop s'attarder sur le chemin de traverse. Puis, elle l'embrassa tendrement avant de quitter sa chambre avec son petit-ami, d'en verrouiller la porte et de transplaner dans un coin sécurisé de Londres, non loin de son lieu de rendez-vous. Cette allée cosmopolite, le coeur du monde magique, était assez bien fréquenté lorsqu'elle posa ses talons sur les pavés menant au quartier-général du MCR. Il fallait espérer que personne n'ait prévue un nouvel attentat, parce que sinon...

Pour l'occasion, son choix vestimentaire s'était porté sur une robe longue noire et beige, accompagnée d'une paire d'escarpins ouverts à talon compensé. Son maquillage était quant à lui très léger, dans les tons "nude", comme le dirait un spécialiste de la mode. Avec ses ongles vernis de couleur grise et un peu de parfum senteur jasmin, elle avait agrémenté sa tenue d'une paire de boucles d'oreilles noires très discrètes et opté pour une coiffure en chignon qui laissait dépasser quelques mèches de chaque côté de son visage. Il émanait d'elle une telle beauté et une telle fraîcheur qu'elle avait des chances de faire bonne impression, même si elle préférait que l'on s'intéresse à elle pour sa personnalité et ses idées plutôt qu'à cause de son physique avantageux. Son arrivée ne manqua pas d'attirer l'attention, puisqu'à peine fit-elle son apparition devant la vitrine du parti que les flashs des appareils photos se mirent à crépiter de tout côté tandis que les nombreux journalistes présents criaient son nom afin qu'elle daigne leur accorder un beau sourire pour la postérité. Que ne fallait-il pas faire ! Finalement, Hermione se rapprocha de Miss Bailey afin de la saluer avec un large sourire sur les lèvres, ce qui lui permit de lui apporter officiellement une marque de soutien, ce qui déclencha à nouveau un mitraillage de photographies. Wow !

De plus en plus de monde se pressa à l'intérieur du quartier-général du MCR lorsque Lavande et Parvati arrivèrent à leur tour, suivis de peu par la vedette du mois, Alan Desoya, l'inventeur d'une potion de régénération mémorielle. Elle était vraiment fière de lui et espérait lui en toucher deux mots si l'occasion se présentait. Hermione remarqua également l'arrivée de Tomas Herz qui passa devant elle, accompagné d'un homme lui aussi munis d'une carte de presse. Et bien... Voilà qui faisait plaisir à voir ! Le but fixé par le parti semblait atteint, même si le plus difficile allait commencer pour sa Présidente. Ecoutant religieusement ces propos, l'étudiante ne trouva rien à redire au discours qu'elle jugea excellent et en totale adéquation avec son opinion, même s'il ne s'agissait là que d'une introduction, une énumération de principes. C'était d'ailleurs le but. Le programme, les questions posées et les diverses motions revêtaient une importance plus grande si le parti voulait convaincre que le MCR était la seule force politique capable d'unir les sorciers et de remettre de l'ordre dans le pays. Alors, aussitôt le discours inaugural prononcé, les premières questions commencèrent à fuser :


"Parvati Patil, sympathisante. Vous parlez d’aider les franges de la population minoritaires poursuivies par l’actuel gouvernement pour diverses raisons mais quelles sont les mesures qui sont actuellement envisageables sachant que l’AVC a la quasi-majorité au Congrès ?"

Tout d'abord, on ne pouvait pas parler de "quasi-majorité au Congrès" lorsque le décret contre l'homosexualité était passé avec cinquante-deux pour cent des voix. La coalition AVC/ATP n'était pas aussi écrasante en nombre de sièges, autrement la "loi" aurait été votée avec plus de quatre-vingt pour cent, non ? Donc, on appelait cela une majorité, ni plus, ni moins. Ensuite, Hermione avait à l'esprit un certain nombre de propositions visant à garantir les droits fondamentaux, une Justice plus humaniste, moins partiale et instable. Quant à convaincre les gens de la nécessité d'y souscrire, c'était une autre histoire. Et puis, n'oublions pas que parmi ces "franges de la population minoritaires", Miss Granger y incluait aussi les elfes de maison, les centaures, les loups-garous, les vampires et les gobelins. Là encore, il ne fallait pas oublier que la communauté magique n'était pas uniquement composée d'êtres humains dotés de pouvoirs magiques. Enfin, il était évident que sans une majorité digne de ce nom, aucun parti ne pourrait espérer mettre en pratique sa politique. Le système étant favorable aux coalitions, pourquoi ne pas songer à une coopération avec le PO et le RMS sur certains dossiers ou même aller plus loin ?

- Tomas Herz, rédacteur de la Plume Sagace, journal universitaire. Vous dîtes être favorable aux relations entre sorciers et moldus. Quelles sont les solutions que vous envisagez pour améliorer les échanges entre nos deux sociétés ?

Sur ce point, la sorcière songeait à cinq points qui ne justifieraient aucune remise en cause du Code international du secret magique et encore moins de perturber le monde sorcier et moldu par des intrusions inconsidérées dans leur économie ou allez savoir quoi d'autre. Si les mages noirs et certains sorciers avaient autrefois osés se mêler du développement des moldus pour les utiliser dans leurs propres intérêts (comme Grindenwald avec les nazis, par exemple), la seule réponse à donner était, selon Hermione, de limiter et de contrôler les échanges entre les deux mondes lorsqu'il était indéniable qu'une connaissance ou une technologie supérieure risquait de mettre en péril une société incapable d'utiliser cet avantage avec discernement, mais aussi lorsque cette innovation risquait de compromettre la stabilité de leur économie ou leur système de valeurs. Cela ne voulait pas dire que Miss Granger était contre l'ouverture au monde moldu, bien au contraire. Sortir du monde sorcier pour tenter de découvrir d'autres cultures sans utiliser la magie était un effort tout à fait louable, mais selon elle, les premiers pas d'une amélioration entre les deux communautés (mais aussi avec les autres créatures magiques dotées d'intelligence) passaient par deux termes recouvrant tout un volet de mesures : l'éducation et la prévention. C'était justement ce que Miss Bailey proposait si l'on en jugeait par le programme actuel du MCR !

A présent que le leader de son parti venait de répondre à ces deux intéressantes questions, Miss Granger leva la main puis se leva afin de prendre la parole. Le choix de sa question n'avait pas été une mince affaire, mais elle semblait être l'une des plus importantes, celle dont les électeurs espéraient une réponse et des résultats :

"- Hermione Granger, adhérente du MCR et étudiante en Sciences-Administratives. Récemment, un homme a été retrouvé mort non loin d'ici, sans doute victime d'un règlement de compte. La criminalité semble être un problème majeur depuis la fin de la guerre, surtout depuis l'avènement de ce mystérieux "Maître du jeu". Ma question sera donc la suivante : En matière de sécurité intérieure, quelles mesures préconisez-vous pour lutter efficacement contre les différentes formes de criminalité, y compris la corruption, s'il vous plaît ?"
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MessageSujet: Re: Le congrès du MCR (RP)   Mar 19 Mar - 19:38:14

Déjà apprêté d'un costume sobre mais élégant, Aïlin fit le tour de son laboratoire pour la dernière fois. Tout était en ordre, et il pouvait facilement s'absenter quelques heures avant que sa dernière préparation ne réclame son attention. L'alchimiste sortit de sa poche de poitrine sa vieille montre à gousset, l'un des rares cadeaux précieux qu'avait daigné, un jour, lui faire son père. Il était presque l'heure d'aller chercher Lynn à son appartement, où ils s'étaient donné rendez-vous. Après un dernier coup d'oeil à sa distillation, il quitta le sous-sol du manoir et passa par le vestibule, pour s'emparer d'une cape. Après l'avoir passée sur ses épaules, il fit quelques pas dans la cour et transplana directement aux abords de l'immeuble londonien qui renfermait la résidence de sa cadette.

Parvenu sur le pas de la porte, il sonna en décidant d'attendre dehors. Ils n'avaient guère le temps de s'attarder ici, s'ils voulaient arriver à l'heure au congrès du MCR. Ce congrès était d'une grande importance aux yeux d'Aïlin. C'était l'occasion de découvrir les visages qui se rassemblaient autour de leur leader, et d'en apprendre davantage sur la vision à moyen ou long terme du parti. Qu'il s'agissait de politique ou de points de vue globaux sur la communauté, ce qui en ressortirait serait forcément intéressant. Et puis... c'était l'occasion de se montrer, également. En tant que derniers descendants de la vieille famille Bower, Lynn et Aïlin se devaient de faire tous les efforts nécessaires pour montrer aux autres leur respectabilité. Ils devaient se séparer définitivement de la mauvaise image dont ils avaient hérité de leur père et de leurs frères, ces deux derniers morts pendant ou peu après la guerre, et surtout, reconnus comme mangemorts.
Le jeune homme avait longuement insisté auprès de Lynn sur l'importance de se rendre à ce genre de rencontre, au point certainement de l'en avoir épuisée. Prendre la peine de s'y déplacer, bien que cela ait pu paraître anodin, montrait que les deux derniers Bower se sentaient concernés par l'avenir et le bien-être du monde sorcier, et témoignait de leur tolérance vis-à-vis du monde moldu. Ils devaient faire montre d'élégance, d'écoute et d'intérêt pour ce qui allait être prononcé. En bref, ils devaient saisir l'occasion pour prouver que leur engagement auprès du MCR n'était pas factice, comme il savait quelques mauvaises langues le dire.
Si aujourd'hui, les on-dits à propos des derniers Bower se montraient moins incisifs, et que la récente popularité d'Aïlin en tant qu'alchimiste faisait doucement son effet, il demeurait que le passé ne se balayait pas aussi facilement, et que le passif de sa famille était trop lourd pour qu'on ne soupçonne pas le nouveau lord de s'avancer dans une démarche hypocrite, dans le seul dessein de laver son nom et retrouver une place dans le cercle très restreint de l'élite sorcière.
Ces soupçons avaient, d'ailleurs, une part de vrai. Aïlin comptait bien laver le nom des Bower des souillures qui l'avaient abaissé au rang de parias, et part la même occasion, obtenir une crédibilité. Il désirait renouer avec les vieilles valeurs de son blason, celles de la modération et de l'ouverture d'esprit face à un monde changeant. Car c'étaient là des valeurs qui lui parlaient mieux que toutes autres et le MCR s'accordait globalement avec celles-ci.

