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 Stayin' alive /!\ Mort de Valère, sang et viande sur les murs [T 99/00]
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  • Natalee Shevelin
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MessageSujet: Stayin' alive /! Mort de Valère, sang et viande sur les murs [T 99/00]   Sam 14 Avr - 0:22:33

Juste pour le fun : http://www.youtube.com/watch?v=SKdVq_vNAAI


Quoi que l'on puisse en penser, il y a avait de journées routine au QG, quand une mission d'urgence ne venait pas interférer dans les petites habitudes de nos aurors préférés. Aujourd'hui, ce n'était pas une de ces journées. Dès huit heures du matin, Natalee n'avait cessé de courir. Le récent braquage de Gringott's avait mis le bureau sans dessus dessous. On se précipitait pour informer directement les bureaucrates concernés dès qu'un nouveau renseignement se présentait, on recevait le porte-parole se plaindre du piétinement apparent de l'affaire et du manque d'assurance qu'il avait à transmettre aux gobelins furieux, on négociait tant bien que mal avec les archivistes et économistes récalcitrants de la banque pour savoir ce qui avait disparu, on faisait des pieds et des mains pour pouvoir investiguer librement sur la scène du cambriolage, bref, à cinq heures du soir, tout le monde était déjà mort.
« Excusez-moi, vous êtes Miss Shevelin ? »
Susurra une voix douceâtre derrière son dos, tandis que la susnommée s'avançait dans le couloir. Natalee se retourna et baissa les yeux pour apercevoir un gobelin avec un gros dossier sous le bras et un regard de wyverne.

« En quoi puis-je vous aider, Monsieur...?
Depuis l'affaire Araley qui piétinait, Natalee avait au moins apprit une grande chose : la diplomatie. Elle se força à afficher un air aimable malgré son empressement, ce qui laissa totalement froid le gobelin. Autant pour sa nouvelle trouvaille.
— Ghorz. Je suis avocat et je représente Gringott's. J'aurais besoin de vous toucher deux mots, si vous n'êtes pas trop... occupée, bien sûr. »
L'ironie qu'il avait glissé dans sa voix déplut particulièrement à l'auror, mais elle n'en laissa rien paraître. D'un signe de la main, elle l'invita à entrer au QG et le laissa s'installer dans la salle de conférence. La créature s'installa et ouvrit ses documents avec une lenteur exaspérante.
« Dites-moi en quoi je peux vous être utile, je ferais le nécessaire. » déclara Natalee, légèrement impatiente.
Le gobelin braqua un regard noir sur la jeune femme en pinçant des lèvres, méprisant.

