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 Rencontre sur fond de secret [PV Margaret Bailey]
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MessageSujet: Rencontre sur fond de secret [PV Margaret Bailey]   Jeu 21 Fév - 1:57:01

Notre correspondance

En ce matin du trente septembre deux mille, la météo moldue avait annoncé un temps agréable sur le Devonshire. On y prédisait un soleil radieux, une température avoisinant les quinze degrés celcius, un taux d'humidité de soixante-quatorze pour cent ainsi qu'un vent approchant les cinq kilomètres à l'heure. Idéal pour un week-end en plein air ! L'ambiance aux alentours était celle d'un hameau en pleine campagne entouré de bocages, de hautes herbes, de bosquets, de champs cultivés et de sous-bois dans lesquels se trouvaient de nombreux animaux. Un petit paradis ! Malheureusement, Monsieur Weasley n'était pas resté très longtemps après avoir avalé son petit-déjeuner. Il avait un travail urgent au Ministère, comme d'habitude. Le devoir l'obligeait à quitter la maison. Alors, sans perdre de temps, celui-ci embrassa sa femme sur le pas de la porte, attrapa son manteau, son chapeau et sa vieille sacoche puis transplana jusqu'à Londres.

"- Salut les enfants pour moi, ma chérie ! Bonne journée et à ce soir !", s'écria Arthur Weasley avant de franchir le seuil de la porte et de disparaître à travers les premiers rayons du soleil.

A l'étage, dans l'ancienne chambre de Ronald, Hermione s'éveilla aux côtés de son rouquin. Blottit tout contre lui, la jolie brunette qui affichait de petits yeux, réprima un bâillement. Quelle nuit et quel début de week-end ! Après une semaine éprouvante, avoir cette chance de partager son intimité avec l'élu de son coeur était un sentiment tout à fait réconfortant. Posant son bras droit en équerre sur le lit afin de maintenir sa tête dans le creux de sa main, son joli minois observa un moment son chéri avec énormément d'affection. N'était-il pas craquant, ainsi endormis ? La miss s'en pinça la lèvre inférieure, tandis qu'un sourire espiègle venait tout juste d'apparaître sur son visage. Emportée dans son élan, l'envie lui prit de lui caresser la chevelure du bout des doigts et de lui masser le cuir chevelu avec ses ongles. Voilà le genre de choses qu'elle aimait faire lorsqu'elle se sentait séduite ou d'humeur libidineuse. Aurait-elle dû pousser son avantage et réclamer un petit câlin matinal ? Mmm... peut-être. Ron méritait tout de même un peu de repos pour avoir bien travaillé. Elle ne devait donc pas se montrer égoïste ou trop gourmande. hihihi !

Hermione fit le choix d'attendre un peu et parvint à s'extraire du lit. Vêtue d'une petite culotte dissimulée sous un t-shirt orange trop grand, floquer à l'effigie des Canons de Chudley, la sorcière parvint jusqu'à la salle-de-bain sans réveiller son homme. A propos de cette équipe de quidditch, la sorcière ne comprendrait sans doute jamais l'intérêt que lui portait son petit-ami, étant donné qu'elle finissait toujours en queue de classement. Et si elle avait acceptée de porter ce vêtement, c'était surtout pour lui faire plaisir, parce qu'il contenait son odeur, mais aussi parce qu'elle aimait ce sentiment de lui appartenir corps et âme, de sentir sa présence en elle, sans mauvais jeu de mots. A chacune sa propre vision du féminisme. Certaines étaient plus extrémistes que d'autres, après tout. Pour Miss Granger, il s'agissait surtout d'une égalité entre homme et femme, une liberté de choisir, comme celle de faire carrière ou de rester à la maison pour s'occuper des enfants, de pouvoir porter ce qui lui plaisait sans avoir à essuyer des insultes ou des remarques déplaisantes, de combattre le machisme quand cela lui chantait et d'être respectée sur le plan de l'intégrité physique. Molly aussi était une féministe dans son genre tout comme Ginny, chacune à leur manière !

Ce ne fut qu'après avoir préparé ses affaires avec minutie, qu'elle prit une douche bien chaude. Evidemment, cela aurait été plus amusant si "sa belle au bois dormant" c'était trouvé avec elle au lieu de roupiller, mais ce n'était pas très grave. Une douche froide était tout indiquer pour lui faire passer l'envie de dominer à nouveau son lion dans cette chambre qu'elle considérait comme un endroit sacré. Lorsqu'elle en sortit pour se sécher, elle enfila aussitôt un mini-short qu'elle s'était fabriquée dans un vieux jean délavé suivis d'une chemise sans manche, d'une ceinture en faux léopard et d'une paire de snickers. Confectionnant un chignon qui laissait tout de même échapper quelques mèches de part et d'autre de son visage, la miss les recouvrit d'un foulard bleu pour se donner des airs de paysanne plutôt sexy, bien que le but premier fut avant tout de les protéger de la poussière et de la saleté. Voilà une tenue qui devrait beaucoup plaire à Ron, se disait-elle, lorsqu'elle descendit les escaliers avec un sourire malicieux sur le coin des lèvres.

Aujourd'hui, le couple n'avait rien prévu d'important. Nous étions samedi et plutôt que de rester à l'université ou dans l'enfer de la cité Londonnienne, une petite balade dans les plaines marécageuses de Loutry-st-Chaspoule suivis d'un barbecue serait une excellente manière de profiter de cet agréable week-end en amoureux. Enfin, façon de parler. Vous connaissez Hermione... "Se détendre" était souvent synonyme de défi pour quelqu'un qui était toujours débordante d'énergie et si peu sûre d'elle. Et bien, justement ! Molly était tellement gentille, si dévouée envers sa famille, qu'elle méritait un petit coup de main ! Le jardin avait besoin d'une bonne coupe. Le potager nécessitait un dégnomage dans les règles de l'art. Le poulailler exigeait que l'on nourrisse les volailles, que l'on procède aussi au taillage des haies et au nettoyage de la mare. Et même si elle appartenait en quelque sorte à la famille Weasley depuis de nombreuses années, au point de s'y sentir comme chez elle, ce n'était pas une raison pour bayer aux corneilles !