Lorsque Lynn parut devant lui, Aïlin la salua avec un sourire ravi. Elle était fin prête et à l'heure, pour son plus grand plaisir. Il déposa un rapide baiser sur sa joue et lui tendit son bras, avant de s'engager vers une ruelle peu passante où ils pourraient transplaner en toute tranquillité.


« Je vois que tu n'as pas hésité à te mettre en valeur... Tu es très jolie. »
Prit-il la peine de la complimenter, autant pour la détendre que pour lui montrer sa satisfaction.
« Tu es prête ? Allons-y. »

Sur ces mots, Aïlin raffermit sa prise sur le bras de sa sœur et transplana devant le quartier général du MCR. Beaucoup de jeunes gens se pressaient pour entrer, et Aïlin attendit patiemment son tour pour accéder à la porte d'entrée. Mrs Bailey se tenait non loin de l'estrade qui avait été montée pour l'occasion, et n'hésitait pas à saluer les sorciers qu'elle reconnaissait. Aïlin n'avait jusqu'alors jamais eu l'occasion de la rencontrer, et fut rassuré de sentir la force tranquille et le charisme qui se dégageaient d'elle. Elle ne tenait pas un poste privilégié au Ministère grâce à ses beaux yeux, et cela se sentait. Passant auprès d'elle, Aïlin salua aimablement la femme politique, tout en lui accordant un sourire. Il ne se présenta pas pour autant, peu désireux de passer pour ces quelques frottes-manches soucieux de se donner une importance. Il était ici comme tout le monde, égal aux autres malgré le titre dont il avait hérité grâce à quelques vieilles terres depuis longtemps laissées en friches. Il n'y avait, d'ailleurs, ni prince, ni roi chez les sorciers.

Aïlin ne tarda pas à reconnaître quelques visages familiers, tandis qu'il se dirigeait vers une place libre. Lavande, Desoya – dont il avait en réalité oublié le nom – et Granger avaient répondu présents et il leur adressa à chacun un signe ou un sourire. Puis il fit installer Lynn dans les premiers rangs, avant de prendre place à ses côtés.


« J'ignorais que Lavande était engagée auprès du MCR. »

Commenta-t-il en se penchant vers sa cadette, juste avant que Margaret Bailey ne monte sur l'estrade. L'alchimiste leva les yeux vers la scène, où la présidente s'apprêtait à entonner son discours. Lorsque celui-ci commença, Aïlin eut un petit sourire pour lui-même. Cette mise en bouche était plutôt bien trouvée, parfaite pour le public qu'elle visait. Bailey dégageait ce qu'il fallait d'énergie pour interpeler et motiver les jeunes sorciers auxquels elle s'adressait. Cela paraissait naturel, mais pourtant, sa gestuelle, son ton tout comme son attitude corporelle avaient dû être savamment étudiés et préparés dans le seul but de faire de ce congrès une réussite de laquelle on parlerait.
Cela en fut une, d'ailleurs. À peine la politicienne eut-elle donné le droit à la parole que des mains se levèrent, et que les premières questions furent posées. Aïlin les écouta aussi attentivement qu'il écouta les réponses, car elles avaient l'intérêt d'être pertinentes. Lorsqu'un temps mort intervint, Aïlin se manifesta à son tour, en suivant l'exemple de ceux qui avaient déjà pris la parole.


« Aïlin Bower, alchimiste. Pardonnez-moi si je me trompe, mais lors votre discours d'ouverture, j'ai entendu une certaine amertume vis-à-vis du précédent gouvernement. Étant donné que vous en étiez une figure importante, je veux bien croire qu'il y ait des raisons à cela, que nous connaissons en partie, d'ailleurs... Cela dit, ne peut-on pas imaginer qu'il serait plus judicieux de mettre à l'écart les inimitiés entre partis et de s'allier sur les points qui nous rassemble, afin d'opposer une véritable force à l'alliance de l'AVC et de l'ATP ainsi qu'à leurs idées conservatrices ? »

La question risquait de piquer un peu, mais Aïlin n'en avait cure. Après tout, le PO, bien que plus progressiste que le MCR, avait certains points communs avec ce dernier, qu'il n'était pas négligeable de souligner. La politique était un jeu de bras de fer, où les égos étaient particulièrement fort. Il n'était certainement pas question de laisser dire qu'un parti avait besoin d'un autre pour faire passer ses idées, pourtant, Aïlin entrevoyait des profits à accorder son attention aux propos tenus par les ennemis d'antan. Le Parti de l'Ouverture avait grandement perdu en popularité ainsi qu'en crédibilité, et l'on pouvait en dire autant du RMS, si ce n'était pire. Pourtant, il demeurait quelques regards éclairés et langues avisées dans ces deux partis. En témoignait la tribune qu'une étudiante avait écrit pour la revue du RMS. Si elle parlait de beaucoup de trop de choses pour aller vers du concret, la vision globale de l'article était relativement juste, quoi que trop engagé. Néanmoins, ces histoires d'engagements étaient denrées négligeables face à ce qu'il se tramait dans l'opposition. Leurs idées étaient dangereuses, d'une rare intolérance et Aïlin savait trop bien qui elles servaient.
Si un parti avait les moyens de tendre la main à un autre, c'était bien le MCR, et Aïlin était curieux d'entendre ce que Mrs Bailey aurait à en dire.

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MessageSujet: Re: Le congrès du MCR (RP)   Mer 20 Mar - 11:44:00

Margaret n’empêcha pas le large sourire de satisfaction de poindre sur son visage. Un tel événement lui plaisait. Elle avait le sentiment de faire ce qu’elle appelait de la politique intelligente, elle cela la ravissait. Au contraire d’un débat au parlement ou d’une discussion entre politiciens, qui n’amenait jamais à rien, ce Congrès lui donnait l’opportunité d’agir en femme politique qui pouvait convaincre les électeurs. Les questions et réactions que soulevaient les jeunes assemblés devant elles n’amenaient pas d’argumentation stérile. Il s’agissait de véritables questions, de vraies nécessités, de savoir si ce parti, mieux qu’un autre, pourrait défendre leurs intérêts (et puis que de beaux jeunes hommes dans le public).

« Parvati Patil, sympathisante. Vous parlez d’aider les franges de la population minoritaires poursuivies par l’actuel gouvernement pour diverses raisons mais quelles sont les mesures qui sont actuellement envisageables sachant que l’AVC a la quasi-majorité au Congrès ? »

« Tout d’abord, miss Patil, je vous remercie pour votre question, ainsi que je dis merci à tous ceux qui vont en poser une par après. Le point que vous soulevez est justement le plus dramatique. L’actuel gouvernement, quelle que soit la désapprobation que l’on puisse avoir à l’égard de sa politique, et je ne vous cache pas que j’en ai, a été élu démocratiquement par la population sorcière. Toutes les lois sont votées dans la plus stricte légalité au Congrès des Sorciers. Que pouvons-nous faire dès lors que nous savons cela ? Protester par des pétitions, des manifestations, des lettres ouvertes dans les journaux, mais surtout en ne laissant pas le gouvernement au pouvoir lors des prochaines élections. Les évènements tragiques pour notre démocratie, qui se passent à l’heure actuelle, ne sont que le fruit du vote malavisé d’une grande partie de la population. Le MCR défend le combat démocratique, mais refuse tout terrorisme ou violence pour parvenir à ses fins, sauf si les circonstances deviennent exceptionnelles. Or, pour l’instant, aussi détestables puissions-nous trouver ces mesures à l’encontre de la population homosexuelle, par exemple, la situation n’a pas atteint le point de non-retour justifiant la lutte par la violence. Nous avons bon espoir de remporter les prochaines élections, afin de pouvoir annuler tous les actes discriminatoires entrepris par la majorité actuelle. Si vous souhaitez hâter ce processus, rien ne vous empêche de déposer une pétition pour de nouvelles élections anticipées... »

Elle avait conclu sa dernière phrase sur un sourire amusé et un clin d’œil pétillant. Cependant, elle n’en pensait pas moins que, plus tôt les élections viendraient, plus tôt elle aurait une chance d’évincer l’AVC du pouvoir et de mettre en œuvre sa politique. Il ne fallait pas non plus qu'on puisse dire qu'elle appelait à l'insurrection contre le gouvernement. Elle était parfaitement consciente des risques que représentait un ministère corrompu, peut-être même lié à la mafia. Mais déjà l’intervenant suivant prenait la parole… Elle sut de qui il s'agissait quand il se présenta. Le jeune homme avait déjà écrit plusieurs articles fort critiques à l'égard de certains faits du gouvernement, notamment lors du procès qui avait suivi la manifestation de Trafalgar Square.

« Tomas Herz, rédacteur de la Plume Sagace, journal universitaire. Vous dîtes être favorable aux relations entre sorciers et moldus. Quelles sont les solutions que vous envisagez pour améliorer les échanges entre nos deux sociétés ? »

« Monsieur Herz, je suis ravie de constater que, par votre poste de rédacteur, ainsi que j’ai déjà pu le lire, vous défendez l’une des valeurs fondamentales de notre pays : la liberté d’expression, particulièrement celle de critiquer les instances dirigeantes. Quant aux relations avec les moldus, le MCR est contre toute forme d’obligation ou d’interdiction. Il n’est pas bon d’interdire les relations avec les moldus, sans quoi notre société se repliera sur elle-même, avec tous les risques d’extrémisme que cela comporte. Par ailleurs, il n’est pas judicieux d’obliger les sorciers à avoir des relations avec les moldus. Nous souhaitons créer un climat favorable aux relations entre moldus et sorcier, sans toutefois révéler notre nature. Par le biais de journées de formation à Poudlard et à l’UMA, ainsi qu’au ministère, nous espérons sensibiliser les sorciers au fait que les moldus ne sont pas différents de nous. La curiosité naturelle fera le reste. L’essentiel de notre action politique est d’annuler toutes les idées et stéréotypes préconçus, afin de lutter contre la haine. Pareillement, nous pensons que des expositions, des revues ou des magasins d’objets moldus pourraient, tout en rapprochant les communautés, créer un nouveau marché qui stimulerait notre économie. »

Convaincre… C’était le mot d’ordre de la journée. Et pour cela, une seule solution : la franchise. Néanmoins, Margaret doutait que des éléments conçus sur le long-terme, comme les évolutions sociétales, puissent paraître suffisantes pour certains. La politique, jugeait-elle, était aussi l’art de savoir quand ne pas agir, du moins pas n’importe comment ni de trop. Combien de fois avait-elle dû expliquer qu'un coup de baguette ne changeait pas un pays, voire un peuple ?