« Mon client est très insatisfait de la lenteur avec laquelle vous et vos équipes d'aurors travaillez, Miss. Nous aimerions plus de résultats. On dit, dans votre monde, que vous êtes les meilleurs, l'élite de l'enquête et de la poursuite des criminels. Pourquoi l'affaire demeure-t-elle si vague...? »
Le ton était lancé, ce foutu gobelin était venu cracher son venin sur la communauté sorcière. Natalee avait parfaitement saisi l'insinuation. Elle se pencha en avant, ses yeux d'ambre plissés d'un air mécontent.
« Écoutez moi bien. On est peut-être l'élite, mais on n'a pas encore intégré de médium à l'équipe. On ne devine pas qui est sous le coup d'une affaire aussi grosse d'un claquement de doigt. Surtout pas lorsque les principaux concernés refusent de nous laisser faire un inventaire complet des artefacts manquants, en plus de nous empêcher d'investiguer sur le terrain librement.
— Gringott's... craint que des preuves puissent s'envoler si on laissait une troupe de sorcier investir les lieux. En plus de compromettre davantage la sécurité de la banque.
— Je crois qu'on peut déjà dire que la sécurité de votre banque est passablement compromise. Vous êtes le premier à savoir que le Ministère de la Justice n'a jamais eu en sa possession les plans de Gringott's. C'est forcément dans vos rangs qu'il y a eu un problème. Aucun sorcier n'a pu trahir les secrets de votre entreprise, puisque nous ne les connaissons pas. D'ailleurs, si je puis me permettre, nous aurions pu agir plus efficacement si nous avions eu ce plan entre les mains.
Le gobelin s'enfonça dans sa chaise, exaspéré.
— Nous sommes au service de la Justice, nous ne nous improvisons pas mercenaires pour le compte de politiques aux mœurs obscures. L'accès au terrain n'est réservé qu'aux aurors, et nos hommes sont fiables.
— Vraiment ? Pourtant, il me semblait qu'il y avait à redire de vos services lors de la guerre...
Un sourire mesquin passa sur les lèvres du gobelin. Il savait avoir touché un point sensible.
— De bons petits soldats, qui n'ont pas hésité à rester au service d'un gouvernement corrompu...
— Notre rôle n'était pas de résister activement. Vous ne pouvez pas comparer ce qu'il se passe pendant une guerre et en temps de paix. Nous avons fait tout notre possible pour préserver la communauté et pour continuer notre travail malgré la domination des mangemorts. Et malgré qu'on nous ait coupé les vivres. Croyez-moi, un traître parmi nos rangs ne ferait pas long feu.
— Un traître à quelle cause, Miss Shevelin ? Vous parlez de paix, mais nous ne sommes pas certains que l'on puisse véritablement employer ce mot à l'heure actuelle. Nous avons observé la façon dont vous avez répandu la justice. Vous avez tué les anciens oppresseurs sans le moindre procès. Nous craignons pour notre race et cet acte ne fait qu'aviver nos soupçons quant aux intentions de votre gouvernement.
— Ce n'est pas avec moi qu'il faut s'entretenir de ce genre de chose. Je suis certaine que Monsieur Benson saura répondre à vos interrogations bien mieux que moi. Et vous rassurer quant aux intentions de notre gouvernement. Merci Monsieur Ghorz, mais si vous n'avez rien à m'apporter de frais, je vais être dans l'obligation de prendre congé. Pendant que nous parlons, je ne peux pas m'occuper de l'enquête. »
Natalee se leva et fit un mouvement pour sortir, mais, d'un geste de la main, le gobelin l'arrêta.
« Attendez. Je suis venu vous apporter l'autorisation de la banque pour enquêter en toute liberté sur le lieu du cambriolage. Sur ce périmètre uniquement. Nous ne garantirons pas la sécurité de quiconque tentera de s'enfoncer davantage dans la banque. Nous avons également retrouvé un potentiel témoin clef dans cette affaire. Il attend qu'un de vos hommes l'interroge, dans nos locaux. Mais sous ma surveillance, exclusivement.
— Est-ce qu'il pourrait être celui qui a fourni les plans ?
— À vous de me le dire, Miss Shevelin... Susurra le gobelin en rassemblant ses dossiers d'un air narquois, mais en laissant l'autorisation sur la table. Il se leva. Natalee récupéra le papier salvateur et l'accompagna jusqu'à la sortie du quartier général.
— Merci Monsieur Ghorz, un auror sera dépêché à Gringott's dans l'heure. »

Le gobelin s'inclina sèchement et tourna les talons, sous les regards curieux des aurors présents au QG. La lycane se détourna en soupirant.
« Shepperd !
Beugla-t-elle à travers le bureau. La désignée s'empressa de se montrer.
— Tu es toute désignée pour aller interroger un gobelin avec ton sang-froid légendaire. Gringott's a peut-être trouvé un témoin clef dans l'affaire. Laisse Collins se charger de ce que tu étais en train de faire, et rends-toi à Gringott's. Un certain Ghorz, avocat, supervisera l'interrogatoire. Vas-y doucement, soit aimable, il est peut-être une victime dans tout cela et les gobelins sont toujours mauvais joueurs quand les sorciers font mine de les accuser. »