En attendant le réveil de son petit-copain, ce désordre était l'occasion idéale pour Miss Granger de s'occuper l'esprit et de se rendre utile. En sachant ce qui l'attendait en début de soirée, il fallait absolument se vider la tête pour évacuer tout ce stress latent. Mmm... Pourquoi n'était-elle pas occlumens, hm ? Cette capacité lui aurait été utile pour se préparer au mieux à ce rendez-vous qu'elle considérait comme l'un des plus importants de sa vie. Le simple fait d'y penser lui aurait presque suffi à donner la nausée tellement elle était angoissée à l'idée de faire une mauvaise impression. Elle allait tout de même rencontrer la Sous-Secrétaire d'état Margaret Bailey, discuter de politique et de son avenir. Tout cela chez elle ! Vous vous rendez compte ? Et si cette situation revêtait une certaine part d'excitation, les raisons qui entouraient leur entrevue secrète étaient pour le moins préoccupantes. Mais que se passait-il donc de si dangereux au Ministère pour qu'un haut-fonctionnaire aussi important ait hésité à la rencontrer à découvert ?


"- Bonjour Madame Weasley ! Comment allez-vous ce matin ?", demanda Miss Granger, souriante, tandis qu'elle se rapprocha de Molly pour lui faire une accolade.

"- Bonjour ma chérie !", déclara la maîtresse de maison en serrant Hermione contre son coeur. Lorsque les deux femmes relâchèrent leur étreinte, elle ajouta : " Tout va bien. Arthur te transmet ses salutations... Allez, installe-toi. Je vais te servir un bon petit-déjeuner", conclût-t-elle avec un large sourire.

"- Merci beaucoup", fit la jeune femme avec le même sourire. "Je me demandais... Verriez-vous un inconvénient si je m'occupais du jardin et du poulailler ce matin ?", demanda-t-elle avec perplexité en s'installant à table.

"- Non aucun. Recevoir de l'aide est toujours la bienvenue dans cette maison. Profites donc de ton week-end. Ron a décidé de s'occuper du barbecue et des grillades pour ce midi. Je lui ai préparé un joli tablier. Tu verras", lui déclara-t-elle avec affection et amusement.

"- Mmm... J'ai hâte de voir ça", fit Miss Granger en pouffant de rire.
Il était vrai qu'elle attendait ce moment avec impatience, même si entre nous, elle aurait nettement préférée le voir cuisiner et faire le service avec seulement ce tablier sur le dos. L'absence d'intimité rendait les choses plus compliquées, hélas. hihi ! Rolling Eyes

Une fois son petit-déjeuner terminé, la sorcière fit un nouveau détour par la salle-de-bain afin de se brosser les dents. Puis, elle se dépêcha de rejoindre l'arrière-cour pour préparer son matériel. Puisqu'elle ne pouvait accomplir seule autant de tâches en simultané, mais aussi parce qu'elle avait pris la décision de laisser Ron se reposer encore un peu, Hermione ensorcela une vieille tondeuse à gazon ainsi qu'un taille haie un peu rouillé. Pour le potager et la mare, la jeune femme décida de laisser ce travail à son petit-ami, en espérant le voir prendre toutes les précautions utiles pour ne pas blesser les gnomes de jardin. L'ennui, c'était qu'en dépit des mesures prises, ces gnomes finissaient toujours par revenir et par saccager le potager. Il s'agissait d'un travail sans fin. Arthur les trouvait même sympathiques, car ils avaient le don de le faire rire avec leur tête en forme de pomme de terre et leur esprit bagarreur. De son côté, Luna avait un jour déclarée que la salive de gnome était bénéfique, qu'elle pouvait conférer au sorcier qui était mordu des dons assez particuliers. Leur langage était rudimentaire, mais le plus étonnant était de tous les voir sortir leur tête hors de leurs trous pour se faire attraper. C'était effarant...

Pour ainsi dire, la ferme des Weasley ressemblait à une espèce de porcherie qui aurait été agrandie au fil des années. D'aspect extérieur, l'habitation semblait avoir été construit de bric et de broc formant un ensemble cohérent, mais tout de même bancal. Il était évident que sans magie, l'édifice s'écroulerait comme un château de cartes, mais Miss Granger adorait cet endroit qu'elle trouvait paisible et merveilleux. A son sommet, sur le toit de tuiles rouges, se trouvait cinq cheminées. Un écriteau tordu ornant l'entrée principale indiquait aux rares visiteurs qu'il s'agissait du Terrier. Sur son pourtour, se trouvait des massifs de plantes et de fleurs, ainsi que des arbres noueux plantés le long des murs. Près de la maison, un abri de jardin avait été transformé par le père de Ron en un atelier de bricolage pour tous ces objets sorciers et moldus qu'il ramenait souvent afin de les démonter et d'en découvrir leur fonctionnement. Certes, par le passé, Arthur était allé un peu loin en modifiant une Ford Anglia afin qu'elle puisse voler et se désillusionner, mais inutile de vous préciser la suite. La Gazette du sorcier avait publiée un article au sujet de la petite escapade de Harry et Ron au début du mois de septembre quatre-vingt-douze, alors...

Non loin de là, se trouvait une vaste mare remplis de quelques poissons et d'innombrables grenouilles. Malheureusement, on pouvait aussi y découvrir quelques vieux chaudrons appartenant aux jumeaux qui leur servit pour leurs expériences pyrotechniques ainsi que pour leurs futures trouvailles en matière de farces et attrapes, comme ces fichues boites à flemme dont Hermione désapprouvait l'utilisation, mais pour lesquels elle avait su trouver une utilité pour l'effort de guerre. La propriété comportait également un verger remplit de délicieuses pommes, d'un poulailler et d'une grange que l'on trouvait à près d'un kilomètre et où Ron et Hermione avaient souvent... heum... enfin... fait des choses. hihihi ! Non, mais Fred et George avaient-ils seulement penser à la santé des poissons et des grenouilles qui vivaient dans cette mare ? Quoi ? Pourquoi riez-vous ? Ce n'était pas drôle ! L'écologie et le bien-être des animaux, cela n'était-il pas important, peut-être ? Cela avait beaucoup fait marrer Harry et Ron lorsqu'elle s'en inquiéta. Grrr... Vilains garçons ! Mettez-vous donc à leur place au lieu de rire bêtement !