« Hermione Granger, adhérente du MCR et étudiante en Sciences-Administratives. Récemment, un homme a été retrouvé mort non loin d'ici, sans doute victime d'un règlement de compte. La criminalité semble être un problème majeur depuis la fin de la guerre, surtout depuis l'avènement de ce mystérieux "Maître du jeu". Ma question sera donc la suivante : En matière de sécurité intérieure, quelles mesures préconisez-vous pour lutter efficacement contre les différentes formes de criminalité, y compris la corruption, s'il vous plaît ? »

« Avant toute chose, je suis heureuse de signaler la présence d’une icône de la résistance et j’espère que votre présence, de même que celle de tous ceux qui sont assis dans cette salle, incitera d’autres jeunes à nous rejoindre. En ce qui concerne la criminalité, la première chose intelligente à faire est de consulter les aurors et le département de la justice magique, afin de déterminer quels sont les actes les plus judicieux qui peuvent être mis en place. Néanmoins, plutôt que de continuellement restreindre les effectifs, je propose de créer de nouveaux postes ainsi qu’une brigade anti-fraude. Quant à la corruption, la création d’un organe de contrôle indépendant s’avère nécessaire, pour vérifier que les gouvernants respectent la légalité. Je crois que des acteurs de terrain seront les plus à même de répondre à cette question et je m’engage à les écouter, ce qui n’est manifestement pas le cas du gouvernement actuel. Diverses mesures pourront être prises, mais les détailler serait fastidieux lors d’une assemblée… à moins que vous ne le souhaitiez. »

Il aurait été particulièrement peu réfléchi de se lancer dans tout un laïus politique hautement technique, alors qu’elle comptait bientôt publier son programme de parti, dans lequel tout serait repris. Noyer son assemblée sous une logorrhée malvenue ne serait que du plus mauvais effet. Bien sûr, si les jeunes voulaient en entendre plus, elle leur en donnerait. Comme tout politicien qui se respecte, le seul défi de Margaret était de respecter le temps imparti dans ses discours. A chaque fois qu'elle en écrivait un, elle devait en jeter la moitié, sans quoi elle n'avait jamais le temps de tout dire...

« Aïlin Bower, alchimiste. Pardonnez-moi si je me trompe, mais lors votre discours d'ouverture, j'ai entendu une certaine amertume vis-à-vis du précédent gouvernement. Étant donné que vous en étiez une figure importante, je veux bien croire qu'il y ait des raisons à cela, que nous connaissons en partie, d'ailleurs... Cela dit, ne peut-on pas imaginer qu'il serait plus judicieux de mettre à l'écart les inimitiés entre partis et de s'allier sur les points qui nous rassemble, afin d'opposer une véritable force à l'alliance de l'AVC et de l'ATP ainsi qu'à leurs idées conservatrices ? »

« Vous êtes un homme intelligent, monsieur Bower… Je ressens bien évidemment de l’amertume à l’égard du précédent gouvernement, que je juge responsable en très grande partie de l’arrivée des conservateurs au pouvoir. Certes, le MCR n’y est pas tout à fait étranger non plus, même si nous avons tenu un discours cohérent depuis le début. La mise à l’écart de nos inimitiés était déjà ce qui avait invité le MCR à rejoindre la coalition du Parti d’Ouverture de monsieur Shacklebot. D’ailleurs, à l’heure actuelle, nous faisons front dans l’adversité avec le PO, même si nous ne pouvons pas empêcher l’action de la majorité. La différence est qu’aujourd’hui le PO est devenu largement minoritaire. Si, dans un avenir prochain, nous devions avoir la victoire aux élections, ce que je souhaite de tout cœur, je tendrais bien évidemment la main à tous les partis aux idées démocratiques. Néanmoins, rien ne peut se faire avant les élections. Je ne souhaite pas m’allier avec un parti sans que l’électeur ne se soit prononcé sur le rôle qu’il souhaite le voir jouer au pouvoir. »

Ayant conclu la première vague de questions, Margaret reprit la parole, prenant juste le temps de s’abreuver, peu désireuse de terminer le congrès en vieux chameau desséché incapable d’aligner deux mots.

« Si vous avez encore des questions, mais surtout des points que vous souhaiteriez défendre ou soumettre à l’assemblée, n’hésitez pas. Le programme du parti est en cours de remise à neuf totale. Ce congrès est fait pour entendre la voix de ses adhérents. »
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MessageSujet: Re: Le congrès du MCR (RP)   Dim 24 Mar - 12:12:55

Elle n’était pas la seule invitée inattendue du Congrès. L’arrivée d’Alan et Elena la prit totalement par surprise, bien qu’elle se sentît moins seule avec son meilleur ami à tendances clairement antipolitiques à ses côtés. De même, la présence de Tomas en tant qu’envoyé spécial de la Plume Sagace lui causa un instant de perplexité, même si honnêtement concernant ce dernier elle aurait pu s’y attendre si elle avait réfléchi à la question deux minutes. Les interventions d’Hermione et Aïlin, quant à elles, furent moins surprenantes sachant qu’il était de notoriété publique que les deux jeunes étaient affiliés au MCR. Les questions se succédèrent donc à un rythme soutenu, démontrant l’intérêt que tout un chacun portait à l’attitude de Mrs Bailey vis-à-vis de plusieurs points essentiels de sa politique. La politicienne avait fait un pari en réunissant la jeunesse britannique magique et, force était de constater, qu’elle avait gagné.

Ses réponses étaient claires et décidées, n’hésitant pas à se positionner franchement sur certains sujets, tel le problème soulevé par Aïlin de la nécessité de trouver des alliés politiques. Elle laissait clair qu’elle n’avait aucune intention d’aller plus loin qu’un simple intérêt commun pour la défaite des conservateurs au pouvoir. Tendre la main à des partis minoritaires était apparemment une décision qu’elle considérait nécessaire de soumettre au vote des membres du parti, ce que Lavande ne put s’empêcher de trouver intéressant. Elle ne savait pas vraiment si c’était là une façon de remettre la question de s’allier avec Shacklebolt à plus tard ou une décision réfléchie de ne pas être un tyran sous couvert démocratique, mais elle apprécia néanmoins la franchise dont fit preuve la politicienne.

De la même façon, son attitude vis-à-vis des membres du Bureau des Aurors, consistant à prendre en compte leur avis de spécialistes plutôt que de systématiquement leur imposer une optique à suivre sans s’interroger sur la faisabilité de celle-ci lui plut. Bien entendu, tout ceci n’était pour l’instant que de belles paroles destinées à convaincre le futur du pays qu’elle était la plus à même de s’accorder avec leurs aspirations pour l’avenir mais c’était déjà un pas que bon nombre de politiciens n’aurait pas franchi. Lavande se sentit donc plus en confiance par cette atmosphère de réponses franches et directes qui s’était installée et décida finalement de passer outre ses appréhensions et de lever elle-même la main pour poser une question qui la taraudait depuis qu’elle s’était mise à se préoccuper de la situation actuelle de son pays suite aux demandes incessantes de Parvati. Elle attendit donc que Mrs Bailey lui accorde la parole et se lança, particulièrement nerveuse.


-Lavande Brown, étudiante. Hermione a parlé de votre politique intérieure mais j’aurais eu une question concernant votre politique étrangère. En effet, depuis la menace de mise sous tutelle par la Conférence Internationale des Mages et Sorciers il y a de cela quelques mois, nous ne savons plus du tout ce qu’il en est. J’ai eu beau chercher de nouveaux articles sur la question dans la Gazette, je n’ai rien trouvé. Il se peut bien entendu que je n’ai pas su où regarder mais, même si c’est le cas, je me permets alors de profiter de cette occasion pour combler mes lacunes. Savez-vous quelle est aujourd’hui la position de la CIMS vis-à-vis de la Grande-Bretagne et quelles sont nos options pour reprendre une place acceptable sur la scène internationale ?

Une fois son speech terminé, elle eut soudain l’impression d’avoir creusé sa propre tombe. Si quelqu’un avait encore eu un doute sur son identité, le fait d’avoir parlé de la menace de mise sous tutelle, conséquence du fiasco de Trafalgar Square, l’aurait à tous les coups levé. Néanmoins, si son taux de stress se trouvait désormais à des niveaux absolument critiques, elle ne regrettait pas pour autant d’avoir posé sa question. Elle avait eu le temps de réfléchir aux conséquences de ses actes depuis la manifestation et avait décidé que puisqu’on avait fait d’elle un parfait bouc-émissaire, elle leur montrerait qu’elle était plus que ça et que, si elle avait des erreurs, elle était tout aussi capable de chercher à les rattraper. Y compris celles dont on l’avait accusée à tort.
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MessageSujet: Re: Le congrès du MCR (RP)   Mer 27 Mar - 4:26:41

(HJ Je fais une réponse hyper courte pour ne bloquer personne, désolé de la qualité Embarassed Manque de temps pour la développer HJ)

« Tomas Herz, rédacteur de la Plume Sagace, journal universitaire. Vous dîtes être favorable aux relations entre sorciers et moldus. Quelles sont les solutions que vous envisagez pour améliorer les échanges entre nos deux sociétés ? »

Tiens, le père Tomas était venu se joindre à la fête ? Bah, pas que cela l'étonnait. Un mince sourire se glissa sur ses lèvres, tournant un bref regard vers l'allemand dont il distinguait à peine la silhouette au delà de la foule des curieux ou sympathisants venus actuellement à ce Congrès pour les jeunes du MCR. Dans son cas, il n'était pas venu spécialement pour participer, mais plus pour accompagner Elena à l'origine et écouter d'une oreille - au début distraite - de plus en plus attentive les questions - réponses alors présentes. Et la question était bonne aussi, surtout en lumière des évènements récents. Attentif pour une fois, il se tint à l'écoute. Il se sentait un tout petit peu concerné, surtout après les déboires de cette maudite manifestation étudiante. Len' avait bien raison sur ce point : en partie, s'il avait voté pour ce parti - à défaut, le jugeant "moins pire" et plus proche de ses idées sur le moment - aux dernières élections, c'était pour ce point. Pas extrémiste comme le PO - ou Parti d'Ouverture - dans l'extrême ouverture au monde moldu, sans préparations et de manière brutale, mais pas non plus intolérant et dur comme celui actuellement au pouvoir, bien qu'encore là ce ne fut pas le plus extrémiste non plus dans ses positions.

