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 [Thème 5] Somebody that I used to know [MIS]
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  • Rachel Adamson
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MessageSujet: [Thème 5] Somebody that I used to know [MIS]   Ven 29 Juin - 20:02:43

    * Titre : Somebody that I used to know
    * Thème choisi : Thème 5
    * Personnage(s) : Apollon Oaken, Rachel Adamson, et surement d'autre, mais ils ne seront que secondaires ou seulement cités.
    * Résumé : Meilleurs amis à Poudlard et poursuivant un rêve identique, Apollon et Rachel se sont pourtant perdus de vue. Le premier a rejoint les Flèches d'Appleby, l'autre les Harpies de Holyhead. Un match amical de Quidditch entre les deux équipes va finir par les remettre face à face, mais que va t-il ressortir de ces retrouvailles aussi inattendues qu'étranges ?
    * Cadre : Londres
    * Année : 2015
    * Complet : Oui (3/3)


Dernière édition par Rachel Adamson le Lun 9 Juil - 11:11:44, édité 4 fois
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  • Rachel Adamson
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MessageSujet: Re: [Thème 5] Somebody that I used to know [MIS]   Ven 29 Juin - 20:03:26

Juillet venait de s'installer à Londres, il faisait beau, il faisait chaud. Peut-être même trop. D'un revers de main, Rachel s'essuya le front et les quelques gouttes de sueur qui y avait perlé. Même s'ils ne portaient que leur uniforme d'été, elle mourait de chaud et n'avait qu'une envie, descendre de ce foutu balai pour aller prendre une douche glacée. Glynnis Griffiths passa à quelques mètres d'elle, la gratifiant d'une belle bourrasque de vent. Elle filait à toute vitesse dans l'espoir d'attraper le Vif d'Or le plus rapidement possible. Elle ne voulait laisser aucune chance à l'adversaire. Toute l'équipe était en ébullition, toutes les filles étaient surexcitées à l'idée de jouer contre les Flèches d'Appleby, car ce match promettait d'être riche en rebondissements.

La dernière fois qu'ils s'étaient retrouvés face à face, le match avait duré trois jours, et les Flèches avait remporté la partie avec dix points d'avance, parce que Glynnis, leur attrapeuse, avait mangé un cognard en pleine figure quelques minutes avant la fin. Mauvaises perdantes et compétitives, les jeunes femmes n'avaient plus qu'une envie : prendre enfin leur revanche et écraser leurs adversaires. Tendant bien haut le bras pour signaler qu'elle était prête, elle saisit avec fermeté le manche de sa batte. D'un geste sec et brutal, Rachel renvoya le cognard à son envoyeuse et manqua de l'atteindre au niveau du visage. Cette dernière fit de grands gestes dans le but de démontrer son mécontentement. La blonde haussa les épaules. Sa coéquipière, Gwenog Jones, se formalisait d'un rien. D'accord, elle y avait peut-être été un peu fort, mais c'était plutôt bon signe non ? Cela voulait dire qu'elle ferait surement encore mieux pendant le match qui arrivait ! Visiblement, sa partenaire à la chevelure aussi rousse qu'un tas de magma rougeoyant n'était pas du même avis.


« Garde ça pour le match Rachel, si tu me pètes un bras on est foutue ! » s'écria t-elle tout en se rapprochant, évitant agilement un cognard qui se baladait.

«Désolée ! » répondit Rachel en mettant ses mains en porte-voix. « Tu sais bien que des fois je ne contrôle pas ma force ! »

« Si tu pouvais envoyer le même dans les dents d'un des batteurs des Flèches, je serais vraiment comblée ! Cette année, hors de question qu'ils descendent l'une d'entre nous ! La dernière fois, Glynnis a passé trois semaines à Ste Mangouste à cause de sa chute ! » pesta la rouquine en frappant rageusement dans un cognard qui passait à sa portée.

Sa partenaire arriva enfin à ses côtés.


« Ça fait combien de temps que nous n'avons pas joué contre eux ? »

« T'appelles ça jouer toi ? Moi j'appelle ça une lutte à mort ! »

« Uh... Gwenog... C'est un match amical tu sais ? » se moqua gentiment la blonde, tout en gardant un œil sur ce qu'il se passait autour d'elle.

« Amical mon cul ! Ça deviendra un match amical quand ils auront tous leur balai calé jusqu'à l'intestin ! » répondit la rousse avec ardeur avant de partir comme une flèche.

Rachel ne put s'empêcher de rire devant le comportement belliqueux de son amie. La personne qui avait osé dire que les filles étaient des créatures douces et délicates devait n'en avoir jamais rencontré de sa vie. Gwenog était sortie avec un membre de l'équipe des Flèches d'Appleby -elle n'avait d'ailleurs jamais voulu révélé de qui il s'agissait, et ce dernier l'avait trompée et plaquée pour une bimbo qui posait en sous-vêtements dans PlayWitch. Depuis, elle nourrissait une haine sans nom pour les hommes, et en particuliers pour ceux de l'équipe bleue, elle semblait toujours bouillonnante de rage, prête à exploser en faisant le maximum de dégât, c'était même surement de là qu'elle tirait son habileté à dézinguer ses adversaires à coup de cognard. Après tout, les problèmes de Gwenog ne regardaient qu'elle, et si en plus ils servaient les intérêts de l'équipe, il n'y avait vraiment pas de quoi en faire toute une histoire. Il fallait juste s'assurer, à chaque fois, qu'elle n'essaierait pas de massacrer ses adversaires à coup de batte après le match. Elle était colérique, et il fallait parfois se mettre à deux pour l'arrêter. Une vraie tornade.

La jolie blonde ne la comprenait pas vraiment, mais ça, c'était uniquement parce qu'elle était vraiment trop différente de sa partenaire. Rachel se concentrait sur sa carrière, sur sa carrière et uniquement sur sa carrière. Le peu de temps libre qu'elle avait, elle le consacrait, bon enfant, à sa famille. Elle prenait tout particulièrement soin de ses plus jeunes sœurs, car sa profession ne lui permettait pas d'être à leur côté quand elle le désirait. La plus jeune, Dannielynn, était à l'UMA et envisageait de devenir assistante sociale pour loup-garou, un choix que ni son père ni sa mère n'avait approuvé, ce qui n'avait pas empêché la gamine de poursuivre son rêve. Jill était devenue une Magicarchéologue reconnue et avait déjà deux enfants. Eden, Oubliator de son état, était mariée à un riche ambassadeur Irlandais et était enceinte de son premier enfant.

Rachel, qui avait beau être l'ainée, n'avait réussit que professionnellement. Elle n'avait pas d'enfant, n'avait encore jamais été mariée, au plus grand désespoir de ses parents. Pour eux, sa profession était du grand n'importe quoi. « Joueuse de Quidditch, ça n'est pas un métier, et encore moins un métier de femme ! » hurlait sa mère à tout bout de champ. « Tu ne trouveras jamais de mari en continuant comme ça ! Pas étonnant que tu sois seule, les hommes ont besoin d'une femme douce et délicate, pas d'une excitée de la batte ! » renchérissait son père. Au début, la jeune femme s'était sentie humiliée, mais au fil du temps, elle avait apprit à ne même plus prêter attention à toutes les méchancetés que ses parents lui crachaient visage à longueur de temps.