De son côté, Pattenrond était en train d'observer la tondeuse et le taille haie en fonctionnement lorsque sa charmante maîtresse traversa la cour à grandes enjambées munis d'un seau et d'un gobelet. Non, elle n'allait pas traire les poules. Pff ! Rhaaa... J'vous jure... Le travail de Miss Granger consistait à nettoyer, à libérer les poules et le coq, à récupérer la majeure partie des oeufs avant de donner à manger aux volailles. Une fois à l'intérieur, elle referma convenablement l'enclos puis se dirigea vers les cages. Lorsque les animaux furent libérés et les denrées récoltées, le nettoyage pu commencer. Entretenir une ferme, élever des volailles et faire pousser des légumes permettaient d'alléger les dépenses de la famille, mais cela représentait aussi une somme de travail conséquent, même pour des sorciers.


"- M'man ? Où est Hermione ?", demanda Ron à sa mère après avoir fait son apparition dans la cuisine, vêtu d'un vieux jean, d'un t-shirt et d'une paire de basket.

"- Oh... elle est en train de nettoyer le poulailler et de donner à manger aux poules. Assied-toi et prend donc ton petit-déjeuner. Elle sera revenue bien assez vite. Ne t'inquiète pas", lui répondit Molly tandis qu'elle était en train de jeter quelques oeufs sur le plat et de faire griller quelques saucisses ainsi que quelques morceaux de bacon.

Ce n'était pas que le rouquin se souciait de la sécurité de sa petite-amie, ici, à Loutry-st-Chapousle, mais sachant qu'un Auror avait récemment osé violer sa vie privée, le cadet des Weasley se sentait nettement plus à son aise lorsqu'il était certain que personne ne serait en mesure de venir lui faire du mal. Possessivité, jalousie, désir de la protéger contre les menaces extérieures ? Si Ronald était certain que Hermione saurait se défendre adroitement, il n'en restait pas moins un chevalier courageux et romantique, prêt à s'interposer devant le danger pour sauver celle qu'il aimait plus que tout, sans même réfléchir. Il s'agissait même de sa marque de fabrique. Et puis, s'il avait envie de passer tout son temps avec elle aujourd'hui, il en avait le droit. Ce n'était pas Hermione qui s'en plaindrait, loin de là.

Ni une ni deux, lorsqu'il acheva son petit-déjeuner, Ron se rendit jusqu'au poulailler. Le claquettement des poules (non Ron, elles ne font pas de claquettes) lui indiqua qu'elle devait être en train de les nourrir. Lorsqu'il pu l'admirer dans cette tenue affriolante, son regard s'attarda longuement sur ces adorables petites fesses et ces jolies jambes. Une profonde fierté le traversa aussitôt, lui qui fut pendant un temps incapable de s'expliquer comment il avait pu séduire la courageuse, la belle et si brillante Hermione Granger, jusqu'à ce qu'ils mirent les choses au point, tout de suite après la guerre. Elle s'était avérée si réconfortante après la mort de Fred, d'un soutien infaillible depuis leur première rencontre. Il était fou d'elle. Depuis, Ron ne ménageait aucun effort pour s'investir dans sa relation avec elle, lui qui gagna en maturité et en confiance grâce à son Amour. Sans attendre davantage, le rouquin entra dans le poulailler...


"- Mmm... alors comme ça, on joue à la petite paysanne ?", fit-il d'un air séducteur, en l'attrapant par la ceinture pour la coller tout contre lui. Miss Granger avait aussitôt esquissé un petit sourire gêné.

"Très sexy", ajouta-t-il avant de l'embrasser et de jouer avec le bouton de son mini-short d'un air mutin afin de pousser sa petite-amie à se dandiner pour résister à ses avances. Sous le coup de l'émotion, la jolie brune laissa tomber son seau pour mieux aggripper son homme par le cou et renforcer son baiser. Mmm... voilà qu'elle venait de rougir. C'était malin !

"- Merci, mon lapin", conclût-elle en plongeant ses yeux noisette dans ces beaux yeux bleus. "J'ai presque terminée. Nous pourrons aller nous balader, si cela te convient toujours".

Plusieurs heures s'écoulèrent... La journée s'était déroulée sans anicroche. Il était dix-huit heures cinquante lorsque Miss Granger sortit à nouveau de la salle-de-bain après avoir prit une douche et changer de vêtements. Elle n'allait tout de même pas rendre visite à la Sous-Secrétaire d'état vêtue comme une paysanne ! D'ailleurs, Hermione connaissait par coeur le code vestimentaire du Ministère. Elle savait quels vêtements étaient autorisés pour les femmes, quelle longueur sa jupe ne devait pas dépasser. Oublions les décolletés pigeonnant ou plongeant qui ne collaient absolument pas avec l'éthique de la profession. Et puis, ce n'était pas son genre. Soigner son image, rester séduisante voire un tantinet sexy était la limite à ne pas dépasser. Les tenues extravagantes ou carrément vulgaires étaient évidemment proscrites. Le règlement c'était le règlement !

Optant cette fois-ci pour une tenue plus professionnelle, sobre, mais d'allure féminine et un tantinet sexy, Hermione avait enfilé un legging noir surmonté d'un top assortis à bretelles, mais sans manche ainsi qu'une veste de tailleur de couleur blanche. Pour ses pieds, elle opta pour une paire d'escarpins ouverts à boucle dorée. La sorcière ne portait aucun bijou, à l'exception d'un mince collier sur lequel reposait un coeur doré où était gravé le nom et le prénom de son petit-ami. Il le lui avait offert pour son dernier anniversaire et il s'agissait d'une occasion rêvée de lui montrer à quel point elle le considérait comme un objet précieux. Pour lisser ses cheveux et leur donner une allure plus élaborée, Hermione avait dû verser de généreuses doses de potion lissenplis, mais le résultat en valait la peine. Un maquillage léger et un peu d'essence de rose et le tour était joué !


"- Alors ? De quoi ai-je l'air ?", demanda Hermione avec perplexité, après avoir tourné sur elle-même afin que son Rony puisse l'observer sous toutes les coutures.

"- Tu es superbe", ajouta Ron, éblouit.