« Monsieur Herz, je suis ravie de constater que, par votre poste de rédacteur, ainsi que j’ai déjà pu le lire, vous défendez l’une des valeurs fondamentales de notre pays : la liberté d’expression, particulièrement celle de critiquer les instances dirigeantes. Quant aux relations avec les moldus, le MCR est contre toute forme d’obligation ou d’interdiction. [...]. Par ailleurs, il n’est pas judicieux d’obliger les sorciers à avoir des relations avec les moldus. Nous souhaitons créer un climat favorable aux relations entre moldus et sorcier, sans toutefois révéler notre nature [...] L’essentiel de notre action politique est d’annuler toutes les idées et stéréotypes préconçus, afin de lutter contre la haine... »

Concentré, les bras croisés de manière assez relâchée et détendue sur son chandail, le jeune britannique de sang moldu fronça légèrement les sourcils. D'accord, elle était douée pour convaincre son auditoire. Elle connaissait bien les cordes de la politique, et son boulot. D'abord, attirer la bienveillance de son auditeur/auditoire en le flattant quelque peu, mais de manière subtile, pas trop évidente. La liberté d'expression, hein ? Qu'ils en reparlent depuis Mars dernier, hein. Bel exemple - même si certes il y a eu débordements et qu'il trouvait la raison de la manifestation complètement absurde - de liberté d'expression ! A coup de procès à gogo, de fausses accusations, de charges démesurées contre des tiers innocents, traînées sur le banc des accusés comme "victimes collatérales" ou "boucs émissaires" ! Certes, lui, il n'avait pas peu aider Lavande. Il aurait sincèrement aimé aller à son procès, vraiment. Il était prêt à y aller, le souci était que le vieux avait choisit le mois précédent le jugement de quitter le monde des vivants, qu'il y avait eu des tas de tracas familiaux de sa famille moldue, qu'il était chamboulé et surtout qu'il ne pouvait se permettre de faire l'idiot, risquer dans l'état qu'il était d'aggraver les choses plus que de raison, quand sa soeur cadette avait besoin de lui pour se remettre de l'épreuve du deuil. Néanmoins, cela ne voulait pas dire que si l'occasion se représentait, comme maintenant il était "mentalement" plus en état d'être efficace et calme, qu'il s'y déroberait. Au contraire.

Tout cela pour revenir sur le sujet, se réprimanda-t-il mentalement. Il était de toute manière trop tard pour les regrets, ce qui était fait était fait. Des USA, il s'était tenu au courant de l'avancée des choses, avait correspondu intensément avec Lavande et Tomas, soutenu cette dernière de son mieux. Il savait qu'elle comprennait son silence, et il espérait qu'elle sache aussi que si un jour elle avait des retombées de cette histoire où elle a été accusée à tort, il parlerait. Il aiderait Tomas à assurer la vérité, en attendant s'efforçait de garder profil-bas. Autant qu'il le pourrait... donc, revenons au sujet en cours. Oui, cela le concernait un peu, en sa qualité de né-moldu pure souche, obligé de jongler entre les deux mondes, et assez fier, il fallait l'avouer, de sa double-culture moldue et sorcière. Preuve en est, qu'il avait réussi à créer une potion mêlant des savoirs-faire, connaissances et techniques des deux mondes que certains voulaient séparer d'une barrière infranchissable, imperméable, épaisse et indestructible. Il l'avait bien précisé, par ailleurs, dans la seule interview qu'il avait accepté - mal gré, certes - d'endurer lors de la réception de son Brevet. Réfléchissant en silence, il écouta une voix connue féminine continuer, Hermione :


« Hermione Granger, adhérente du MCR et étudiante en Sciences-Administratives. Récemment, un homme a été retrouvé mort non loin d'ici, sans doute victime d'un règlement de compte. La criminalité semble être un problème majeur depuis la fin de la guerre, surtout depuis l'avènement de ce mystérieux "Maître du jeu". Ma question sera donc la suivante : En matière de sécurité intérieure, quelles mesures préconisez-vous pour lutter efficacement contre les différentes formes de criminalité, y compris la corruption, s'il vous plaît ? »

Son regard s'assombrit devant le sujet de l'insécurité. Un qu'il aurait très volontiers amené si Granger ne l'avait pas fait. Il avait encore en travers de la gorge ce qui était arrivé lors de la deuxième Commémoration de la victoire sur le Mage Noir, la Commémoration du Phénix. Le sang d'encre qu'il s'était fait, sachant que sa soeur y était allée, nerveux et intenable jusqu'à avoir la confirmation qu'elle n'était "que" choquée et légèrement blessée. L'inquiétude aussi qu'il avait eu pour les quelques gamins de Poudlard qu'il connaissait et appréciait, un peu comme un ancien élève de l'école de magie envers des "protégés". Akiko, la petite Ambrine... blessées elles aussi alors qu'elles n'avaient rien demandé sinon passer un bon moment. Comment Merlin ce type avait-il réussi à pénétrer dans une zone civile sorcière censée être protégée, échapper temporairement - mais déjà bien trop - à la surveillance des aurors ? Comment était-ce possible ? Et ce sera quoi après ? Un attentat lors de la Fête Nationale ? C'était pas possible quand même, pas logique cette histoire ! Puis, en plus, ajoutons ces histoires de "petits meurtres en douce" inexpliqués sur le Chemin. Même pas dans l'Allée des Embrumes, non, sur le "Chemin de Traverse". Dingue quand même, non ? Il ne reprochait rien aux aurors, le peu qu'il connaissait étaient efficaces, connaissaient leur boulot et tout... juste qu'il ne comprenait pas, et s'inquiétait un peu pour l'avenir, au rythme où allaient les choses si rien n'était fait pour enrayer le tout...

« Avant toute chose, je suis heureuse de signaler la présence d’une icône de la résistance et j’espère que votre présence, de même que celle de tous ceux qui sont assis dans cette salle, incitera d’autres jeunes à nous rejoindre. En ce qui concerne la criminalité, la première chose intelligente à faire est de consulter les aurors et le département de la justice magique, afin de déterminer quels sont les actes les plus judicieux qui peuvent être mis en place. Néanmoins, plutôt que de continuellement restreindre les effectifs, je propose [...] Diverses mesures pourront être prises, mais les détailler serait fastidieux lors d’une assemblée… à moins que vous ne le souhaitiez. »

Et rebelote, on prend les mêmes procédés et on recommence ! Voilà diantre pourquoi il n'aimait pas la politique en général, qu'elle soit moldue ou sorcière d'ailleurs. Bon, histoire de ne pas être inculte, il se tenait au courant, un minimum, il savait à peu près les idées qu'il voulait défendre, et autant il détestait donner raison à Elena, autant il ne pouvait nier le fait ; si on devait le loger quelque part autre que la catégorie "apolitiques - neutres", le MCR semblait à défaut le meilleur compromis. Sans doute, avant ces cinq - six dernières années, il aurait été plus proche du Parti d'Ouverture, mais il s'était "assagi" depuis trois ans, et devenait plus raisonnable et modéré. Bien qu'il refusait d'adhérer clairement à un parti, préférant rester un minimum à distance de la politique et essayer autant que possible de garder son esprit critique, de conserver un recul prudent de jugement... bien qu'encore, il ne se faisait pas d'illusion. Il n'était pas meilleur que les autres, et savait que son opinion ne serait pas plus objective que celles de ses camarades. Une voix masculine très familière, bien que non entendue depuis de nombreux mois, vint dépasser les murmures de l'assemblée et toucher son audition sensible et attentive :

« Aïlin Bower, alchimiste. Pardonnez-moi si je me trompe, mais lors votre discours d'ouverture, j'ai entendu une certaine amertume vis-à-vis du précédent gouvernement. Étant donné que vous en étiez une figure importante, je veux bien croire qu'il y ait des raisons à cela, que nous connaissons en partie, d'ailleurs... Cela dit, ne peut-on pas imaginer qu'il serait plus judicieux de mettre à l'écart les inimitiés entre partis et de s'allier sur les points qui nous rassemble, afin d'opposer une véritable force à l'alliance de l'AVC et de l'ATP ainsi qu'à leurs idées conservatrices ? »

Aïlin Bower... frère aîné de son ex-copine, Lynn - depuis son amorce de réconciliations et restauration d'amitié avec cette dernière, de leur initiative réciproque et volonté partagée de revenir à des bases saines, il avait apprit et personnellement avait tout fait pour ce que cela n'affecte pas son jugement premier du premier. Il ne le connaissait pas plus que cela, mais en sa qualité d'ami de Lavande, et lui-même de meilleur ami de l'ancienne sang et or, il n'avait rien gardé de mal contre lui. Même, il lui avait paru plutôt agréable lors de cette soirée entre anciens de Poudlard et étudiants à l'improviste, avec Lavande, Lisbeth, Hermione - oui, vous l'avez bien entendu, Granger s'était jointe à eux - et Aïlin. Qui remontait à déjà presque une demi-année... le temps passait si vite ces dernières années. Il écouta son intervention, sa question avec un minimum d'attention, bien que légèrement en recul face aux problèmes avant évoqués. Bon, il était conscient de la nécessité de stratégies politiques, d'alliances en cas de minorité, mais cela l'intéressait un petit peu moins. Il en nota le minimum syndical dans la réponse qui suivit de la Dame de Politique, charismatique et leader douée, certes, conscient que Elena lui demanderait son avis tôt ou tard sur ces questions. Mais toujours aussi peu désireux de se faire plus remarquer que de raison, il préféra garder, au prix d'une bouche muette, des oreilles aiguisées et un esprit aussi ouvert que lui étant possible sur des questions politiques. Quoiqu'il en soit, sur ce qu'il pouvait approuver, c'était la prochaine fois faire en sorte que ceux actuellement au pouvoir ne le soient plus, diplomatiquement et démocratiquement bien entendu...