À peine Shepperd avait-elle enfilé sa cape que Rosebury vint à la rencontre de Natalee, juchée sur des New Rocks d'un goût plus que douteux.
« Hey, Chef, on a toujours ce souci avec la permission d'enqu...
— C'est réglé, grogna Natalee en marchant d'un pas vif vers la salle de pause. On avait apparemment décidé de ne pas lui laisser une seconde pour souffler.
— Super, mais on a aussi le problème avec l'autre con d'Emmerson.
— Merde à la fin ! Dites-lui que je n'ai pas le temps de le recevoir. Qu'il aille faire chier Benson s'il y tient vraiment, on verra comment il se fera recevoir.
— Justement, il y est allé et s'est fait envoyer chier, du coup il veut voir un lieutenant.
— Qu'il aille voir Grant, je n'ai pas le temps.
— Il l'a envoyé chier aussi.
— M'étonne pas. Alors Tim.
— Pareil. Ils n'arrête pas de tourner comme un vautour autour du QG, ça fait chier tout le monde à la fin, fais quelque chose !
— Putain Al', ça fait depuis huit heures ce matin que je n'ai pas posé mon cul, j'en ai déjà plein les pattes, il n'est que cinq heures... dix-sept minutes, maintenant, je veux un café, et surtout, qu'on me foute la paix.
— Ok... Mais faudra pas qu'il vienne pleurer s'il se mange une beigne avant la fin de la journée. Au fait, j'ai aussi une lettre pour toi, je suppose qu'elle attendra sur ton bureau ?
— C'est écrit urgent dessus ?
— Non.
— Alors elle attendra sur mon bureau, répliqua sèchement Shevelin.

C'était un exemple parmi tant d'autres des évènements qui avaient ponctués la journée de Natalee. À presque vingt heures, elle enfilait heureusement sa veste et s'apprêtait à rentrer chez elle. Elle jeta un regard sur son bureau en foutoir et à la petite enveloppe cachetée qui attendait au-dessus d'une pile de papiers. Ça attendrait demain, pensa-t-elle en haussant les épaules.
— Tu reste encore, Jared ?
Son ami marmonna qu'il avait « encore un putain de rapport à finir de rédiger ». La lycane s'approcha et posa une main sur son épaule.
— Ne veille pas trop ici, on aura encore une journée de fou demain. Bonne soirée.
Elle lui adressa un sourire et s'éclipsa.

Enfin chez elle. Natalee soupira d'aise et s'étira. Ses muscles la faisaient souffrir après cette effroyable journée de stress. Un bruit sec résonna contre la vitre du salon, et la jeune femme jeta un regard courroucé en direction de celle-ci. Un hibou.

« Bordel, on va me faire chier jusqu'ici ? »

La lycane ouvrit la fenêtre et le hibou s'engouffra dans le salon du petit appartement, chargé d'une lettre soigneusement roulée et d'un colis emballé dans un papier rouge, de qualité. Intriguée, l'auror déchargea le volatile de sa livraison, et celui-ci s'éclipsa aussitôt par l'endroit d'où il était venu. Natalee ne s'attendait pas à recevoir de courrier, mais encore moins de cadeau. Et le paquet ressemblait fortement à un présent. Un frisson incontrôlé lui parcourut l'échine lorsqu'elle toucha du bout des doigts le papier. Le loup en elle pressentait quelque chose d'anormal. D'un geste lent, elle sortit sa baguette magique et la pointa sur le colis. Un gros écrin en velours noir apparu tandis que l'emballage tombait sur la table. Une odeur particulière, ferreuse, s'extirpait de la boîte. D'un geste prudent, elle l'attrapa et l'ouvrit. Ce qu'elle y vit lui fit lâcher le tout avec un cri de stupeur et de dégoût. Le doigt qu'elle avait entraperçu tomba mollement sur le parquet.

« Putain...! …Valère... »

La façon dont elle avait prononcé ce nom était pareille à un grognement. Elle se précipita sur la lettre qui accompagnait le doigt et la déplia en manquant de l'arracher.