"- Merci", fit-elle, flattée. "Mais j'espère surtout convaincre la Sous-Secrétaire d'état par mes idées et ma personnalité que je suis quelqu'un d'intègre et de valeur. Si l'apparence a une certaine importance en politique, ce qui importe le plus ce sont les valeurs et les compétences. Je veux être utile à notre pays et être prise au sérieux", fit-elle en fronçant les sourcils à la fin de son discours. Il était vrai que Hermione avait beaucoup travaillée sur un projet de réformes touchant de nombreux domaines de la politique, y compris sur une possible candidature au Congrès. Elle avait également réfléchis à son stage qu'elle souhaitait accomplir au Ministère. Les enjeux de cette soirée s'avéraient donc énormes. Seulement, son esprit était empêtré avec de nombreuses questions et certains doutes.

Hermione consulta sa montre et soupira un grand coup. Dix-huit heures cinquante-six. Ronald était le seul à savoir pourquoi elle devait s'absenter ce soir. Rien de plus normal et puis elle lui faisait entièrement confiance. Il était désormais l'heure de se saisir de cette mornille que la Sous-Secrétaire d'état avait transformé en portoloin. Celui-ci était prévu pour une personne et pour s'activer à dix-neuf heures. Attrapant son porte-document contenant divers documents, y compris son fameux dossier de réformes, elle déclara :


"- Souhaite-moi bonne chance, Ron", fit Miss Granger en soupirant d'appréhension.

"-Bonne chance, ma chérie. Je suis à fond derrière toi", ajouta le rouquin en la prenant un instant dans ses bras.

Une fois à l'extérieur de la maison, Hermione serra la mornille dans sa main droite et attendit l'heure fatidique. Lorsque dix-neuf heures sonna, le portoloin s'activa. La sorcière, qui se trouvait dans l'obscurité, fut transporté en une fraction de secondes jusqu'à sa destination, dans l'une des rues de la périphérie de Londres, au sein d'un quartier cossu. Ne sachant pas exactement où elle avait atterrit, Hermione se retrouva dans un appartement d'un immeuble victorien. Peut-être se trouvait-elle dans le quartier de Regent Park, à Camden, Westminster city ou encore à Nothing hill. Elle n'en avait pas la moindre idée. Faisant quelques pas, Miss Granger franchit les quelques mètres qui la séparait d'un vaste living-room dont l'un des murs était couvert de larges fenêtres. Lentement, l'étudiante observa la décoration de la pièce, à la recherche d'informations. On y trouvait un grand canapé et plusieurs fauteuils de cuir noir, une table basse, un buffet ainsi qu'une bibliothèque très complète et qui occupait tout un mur. La curiosité intellectuelle de Hermione l'incitait à se rapprocher davantage de cet endroit afin d'y jeter un petit coup d'oeil. De l'autre côté, dans un coin, la jeune femme remarqua la présence d'un petit bureau.


Pendant deux années, Hermione passa en revue les discours, les articles, la moindre intervention de Miss Bailey. Elle avait lu sa bibliographie dans son intégralité afin d'essayer de cerner la personnalité de cette femme qu'elle considérait déjà comme un modèle pour sa carrière politique, comme quelqu'un capable de mener le pays dans la bonne direction en assumant la fonction suprême. Les deux femmes avaient également l'avantage de partager un certain nombre de points communs, des valeurs identiques, mais aussi de n'avoir jamais été en désaccord jusqu'ici sur les grands principes. Par conséquent, vous imaginez que Hermione était curieuse à l'idée de mieux la connaître, d'échanger certains points de vue et idées dans des domaines variés. Pour l'instant, elle se sentait un peu seule dans cette immense pièce qui ne comportait que trois accès, lorsque soudain, l'une des portes s'ouvrit. Miss Granger fut aussitôt soulagée lorsqu'elle reconnut la silhouette de la femme la plus puissante du monde magique. Sans s'en rendre compte, sa tension venait de bondir d'un sacré coup, mais elle fit de son mieux pour lui adresser son plus beau sourire et paraître la plus naturelle possible.

"- Bonsoir Madame la Sous-Secrétaire d'état. Je tenais vraiment à vous remercier encore une fois pour votre aimable invitation. C'est un grand honneur de vous rencontrer. J'espère ne pas trop vous déranger", fit-elle sur un ton poli, en adoptant un air calme et posé. Very Happy
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MessageSujet: Re: Rencontre sur fond de secret [PV Margaret Bailey]   Dim 24 Fév - 13:15:02

Ajustant son tailleur bleu azur et vérifiant que les boucles de ses cheveux étaient correctement bouclées, Margaret quitta sa salle de bain en jetant un dernier regard au miroir. D’une rare élégance, la première femme du pays se félicitait chaque fois de constater que le temps n’avait que peu d’emprise sur elle. Alliant une jeunesse presque inaltérable, tant physique qu’intérieure, à une élégance et, surtout, à un charme magnétique rare, Margaret attirait immédiatement l’attention. Cependant, elle espérait que c’était la pertinence de ses analyses politiques plutôt que la coupe de son tailleur qui captivait, le message qu’elle portait plus que ses éclatantes boucles blondes, son combat politique et non le galbe de sa cuisse. Certes, les jambes permettent aux hommes de marcher et aux femmes de faire leur chemin, mais la Sous-Secrétaire ne l’entendait pas de cette oreille.

Profondément féministe dans l’âme, Margaret, Margie pour les intimes, défendait avec vigueur que les femmes soient jugées sur leurs compétences, pas sur l’appétence sexuelle qu’elles déclenchaient chez les mâles libidineux. Toutefois, cela ne l’empêchait pas d’accorder une grande importance à son physique, puisqu’elle était en constante recherche d’une esthétique parfaite. D’un autre côté, elle estimait que, tant que la société demeurerait figée dans un modèle profondément machiste, utiliser ses atouts féminins pour progresser dans le combat était inévitable. Néanmoins, tout le charme du monde n’avait pu avoir raison des idéologies extrémistes que la majorité gouvernementale actuelle avait mises en place. Dieu seul savait ce que le ministre et ses sbires préparaient pour la suite.