"Lavande Brown, étudiante. Hermione a parlé de votre politique intérieure mais j’aurais eu une question concernant votre politique étrangère. En effet, depuis la menace de mise sous tutelle par la Conférence Internationale des Mages et Sorciers il y a de cela quelques mois, nous ne savons plus du tout ce qu’il en est. J’ai eu beau chercher de nouveaux articles sur la question dans la Gazette, je n’ai rien trouvé. Il se peut bien entendu que je n’ai pas su où regarder mais, même si c’est le cas, je me permets alors de profiter de cette occasion pour combler mes lacunes. Savez-vous quelle est aujourd’hui la position de la CIMS vis-à-vis de la Grande-Bretagne et quelles sont nos options pour reprendre une place acceptable sur la scène internationale ?"

Il jeta un regard étonné à sa meilleure amie devant son intervention, mais ne commenta pas. Au pire, il débattrait de cela avec elle plus tard, en compagnie de Elena - sans doute, la connaissant assez bien - et de Tomas. D'un côté, il saluait son courage de se prononcer aussi nommément après tout les ennuis de cette saison estivale à peine passée. En plus, le renseignement pourrait être utile. Il se souvenait en effet assez bien des débats animés à la table des Darsy de politique, concernant la menace de mise en tutelle tout juste désamorcée de la Grande Bretagne suite aux évènements de Mai 2000, et leurs conséquences notoires. Il lui semblait, de mémoire, que les States n'avaient pas vu d'un très bon oeil - ou du moins d'un oeil sévère et railleur - les faits du Vieux Continent, et des représentants du Nouveau Continent de ses connaissances étaient eux-même étaient restés assez perplexes et un peur durs dans leur jugement. Il leur avait expliqué un peu la réalité des faits - comme ils paniquaient de stupeur en sachant qu'il avait été dans la manif - et leur jugement avait légèrement été modifié pour plus de tolérance. Mais finalement, peu-être que Elena pourrait apprendre des trucs utiles. C'était peut-être pas une si mauvaise idée d'être venu l'accompagner, même en tant que simple auditeur libre muet, curieux.
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MessageSujet: Re: Le congrès du MCR (RP)   Mer 26 Juin - 3:50:14

« Dans les conseils du gouvernement, nous devons prendre garde à l'acquisition d'une influence illégitime, qu'elle soit recherchée ou non, par le complexe militaro-industriel. Le risque d'un développement désastreux d'un pouvoir usurpé existe et persistera. » Dwight David Eisenhower, dans son discours de fin de mandat prononcé le 17 janvier 1961.

http://youtu.be/GYn5KKpI9Iw

Fixant le sol de chêne patiné sur lequel se reflétait la lumière d'un éclairage moderne, Hermione écouta le discours prononcé par la Présidente du MCR avec la plus grande attention. Sans se précipiter, elle laissa les autres prendre la parole. La jeune femme s'intéressait surtout à l'opinion des autres, surtout si nous voulions saisir leurs aspirations et y apporter des réponses. En fait, une phrase venait de susciter en elle une réflexion plus approfondie : "rapprocher la politique de l'électeur, le rendre véritablement acteur de l'exercice du pouvoir". Une intention honorable, mais comment concrétiser cette idée ? Eh bien, si l'on considérait que la démocratie était la pire forme de gouvernement à l'exception de tous les autres et si ce système imparfait permettait - en théorie - l'existence de plusieurs opinions, il n'en allait pas toujours ainsi dans la pratique. Il suffisait d'observer de quelle manière le pouvoir était confisqué et l'opinion publique ignorée par des individus peu recommandables pour saisir d'emblée l'ampleur du désastre. Les promesses elles-mêmes étaient rarement tenues et l'on se demandait toujours pourquoi il en était ainsi. Bien-sûr, Hermione partageait ce désir de rapprochement politique avec le citoyen, mais encore fallait-il lui en donner les moyens, être capable de susciter son intérêt et de ne pas le décevoir.

Bien que l'abus de privilèges et l'immoralité de certains fonctionnaires ne garantiraient jamais un succès total, le référendum d'initiative populaire permettrait une vaste consultation sur des sujets d'importance nationale. En complément, nous pouvions envisager la création "d'activités citoyennes" en invitant des élèves de Poudlard et des adultes à rejoindre le Ministère ou le Congrès magique afin de participer à divers travaux ou votes en compagnie de leurs élus. Il était également possible d'organiser des "rendez-vous citoyens" pour mettre "la main à la pâte", faire preuve de solidarité envers les plus démunis et ainsi promouvoir de nobles valeurs, surtout auprès des jeunes. En outre, chaque fois que 'Mione songeait au Ministère, son esprit se focalisait toujours sur cette soit-disant fontaine de la fraternité, ce monument d'hypocrisie bâti à la gloire des sorciers et que l'on osait appeler "une oeuvre d'art". Beuurk ! On y trouvait aussi un immense portrait du Ministre dont la présence était censée intimider et inspirer le respect. Hm... bonjour le culte de la personnalité ! C'était effrayant...

Que pourrions-nous dire des murs sombres du Ministère et en particulier ceux du département des mystères ? Un froid de canard, des murs aux couleurs grisâtres ou noirâtres, des cages, des chaînes et des fers, c'était carrément flippant ! Nous n'étions pas dans un donjon SM ni au moyen-âge, par Merlin ! Le reste était aseptisé, manquait d'imagination et de chaleur "humaine". Rien de surprenant à ce qu'ils fassent tous une tête d'enterrement ! Durant la guerre, les fonctionnaires étaient obligés de rejoindre leur lieu travail grâce aux toilettes publiques. Mauvais souvenir... Non, vraiment pour améliorer les conditions de travail et restaurer un peu de confiance, il serait utile de transformer cet endroit en quelque-chose d'un peu plus chaleureux, en offrant une image plus moderne, plus rassurante et plus respectable. C'était aussi une manière de lancer une mode, d'amorcer un changement dans les mentalités et d'influencer les élites. Ce qui était encore plus important, c'était qu'il paraissait indispensable de contrôler les activités des services-secrets, de communiquer davantage avec la population, de forcer le gouvernement à rendre des comptes et favoriser plus de transparence. Enfin, faire de la Constitution et des droits fondamentaux des éléments inaliénables, établir quelques garde-fous et donner des moyens au peuple de sanctionner leurs élus, autrement que par les élections, seraient peut-être un pas qui rendrait plus difficile le retour de l'arbitraire.

Sans tomber dans les travers politiques consistant à dissimuler ses opinions, à se montrer beaucoup trop calculateur, manipulateur et enclin à suivre les sondages d'opinion, Hermione était consciente qu'il existait des gens incapables de se défendre tout seul, qui craignaient de perdre leur travail ou même la vie. Certains se montraient mêmes plus lâches ou plus influençables que d'autres. Elle n'oubliait pas que la guerre avait fait son lot de victimes, y compris parmi les survivants qui peinaient à se reconstruire psychologiquement et qui éprouvaient pour un bon nombre d'entre eux des difficultés à nourrir et élever leur famille. Dans son attitude égoïste et machiste, nous vivions dans un monde où il n'était plus permis d'avoir des faiblesses, où la solidarité et la compassion envers son prochain s'évanouissaient de plus en plus, surtout en période de crise, comme aujourd'hui. Que faisait donc le Ministère pour aider tous ces gens, hm ? Y avait-il un consensus qui interdisait la réhabilitation des quartiers pauvres et de l'allée des embrumes ? C'était à se demander si les politiciens étaient capables de penser à autre-chose qu'aux élections, à l'argent et à leurs querelles de paroisse !

Dans un monde où les gens ne se souciaient que de leur vie quotidienne et de leurs intérêts personnels, à combien s'élèverait le montant de leurs impôts ou d'une miche de pain, combien s'intéressait à la politique étrangère, aux décrets et aux réflexions philosophiques ? Vous vouliez savoir ce que craignait le plus les politiciens ? C'était la vindicte publique, voir subitement le peuple se réveiller et réfléchir. Pourtant, il était facile d'endormir les consciences, de corrompre les esprits, de leur ôter leurs libertés sans qu'aucun n'y trouve à redire. Pour les plus coriaces, ceux qui ne se laissaient pas berner, il restait toujours la menace, les représailles et la peur pour les réduire au silence. Ainsi, plus Hermione songeait à la situation actuelle et plus il était évident qu'aucun parti ni aucune figure politique ne parviendrait à rétablir la démocratie sans envisager la pire des solutions, celle qui exigeait avant tout de la force morale, des convictions, du courage et un sens aigu du sacrifice. Pour lutter contre la corruption et la mafia, il faudrait employer d'autres moyens et faire appel à ce qu'il y avait de bon en chacun de nous. Malheureusement, comme le souligna Miss Bailey, nos derniers espoirs d'un règlement pacifique ne se résumaient plus qu'à un seul rendez-vous : les élections, bien qu'elles laissaient fortement planer une suspicion de fraude massive.


"La corruption c'est aussi le manque de dignité, c'est l'absence de scrupule, c'est l'exploitation des gens sans défense" . Tahar Ben Jelloun, "Amour sorcières",2003.