Figée, Natalee écouta les pulsations de son cœur battre violemment contre sa poitrine. Sept heures quarante-cinq s'affichait sur l'horloge accrochée au mur. Quinze minutes, voilà tout ce qu'elle avait pour réfléchir. Elle se baissa et prit d'une main tremblante le doigt sanguinolent qui gisait sur le sol. Un sanglot étouffé lui échappa. Avait-elle une chance de sauver James ? Avait-elle une chance de se sauver elle-même de ce traquenard ? Elle en doutait. Valère avait profité que l'attention du Ministère se détache de lui pour frapper. Le cambriolage de Gringott's était du pain béni pour lui. Sa seule chance était qu'elle soit prête à se battre. Elle s'y était attendu depuis l'épisode de la colline, elle savait que ce n'était qu'une question de temps avant que son cousin se décide de nouveau à passer à l'action. Ses frasques au bal d'Halloween avaient été une mise en bouche et le silence qui s'en était suivit, le calme avant la tempête. Quelque chose lui disait que ça avait été un avertissement, une exposition de ce qu'il s'apprêtait à lui faire subir, à elle ou à ses proches. Chaque jour, la lycane avait vécu dans l'angoisse qu'un être cher ne se fasse enlever par le criminel. Elle avait cru être assez discrète pour que ses habitudes et les affections qu'elle portait ne parvienne pas aux oreilles d'Araley, mais elle s'était manifestement fourvoyée. Elle ignorait comment il parvenait à réunir autant d'informations sur elle malgré sa situation, mais il y parvenait, manifestement. Cela lui avait certainement prit du temps, néanmoins, assez pour que l'attention de la lycane se relâche légèrement. Assez pour qu'une autre affaire vienne supplanter le cas Araley. Tout avait joué en sa faveur.

« Espèce d'enfoiré... »

Murmura-t-elle sans plus pouvoir retenir ses larmes. Elle les sécha aussitôt, pourtant, et se leva pour s'apprêter.
Une tenue simple, confortable. Elle devait pouvoir se battre sans être gênée par quoi que ce soit. Elle enfila un pantalon noir au tissu élastique et un simple débardeur, avant d'attacher ses cheveux en queue de cheval, bien tirés sur son crâne. Puis elle sauta dans ses bottes à semelles crantés, et, dans un réflexe étrange et stupide, se jeta un regard dans le miroir. Ses yeux étaient rouges, on voyait sans mal qu'elle avait pleuré. Elle n'avait pas envie que Valère aperçoive cette faiblesse sur son visage. D'un regard à l'horloge, elle remarqua qu'il lui restait quelques minutes. D'un pas lourd, tel un automate, elle alla jusqu'à la salle de bain et se rafraîchit en s'aspergeant le visage d'eau, espérant, en gagnant ainsi quelques secondes, trouver une idée géniale pour sauver sa peau. Lorsqu'elle redressa le visage face au miroir, rien ne lui avait traversé l'esprit. Comment Valère pouvait-il être certain qu'elle n'ait prévenu quiconque ? Elle l'ignorait, mais il ne parlait jamais en vain. Il était bien trop minutieux pour ne pas avoir pris ses dispositions. Peut-être avait-il un complice pour surveiller sa correspondance ou ses déplacements. Il devait savoir qu'il y avait un sortilège anti-transplanage chez elle, et qu'elle ne pouvait se rendre au Ministère ou chez Jared sans être aperçue.
Elle se redressa précipitamment et alla poser le doigt et la lettre bien en avant sur la table du salon, avant de griffonner un petit mot à l'attention, principalement, de Jared. Qu'elle revienne ou qu'elle meurt, il tomberait dessus.
« Je n'ai pas osé prendre le risque. Ton domicile et le Ministère doivent être surveillés. Ne te sens pas coupable si je ne m'en sors pas. C'était inévitable. Il n'y a pas meilleur ami que toi et j'ai pu compter sur ton soutien jusqu'au bout. »

Sans un regard pour son appartement, Natalee s'éclipsa en laissant la porte claquer derrière elle. Lorsqu'elle fut dans la rue et sûre de ne pas être aperçue, elle transplana.

Natalee regarda la maison pavillonnaire qui était si chère à son coeur. Elle avait espéré la retrouver dans d'autres circonstances. Le cœur et les jambes lourdes, elle dépassa la petite cour d'entrée et ouvrit la porte d'un sortilège. Il faisait sombre à l'intérieur. Tous les volets étaient clos, mais sa vision surnaturelle s'adapta bien vite au manque de luminosité. Son arme tendue devant elle, elle fit dos à un mur, tandis que ses yeux allèrent jusqu'à une silhouette très reconnaissable qui gisait sur un canapé, entièrement ligoté et bâillonnée. Son visage était baigné de sang, ainsi que sa main, bien mise en avant par les liens qui le retenaient prisonnier. Ses vêtements étaient déchirés pour la plupart, révélant les sévices qu'avait infligé Valère à son corps. Elle ne devait pas courir à lui, elle ne le pouvait pas, pour sa propre sécurité. Si Valère apparaissait derrière son dos, un sortilège suffirait à la faire passer de vie à trépas.