Après tout, elle n'était pas encore vieille et laide, et si un jour l'envie de fonder une famille la prenait, elle pourrait toujours se reconvertir ! Les gens la prenaient en général pour une femme qui détestait les enfants et les relations stables, et qui aurait fait passé sa profession avant tout le reste. Bon, il fallait bien avouer qu'elle adorait son métier, mais il ne fallait pas non plus pousser Merlin dans les bégonias. Elle ne détestait ni les enfants, ni les relations sérieuses, elle n'avait simplement jamais trouvé quelqu'un supportant son mode de vie. Elle était bien forcée d'avouer que ça n'était pas facile tous les jours ! Déjà qu'elle était du genre insupportable hyperactive, son poste de batteuse chez les Harpies lui prenait la majeur partie de son temps, elle faisait donc fuir à peu près tout ses prétendants. Elle avait bien songé à sortir avec un homme partageant le même métier qu'elle, mais si c'était pour finir comme Gwenog, ça n'était même pas la peine d'y penser. Se transformer en une espèce de gorgone hargneuse, très peu pour elle ! Elle était déjà assez chiante comme ça pour aggraver son cas.

Filant comme un éclair, elle fondit sur un cognard et frappa avec sa batte de toutes ses forces. Elle ne s'imaginait pas vivre autrement, elle avait besoin de se métier, de ce poste de batteuse qui lui permettait de se défouler, d'évacuer lorsqu'il le fallait son trop plein d'émotion. Plutôt que de cogner des gens, elle se défoulait sur des cognards. C'était d'ailleurs un bon exutoire. En entendant le coup de sifflet de leur capitaine, elle plongea en piqué vers l'herbe verte du stade. Elle adorait faire ça, ce qui n'était pas du goût de tout le monde. Gwendolyn était furieuse à chaque et ne manquait de le lui faire savoir. Attendant, comme à son habitude, le dernier moment, elle redressa le manche de son balai, frôlant le sol avec insolence. Si un jour elle se plantait, comme le lui prédisait souvent ses coéquipières, elle risquait de se retrouver avec la moitié du visage arraché. Et là... Là... Adieu mari, enfant, maison sur la côte. Adieu vie sentimentale ! Elle sauta de son balai sous le regard furibond du capitaine et commença à retirer ses protections.


« Rachel, combien de fois il faut que je le répète, les protections on les enlève une fois dans les vestiaires, pas avant ! » expliqua Gwendolyn comme si elle l'avait déjà répété un bon million de fois.

« Plus personne n'est en l'air ! T'as peur qu'un écureuil volant désorienté me fonce à la tronche et m'enfonce une côte ? » demanda ironiquement la blonde tout en continuant d'enlever ses protections, déclenchant le rire discret des autres filles qui firent de même.

« Très drôle. Bon, on arrête les plaisanteries et on se concentre cinq minutes ! » commença t-elle avant d'attraper brusquement le poignet de Ginny qui retirait nonchalamment ses protections. « La prochaine qui pose un doigt sur ces foutues protections, je lui botte le cul c'est clair ? »

Toutes les filles acquiescèrent, non sans sourire.

« Bref, le match, c'est dans deux jours, donc il faut qu'on soit prête. Il faut garder le moral alors pitié, personne ne rompt avec son petit ami, personne ne se prend une cuite, personne ne se blesse. Si l'une d'entre vous fait un pas de travers, je me charge personnellement de son cas... » poursuivit-elle en plongeant son regard dans celui de Rachel. « On doit laisser le terrain aux Flèches, donc vous avez un peu de temps libre cette après midi, alors profitez en pour vous reposer, je vous veux en forme demain matin à 10h tapante ici même ! »

« On aura le stade pour la journée ? » s'enquit Rachel.

« Non, la matinée, comme aujourd'hui. Bref, à la douche les filles ! Ça n'est pas parce que vous faites un métier d'homme que vous devez sentir comme eux ! » conclut Gwendolyn en invitant les filles à quitter le terrain d'un geste du bras.

Rachel ricana. C'était tout le temps comme ça avec leur capitaine, mais derrière ses faux airs de mégère autoritaire, c'était en fait une femme adorable. La jeune blonde l'adulait presque. Enfin quoi ? Répondre à la demande en mariage du capitaine des Busards de Heidelberg en assommant ce dernier avec un balai, c'était quand même vachement cool ! Elle était la représentation parfaite de la femme moderne qui ne se souciait absolument pas de ce que les gens pourraient penser d'elle et qui se fichait de passer pour une barbare sans cœur. L'époque de la Femme douce et aimante était résolue, place aux guerrières ! Un sourire naquit sur ses lèvres charnues à cette pensée. Elle était impatiente de jouer contre les Flèches, histoire de leur donner une bonne leçon. Toutes les filles étaient surentrainées, et elle avaient toutes la fureur de vaincre et la rage de perdre, cette fois-ci, elles ne feraient pas de quartier, elles ne leur laisseraient aucune chance d'en ressortir vainqueur.

Dépassant les filles en jouant des coudes, elle fonça jusqu'au vestiaire pour se débarrasser enfin de sa tenue de Quidditch qui commençait sérieusement à lui tenir chaud. Elle avait l'impression de fondre. Elle sauta hors de ses vêtements comme si ces derniers l'avaient brûlée au troisième degré et fonça dans les douches. Le jet d'eau froide sur sa nuque la fit frissonner. Le choc thermique n'était pas des plus agréables, mais au moins, elle ne sentait plus incommodée par la chaleur étouffante. Certaines filles de l'équipe n'aimaient pas se doucher nue devant les autres, elles préféraient rentrer chez elle en sueur et se laver une fois rentrées. Rachel trouvait ça tout bonnement dégoutant. Comme le disait si bien Gwendolyn, déjà qu'elles exerçaient un métier à forte appartenance masculine, ça n'était pas la peine d'en rajouter une couche en faisant passer l'intégralité des sportives pour des crados pleine de testostérone.

Après une douche rapide, la belle blonde se sécha rapidement et, enroulant la serviette autour de son corps pour cacher ses attributs féminins, elle retourna dans le vestiaire. Vu qu'elle s'était dépêchée, elle était toute seule, les autres étant encore en train de se battre pour la douche. Attrapant son sac à main, elle en sortit une petite pochette et en déversa le contenu sur le lavabo. D'un coup de baguette, elle se sécha les cheveux et les noua en un chignon désordonné. Pas le temps de faire dans la dentelle, et puis de toute façon elle n'allait pas participer à un concours de mode alors inutile de se préparer comme si c'était le cas. Elle se maquilla brièvement : Un coup de crayon sur les yeux et un peu de baume à lèvre incolore pour éviter d'avoir les lèvres sèches. C'était amplement suffisant. Rachel n'était pas ultra-féminine, mais c'était toujours mieux que lorsqu'elle était encore à Poudlard ou à l'UMA ! Elle s'était comportée comme un vrai garçon manqué pendant toutes ses années, se fichant pas mal de ce que ça pouvait impliquer.

Elle reposa son maquillage dans la pochette qu'elle remit dans son sac, nostalgique. Cette époque lui manquait un peu. Il fallait dire qu'elle en avait vraiment fait des vertes et des pas mûres ! Elle n'avait d'ailleurs à cette époque que des amis, pas d'amies, elle ne s'entendait pas avec les filles. Elle avait mis du temps avant d'oublier ses préjugés envers ces dames. Elle se souvint soudainement de la fois où elle s'était retrouvé dans l'eau des Kappas au Magizoo de Londres après s'être battue avec Ange Dawster. Elle ne put retenir un petit ricanement en pensant qu'à l'époque, cette petit peste l'avait bien mérité. Elles avaient écopées d'une punition mémorables, et, déjà furieuses l'une contre l'autre, elles avaient dû se supporter bon gré mal gré pendant leurs heures de retenue. Il n'empêche qu'elle avait beau avoir été une sacrée pouffe, elle avait bien réussit. On la voyait partout dans les magazines.


« Partage un peu le miroir là ! » gronda gentiment Gwenog.

« J'ai fini de toute façon ! » répondit Rachel en s'écartant et en enfilant ses vêtements.