Depuis quelques temps déjà, Margaret soupçonnait que la politique n’appartenait plus aux citoyens. Si Kinglsey, en dépit de sa politique purement suicidaire, menait une politique sans mentir et respectait la volonté que les électeurs avaient émise en l’élisant, il n’en n’allait pas de même pour Alastaïr Richardson. Maintenant, elle en était presque persuadée, vu les mesures prises depuis le début du mandat, le ministre ne servait pas la communauté magique. Certes, il obéissait de temps en temps à la voix du peuple qui l’avait placé à la fonction suprême, mais il devenait évident pour les analystes politiques sensés que le ministre poursuivait parfois d’autres intérêts. D’aucuns murmuraient que la mafia britannique, autrefois peu puissante et peu influente, s’était considérablement développée au cours des dernières années et intriguait désormais dans les coulisses du pouvoir. Le MCR, en tout cas, ne semblait pas atteint par cette gangrène. Par contre, l’ATP, ce parti extrémiste, qui contenait de nombreuses anciennes riches familles détenant un pouvoir quasiment féodal, pouvait sans doute avoir frayé avec la mafia. Ne soutenait-on pas que la moitié des membres de ce parti avaient collaboré plus ou moins activement avec Voldemort ?

Désormais, ce n’était plus cela qui l’inquiétait. L’infiltration historique des partis radicaux par des influences illégales remontait à des temps immémoriaux. Ce qui lui faisait froid dans le dos, c’était la constatation que l’AVC se laissait corrompre, un parti vieux comme la société sorcière et qui garantissait, au même titre que le MCR ou que d’autres groupements politiques absorbés par le PO, l’équilibre politique. Cela en devenait une vérité horrible ; le plus grand parti du pays subissait les influences de la mafia. Restait à savoir s’il restait de l’espoir pour que le pouvoir soit sauvé d’un autoritarisme progressif.

Malgré ces perspectives déprimantes, Margaret tenait bon et se préparait à la lutte politique de sa vie. Depuis sa jeunesse, elle était active politiquement, même si son engagement n’avait pris la forme qu’il avait maintenant qu’après la guerre contre Voldemort. Auparavant, il s’agissait d’un acte personnel, isolé. Puis, elle en était arrivée à la conclusion qu’elle devait agir pour mener ses concitoyens sur la voie droite. En ces temps plus qu’agités dans le monde politique, elle préparait son jeu, organisait ses pièces, définissait sa stratégie.

Elle était comme un général en train d’apprêter ses armées à la veille d’une bataille. Même si elle savait qu’elle ne pourrait rien changer à l’influence de la mafia, elle pouvait toujours espérer changer l’orientation politique des électeurs. Si elle parvenait à se faire élire ministre, alors son parti, devenu majoritaire, pourrait mettre en chantier les réformes dont la société sorcière avait besoin. Dans cette préparation à la guerre politique, Hermione Granger avait une place ciblée. Depuis qu’elle avait reçu la lettre de la jeune fille, Margaret, n’avait cessé de songer aux perspectives que lui offrait l’adhésion de l’ex-résistante à son parti. Jeune et auréolée d’un passé glorieux, miss Granger pouvait représenter l’un des fers de lance qui amèneraient la jeunesse anglaise à ses côtés. La présidente du MCR se savait déjà populaire auprès des jeunes. Il ne restait qu’à placer Hermione Granger dans son camp et à organiser le congrès des jeunes pour s’asseoir une base politique ferme. On ne pouvait pas compter sur les vieux, dont les opinions politiques étaient définitives et qui, bien souvent, demeuraient conservateurs, sans tenir compte des réalités des faits.

Pour ces raisons, l’entrevue qu’elle allait avoir avec l’héroïne nationale était aussi importante pour chacune d’entre elles. Lorsque l’heure d’arrivée de son invitée sonna, Margaret abandonna l’huile sur toile champêtre qu’elle était en train de réaliser, enleva son tablier de peinture, se lava les mains, puis descendit les escaliers. Lorsqu’elle arriva dans le living, elle gratifia la jeune étudiante d’un franc sourire, avant de lui serrer la main et de lui désigner un fauteuil. D’un coup de baguette, elle fit venir à elles un plateau surmonté d’un délicat service à thé en porcelaine et occupé par plusieurs soucoupes contenant divers cakes.


« Je ne suis pas moins contente que vous d’avoir cet entretien. J’ai dans l’espoir qu’il sera autant bénéfique à vous qu’à moi. Par quoi voulez-vous commencer ? Votre avenir peut-être ? »
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MessageSujet: Re: Rencontre sur fond de secret [PV Margaret Bailey]   Ven 24 Mai - 13:32:57

https://youtu.be/jZjuBDKDZds

(Toutes mes excuses pour cet affreux retard) Embarassed
(Ma prochaine réponse sera pour le Congrès du MCR)

Juchée sur ses hauts-talons à boucles dorées, Hermione fit quelques pas délicats à l'intérieur de l'appartement d'où elle venait d'atterir grâce à cette mornille transformée en portoloin. L'objet lui rappela le moyen de communication qu'elle créa pour les besoins de l'Armée de Dumbledore et qui fonctionnait à l'aide d'un sortilège protéïforme. Ignorant s'il s'agissait d'un clin d'oeil, la sorcière se concentra afin de faire face à un quelconque traquenard. La recherche d'informations à propos de l'endroit où elle se trouvait fut sa première occupation. L'étudiante progressa lentement vers une immense bibliothèque, car bien que cela n'était pas toujours un bon indicateur, il permettait souvent de déduire quelques petites choses sur le caractère et les goûts des habitants d'une maison. Il suffisait d'observer les titres des livres et les photographies. Ce fut d'ailleurs ce qu'elle fit en entrant chez Bathilda Tourdesac, à Grodric's Hollow, la nuit de Noël quatre-vingt-dix sept. Lentement, Miss Granger observa la décoration intérieure ainsi que l'emplacement du mobilier. Tout indiquait que l'appartement était le repère d'une personne de goût, suffisamment aisée pour se permettre un tel luxe. Plus encore, ce lieu semblait servir à la fois de living-room, de bureau personnel, de bibliothèque et d'espace de détente. Un lieu fonctionnel... Evidemment, la jeune femme d'origine moldue n'osa toucher à rien de peur d'irriter son hôte, en espérant qu'il s'agirait de la Sous-secrétaire d'état et non du Maître du jeu ou de l'un de ses sbires. Bien qu'improbable, cette éventualité l'incita à garder sa baguette magique à portée de main, dissimulée dans sa manche gauche. On était jamais assez prudent, car ce soir allait être un grand soir, une opportunité comme il s'en présentait rarement au cours d'une vie. Bien qu'extrêmement réfléchis, la sorcière éprouvait malgré tout certaines difficultés vis-à-vis de l'orientation à donner à sa carrière, surtout si l'on considérait la vitesse à laquelle la situation se dégradait dans l'ensemble du monde magique.