« Tout d’abord, miss Patil, je vous remercie pour votre question, ainsi que je dis merci à tous ceux qui vont en poser une par après. Le point que vous soulevez est justement le plus dramatique. L’actuel gouvernement, quelle que soit la désapprobation que l’on puisse avoir à l’égard de sa politique, et je ne vous cache pas que j’en ai, a été élu démocratiquement par la population sorcière. Toutes les lois sont votées dans la plus stricte légalité au Congrès des Sorciers. Que pouvons-nous faire dès lors que nous savons cela ? Protester par des pétitions, des manifestations, des lettres ouvertes dans les journaux, mais surtout en ne laissant pas le gouvernement au pouvoir lors des prochaines élections. Les événements tragiques pour notre démocratie, qui se passent à l’heure actuelle, ne sont que le fruit du vote malavisé d’une grande partie de la population. Le MCR défend le combat démocratique, mais refuse tout terrorisme ou violence pour parvenir à ses fins, sauf si les circonstances deviennent exceptionnelles. Or, pour l’instant, aussi détestables puissions-nous trouver ces mesures à l’encontre de la population homosexuelle, par exemple, la situation n’a pas atteint le point de non-retour justifiant la lutte par la violence. Nous avons bon espoir de remporter les prochaines élections, afin de pouvoir annuler tous les actes discriminatoires entrepris par la majorité actuelle. Si vous souhaitez hâter ce processus, rien ne vous empêche de déposer une pétition pour de nouvelles élections anticipées... »

Lorsque la Sous-Secrétaire d'état déclara que le gouvernement avait été élu de manière "démocratique" et que les lois avaient été votées dans la "plus stricte légalité", Hermione poussa un profond soupir qui l'obligea à détourner les yeux vers ses escarpins. Ces propos venaient de la contrarier. Oh, elle savait que son chef de parti était en danger de mort et qu'elle était obligée de mesurer ses paroles en public, surtout si elle souhaitait conserver son poste jusqu'aux prochaines élections. Seulement, cela semblait difficile de croire qu'on la laisserait tranquille. Sa position n'était pas facile puisqu'elle était encerclée alors qu'elle assumait une fonction importante. Bien-sûr, sa réponse l'avait satisfaite, mais sa protégée avait eu envie de répliquer qu'il ne pouvait y avoir de démocratie lorsque l'on utilisait le mensonge, la corruption et le terrorisme afin de servir les intérêts d'une poignée d'oligarques irresponsables totalement voués à leurs intérêts personnels. Elle aurait éprouvée le besoin d'ajouter que la situation n'était pas uniquement la conséquence du vote mal avisé de la population, mais surtout la responsabilité du Maître du jeu et d'une classe politique beaucoup trop corrompue et soucieuse de conquérir le pouvoir. Et puis, la constitution affirmait qu'une société dans laquelle les droits fondamentaux ne seraient pas garantis, celle-ci n'aurait point de constitution ni de justice digne de ce nom. Voilà ce qu'elle aurait eu envie d'entendre !

Voyez-vous, le problème c'était l'obsolescence du système, sa compromission avec le monde des affaires, le manque d'imagination et de courage de la classe politique. Même si elle avait beaucoup à apprendre de Miss Bailey, l'étudiante ne voulait pas trop copier ses ainés, mais se trouver un style, quelque-chose qui lui donnerait l'occasion d'être authentique et proche des gens, où elle pourrait s'exprimer en toute liberté. Influencée par les professeurs Dumbledore et Macgonagall, l'ancienne sang et or souhaitait les prendre en exemple. Ils n'avaient jamais hésité à risquer leurs fonctions, leur réputation et leur vie pour alerter leurs compatriotes et protéger leurs élèves. Ils avaient agi en adultes responsables, tout le contraire de Cornélius Fudge qui n'était rien d'autre qu'un petit être ambitieux, sans aucun charisme ni intelligence. Son ambition et sa peur lui avaient tellement obscurcis le jugement qu'il était devenu une menace pour la démocratie. Pour Hermione, nos choix comptaient plus que nos compétences, car il existait des choses plus importantes que l'ambition personnelle. En cela, si l'attitude parfois trop raisonnable de Miss Bailey se comprenait et n'était pas dénuée de sagesse, cela n'en demeurait pas moins très frustrant. Certes, les élections représentaient notre dernière chance. Seulement, elle avait du mal à le croire tant que la menace du Maître du jeu planait au-dessus de leur tête comme une épée de Damoclès. Et puis, Margaret avait avoué son impuissance lors de leur entretien privé, ce qui n'avait pas incitée Hermione à voir l'avenir avec optimisme.

Quant à demander le vote des partisans pour envisager ou non de tendre la main aux partis d'aspiration démocratique, Hermione semblait plutôt d'accord, même si elle éprouvait encore certaines réserves. Si le oui l'emportait, les autres partis pourraient très bien refuser, crier à la manoeuvre politique et se disputer pour savoir quel leader de l'opposition serait plus à même de briguer le fauteuil de Ministre de la magie. Comment ne pas comprendre... A défaut de songer réellement à l'intérêt général, aucun des leaders politiques ne seraient prêts à mettre dans la balance leur chance d'occuper la fonction suprême. Nous en revenions donc au même point. Voilà qui incitait l'étudiante à croire qu'il faudrait agir au-delà, susciter parmi les forces vives du pays un sursaut démocratique qui irait plus loin que ces clivages politiques et qui mettrait un terme à toutes ces querelles sans la moindre importance. Parce que le Maître du jeu faisait tout pour nous monter les uns contre les autres (diviser pour mieux régner), il semblait dès lors plus important de trouver des raisons de nous rassembler afin de faire front commun, car si le peuple anglais souhaitait la liberté, la paix et la stabilité dans le royaume, alors il fallait montrer l'exemple, être prêt au sacrifice et dire la vérité, quoi qu'il ait pu en coûter.


« Monsieur Herz, je suis ravie de constater que, par votre poste de rédacteur, ainsi que j’ai déjà pu le lire, vous défendez l’une des valeurs fondamentales de notre pays : la liberté d’expression, particulièrement celle de critiquer les instances dirigeantes. Quant aux relations avec les moldus, le MCR est contre toute forme d’obligation ou d’interdiction. Il n’est pas bon d’interdire les relations avec les moldus, sans quoi notre société se repliera sur elle-même, avec tous les risques d’extrémisme que cela comporte. Par ailleurs, il n’est pas judicieux d’obliger les sorciers à avoir des relations avec les moldus. Nous souhaitons créer un climat favorable aux relations entre moldus et sorcier, sans toutefois révéler notre nature. Par le biais de journées de formation à Poudlard et à l’UMA, ainsi qu’au ministère, nous espérons sensibiliser les sorciers au fait que les moldus ne sont pas différents de nous. La curiosité naturelle fera le reste. L’essentiel de notre action politique est d’annuler toutes les idées et stéréotypes préconçus, afin de lutter contre la haine. Pareillement, nous pensons que des expositions, des revues ou des magasins d’objets moldus pourraient, tout en rapprochant les communautés, créer un nouveau marché qui stimulerait notre économie. »

"Ce qui rend la corruption, ou même la simple médiocrité des élites, si funeste, c'est la solidarité qui lie entre eux tous leurs membres, corrompus ou non corrompus, dans la défénse du prestige commun" , "Le chemin de la croix-des-âmes", mars 1942, Georges Bernados (1948)

Même si Hermione savait que le rédacteur de la Plume Sagace défendait la liberté d'expression, elle avait beau chercher le plus petit éditorial acerbe à l'égard du gouvernement qui portait la signature de Tomas Hertz, elle n'en trouvait aucun. En fait, son dernier article l'avait laissé plutôt dubitative. Au mieux, avait-il exprimer sa joie envers une formidable découverte et chercher à faire l'éloge de son meilleur-ami (des éloges méritées), soit l'étudiant en journalisme avait agi avec une pointe de naïveté, en vantant la "générosité" du conseil d'administration de l'UMA, aux ordres d'un Ministère de plus en plus despotique et corrompu. Il s'était avéré plus facile de récompenser un étudiant brillant et gagner le coeur des autres par la même occasion, plutôt que de l'aider à un moment où il avait dû éprouver des difficultés à financer son projet scientifique. Lui attribuer une bourse et un financement dans la foulée, quelle hypocrisie et surtout quelle opportunisme de la part de l'UMA ! Au final, le Ministère allait gagner tellement d'argent grâce au brevet d'Alan Desoya que l'on ne pouvait plus parler de "générosité", mais peut-être d'une tentative de corruption déguisée. Etais-ce cela "critiquer les instances dirigeantes", Madame la Sous-Secrétaire d'état ? Effectivement, cela faisait toujours son effet de bosser les relations publiques ! Après tout, le rôle des politiciens ne consistait-il pas à profiter de la moindre occasion pour surfer sur la vague de réussite des autres afin de s'auto-justifier ? C'était Alan qui devait recevoir tout le mérite et pas le conseil d'administration !

Evidemment, s'il y avait une chose que Miss Granger n'aimait pas c'était le mensonge, l'hypocrisie, la lâcheté et le politiquement correct. C'était insupportable ! Tomas n'avait pas critiqué le Ministère après l'incident de Trafalgar square puisqu'il avait été menacé et réduit au silence. On lui avait même confisqué ses photographies ! En vérité, à l'exception du magazine "The voice" de Mister Hycks, ni la Plume Sagace ni la Gazette du sorcier n'osaient critiquer les dérives gouvernementales. Normal puisqu'au sein du conseil d'administration de l'université figuraient plusieurs membres hauts-placés du Ministère, dont le Sous-Secrétaire d'état au Congrès. En outre, il suffisait de lire les derniers articles de la Gazette portant sur l'homosexualité pour comprendre que tout cela manquait singulièrement d'éthique et de sagesse. D'accord ! D'accord ! Ce n'était pas en disant ce que l'on pensait que l'on gagnait une élection ! Alors, de quoi nous plaignons-nous ? Si nous exigions autant de force morale de la part de nos élus, tâchons un minimum d'en être digne cher(e)s ami(e)s, car si Hermione devait se présenter au Congrès pour défendre son peuple sous la bannière du MCR, ne comptez pas sur elle pour ménager les vieux croûtons du Ministère et encore moins materner ses administrés. Ce n'était ni une attitude stupide ou naïve. C'était tout simplement de la force morale et du caractère, sa manière de faire de la "politique intelligente", ce qui manquait grandement au pays à l'heure actuelle.

Forcément un peu déçue, l'étudiante leva un instant les yeux vers le plafond et soupira un grand coup. Son visage n'affichait plus qu'un sourire cynique teinté de mélancolie. Critiquer le Ministère c'était s'exposé à la censure, à des menaces et à la perte de sa carte de presse ou à une tentative d'assassinat. Voilà des sanctions qui obligeraient n'importe quelle personne à la mettre en veilleuse. Où était donc la liberté d'expression, hm ? Margaret avait peur d'être tuée et elle faisait tout son possible pour tenir sa fonction du mieux possible, même si existait une légère contradiction entre son discours et le fond de sa pensée. Bien-sûr, Hermione ne reprochait rien à Tomas. Il faisait du bon travail. Il avait la réputation d'être un garçon gentil, quelqu'un d'honnête, qui aimait les bonnes blagues et il sortait avec une jeune femme gentille comme tout. Elle savait que Harry et Alan, eux-aussi, avaient été contraint au silence et elle n'ignorait pas combien cela les rendait fous de rage. L'ex-Gryffondor n'oubliait pas Lavande qui avait été condamnée de manière expéditive alors qu'elle n'avait commis aucun crime. Elle soutenait toujours Margaret Bailey dans son projet, car elle voulait croire en elle et être rassurée, car si la peur et l'injustice étaient de réels problèmes dans ce pays, l'ancienne préfète détestait le baratin, d'où qu'il ait pu venir. De toute façon, lorsqu'elle avait quelque-chose à vous dire, la brunette ne se cachait jamais derrière un sourire ou son pupitre pour s'exprimer. Elle parlait sans le moindre détour et croyez bien que c'était pire lorsqu'elle était en colère...