« T'es pas trop stressée pour jeudi ? »

« Non pourquoi ? T'es pas prête toi ? »

La belle blonde ne comprenait pas où sa coéquipière voulait en venir.

« Bien sûr que si ! Depuis le temps qu'on s'entraine... Mais tu sais, vu que toi tu connais bien Oaken, le batteur des Flèches, peut-être que... »

« Hola, j'te coupe tout de suite, c'est pas 'je le connais bien' c'est plutôt 'je l'ai bien connu' , et ça remonte à loin maintenant ! Je sais pas ça doit faire... Bientôt dix ans qu'on s'est pas parlé... Je ne vois vraiment pas pourquoi ça m'empêcherait d'être prête ! » répliqua t-elle à toute vitesse sans laisser son amie finir.

Gwenog afficha un sourire entendu.


« Toi, quand tu parles aussi vite et de manière aussi bizarre, c'est que tu paniques... » se moqua t-elle gentiment.

« Mais non, je panique pas ! Enfin si, peut-être un peu... » avoua t-elle péniblement. « Mais, c'est bizarre tu sais, quand tu as été très proche de quelqu'un, et qu'un jour tu te réveilles et tu t'dis : Merde ! Tu crois que tout à changé, mais en fait c'est toi qui a changé, et tout ce en quoi tu croyais s'évapore pour laisser place à la réalité... »

« Je préférais Rachel délurée, pas Rachel sérieuse, elle m'ennuie. » annonça Gwenog, faussement boudeuse.

« Sérieusement, tu t'endors à 20 ans à côté de ton meilleur ami et tu te réveilles à 30 à côté d'un inconnu, c'est... Je sais pas... »

« C'est pas un inconnu, il a changé, comme tout le monde ! » répondit la rousse avec un clin d'œil.

« Tu as surement raison... »

Rachel haussa les épaules, elle ne savait même pas pourquoi elle était en train de parler de ça avec sa partenaire, d'ailleurs, elle ne savait même pas pourquoi elle parlait de ça tout cours ! A force de papoter, elles étaient dans les dernières à sortir. A peine la porte des vestiaires franchies, un tintamarre irritant se propagea jusqu'à leurs oreilles. Est-ce que c'était des gloussements ? Des rires niaiseux ? Des petites cris de vierge énamourée ? Surprise que les filles de son équipe se conduisent comme des lycéennes à trente ans passés, elle marcha dans leur direction. Elles étaient regroupées autour de quelque chose qui semblait les mettre dans tous leurs états. Ou plutôt quelqu'un, à en juger par la tignasse blonde légèrement en bataille qui dépassait de l'amas de filles chaleur. Sachant très bien qui se trouvait là, sans pour autant vouloir l'admettre, elle se mit sur la pointe des pieds. Elle le découvrit sans surprise. Apollon Oaken.

« Si c'est une technique pour essayer de convaincre les filles de vous laisser une chance pour le match de jeudi, c'est raté. » annonça t-elle brusquement en se frayant un chemin jusqu'à lui.

Elle fut surprise par la froideur de sa voix. Avait-elle vraiment voulu lui parler comme ça ? Gwendolyn débarqua alors que la situation devenait de plus en plus bizarre : Apollon fixait Rachel, silencieux, Rachel fixait Apollon, silencieuse, et les autres filles gloussaient effrontément autour d'eux. Situation gênante au possible.


« Allez les filles, on se calme et on laisse ce monsieur rejoindre son équipe qui est déjà sur le terrain ! Ils faut les laisser s'entraîner, déjà qu'ils n'ont aucune chance... » dit-elle d'une voix mielleuse et provocatrice.

Elle prit la tête du cortège et quitta la pièce, bientôt suivit par toutes les autres. Au dernier moment, Rachel se retourna et crut voir Oaken lui adresser un sourire, qu'elle lui rendit, sincère. Tout était vraiment trop étrange, et pendant une seconde, elle s'en voulut de l'avoir traité comme ça, avant de se rendre compte que ça n'avait pas d'importance. Enfin, c'est ce qu'elle croyait.



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MessageSujet: Re: [Thème 5] Somebody that I used to know [MIS]   Mar 3 Juil - 14:37:28

Rachel passa une main dans ses cheveux pour en retirer l'élastique et les secoua négligemment. Elle avait trop chaud, et pourtant elle ne portait pratiquement rien sur le dos. Vêtue d'un short en jean déchiré et d'un t-shirt rouge très largement échancré dans le dos, elle ne pouvait pas faire plus léger, cela serait devenu indécent. Mordillant le bout d'un de ses doigts, elle faisait les cents pas de l'entrée du stade de Quidditch. Que faisait-elle là ? Elle ne savait pas trop elle-même. Elle attendait qu'Apollon sorte enfin, mais elle n'était même pas sûre de savoir pourquoi. Ils ne s'étaient pas réellement reparlé depuis une bonne dizaine d'années, alors il n'y avait aucune raison que cela se passe autrement aujourd'hui. Pourtant, elle ne pouvait se résoudre à partir. Cela faisait bien vingt minutes qu'elle se torturait l'esprit en attendant le joueur de Quidditch, elle n'avait certainement pas perdu tout ce temps pour finir par se dégonfler et rentrer chez elle ! Elle ignorait ce qui allait se passer, et cela la troublait un peu. Elle aimait avoir les choses en main, et détestait par dessus tout se laisser dépasser par les événements, si elle n'avait pas le contrôle total, elle se sentait mal à l'aise, comme vulnérable.

Elle avait déjà imaginé plusieurs scénarii, mais elle préférait ne pas trop s'y accrocher, car elle était très bien placée pour savoir que la réalité différait souvent beaucoup du fantasme. Elle le saluerait chaleureusement, mais pas trop, pour ne pas passer pour une grosse cinglée recherchant des amis, et il lui rendrait son sourire, lui demanderait comme elle allait depuis tout ce temps, et de fil en aiguille, leur complicité passée finirait le travail. Du moins, c'est ce qu'elle espérait. Il suffisait d'être naturelle, de forcer un peu le sourire au début pour paraître avenante, et tout se passerait comme sur des roulettes. Et puis personne ne devait être au courant. Ça lui aurait fait de la mauvaise pub si on l'avait surprise en train de fraterniser avec l'ennemi. L'ennemi ? Avait-elle vraiment dit qu'Apollon était son ennemi ? Elle soupira, quelque chose ne tournait vraiment pas rond dans sa tête blonde. Bref, il valait mieux éviter qu'on la surprenne en pleine échange de familiarités avec un joueur de l'équipe adverse. Les autres filles de son équipe étaient très susceptibles à ce sujet, surtout après ce qui était arrivé à Gwenog, et elles ne toléraient plus ce genre d'écart.

Rachel n'était pas du genre à se laisser dicter sa conduite par quiconque, mais si elle pouvait éviter un conflit avec Gwendolyn à la avant-veille d'un match important, ce serait préférable pour tout le monde ! Et puis rien n'indiquait qu'Oaken accepterait de lui parler, après tout, peut-être qu'il avait déjà des projets pour l'après-midi. Si cette hypothèse se révélait juste, il faudrait faire semblant de ne pas être déçue, lui souhaiter une bonne après midi, lui serrer la main en lui souhaitant bonne chance pour le match de jeudi, fairplay. Il faudrait faire bonne figure et s'en aller avec toute la dignité possible. Elle shoota nerveusement dans une touffe d'herbe. Pourquoi est-ce qu'elle se prenait tant la tête pour une si petite histoire ? Est-ce que Gwenog avait raison ? Etait-elle paniquée à l'idée de revoir celui avec qui elle avait tant partagé dix ans auparavant ? Maintenant qu'elle y réfléchissait, honnête envers elle-même, elle réalisa que cette idée n'était pas totalement dénuée de sens. Après tout, elle avait de quoi être stressée, et elle n'avait aucune raison de se sentir honteuse à propos de ça !