Le Ministère semblait toujours empêtré dans des affaires louches de corruption, de malversations politiques et d'abus divers, à tel point que Miss Granger se demanda si un individu n'essayait pas de profiter de la désunion et de la faiblesse du pouvoir pour ré-installer la tyrannie et l'oppression dans le pays. Tout commença avec cette manifestation de Trafalgar square qui lui donna l'impression d'avoir été délibérément encouragée et sabotée afin de servir les intérêts de certains politiciens de premier plan. Elle n'en fut pas moins confortée dans sa supposition lorsqu'elle s'entretint avec Lavande Brown et Alan Desoya. Il y eut aussi l'attentat de la Commémoration qui fit connaître le Maître du jeu et qui sonna le glas à la fois de l'ouverture au monde magique et du mandat du Ministre Shakelbolt. Lors des élections anticipées, les conservateurs furent "logiquement" en mesure de réunir une courte majorité, néanmoins suffisante pour ré-instaurer au Royaume-Uni une situation proche de celle qui régnait à l'époque du défunt Ministre, Rufus Scrimgeour. Un analyste politique à l'esprit affûté aurait eu l'impression que quelqu'un avait réussi à manipuler l'opinion publique et l'échiquier politique à son avantage en montant les gens les uns contre les autres et en éliminant les gêneurs. D'ailleurs, Hermione n'avait guère été rassurée par le discours que prononça Monsieur O'Riordan lors de la journée portes-ouvertes puisqu'elle avait cru y voir une tentative d'intimidation ainsi qu'une mise en garde contre ceux, parmi les étudiants, qui oseraient tenter une rébellion contre "l'ordre établi". Ce sentiment de malaise ne fit que grandir lorsque la jeune femme remarqua la collusion entre le Ministère et l'UMA ; une association qui posait un sérieux problème en terme d'indépendance et de libertés individuelles. Qu'importe puisque la plupart des étudiants trouveraient de quoi se divertir !

Ajoutons à cela le casse chez Gringotts, le rachat par Leoni de la compagnie Vitmagic, sa prise de capitaux au sein de la banque et ce décret sur l'homosexualité pour que l'esprit de la future politicienne tire la sonnette d'alarme. Cette fois, il n'était plus question de se reposer sur ses lauriers et d'attendre son diplôme pour se soucier de l'avenir du pays. Il fallait s'en préoccuper dès aujourd'hui. De prime abord, Hermione pensa que le Maître du jeu aurait pu être un mangemort. Elle songea à Led Yaxley, ce bureaucrate à l'esprit machiste et sans grande subtilité, doublé d'un raciste, ayant un jour occupé les fonctions de Directeur de la justice magique et de sous-secrétaire d'état. Selon elle, un gorille n'aurait pas fait mieux, lui qui était responsable de tant de crimes. Cet imbécile de première catégorie ne méritait que la prison à vie tout comme cette vieille sangsue de Dolores Ombrage qui oeuvrait toujours au Ministère, au bureau des centaures ; un poste qui ne servait à rien, mais qui coûtait chaque mois au contribuable une somme rondelette. Non, leur profil avait du mal à convaincre... Alors, qui était ce mystérieux Maître du jeu ? Un autre mangemort ou un politicien avide de pouvoir ? Oui, mais lequel ? Miss Granger n'en avait pas la moindre idée. Elle se méfiait de tout le monde, y compris de Margaret Bailey qu'elle entrevoyait pourtant comme un modèle d'intégrité. Tout chez elle lui avait valu son admiration : sa carrière, son caractère et ses actes d'une conviction et d'un courage vraiment rare au sein d'une classe politique trop occupée à comploter en coulisse et à mentir au peuple. Pourtant, le MCR semblait la seule force capable de rassembler le plus grand nombre vers un objectif commun, à redonner au Ministère ses lettres de noblesse et peut-être même à conduire le pays vers un nouvel âge d'or, un renouveau digne de l'époque des lumières. De son point de vue, il s'agissait du seul choix possible, le plus raisonnable, compte-tenu de la situation actuelle, mais avait-elle raison ?

Le motif de cette rencontre secrète avec Miss Bailey avait titiller ses méninges. Pourquoi une telle correspondance et une invitation de manière officieuse ? Par calcul politique ou y avait-il autre chose ? Oh, après tout pourquoi pas ! Au moins Hermione aurait-elle l'occasion de se sentir en confiance lorsque le moment serait venu pour elle d'aborder certains sujets "sensibles", comme la situation au Ministère, ses choix d'études et sa future carrière, ainsi que cette histoire de Congrès magique. Et puis, cela lui donnait aussi une occasion unique de faire la connaissance d'une personne qu'elle considérait déjà comme un mentor. Par ailleurs, son objectif était aussi de renforcer l'influence du MCR, avec l'espoir que son soutien provoquerait un élan de sympathie pour leur cause commune. Seulement, elle espérait avoir fait le bon choix et ne pas s'être laissé berner par des faux semblants. A bien des égards, l'entrevue de ce soir revêtait donc une saveur toute particulière, à n'en point douter. De plusieurs façons, Hermione représentait une exception. C'était une habitude puisqu'elle ne faisait jamais rien comme les autres. Bien qu'étant respectueuse des règlements et des lois, l'étudiante souhaitait adopter un style qui lui était propre, en renouvelant la manière de pratiquer la politique en agissant de manière anti conformiste, en toute simplicité sans se prendre la tête avec sa célébrité. Son objectif était de briser les stéréotypes, ces règles non-écrites qui obligeaient chacun à user de la langue de bois, de menaces voilées et d'attaques déloyales. Il s'agissait d'un combat où tous les coups étaient permis à condition de ne pas se faire attraper la main dans le sac. Bien qu'elle en était parfaitement capable, au point d'avoir déjà utilisée le chantage à une reprise pour la bonne cause, Hermione souhaitait s'attaquer à la corruption, au crime organisé et à la politique dégradante sévissant dans son pays. Refusant obstinément le mensonge et l'hypocrisie, elle ne voulait en aucun cas infantiliser ses concitoyens, notamment en ergotant sur le langage ou en leur promettant la lune. Elle voulait une opinion franche, même si pour cela elle devait déplaire et ne pas être élue.