« Ça va aller, James, tu vas t'en sortir... »
Murmura-t-elle d'une voix tremblante. Un bruit dans les escaliers détourna son attention.
« Touchant... »
Commenta la voix suave de Valère, tandis qu'il apparaissait sur les dernières marches.

La réaction fut immédiate et le sort frappa l'Irlandais de plein fouet, le projetant violemment contre les marches. Natalee ne lui laissa pas le temps de se redresser. Elle s'élança, son arme toujours pointée sur le mage noir.

« Incarcerem ! »

Les cordes fusèrent sur Valère, mais celui-ci ne se laissa pas prendre aussi facilement. Il agita sa baguette en direction des liens, qui prirent instantanément feu avant de se dissiper en cendres. Chercher encore à avoir Valère en vie était stupide, il ne se laisserait pas avoir un procès. L'un d'eux allait mourir, il n'y avait pas d'autre échappatoire. Un doloris vola jusque Natalee, mais celle-ci para sans peine d'un sortilège de retour de flammes. Un hurlement bref, mais déchirant, échappa au mage noir, mais cela eut l'effet d'attiser sa colère. Le regard fou, il jeta une série de sortilèges qui frappèrent les meubles, les murs et le sol sur le passage de Natalee, qui répliquait avec la même violence. Tables, chaises et canapé voltigeaient sous les puissants maléfices invoqués, les meubles du salon volaient en éclat, les objets explosaient. Un sortilège de feu, lancé sur Valère, toucha les escaliers de bois et une gerbe de flammes noircirent les premières marches. Aucun ne prenait le dessus sur l'autre et Natalee sentait que le combat pourrait durer encore longtemps. Ce n'était qu'une question de temps avant que le mage noir la fasse céder sous une autre menace. Par chance, il était encore trop fier pour tenter d'avoir son ennemie par la ruse. Natalee sauta derrière le canapé renversé et, protégée par ce rempart précaire, lança un sortilège d'impassibilité autour de James. Au même instant, le canapé se souleva au-dessus d'elle et chercha à l'écraser de tout son poids.

« Bombarda ! »

Lança à regret Natalee sur son canapé fétiche. Le canapé se désintégra dans une gerbe d'étincelles, mais elle ne faisait plus face à Valère. Une douleur fulgurante frappa son dos de tout son long. Un sortilège y avait creusé une profonde et épaisse entaille, assez douloureuse pour que Natalee s'effondre sur le sol.

« Bien ! Maquillons un peu la pièce, pour que tes amis aurors sachent que tu n'as aucune chance de survivre. »

Elle se retourna pour parer, mais ce fut trop tard. Son protego n'eut pas le temps d'apparaître qu'une lumière cramoisie la frappa au ventre. Un hurlement de douleur lui échappa tandis qu'elle voyait son sang gicler comme s'il avait été projeté hors d'elle. Des lacérations s'étaient dessinées sur son ventre, entaillant son débardeur, tandis que son cœur se comprimait dans sa poitrine, en proie à une soudaine et violente accélération. Elle se vidait littéralement de son sang, et celui-ci venait peindre le carrelage de la salle de séjour, et le tapis à moitié carbonisé qui gisait là où se trouvait, avant, la table basse.

« Un sort de mon invention... »
Entendit-elle malgré le cahot furieux de son pouls.
« Efficace, n'est-ce pas ? Attends de voir... Endoloris. »

La douleur fut insoutenable. Le cri que lâcha Natalee fut sans commune mesure avec le précédent. Chaque centimètre carré de sa peau, de sa chair, de ses veines et de ses nerfs la brûlaient avec une intensité telle qu'elle se croyait se faire dévorer vive par les flammes. Impression accentuée par les pulsations de son cœur et la chaleur qui se libérait des marches encore en feu. La lumière de l'incendie naissant auréolait l'agonie de la lycane d'une lumière rouge, qui venait lécher son visage tordu de douleur. Enfin, le sort s'interrompit et le sang cessa de couler de ses plaies. Mais elle était trop faible pour faire quoi que ce fut.

« Merci, James, et adieu. »

Entendit-elle au-dessus d'elle, puis la poigne acérée du mangemort se referma sur son épaule. Elle se sentit emportée. Ils avaient transplané.