D'un geste fluide et rassuré, elle sortit une petite bouteille d'eau de son sac à main et but avidement quelques gorgées. Avec la chaleur qu'il faisait, il s'agissait de faire attention, un malaise était vite arrivé. Elle ricana. Mais pourquoi est-ce qu'elle pensait à ce fichu temps ? Est-ce que c'était une technique qu'elle développait inconsciemment pour biaisé son esprit et l'éloigner de la source principale de son inquiétude ? Surement. Il fallait qu'elle arrête, ça en devenait complètement ridicule ! Il n'y avait rien de gênant à cette situation, rien d'humiliant, rien de bizarre, c'était juste deux amis d'enfance qui se retrouvait après s'être perdu de vue. Ça arrivait tous les jours non ? Rachel le savait très bien, et pourtant, elle ne pouvait empêcher les battements de son cœur de s'affoler à mesure que les minutes s'égrenaient. Le silence et la solitude commençait vraiment à lui peser, et s'il ne se magnait pas le train, elle partirait sans l'attendre. Elle n'était pas patiente du tout, et puis, d'un autre côté, feindre l'agacement et partir sans se retourner lui permettrait de fuir sans se l'avouer. Plutôt pas mal comme plan.

D'ailleurs, autant le mettre en place tout de suite. Alors que Rachel s'apprêtait à s'enfuir sans demander son reste, les doubles portes du complexe sportif s'ouvrirent à la volée, vomissant un flot de joueur de Quidditch à l'humour lourd et au torse carré. Mortifiée, la belle blonde se décala sur le côté et chercha son ancien ami des yeux, évitant soigneusement le regard de ses autres coéquipiers qui la fixaient comme si elle s'était brusquement transformée en chocogrenouille géante. Elle se racla doucement la gorge, mal à l'aise, reculant discrètement de quelques pas à chaque fois que l'occasion se présentait. Elle n'avait plus que deux mètres à faire pour enfourcher son balai et rentrer illico presto chez elle et se remettre psychologiquement de cette situation pour le moins singulière, et tant pis pour Apollon, de toute façon, ça n'était qu'un con. Posant enfin la même sur le manche de son balai dernier cri, prête à se volatiliser, son regard tomba enfin sur Apollon, qui sortait en riant bruyamment, le bras sur les épaules d'un gars plutôt robuste aux cheveux aussi noir que la nuit. Si elle n'avait pas été ce qu'elle était, elle se serait mise à pleurer : Autant de malchance pour une seule et même personne en moins de cinq minutes, c'était inhumain. Sans pour autant lâcher son balai, elle s'avança l'air de rien jusqu'à lui, restant pour autant à bonne distance.


« Euh... Apollon ? » appela t-elle doucement, pour attirer son attention mais pas celle des autres joueurs.

Il leva une seconde les yeux vers elle et recommença à parler à son ami comme si elle n'avait jamais existé. Rachel resta un temps hébétée par la réaction de son ancien meilleur ami mais préféra ne pas insister. Elle avait imaginé des tas de situations, ayant été jusqu'à anticiper par avance ce qu'elle pourrait dire ou ne pas dire, mais ça, elle ne s'y était vraiment pas attendu. Du coup, elle resta muette devant ce grossier signe d'indifférence, préférant se dire qu'elle était énervée plutôt que blessée. Si elle s'était sentie blessée, cela aurait voulu dire qu'elle accordait de l'importance à ce petit blond arrogant, et elle ne voulait pas que ce soit le cas. Une minute plus tard, tous les joueurs des Flèches avaient disparus, rentrés chez eux ou partis se saoulés dans un bar. Rachel, elle, venait tout juste d'enfourcher péniblement son balai. Elle ne voulait pas rentrer chez elle et se retrouver seul, elle risquerait de ruminer cet échec toute la soirée et ça n'était pas une très bonne idée. Elle allait se rendre chez ses parents, l'occasion de voir aussi Dannielynn, et Alice et John, les enfants de Jill.

Le trajet lui permit de se changer les idées. Elle aimait voler, sentir le vent cingler son visage, foncer à toute vitesse entre les nuages pour se cacher du regard des moldus un peu trop curieux. Ces sensations étaient grisantes. Elle préférait largement se déplacer par la voie des airs plutôt que transplanner. Elle trouvait cela franchement désagréable. C'était peut-être plus pratique et plus rapide, mais Rachel s'en servait le moins possible, uniquement lorsqu'elle n'avait pas d'autre choix. Et puis en plus, si elle pouvait faire enrager ses parents en débarquant chez eux sur un balai filant à toute vitesse, il n'y avait aucune raison de s'en priver. Apercevant la maison de son enfance, un peu perdue au beau milieu d'un parterre d'herbe verte en rase campagne, elle descendit en piqué, comme à son habitude et sauta de son balai après s'être arrêtée. Ne prenant même pas la peine de frapper, elle pénétra dans la petite et modeste maison de ses parents. Ils n'avaient jamais voulu déménager. La jolie aimait cette vieille bicoque remplit de souvenir, dans laquelle elle avait vécue toute son enfance avec ses jeunes sœurs. Une petite cuisine à l'ancienne ou on finissait par se marcher dessus si on s'y trouvait à plus de deux, un salon remplit de bibelots et de vieilleries, deux petits enfants jouant à s'attraper, une jeune étudiante souriante attablée devant un énorme livre de médicomagie... Deux parents fâchés assis sur le canapé.


« Bonjour ! » lança Rachel à la cantonade, espérant leur faire retrouver le sourire.

« Tata Rachel ! » s'exclamèrent Alice et John en courant vers elle.

Amusée, la blonde prit la plus jeune dans ses bras, gratifiant l'autre d'une caresse ébouriffante dans les cheveux.


« Comme vous êtes grands ! » s'extasia la joueuse de Quidditch en riant.

« Moi j'ai déjà 8 ans ! »

« Et moi 4 ! Moi 4 ! » renchérit Alice pour attirer l'attention sur elle. « Regarde ce que j'ai fait ! » poursuivit-elle en lui montrant un dessin représentant une petite brune sur un balai.

« C'est toi là ? »

« Oui ! C'est moi quand je serais grande et forte comme toi ! Moi aussi je veux faire du balai comme métier ! » déclara t-elle innocemment, accentuant le malaise entre Rachel et ses parents.

« Tu ne préférais pas être princesse ou fée plus tard ? » tenta la blonde, désireuse de détendre l'atmosphère.

« Pff... Ça existe même pas comme métier ! Je veux être grande comme toi et intelligente comme maman, c'est mieux ! »

« Et où elle est maman ? »

« Elle est au Drézil, alors nous on reste avec mamie et papy ! »

« D'abord on dit Brésil ! »

« Même pas » s'écria rageusement Alice en quittant les bras de Rachel pour aller se chamailler avec son grand frère.