Finalement, après n'avoir rien trouvée à redire aux propositions du MCR, Hermione aborda la question de la sécurité intérieure, l'un des sujets les plus importants à l'heure actuelle. La lionne pensait que tous les partis seraient jugé sur l'aspect économique ou sociétaire de leur programme, mais aussi et surtout sur la manière de lutter contre le crime organisé. Si celui de son parti la satisfaisait, elle croyait que sans une réponse efficace à ce problème, tout le reste ne serait que du vent, de la poudre d'obscurité instantanée. Miss Granger était une jeune femme brillante, pragmatique et réaliste. Alors, si les prochaines élections revenaient à consacrer Miss Bailey à la fonction suprême puis à la voir passer le reste de son mandat à se plaindre de l'opposition et raconter des salades à ses compatriotes, ce serait très décevant. Elle qui fondait de grands espoirs et qui se méfiait des belles paroles, la jeune femme ne souhaitait pas mentir au peuple ni leur faire des promesses impossibles à tenir. Elle ne voulait pas se réveiller un beau matin avec la sensation d'avoir été trahi ou de n'être qu'une affreuse parjure. C'était une question d'honneur, d'une importance vitale pour la nation et elle n'était pas disposée à échouer !


« Avant toute chose, je suis heureuse de signaler la présence d’une icône de la résistance et j’espère que votre présence, de même que celle de tous ceux qui sont assis dans cette salle, incitera d’autres jeunes à nous rejoindre. En ce qui concerne la criminalité, la première chose intelligente à faire est de consulter les aurors et le département de la justice magique, afin de déterminer quels sont les actes les plus judicieux qui peuvent être mis en place. Néanmoins, plutôt que de continuellement restreindre les effectifs, je propose de créer de nouveaux postes ainsi qu’une brigade anti-fraude. Quant à la corruption, la création d’un organe de contrôle indépendant s’avère nécessaire, pour vérifier que les gouvernants respectent la légalité. Je crois que des acteurs de terrain seront les plus à même de répondre à cette question et je m’engage à les écouter, ce qui n’est manifestement pas le cas du gouvernement actuel. Diverses mesures pourront être prises, mais les détailler serait fastidieux lors d’une assemblée… à moins que vous ne le souhaitiez. »

"L'expérience généreuse de la jeunesse s'indigne contre la bassesse ; l'expérience de l'âge mûr, quand elle n'a pas tourné elle-même à la bassesse ou à la corruption, méprise avec tolérance" , "De la Nature humaine", Charles Dollfus (1868)

En matière de Justice, l'ancienne résistante, détentrice de l'Ordre de Merlin, pensait qu'il ne pourrait y avoir de succès sans une refonte du système judiciaire, sans faire le ménage dans tous les services, sans établir des lois qui permettraient de donner aux forces de l'ordre les moyens de réagir avec plus d'efficacité contre les forces du mal. Mais plus que tout, elle en était venue à penser que si le Ministère était tout aussi corrompu qu'elle le pensait, alors cette démarche ne pourrait être que difficile et semer d'embûches. Quant à consulter le département de la Justice, son directeur était membre de l'ATP. Ce n'était pas quelqu'un qui était réputé pour être un humaniste ni quelqu'un de très subtil, mais plutôt une tête de pioche capable de faire régresser l'éthique judiciaire des années en arrière, pour ne pas dire des siècles. Elle le détestait... viscéralement. Au moins Hermione fut-elle soulagée de constater que la Sous-Secrétaire d'état avait accordée toute son attention à ses propositions et à ses mises en garde lorsqu'elle parla de consulter les aurors et de créer une brigade anti fraude.


"- Ce serait fastidieux, en effet" , fit-elle avec un sourire amusé. "Votre réponse m'incite à penser que vous êtes à l'écoute du peuple. Je ne doute donc pas que notre futur programme saura répondre aux interrogations de nos compatriotes, Madame la Sous-Secrétaire" , déclara-t-elle calmement et avec politesse. "Malheureusement, tant que la corruption sévira au Ministère et tant que le Maître du jeu n'aura pas été appréhendé, je doute que ces mesures soient réellement applicables. Une commission indépendante, qu'il serait toujours possible de corrompre, n'est pas une solution réaliste dans les circonstances actuelles. Pour faire le ménage et restaurer la crédibilité du pouvoir, il semblerait que d'autres solutions devraient être envisagées. Bien-sûr, si quelqu'un dans cette assistance à une idée, je l'encourage vivement à prendre la parole", surenchérit-elle.

Puis, ce fut au tour d'Aïlin Bower et de Lavande Brown de poser des questions fort intéressantes. La brune se félicita intérieurement en constatant la présence de son ancienne compagne de dortoir qui avait d'ailleurs fait des progrès notables dans ses études depuis qu'elle l'aidait à mieux s'organiser. Elle remarqua également la présence d'Alan, de son amie américaine et de Tomas. Leur curiosité et le soucis qu'ils manifestaient à l'égard de l'avenir faisait plaisir à voir, mais à peine eut-elle le temps de laisser son esprit divaguer, que la Sous-Secrétaire d'état avait repris la parole :


« Si vous avez encore des questions, mais surtout des points que vous souhaiteriez défendre ou soumettre à l’assemblée, n’hésitez pas. Le programme du parti est en cours de remise à neuf totale. Ce congrès est fait pour entendre la voix de ses adhérents. »

Eh bien justement, Miss Granger semblait avoir encore une question à poser :

"- En matière d'éducation, vous proposez la création d'un organe de gestion censé établir un dialogue entre le Ministère, Poudlard et l'UMA. Le but étant d'harmoniser les politiques en matière d'éducation. Ma question est donc la suivante : En sachant que Poudlard a toujours profité d'une indépendance grâce à la loi, nous n'avons pas oublié les actes de la Grande-Inquisitrice, Dolores Ombrage. Pourriez-vous nous en dire plus concernant cette volonté d'harmonisation, s'il vous plaît ? Après tout, certains pourraient percevoir la présence de hauts-fonctionnaires du Ministère au sein de ces administrations comme une ingérence propice à toutes les dérives. Cela s'est déjà vu..." , conclût-elle avec calme et perplexité.

Oui et Harry pourrait en témoigner...
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MessageSujet: Re: Le congrès du MCR (RP)   Lun 15 Juil - 10:41:56

Schlouf ! Qu’il était dur de rendre, par écrit, l’impression que donnait la vague de questions posées par les étudiants. Intérieurement, Margaret se félicitait, ne laissant apparaître comme signe visible de ce contentement qu’un large sourire. Au moins, il avait l’avantage de ne pas être factice et simulé, à l’instar de celui qu’elle avait dû récemment produire lors d’une conférence de presse en compagnie du ministre et de son homologue, Cornélius O’Riordan, homme aux visées radicalement différentes des siennes et à l’attitude qui lui était plus que déplaisante. Si le ministre ne demeurait qu’un politicien parvenu au paroxysme de la puissance qui lui était offerte, Cornélius avait le caractère rusé et sournois du marchand de balais d’occasions du coin de la rue, tentant toujours de vous refourguer un balai sur lequel il restait trois brindilles, prétendant qu’il s’agissait d’un éclair de feu, alors qu’il avait en plus saboté le sortilège de freinage et inséré un nid de termites dans le manche. Dieu savait combien entre lui et elle, c’était une amitié aussi forte qu’entre Bip-Bip et le Coyote, ou entre Tom et Jerry, voire, pour les sorciers, entre Merlin l’enchanteur et Madame Mim !

Toutefois, excepté ses luttes politiques difficiles, Margaret ne pouvait s’empêcher d’être ravie de l’enthousiasme et de la participation des jeunes, venus massivement. Avec la fin du Congrès qui approchait, certains, muets au début, en venaient à venir poser leurs propres questions, parfois n’ayant rien à voir avec le programme de son mouvement – leur mouvement, si elle réussissait le défi de les convaincre, alors que, pour une partie d’entre eux, la politique n’était qu’un milieu dénué de tout intérêt ou un panier de serpents menteurs qu’il valait mieux fuir comme la peste.

La présidente du MCR était surprise de ne pas encore avoir reçu de question faisant suite à la manifestation de Trafalgar Square, mais Lavande Brown mit un terme à son étonnement en intervenant dans le débat. Margaret identifia rapidement la jeune fille, tout d’abord comme ancienne résistante de Poudlard, mais également comme une des intervenantes du grand procès qui avait suivi la manifestation. Elle avait été suffisamment outrée par les procédures expéditives du Magenmagot et la sévérité sans commune mesure qui avait accompagné le jugement que pour se souvenir des noms des principaux jeunes inculpés. La plus grande source de frustration était sans doute d’avoir assisté à bon nombre de séances, ou d’avoir lu les rapports de greffe, sans pouvoir faire un geste pour dénoncer cette parodie de justice. En tant que présidente de parti, critiquer l’action des juges qui avaient mené le procès à son terme, c’était insinuer que la justice du pays n’était plus indépendante et risquer d’importantes représailles, qu’elle ne pouvait subir sans jeter le discrédit sur sa personne, ou pire.


« Lavande Brown, étudiante. Hermione a parlé de votre politique intérieure mais j’aurais eu une question concernant votre politique étrangère. En effet, depuis la menace de mise sous tutelle par la Conférence Internationale des Mages et Sorciers il y a de cela quelques mois, nous ne savons plus du tout ce qu’il en est. J’ai eu beau chercher de nouveaux articles sur la question dans la Gazette, je n’ai rien trouvé. Il se peut bien entendu que je n’ai pas su où regarder mais, même si c’est le cas, je me permets alors de profiter de cette occasion pour combler mes lacunes. Savez-vous quelle est aujourd’hui la position de la CIMS vis-à-vis de la Grande-Bretagne et quelles sont nos options pour reprendre une place acceptable sur la scène internationale ? »

Un air navré et amer se peignit sur le visage de la Sous-Secrétaire. Vivant pleinement son action politique et ses idées, Margaret avait la faiblesse d’afficher trop souvent ce qu’elle pensait. Il lui était dur, lors des représentations officielles du ministère, de ne pas montrer la désapprobation pleine d’amertume qu’elle éprouvait à l’égard du gouvernement dont elle faisait partie, malgré elle.