Sa lettre, Hermione l'avait rédigée pour obtenir une entrevue, même si elle n'y avait pas cru. Au mieux, avait-elle espérer décrocher un stage au Ministère, même si pour cela elle devait travailler dans une pièce minuscule au sous-sol, sans chauffage, dans un local qui aurait pu faire office de placard à balai. Servir son pays avec humilité était gratifiant tant qu'on ne lui demandait pas de récurer les toilettes ou de servir le thé à des huiles qui passeraient leur temps à mater ses fesses et ses jolies jambes tout en formulant à son intention quelques remarques sexistes ou racistes qui lui donneraient l'envie de mordre la vie à pleine dent. Grrr... Non, jusqu'ici, l'étudiante n'avait pas osée utiliser sa célébrité afin d'obtenir des avantages et se faire "mousser". De toute façon, elle était suffisamment connue pour ne pas avoir à se rabaisser à cela. Cependant, son sang ne fit qu'un tour lorsque l'une des portes s'ouvrit. Aussitôt, Miss Granger fut soulagée lorsqu'elle reconnut le visage de Margaret Bailey. Son sourire franc et sa poignée de main lui mit du baume au coeur, ce qui l'incita à élargir son sourire.


"- Bonsoir Madame la Sous-Secrétaire d'état. Je tenais vraiment à vous remercier encore une fois pour votre aimable invitation. C'est un grand honneur de vous rencontrer. J'espère ne pas trop vous déranger", fit-elle sur un ton poli, en adoptant un air calme et posé.

Cette fois, elle y était ! Pas de panique ! Hermione déploya des efforts pour maîtriser ses nerfs et ne pas passer pour une petite idiote. Elle devait surtout éviter de rire ou de regarder ses escarpins afin de dissimuler sa nervosité. Soupirant un grand coup, Margaret l'invita immédiatement à s'asseoir en lui désignant un siège d'un geste de la main, obligeant l'étudiante à se déplacer vers celui-ci pour y prendre place. Lorsqu'elle fut assise, elle se tenait bien droite, les jambes resserrées l'une contre l'autre. Ses mains manucurées pour l'occasion reposaient à la fois sur son porte-documents et sur ses genoux. Puis, d'un geste de baguette, la Sous-secrétaire d'état fit venir jusqu'à elles un plateau surmonté d'un service à thé en porcelaine accompagné de diverses soucoupes contenant divers cakes. Préférant y être invitée avant de se servir comme c'était l'usage, Miss Bailey s'adressa à elle sur un ton amical et toujours avec le sourire.


« Je ne suis pas moins contente que vous d’avoir cet entretien. J’ai dans l’espoir qu’il sera autant bénéfique à vous qu’à moi. Par quoi voulez-vous commencer ? Votre avenir peut-être ? »

Voilà une réponse qui faisait chaud au coeur. Cela signifiait que sa lettre avait attirée l'attention de la Sous-secrétaire d'état, mais aussi qu'elle s'imaginait sans peine les bénéfices qu'elles pourraient retirer si elles parvenaient à se convaincre qu'une association serait bénéfique. Hermione ignorait si Miss Bailey était en train de tester ses priorités. Pour elle, il valait mieux d'abord discuter de la situation du monde magique et du MCR avant de songer à son avenir. Celui lui permettrait au moins de se faire une meilleure opinion des choses. L'important était surtout de savoir ce que sa présence pourrait bien apporter au parti et aux gens en règle générale, car c'était justement son leitmotiv : voir grand, mais penser avant tout à l'intérêt général.

"- Tout d'abord, je tenais à vous rendre ceci..." Elle lui tendit la mornille qui l'avait amenée jusqu'ici. "Cet argent ne m'appartient pas et puis les bons comptes font les bons amis, n'est-ce pas ? Un moyen de déplacement très pratique, si l'on considère que la création de portoloin nécessite l'autorisation du Ministère", lui lança-t-elle avec le sourire.

"Je dirais que mon avenir ne dépend pas de moi. Il est d'ailleurs bien peu de choses en comparaison de ce qui se trame dans les coulisses, si je puis me permettre d'être franche avec vous, Madame", fit-elle en marquant une courte pause afin de respirer un bon coup."Comme vous l'avez dit, il s'agit une fois encore de choisir entre la liberté et la mise à bas de nos valeurs, le progrès ou le déclin, la diversité ou l'intolérance. A ce propos, si j'en juge par certains événements récents, j'ai l'impression que tout recommence... D'ailleurs, dans votre dernière lettre vous m'avez indiqué que je comprendrais pourquoi vous avez souhaité me rencontrer chez vous plutôt qu'au Ministère. Madame la Sous-secrétaire d'état, que se passe-t-il donc là-bas qui pousse une femme aussi puissante que vous à prendre de telles précautions ?", lui demanda-t-elle en fronçant les sourcils d'un air perplexe.

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MessageSujet: Re: Rencontre sur fond de secret [PV Margaret Bailey]   Mar 18 Juin - 14:51:17

[HJ : désolé, la réponse n'est pas terrible mais je ne voulais pas bloquer. Quant à la mise en page, les codes ont disparu depuis quelques jours et je ne travaille pas sous open office, donc je laisse comme ça et je modifie dès que possible.]


Un éclair de malice traversa le regard de la Sous-Secrétaire quand la jeune étudiante lui rendit sa mornille. A coup sûr, elle avait compris l’allusion évidente à l’armée de Dumbledore. Bien qu’elle soit honnête, Margaret n’en demeurait pas moins une politicienne qui s’efforçait d’être habile et tout le monde savait qu’une entrevue se déroulait d’une bien meilleure façon quand l’interlocuteur avait été brossé dans le sens du poil auparavant. Après tout, tant que ses pratiques se bornaient à la juste limite de la flatterie et du compliment, elle s’estimait intègre. La frontière qu’elle abhorrait et dont elle voulait se tenir le plus éloignée, tant nombre de ses « collègues » la franchissaient d’un pas allègre, c’était celle de la corruption, de la manipulation, de l’intimidation, de la délation et de tous les actes qui s’éloignaient, de prêt ou de loin, de l’honnêteté intellectuelle.