Rachel éclata de rire. Ces deux là étaient tout bonnement adorables. Elle salua sa sœur et ses parents avec plus de réserve, visiblement elle tombait mal, et sa mère lui reprocha de ne jamais prévenir avant de venir. Elle lui rappela encore une fois qu'il était mal poli de débarquer chez les gens à l'improviste. La jeune blonde acquiesça, s'excusa et passa à autre chose, elle savait qu'il était inutile d'essayer de discuter avec sa mère, elle aurait de toute façon toujours le dernier mot, pas la peine d'argumenter. Elle resta une petite heure à parler de tout et de rien avant de se décider finalement à rentrer chez elle, elle reviendrait un autre jour, et cette fois-ci, elle penserait à prévenir, elle éviterait ainsi les sermons de ses parents. C'était toujours comme ça de toute façon, avec eux, elle était toujours en tord : elle avait choisit les mauvaises études, elle n'aurait pas pu trouver pire métier, sa célébrité était une mauvaise chose, elle négligeait sa famille, elle ne pensait qu'à elle, elle n'avait pas encore fondé de famille, elle dépensait trop ses sous... La liste des reproches était encore bien longue.

oOo

Lorsqu'elle arriva sur le terrain de Quidditch le lendemain matin, elle était déjà en retard de dix bonnes minutes et s'attira les foudres de Gwendolyn. Elle enfila son uniforme à la va vite et fonça sur le terrain, balai en main. Leur capitaine était stressée, et c'était tout à fait compréhensible. C'était la dernière fois qu'elles auraient l'occasion de s'entraîner avant le match de demain contre les Flèches, il fallait donc tout donner. C'était maintenant ou jamais, et ça, les filles l'avaient bien compris. Cela se ressentait sur le temps. Cette fois, pas de papotage intempestif, tout le monde restait concentré sur la tâche qu'on lui avait confié et se donnait à fond. Enola ne laissa passer que deux fois le souaffle dans les anneaux, et Glynnis effectua un record de vitesse en attrapant trois fois le Vif d'Or pendant l'entrainement. Aucun cognard ne vint embêter les joueuses, bien protéger par leur deux batteuses, et les poursuiveuses redoublèrent d'ingéniosité, sous les applaudissements enthousiastes de Gwen. D'un coup de sifflet, elle fit descendre toutes les joueuses à terre. Rachel, trop excitée par cet entrainement, resta en l'air, près du sol.


« Rachel, on n'attend plus que toi ! » s'exclama Gwendolyn, rien ne semblant pouvoir entamer sa bonne humeur.

« On pourrait continuer encore un peu ! » répondit la blonde, peu désireuse de redescendre au sol.

« Tu sais très bien que si ça ne tenait qu'à moi, vous vous entraineriez jusqu'à ce que mort s'en suive ! Allez descend, les Flèches seraient capable de dire qu'on les a empêché d'accéder au terrain ! Tu n'as pas envie que le match soit annulé pour mauvaise conduite pas vrai ? » tenta Gwendolyn, sachant très bien qu'elle touchait une corde sensible.

La batteuse fit mine de réfléchir un instant.


« Ils ne sont, de toute évidence, pas encore là, alors on peut encore taper deux trois cognards non ? Gwenog, soutient moi un peu s'il te plait ! »

« Gwendolyn, on se le cogne cinq minutes et après on va à la douche, les filles sont pas obligées d'attendre, et toi non plus d'ailleurs, on fera vite ! On aimerait être à cent pour cent pour demain, laisse nous nous entrainer... » demanda Gwenog.

« Vous allez me rendre folle les filles ! Bon, allez à la douche ! Et vous, vous avez cinq minutes, je vous surveille ! » s'exclama le capitaine en faisant signe aux autres filles de l'équipe de se diriger vers les vestiaires.

Emettant un petit cri de joie, Rachel remonta précipitamment et fit un tour du terrain à toute vitesse pendant que sa partenaire libérait un cognard qui fila brusquement vers le ciel avant de se diriger, agressif, vers la blonde. Elle l'attendait et, ramassant sa poigne sur la batte, lui asséna un coup particulièrement puissant, l'envoyant valdinguer vers Gwenog qui piqua brusquement pour l'éviter, provoquant l'hilarité de Rachel. Elles avaient le terrain pour elles toutes seules, elles pouvaient se permettre de s'amuser un peu sans pour autant mettre la santé de leurs coéquipières en danger, c'était presque jouissif. Même si ça ne permettait en rien d'améliorer la technique de jeu, ça avait au moins le mérite de défouler et de muscler les bras, et puis ça entrainait aussi à viser correctement. Car le but d'un batteur était de dégommer les joueurs adverses, pas uniquement protéger les leurs.

Effectuant un petit looping arrière qui l'hébéta pendant une seconde, elle fonça vers Gwenog, batte en main. Cette dernière frappa de toutes ses forces dans la bête et la blonde manqua de se le manger de plein fouet, le dégageant de sa trajectoire d'un geste de batte maladroit. Ça, c'était dangereux. Par peur d'être prise sur le fait, elle jeta un regard à Gwendolyn et constata qu'elle se disputait avec le capitaine des Flèches. Lorsqu'elle vit ce dernier la pousser, elle retourna en direction du cognard et frappa en direction du grossier personnage. Elle le manqua de peu. Ça n'était peut-être pas plus mal en fin de compte. En tout cas, il avait du sentir le cognard lui siffler près de l'oreille car il avait bondit sur le côté en se protégeant le visage de ses mains, ce qui arracha un sourire à la blonde. Elle vola jusqu'à eux et descendit de balai, batte toujours en main, pendant que Gwenog se battait au corps à corps avec le cognard pour le ranger dans sa boite.


« C'est quoi ton problème toi ?! » s'exclama le capitaine adverse.

Rachel marcha calmement jusqu'à lui.


« C'est quoi mon problème ? » demanda t-elle, surprise. « Mon problème c'est que tu viens de poser tes mains sur mon capitaine, et que si tu recommences, j'te brise la nuque. »

Souhaitant imager ses propos, elle tapota innocemment sa batte. Bien sûr, elle n'en arriverait jamais à là, mais mieux valait que ce petit homme pédant cesse tout de suite de la provoquer, parce qu'il finirait par le regretter.

« Ok Morgan, tu ranges tes grognasses au vestiaire et tu quittes le terrain, j'ai pas le temps de m'amuser là... » souffla t-il en les bousculant toutes les deux pour s'avancer jusqu'au centre du terrain, bientôt rejoint par ses joueurs.

« N'y pense même pas. » déclara fermement Gwendolyn en attrapant le bras de sa batteuse qui repartait à la charge.

« Tu vas le laisser te traiter comme ça ? » demanda Rachel d'une voix surprise.

Se dégageant furieusement de son emprise, elle courut jusqu'au vestiaire, ouvrant la porte à grand coup de pieds, faisant sursauter toutes les filles encore présentes. Voyant dans quel état de colère se trouvait leur amie, personne n'osa poser de question, parfois, il valait ne pas s'en mêler et rester dans l'ignorance. Elles la regardèrent, muettes, arracher sa tenue de Quidditch et ses vêtements pour foncer sous la douche en fulminant. Elles s'activèrent toutes brusquement, peu désireuses d'être toujours là quand la furie blonde sortirait de la douche. En moins de temps qu'il n'en fallait pour le dire, elles avaient évacué le vestiaire. Rachel ricana en ressortant de la douche et s'habilla prestement. Elle n'avait aucune envie de rester là une seconde de plus. Fourrant négligemment ses affaires dans son sac à main, elle quitta le vestiaire d'un pas pressé.


« Rachel ! »

Levant les yeux au ciel, la jolie blonde se retourna vivement, prête à envoyer son interlocuteur de faire voir. Lorsque ses yeux dorés croisèrent ceux d'Apollon, sa remarque acerbe s'évanouit dans sa gorge, la laissant muette de stupéfaction. Elle se racla la gorge, mal à l'aise.

« Qu'est-ce que tu veux ? » demanda t-elle sèchement.

« J'en sais rien, parler peut-être... »

« Ah ! Parce que maintenant tu veux bien me parler ? » répondit Rachel sur un air ironique.

« Entre vieux amis on peut bien discuter non ? » poursuivit l'ex Rouge et Or sans se démonter.