« En effet, les informations sur cette crise ont disparu des journaux après les élections. Je peux aujourd’hui vous affirmer que l’Angleterre n’est plus sous une quelconque menace de la Confédération Internationale des Mages et Sorciers. L’assemblée a été rassurée lorsque les décrets du gouvernement de Monsieur Shacklebot ont été abolis, les uns après les autres. Néanmoins, la manifestation de Trafalgar Square et les actions les plus osées de Monsieur Shacklebot – je pense notamment au projet d’abolition du Code du Secret – ont eu un effet durable sur notre pays.

Même si nous demeurons en paix avec la Confédération pour l’heure, ces faits ont entaché pour longtemps notre crédit sur la scène internationale. Ce n’est que sur le long terme, avec le concours d’une mission de confiance bien organisée, que nous pouvons espérer reconquérir la position de choix qui a été la nôtre. Toutefois, nous avons regagné beaucoup de crédit auprès de certaines nations, mais je ne considère par cela comme une gloire…

Voyez-vous, la politique intérieure de notre pays, notamment à l’encontre des homosexuels et des nés-moldus, importe peu à la Confédération, tant que le Code du Secret et les grands traités sont respectés. Néanmoins, notre gouvernement a récemment reçu de nombreux signes de « sympathie » de plusieurs pays, dont les politiques seront les nôtres dans quelques temps, si le Ministre et son parti continuent sur cette voie néfaste. En pratique, nous ne sommes plus sous la menace d’une mise sous tutelle, mais sommes devenus amis et collaborateurs de certains des pays les plus radicaux de la Confédération ! Un bien piètre résultat, selon moi… »


Restait encore à répondre à Miss Granger… La perception qu’avait Margaret de l’ancienne résistante était toujours très mitigée. En dehors de l’estime considérable qu’elle avait à l’égard de la jeune étudiante, la Sous-Secrétaire ne pouvait s’empêcher de demeurer parfois sceptique en entendant ses paroles. Sans doute le gouvernement n’en n’avait-il pas connaissance ou craignait-il d’attaquer directement une icône du peuple, mais Granger osait certains propos en publics qui, pour un responsable politique, relevaient parfois plus de l’accusation que du dialogue. C’était sans doute l’erreur de la politicienne. Elle persistait à croire en son métier, en la beauté du geste politique, du dialogue et du souci de bien faire qui l’accompagnaient, bien qu’elle demeurait tenaillée par un sentiment d’abandon de plus en plus difficile à refouler. Le problème de l’idéalisme et du respect des principes démocratiques, c’est que, lorsque ceux-ci sont tombés, ceux qui travaillent à sa manière ne peuvent que perdre la partie. Funeste sort ! Pourtant, ce fut avec un ton ferme qu’elle répondit à Hermione Granger.

« Ce serait fastidieux, en effet. Votre réponse m'incite à penser que vous êtes à l'écoute du peuple. Je ne doute donc pas que notre futur programme saura répondre aux interrogations de nos compatriotes, Madame la Sous-Secrétaire. Malheureusement, tant que la corruption sévira au Ministère et tant que le Maître du jeu n'aura pas été appréhendé, je doute que ces mesures soient réellement applicables. Une commission indépendante, qu'il serait toujours possible de corrompre, n'est pas une solution réaliste dans les circonstances actuelles. Pour faire le ménage et restaurer la crédibilité du pouvoir, il semblerait que d'autres solutions devraient être envisagées. Bien-sûr, si quelqu'un dans cette assistance à une idée, je l'encourage vivement à prendre la parole. »

« Je suis, naturellement, à l’écoute de chacun et chacune. J’en veux pour preuve ce Congrès, pour commencer, mais ma disponibilité pour quiconque aurait une question. Apprenez que, si pénible soit cette tâche, je lis toujours l’intégralité de mon courrier. Je ne suis pas de ceux qui ne répondent pas ou se cachent derrière des discours préparés. Demandez et je répondrai. Quant au programme du MCR, j’espère qu’il pourra répondre à toutes les questions qui restent en suspend. Toutefois, chaque chose en son temps.

En ce qui concerne la justice, et le monde plus largement, toute institution est toujours corruptible, car composée d’hommes. Ce qui jouera un rôle au niveau politique, c’est la moralité des personnes derrière cette institution et les organes de contrôle. Cependant, « faire le ménage » est quelque chose que je m’engage à ne jamais faire. Je ne connais que trop bien les risques des chasses aux sorcières, qui servent surtout de prétexte aux nouveaux dirigeants pour éliminer les anciens ainsi que les opposants. En revanche, je m’engage à lutter, à l’aide de lois – et de quelques aurors, tout de même – contre tous ceux qui ne respectent pas ces lois et ces principes démocratiques. Néanmoins, en tant que politicienne, je ne peux que donner les moyens à la justice de faire son travail, par la remplacer. Je peux la réformer, l’améliorer, mais jamais m’asseoir sur le fauteuil du tribunal – sauf à la place de l’accusé. »


« En matière d'éducation, vous proposez la création d'un organe de gestion censé établir un dialogue entre le Ministère, Poudlard et l'UMA. Le but étant d'harmoniser les politiques en matière d'éducation. Ma question est donc la suivante : En sachant que Poudlard a toujours profité d'une indépendance grâce à la loi, nous n'avons pas oublié les actes de la Grande-Inquisitrice, Dolores Ombrage. Pourriez-vous nous en dire plus concernant cette volonté d'harmonisation, s'il vous plaît ? Après tout, certains pourraient percevoir la présence de hauts-fonctionnaires du Ministère au sein de ces administrations comme une ingérence propice à toutes les dérives. Cela s'est déjà vu... »

« Pour ce qui est de l’éducation, j’entends par organe de gestion un pôle de dialogue, rassemblant des membres du Ministère, de Poudlard et de l’UMA. Deux grands buts sont poursuivis. Tout d’abord, créer un dialogue permettant l’harmonisation des pratiques éducatives pour favoriser la transition entre Poudlard et l’UMA, faciliter le transfert de subsides, permettre des formations adaptées aux demandes des employeurs – et le Ministère reste un des principaux – ou encore collaborer davantage pour l’organisation des stages universitaires. Ceci dit, rien ne doit être imposé aux organes éducatifs. Ensuite, vous avez mentionné Dolores Ombrage. Il se trouve que ses actes étaient commandés par l’ancien Ministre. Néanmoins, il se pourrait très bien que, demain, un professeur, voire un directeur, commette des actes similaires. Comment y mettre un terme, si Poudlard est totalement indépendant du Ministère ? Il m’apparaît donc judicieux de négocier certains accords avec Poudlard, pour fixer des normes éducationnelles ou encore permettre des actions d’exception comme, par exemple, la destitution d’un directeur – de manière démocratique et encadrée, bien sûr. Après tout, les actions du directeur Rogue, pour une partie, étaient sans doute légales, bien que détestables. Elles pourraient se passer à nouveau aujourd’hui, sans que nous puissions faire quoi que ce soit. »

Margaret s’interrompit et jeta un coup d’œil à l’horloge murale. C’était fou ce que le temps passait vite dans ces circonstances. Elle avait l’impression d’avoir à peine eu l’occasion d’aborder le sujet, qu’un léger coin du voile nébuleux de la politique avait été levé. Tant aurait encore pu être dit, mais elle craignait de noyer son auditoire. La plus grande force, pour un politicien, c’est la capacité à pouvoir se taire. Il ne lui restait qu’à terminer le Congrès par de belles paroles, puis par espérer que la petite graine qu’elle avait semée dans les esprits des jeunes présents donnerait, un jour, peut-être, de beaux fruits MCR…

« Pour conclure, je reste persuadée qu’une politique saine a deux exigences majeures : le respect d’un Idéal démocratique et moral ainsi qu’un dialogue constructif entre le politicien et l’électeur. Aujourd’hui, nous avons travaillé ensemble à cette seconde exigence. Je vous laisserai décider si le MCR et ses représentants répondent à la première condition. Vous êtes la jeunesse de ce pays. Malgré tout, je ne reste qu’une femme qui porte avec elle le passé du monde sorcier. Je suis un vieux modèle. Vous, après les épreuves que vous avez traversées ces dernières années, vous avez pu constater à quel point notre société a besoin de changement. Il ne tient qu’à vous de le mettre en œuvre. Dans votre vie, demeurez toujours animés par un Idéal et faites en sortes que votre action vise le plus grand bien de tous.

Cependant, restez critique et doutez toujours avant de croire en quelqu’un ou en une idée. Commencez d’abord par douter de moi. Remettez en question chaque phrase que je vous dirai en vous demandant si c’est la vérité et si ce que je propose est, à défaut d’être la panacée, la moins mauvaise solution. Appliquez ce traitement à tous mes collègues également. Doutez de tout, mais surtout de vous. En chacun de nous se cache le monstre qui achèvera de mettre à bas nos valeurs. Il doit être gardé derrière les barreaux ! Enfin, si je ne vous ai pas convaincu aujourd’hui, croyez bien que j’essaierai encore… mais j’aurai au moins la satisfaction, à défaut d’avoir votre vote, de savoir que lorsque vous serez appelé, trop peu souvent, à donner votre avis ou à élire des représentants, vous leur accorderez le même regard critique que vous m’avez donné. Je vous remercie. »


Lorsque son discours fut terminé et que les applaudissement se furent tus, Margaret invita chacun à se lever pour profiter du cocktail dinatoire que des volontaires et adhérents disposaient rapidement.

[HJ : ceux qui le souhaitent peuvent poster à la suite pour le cocktail dinatoire. Si personne ne le fait, je considérerai le topic comme clos. Vous êtes libres de vous adresser ou non à Margaret Bailey dans la seconde partie. En fonction de cela, je répondrai ou pas.]
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