« Vous savez, en tant que Sous-Secrétaire, j’ai quelques privilèges… Un courrier au bureau adéquat et j’en reçois une demi-douzaine servis sur plateau d’argent ! Non que ce genre de pratique soit monnaie courante, si j’ose dire, dans mon bureau. Toutefois, cela n’empêche pas de se faciliter la vie de temps à autres, surtout quand l’enjeu est de taille. »

Tout en invitant son hôte à l’imiter, Margaret grignota un bout de cake du bout des lèvres, tout en étudiant soigneusement miss Granger. En dépit de l’assurance parfaitement maîtrisée qu’elle laissait paraître, elle décelait une bonne dose de stress qui s’évacuait peu à peu. Comme on avait pu s’y attendre, l’héroïne au chômage forcé éluda ce qui concernait sa propre personne pour reprendre l’initiative du dialogue et le ramener sur des champs plus globaux, plus dangereux également. Tout en écoutant Hermione amener le sujet, la politicienne se surprit à penser qu’elle représentait la force qui pourrait pallier ses lacunes, tandis qu’elle-même pouvait combler les manques de l’étudiante. Il devenait crucial qu’elle intègre miss Granger à son parti, voire même, à ses lieutenants politiques. Tout bien considéré, Hermione n’avait rien a perdre, ou presque, mais tout à gagner, tandis qu’elle, c’était la potentielle réussite de l’entièreté de son projet national qu’elle jouait ce soir. Elle ne pouvait pas se permettre de perdre.

Lorsque la jeune militante glissa sa dernière question, sa mine se modifia pour afficher un sourire étrange, comme une grimace tordue, tandis qu’elle se crispait légèrement avant de se détendre. Pauvre jeune fille naïve… Même si elle avait saisi le problème gravissime qui déchirait déjà la nation britannique, elle paraissait à cent lieues d’envisager l’ampleur de la catastrophe imminente qui s’annonçait. Margaret eut un rire sans joie, avant de prendre la parole d’un air nettement plus sérieux, quasiment grave.

« Pourquoi ne vous ai-je pas rencontré au ministère ? Certains motifs me paraissent évidents… Je ne vais pas dévoiler à mes adversaires politiques que j’ai des rencontres privées avec une des icônes de la résistance, qui représente donc un intérêt électoral majeur… Pure stratégie cela. Par ailleurs, croyez-vous vraiment que je sois puissante ? Certes, je suis le deuxième personnage politique du pays. Certes, des milliers de personnes suivent mes avis, à défaut de ceux d’un autre. Mais à part cela ? Je n’ai rien pu tenter pour empêcher les récents projets discriminatoires, ni ceux qui sont à l’heure actuelle en gestation. Que puis-je faire pour défendre le pays, sinon prôner mes idées en espérant qu’elles rassemblent. Si du moins les prochaines élections se passent de manière démocratique… »

Elle s’interrompit quelques instants, avant de poursuivre pour noircir un peu plus le portrait. En l’écoutant, on aurait presque pu croire que Margaret était en bout de course, fataliste et prête à se ranger avec résignation au destin qu’on lui imposait. Néanmoins, il n’en n’était rien. Simplement, un cynisme teinté de pessimisme s’était emparé d’elle. A ce jour, elle avait l’impression de jouer une partie d’échecs contre un joueur plus habile, connaissant tous ses coups à l’avance.

« Nonobstant ce tableau des plus sombres, il ne demeure que la partie visible de l’iceberg. Si je vous ai rencontrée chez moi, c’est que j’y suis en sûreté et vous aussi. Peut-être vous souvenez-vous de l’étrange taux de mortalité qui a sévi au Congrès, en mars dernier, avant qu’une loi particulièrement importante ne passe ? Au sein même du ministère, même dans les plus hautes sphères, force espions et agents doubles potentiels sont prêt à tout pour servir des intérêts qui ne sont pas ceux de la communauté magique. Mon importance est telle que je ne peux plus m’estimer en sécurité. Il suffirait que les puissances occultes et souterraines de ce pays envoient un tueur pour que je disparaisse, ainsi que les ténors de mon parti, causant la chute du MCR et la fin d’une opposition politique unie. Les espoirs de reprendre démocratiquement le ministère s’évanouiraient presque définitivement. Vous ne le savez sans doute pas encore, car l’opération est relativement discrète, mais le MCR a utilisé une partie de ses fonds pour engager trois gardes du corps afin d’assurer la protection de ses représentants les plus importants. »

Ce qu’elle omit d’ajouter, c’est que cela ne la rassurait nullement. Quand bien même son appartement avait été cerclé d’un panel d’enchantements protecteurs, un sentiment persistant d’insécurité l’occupait. Depuis quelques temps, la crainte l’habitait, bien qu’elle faisait en sorte de ne rien laisser paraître. Elle savait que c’était l’une des ambitions de ce que d’aucuns nommaient le Damier ; distiller la peur dans la population et au sein des classes influentes, pour que celles-ci se plient à la volonté du plus fort, sans résister. Intégrons cette étrange grippe d’origine inconnue et l’Angleterre prenait des allures d’antichambre de l’enfer en devenir.

Margaret avait d’autant plus peur qu’il s’agissait de sa première expérience de la lutte face à un adversaire aux armes fourbes et violentes. Certes, l’opposition politique lui était familière, puisqu’elle avait déjà été membre du Congrès avant le règne de Voldemort, mais jamais elle n’avait acquis une place à ce point prépondérante dans l’échiquier politique. Quant aux heures noires qui avaient marqué l’avènement des Mangemorts, elles ne les avait pas connues, ayant préféré l’exil en France le temps que la situation se résolve d’elle-même. Reprenant la parole, Margaret adopta un ton à mi-chemin entre la femme d’affaire en plein négociation et la politicienne en campagne.

« Dans votre première missive, vous disiez vous interroger sur les éventualités d’une candidature au Congrès sous les drapeaux du MCR… Je vous y encourage. Si vous prenez une telle initiative, je rédigerai personnellement un avis favorable dans notre revue de parti afin de vous garantir les meilleures chances. Comprenez-moi bien : votre accession au Congrès est une chance supplémentaire pour le MCR de rallier le soutien de notre jeunesse et de lier une icône de la résistance passée à celle qui s’annonce d’ores et déjà. C’est aussi l’occasion pour vous de promouvoir les idées qui vous tiennent le plus à cœur et d’initier des suggestions plus approfondies pour le programme du MCR. Alors, je vous le demande tout d’abord, s’il y avait un point du programme que vous désiriez supprimer ou modifier, quel serait-il ? A l’inverse, quel élément de notre projet souhaiteriez-vous défendre avant tout ? »
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