« On est quoi tous les deux ? Parce que plus j'y repense et plus j'ai du mal à croire que les mots ami ou connaissance correspondent parfaitement pour notre relation. »

« Commence pas Rachel, tu vas me filer mal au crâne. » marmonna le blond en se massant le front d'une main.

« Arrête de tout le temps te défiler Apollon, c'était mignon quand on avait 15 ans, maintenant c'est juste totalement ridicule ! »

« Qu'est-ce que tu veux que je te réponde ? Qu'on n'est plus rien toi et moi ? C'est bon, tu te sens mieux ? »

« T'es vraiment un pauvre con. » l'insulta t-elle froidement.

« Je suis pas sûr de tout comprendre là... »

« T'es incapable de comprendre parce que la seule personne qui compte à tes yeux, c'est bien toi ! Si tu savais comme je t'en veux... » poursuivit Rachel, chuchotant presque sur les derniers mots.

« Si ma mémoire est bonne, c'est toi qui est partie ! C'est toi qui a décidé de couper les ponts, de ne plus m'aimer... »

« Je n'ai jamais arrêté de t'aimer... J'ai juste arrêter de le montrer. »

« Je n'y crois pas. »

« Aussi idiot que cela puisse paraître, je t'aimais. J'aurais été prête à faire n'importe quoi pour toi, si seulement tu me l'avais demandé ou seulement donné l'occasion. Tu sais, je ne demandais rien en échange, je voulais seulement que tu sois là, présent dans les bons comme dans les mauvais moments. Et si tu veux savoir, je me sens tellement bête, idiote, naïve. Parce que malgré tout, tu me manques. Me voir avec un autre garçon me parait impossible et pourtant, toi tu ne rates aucune occasion. Comment est-ce que tu veux que je t'oublie, si toi, tu es toujours là ? Le problème, c'est que j'ai pas envie de t'oublier. Je veux qu'on retrouve ce qu'on avait, j'en ai besoin, même si tu n'es là qu'en tant qu'ami, je serai heureuse parce que c'est atroce de se sentir aussi vide sans quelqu'un ! » avoua Rachel d'une seule traite.

Un long silence lourd de sens s'installa entre les deux joueurs de Quidditch.


« Je ne sais plus quoi penser de toi Rachel. Je ne sais pas si je dois t'aimer, te prêter de l'attention ou contraire, tirer un trait définitif sur toi. J'ai envie de te dire que tu me rends malade. Tu voulais savoir ce qu'on était tous les deux ? Deux gros cons, voilà ce qu'on est. »

« C'est toi l'gros con, j'te permets pas ! » répondit-elle du tac au tac en esquissant un sourire.

« T'as pas changé, t'es une vraie chieuse... » soupira Apollon en souriant à son tour.

« Ça va continuer longtemps tu crois ? » demanda Rachel en s'éloignant peu à peu de lui.

« De quoi ? » s'enquit le blond, surpris.

« Tout ça... Ces disputes, ces non-dits. Tous les ans, on se retrouvent, et on se sépare encore plus fâché l'un contre l'autre, tu crois que c'est sain ? Que ça peut durer ? Il faut que ça s'arrête... »

« Qu'est-ce que tu proposes ? »

« Profite bien de ta vie » répondit Rachel en ouvrant la porte. « Je suis fatiguée d'essayer d'en faire partie.... »

« Ça sonne comme un adieu... »

« C'est peut-être mieux comme ça tu ne crois pas ? »

« Viens prendre un verre avec moi après la match, non ? »

« Pourquoi ? » soupira Rachel, qui sentait sa détermination s'écrouler. « On se fera la bise comme de vieux amis. On ira boire un verre ensemble comme si la Terre ne venait pas de s'écrouler. Autour de nous les gens continueront de vivre. On bavardera d'un ton badin, puis, quand on se séparera, l'air de rien, ce sera pour toujours. 'Au revoir' sera le dernier mensonge... »

« Tu ne veux plus me voir ? »

« Non, je suis fatiguée de t'attendre... »

« T'es pas la seule à décider Rachel, et si moi je voulais être ton ami ? »

« J'ai l'impression que me briser le cœur est devenu un passe temps à tes yeux. » murmura Rachel en souriant sincèrement. Un sourire triste. « Tu continues à me pousser à bout, alors que je suis déjà au bout du rouleau. »

« Rachel je... »

« Réfléchis bien Apollon » le coupa t-elle. « Parce que c'est la dernière phrase que j'accepterais d'écouter... »

Un petit silence s'installa de nouveau. Ils se sourirent pendant un court instant. Apollon marcha d'un pas trainant jusqu'à son ancienne meilleure amie et, la prenant par la nuque, l'embrassa tendrement sur le front.

« Bonne chance pour demain ! Et arrête de terroriser mon capitaine s'il te plait... » se contenta t-il de dire.

Rachel passa la porte et la referma doucement derrière elle. Toute trace de déception et d'amertume avait disparu de son cœur. Elle savait pourtant que si ils s'étaient embrassés, elle serait repartie le cœur content, se foutant de la pluie ou du beau temps, puisqu'elle comptait un peu pour lui. Elle savait que ce baiser l'aurait accompagnée partout et pendant longtemps, comme un souvenir radieux auquel se raccrocher dans les moments de solitude. Mais après tout, certains disaient que les plus belle histoires d'amour étaient celles qu'on n'avait pas eu le temps de vivre. Peut-être alors que les baisers qu'on ne recevait pas étaient aussi les plus intenses.

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MessageSujet: Re: [Thème 5] Somebody that I used to know [MIS]   Lun 9 Juil - 11:09:09

Il ne restait plus que quelques minutes avant le début du match, mais lorsque Gwenog avait vu débarqué Rachel avec sa tête d'enterrement et sa démarche excessivement trainarde, elle avait tout de suite compris qu'il fallait qu'elles aient une petite discussion. Elle ne pouvait définitivement pas laisser son amie et partenaire monter sur un balai dans cet état, elle risquerait d'être dangereuse pour elle-même et pour les autres. Et puis si la blonde leur faisait perdre le match, Gwendolyn exigerait qu'on lui apporte sa tête dans une petite boite décorative qu'elle poserait sur le dessus de la cheminée de son salon. Si au début, Rachel n'avait rien voulu dire et s'était renfermée sur elle même, elle avait fini par accepter de se confier, après tout, elle avait bien besoin de parler à quelqu'un d'extérieur à tout ça. Elle raconta leur discussion, leurs sourires, leur complicité inavouée. Elle lui expliqua le malaise qu'elle ressentait à l'idée de le recroiser sur le terrain et de faire comme si de rien n'était. Elle lui fit part de ses désirs, ses regrets, ses doutes.

« Je n'ai pas eu le temps de lui dire qu'il me manquait ou que le temps paraissait douloureusement long sans lui. J'ai simplement lâché prise, je suis partie sans me retourner. »

« Des fois c'est ce qu'il y a de mieux à faire... » répondit Gwenog en posant une main réconfortante sur celle de la blonde.

« J'ai peur d'avoir fait le mauvais choix » poursuivit la batteuse en se nouant les cheveux d'un geste las et imprécis.

« Tu ne le sauras qu'avec le temps ma belle, en attendant, il faut que tu essayes de te concentrer sur autre chose ! » reprit la rousse gaiement pour essayer de l'attirer vers un sujet plus joyeux.

« Je ne sais pas s'il reviendra ou non, et je ne sais pas si j'ai envie d'attendre encore longtemps, parce qu'il y a tellement de choses que je perds en l'attendant... »

« T'es belle, t'es jeune, t'es riche et populaire, je ne comprends même pas que tu t'accroches à ce petit minable ! »

« Gwen... »

« Nan j'suis désolée, s'il est pas foutu de se rendre compte de ce qu'il rate c'est un minable ! T'as jamais eu envie de sortir avec quelqu'un d'autre ? De te changer les idées ? » demanda Gwenog, soudainement plus sérieuse.

« Je t'avoue que je n'en sais rien... J'essayais de m'accrocher à l'idée stupide que les gens qui étaient faits pour être ensemble finissaient par l'être un jour ou l'autre. Je voulais que ça soit vrai pour nous tu vois..? » expliqua tristement la blonde avant d'une finir son verre d'eau dans une longue gorgée.

« Si t'es amoureuse c'est une autre histoire ma grande ! »

« Non, je ne l'aime plus. Pendant une période, j'aurais fait n'importe quoi pour lui mais aujourd'hui, je suis guérie, je le regarde avec beaucoup plus de distance, je pense que j'ai muri, je suis plus mature. Mais il reste toujours une trace, une marque, de ce que j'ai ressenti. Une cicatrice qui ne partira pas, qui me rappellera toujours qu'il n'est pas n'importe qui. » avoua Rachel tout en se levant pour enfiler sa tenue de Quidditch.

« Je n'en reviens pas qu'on puisse faire autant de mal à une personne... » pesta la rousse en mettant ses protections.
« Tu vas voir c'que j'vais lui coller sur le terrain à ce p'tit con, enfin, si t'es d'accord bien sûr ! »

« Bien sur, je t'en prie ! T'as carte blanche sur ce coup là... » l'encouragea gaiement Rachel avant de prendre sa batte et son balai.

« Prête ? »

« Prête ! » s'exclama t-elle avec un sourire fraichement retrouvé.

Parcourant en trottinant les quelques mètres qui les séparait du reste de leur équipe, elles tentèrent de s'y mêler sans se faire remarquer de leur capitaine, qui, à coup sur, les assommerait à coup de remarques désobligeantes. Elles avaient raté le discours et les encouragements, mais elles étaient arrivées à temps pour entendre une dernière le plan d'action qu'avait imaginé Gwendolyn pour venir à bout des Flèches d'Appleby. Rachel soupira. Tout ça était complètement inutile, il suffisait de s'en tenir à ce qu'elles avaient toujours fait : les poursuiveuses devaient marquer, la gardienne empêcher l'équipe adverse de marquer, l'attrapeuse devait attraper, et les batteuses devaient exploser les joueurs adverses pour ne leur laisser aucune chance de gagner. C'était aussi simple que ça. Il ne fallait pas commencer à imaginer des stratégies bidons qui ne feraient que déstabiliser les joueuses, si le jeu n'était pas naturel, elles passeraient plus de temps à se demander comment jouer qu'à jouer vraiment. La blonde se racla bruyamment la gorge pour signaler son impatience, et, après l'avoir fusillée du regard, Gwendolyn fit signe à son équipe d'entrer sur le terrain.

La jolie blonde grimaça en faisant ses premiers pas dans le stade. Le temps n'était pas idéal pour un match. Il faisait trop beau. La chaleur les accablerait rapidement, et le soleil risquait de les éblouir à certains moments inopportuns. Après quelques applaudissements stimulants, tout le monde enfourcha son balai, prêt à donner le meilleur. Les deux capitaines se serrèrent la main, fairplay mais pas pour autant très sincère, avant de s'envoler à leur tour et de se tenir en position. L'arbitre s'avança jusqu'à centre du terrain et ouvrit la boite contenant les balles, rappelant une dernière fois qu'une bonne conduite était de mise. Les deux cognards s'élevèrent dans le ciel, et le Vif d'Or disparut rapidement du champ de vision de Rachel. De toute façon, le localiser n'était pas du tout son rôle ! L'arbitre lança le souaffle avec force au centre des deux équipes et le match commença. Tout de suite, un des poursuiveurs des Flèches s'empara de la balle et slaloma entre les joueuses adverses, filant comme un éclair et évitant tous les obstacles. Il marqua sans peine, arrachant à Gwendolyn un rugissement de rage.

Accablée par la scène catastrophique qui se déroulait sous ses yeux, Rachel manqua de se prendre un cognard en pleine figure et faillit lâcher prise et tomber de son balai. Il n'avait pas pu arriver aussi vite sur elle par hasard, quelqu'un lui avait forcément envoyé, et y avait mit beaucoup de force. Troublée, elle refusa d'abord de jeter un regard interloqué à Apollon. Elle n'avait pas peur de savoir, elle avait peur de ne pas savoir comment réagir. Que devait-elle faire si elle découvrait que son ancien meilleur ami essayait de la désarticuler, de la disloquer à coup de cognard ? Faire comme si elle n'avait rien remarqué et poursuivre le match comme si de rien n'était ? Ou bien au contraire rentrer dans son jeu et l'attaquer sauvagement ? Le problème, c'est qu'aucune des deux solutions ne semblaient être la bonne. Elle se décida à le regarder. Il fallait qu'elle en ai le cœur net. Le petit sourire moqueur et le signe de main débile qu'il lui adressa la conforta dans son idée : ce Scrout primitif essayait effectivement de la faire tomber de son balai.

Furieuse, elle oublia tout ce qu'elle s'était dit plutôt et, attrapant plus fermement sa batte, elle se donna pour objectif de réduire Apollon en un petit tas de chair pourrissant au soleil avant la fin du match. Comme ça il voulait la guerre ? Il n'allait pas être déçu du voyage !

oOo

Rachel sentait son cœur battre à tout rompre, près à s'arracher de sa poitrine, c'était douloureux et désagréable. Ses mains tremblaient sans qu'elle puisse les en empêcher, et pour ne rien arranger, elle était accablée de frissons et de sueurs froides. Elle suivait la médicomage d'un pas pressé, se retenant de la dépasser en courant afin d'enfoncer la porte de chaque chambre pour le retrouver plus vite. Il fallait qu'elle se calme, elle commençait à avoir des pensées bizarres. La femme en blouse blanche s'arrêta soudainement et la joueuse de Quidditch manqua de lui rentrer dedans avec violence, il fallait qu'elle soit plus concentrée. Il fallait qu'elle arrête de s'imaginer Apollon dans des situations toutes plus dramatiques les unes que les autres. La femme qui l'accompagnait lui ouvrit la porte de la chambre avant de la prévenir qu'elle allait surement avoir un choc et qu'elle devait être prête. Rachel déglutit et prit une profonde inspiration. Elle entra dans la chambre, anxieuse et ne pu retenir un gémissement en voyant le spectacle qui s'offrait à elle.

S'il n'y avait pas eu le mur pour qu'elle se rattrape, elle se serait tout bonne écroulée par terre, trop faible pour tenir debout, trop choquée pour continuer à avancer. Une main plaquée sur la bouche, les yeux embués de larmes, elle fixait sans pouvoir détourner le regard le corps de son ancien meilleur ami. Il était tout recouvert de bandages, et son visage était tellement tuméfié qu'elle ne le reconnaissait pas du tout. Elle l'appela doucement, d'une voix cassée par l'émotion. La médicomage lui indiqua qu'il était inutile d'espérer obtenir une réponse car le jeune homme était dans le coma. Tout était de sa faute ! Elle se leva péniblement et vint s'accroupir près du lit, n'osant pas lever les yeux vers le visage détruit d'Apollon. Elle n'avait pas voulu le blesser à ce point, elle n'avait pas pu prévoir que le cognard le toucherait de plein fouet et l'éjecterait brutalement de son balai, elle n'avait pas pu prévoir non plus que personne dans le public n'aurait la présence d'esprit de ralentir la chute du batteur des Flèches. Et puis cet insupportable rouquin qui avait profité de l'agitation pour lui envoyer un cognard en plein dessus ! Elle avait du faire quelque test à Ste Mangouste pour s'assurer qu'elle n'avait pas de commotion cérébrale.


« C'est de ta faute tout ça... » chuchota t-elle en posant sa main sur la sienne. « Tu ne sais jamais quand il faut t'arrêter... »

Elle resserra sa poigne, se fichant pas mal de le faire souffrir, après tout, il ne devait rien sentir du tout.

« C'est malin, j'vais faire quoi maintenant que t'es dans l'coma ? Et que tu ressembles plus à rien ? T'as pas le droit de me laisser là, j'suis toute seule sans toi... » poursuivit la blonde, retenant ses larmes. « Remarque, ça serait pas la première fois que tu me laisses tomber ! »

Elle voulu le regarder mais n'en eu pas le courage.

« Le plus dur pour moi n'a pas été de te perdre. Mais de renoncer à l'espoir fou que tu me reviendrais. »

Elle remonta le drap correctement sur lui et le défroissa consciencieusement, attendant une réponse qui ne viendrait jamais.

« Je voulais juste que tu ressentes ce que je ressentais pour toi, mais je me suis trompée. T'as pas de cœur, c'est juste un bloc de glace que les sentiments viennent parfois égratigner, ça ne va jamais plus loin... » poursuivit-elle en resserrant sa poigne sur le drap immaculé.

Elle ne savait même pas ce qu'elle pouvait bien faire ici, assise en plein milieu de la chambre d'hôpital d'un mec qu'elle n'appréciait même pas, en train de se confier à ce dernier alors qu'il n'était même pas en mesure de la comprendre, ni même de l'écouter. Pourtant, c'était plus fort qu'elle, elle n'avait jamais eu le courage de lui dire en face, mais il fallait que ça sorte, elle ne pouvait plus garder tout ça pour elle.


« Je sais que c'est absurde et que cela n'a aucun sens, mais je suis toujours incapable de comprendre ce que j'avais de moins que les autres. Pourquoi tu n'y arrives pas avec moi ? Pourquoi tu n'essayes pas de me garder près de toi ? »

Cette question était ridicule, et surement personne, pas même Apollon, n'aurait su y répondre, mais elle tracassait Rachel plus que tout autre chose. La jeune blonde sentit les larmes envahirent ses yeux dorés et, délicatement, elle enfouit sa tête dans ses bras tout contre l'espèce de momie qu'était devenu son ancien meilleur ami.

« Je me demande si tu penses à moi de temps en temps, si tu te demandes ce que je fais, avec qui je suis ou si je pense à toi. Je me demande si je te manque autant que toi tu me manques à m... »

« Tu peux arrêter de te moucher dans ses draps ? Je ne suis pas sûr qu'il apprécie. » déclara nonchalamment une voix masculine dans son dos qu'elle aurait reconnu entre mille, la coupant dans son élan.

Rachel se redressa, cessant subitement de sangloter, hébétée. Elle n'osa se retourner tout de suite, de peur de faire tout bêtement une crise d'apoplexie ou une syncope. Elle s'essuya les yeux. Heureusement qu'elle ne s'était pas maquillée, elle aurait eut l'air d'un panda. Elle ne pouvait pas se permettre d'être ridicule dans un moment pareil. D'un revers de bras, elle s'essuya les yeux et lutta pour reprendre une respiration normale et calmer les battements désordonnés de son cœur. Apollon n'était recouvert de plâtre en tout genre, il n'était pas défiguré. Le soulagement s'effaça bien vite. Elle sentait la colère et l'humiliation monter en elle, et malheureusement, elle ne pouvait rien faire pour l'arrêter. Comment avait-elle pu être aussi stupide ?! Et cet imbécile devait bien se marrer dans son dos, il devait être tout fier de sa blague de mauvais gout. Et dire qu'elle avait osé pleurer pour ce petit moins que rien, ce... Ce... Rhaaa, peut importait ! Aussi dignement qu'elle le put, elle se redressa et fit face à son ancien meilleur ami. Il avait un bras en écharpe et quelques contusions légères au niveau du visage.


« Alors, qu'est-ce qui t'amènes cette fois ? L'amour ou la culpabilité ? » demanda t-il, moqueur, en se rallongeant disgracieusement dans son lit.

Elle tiqua mais préféra ne pas répondre tout de suite. Elle ne lui ferait surement pas le plaisir de s'énerver ou de rentrer dans son petit jeu. Mais c'était tellement tentant...


« Tu mériterais que je t'étouffes avec ton oreiller... » menaça t-elle gentiment en venant s'asseoir à son tour sur le bord du lit.

« Et bah quoi ? T'as eu peur pour moi ? » s'enquit-il en ricanant.

« Oui... » se contenta t-elle de répondre, venant se poser confortablement contre lui et blottir sa tête dans le creux de son épaule.

Cette réponse sincère parut le déstabiliser un peu, mais il reprit bien vite contenance.


« T'es incompréhensible Rachel... Vraiment... » marmonna t-il caressant du bout des doigts une mèche de ses cheveux qui retombait de son chignon. « Je te trouve plus jolie les cheveux détachés... »

Elle administra une petite tape sur la main d'Apollon, le forçant à arrêter de caresser ses cheveux. L'entendre dire ce genre de chose lui faisait bien plus de mal qu'elle voulait bien l'avouer.

« Arrête. »

« T'es pas une vraie fille... T'as jamais aimé les câlins, les bisous, tout ça c'est pas ton truc pas vrai ? » demanda t-il en souriant gentiment.

« Tu crois que tu me connais par cœur hein ? » répondit Rachel, blessée.

« Prouve moi le contraire... »

« Moi j'aime les mots tendres, ceux que tu ne prononces jamais. Moi j'aime les doigts qui caressent la peau, les baisers dans le cou, les mots qu'on n'arrive pas à prononcer, les sentiments qu'on préfère garder pour soi, j'aime les regards qui en disent plus que des mots, les sourires qui se dessinent, les mains qui s'effleurent, les câlins interminables. J'aime tout ce que tu ne m'as jamais donné... »

« C'est toi qui a décidé de partir... » se défendit Apollon en lui caressant doucement la joue. « Tu ne m'as pas demandé mon avis, t'as seulement décidé de t'en aller. Comme si cela ne changeait rien pour moi, comme si j'étais tellement indifférent à chacune de tes paroles. C'est toi qui abandonné la première tu sais ? »

« Si tu crois que tu as le droit de me dire ça maintenant ! » répliqua t-elle en se relevant brusquement.

« Rachel... Arrête de tout prendre mal... » souffla Apollon en se redressant sur son lit d'hôpital.

« Je prends les choses comme je veux d'accord ?! » répliqua la blonde, en colère.

« Tu vas t'en aller maintenant ? »

« Parfaitement ! »

« On va se revoir ? J'te dois un verre j'te rappelle ! »

« Non. » conclut-elle en fermant la porte avec violence.

« Alors c'est ça ? Ton dernier mensonge ? » demanda Apollon en rigolant à travers la porte.

Le blond esquissa un sourire triomphant. Rachel sortit de Ste Mangouste en fulminant, mais elle se calma bien vite en sentant le soleil caresser sa peau. Ça n'était pas tout à fait un commencement, mais ça n'était pas non plus vraiment une fin, la blonde le sentait, comme une promesse d'avenir fragile et éphémère dont il aurait fallu prendre soin dès le début. Elle se mit à sourire, sans trop savoir pourquoi, avec toutefois la certitude qu'elle n'aurait plus jamais à faire semblant. C'était la première fois que leur séparation n'avait pas un goût d'adieu.


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MessageSujet: Re: [Thème 5] Somebody that I used to know [MIS]   Lun 9 Juil - 11:10:55

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MessageSujet: Re: [Thème 5] Somebody that I used to know [MIS]   

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