Lettre du QG :
Spoiler:
 


Dernière édition par Natalee Shevelin le Mar 8 Mai - 13:19:36, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Stayin' alive /!\ Mort de Valère, sang et viande sur les murs [T 99/00]   Ven 20 Avr - 11:39:41

Touillant son neuvième café de la journée, Jared s'efforçait de se concentrer sur son travail et d'ignorer le remue-ménage ambiant du QG. Pas facile : le bureau des Aurors ressemblait de plus en plus, ces jours-ci, à une maison de fous. Ça galopait dans tous les coins, ça s'interpellait, et l'omniprésence des emmerdeurs professionnels responsables officiels du Ministère mettait tout le monde dans un état de nerfs incroyable. On ne pouvait pas faire un pas sans se prendre les pieds dans un porte-parole, un sous-secrétaire d'Etat ou un envoyé extraordinaire du Congrès venu expliquer que l'enquête n'avançait pas assez vite, et exiger « du nouveau ». N'importe quoi, mais du nouveau. On aurait pu leur dire qu'on n'avait pas l'identité du voleur, mais que tout indiquait qu'il chaussait du 44, que ça les aurait fait bondir de satisfaction. Emmerson, en particulier, semblait s'être fait une spécialité de rôder autour du QG pour poser en boucle la même question. Alors, vous avez du nouveau ? On lui avait promis, juré, craché de courir le prévenir en premier dès qu'on aurait quelque chose, mais ça ne lui suffisait pas. Il voulait être là, au coeur de l'action comme il disait (action, tu parles, songeait Jared à chaque fois qu'il l'entendait) et prenait apparemment un malin plaisir à encombrer les lieux. Lorsque, vers treize heures, il avait déboulé et manqué de faire tomber Charlie qui revenait chargé de cartons de pizzas – il fallait bien manger, au milieu de tout ce bouzin – Jared s'était décidé à le recevoir. Deux minutes, pas plus, juste le temps de lui dire avec les pleins et les déliés qu'il ferait mieux de ne pas rester là. La tension montait au bureau, et Jared voyait venir le moment où un Auror allait essayer de défenestrer le sous-secrétaire d'Etat ; c'est pourquoi il préférait essayer d'user de diplomatie pour le convaincre de partir de son plein gré. Emmerson, qui avait fini par prendre de l'assurance au contact des rustres du bureau des Aurors, ne l'entendait pas de cette oreille, et il se récria :

-C'est Monsieur Benson qui m'a dit de m'adresser à vous, Grant ! Je ne partirai que quand vous m'aurez fait un topo complet de la situation.

Il aimait bien ce mot, « topo ». Il devait trouver que ça faisait très pro, très état-major, mais pour le moment, il n'y avait rien de nouveau à lui raconter. Jared s'efforça de le lui faire entendre, en sentant sa propre patience s'émousser à la vitesse grand V. Emmerson, le cul vissé sur le siège de Natalee qu'il avait investi un moment avant, lui répondit quelque chose d'une voix doucereuse. L'Ecossais n'écouta même pas ; il ne retint que le ton sur lequel on lui parlait, le même que l'on utiliserait pour expliquer à un gamin que le Père Noël ne passerait pas s'il n'était pas sage. Les poings serrés, il parvint à se contenir jusqu'au moment où Emmerson, sûr de sa supériorité, l'appela « mon brave » ; alors, sa colère explosa, sous le regard intrigué de ses gars.

-Vous allez me foutre le camp, maintenant, Emmerson ! Vous emmerdez tout le monde ici, vous nous empêchez de travailler correctement, et vous venez avec votre gueule enfarinée de bureaucrate de mes deux nous donner des conseils ! Mais cassez-vous, bordel de merde ! Et je ne veux plus vous voir dans ce putain de bureau ou je vous latte la gueule, c'est vu ?

Leeroy, sentant que la menace pourrait être mise à exécution plus vite que prévu, jugea prégérable de s'interposer, et vint poser une main sur l'épaule de son chef. Emmerson, outré, cracha sur un ton venimeux que sa patience avait des limites et que cette fois, il ne se priverait pas pour rédiger un rapport disciplinaire carabiné. Insultes, menaces, outrage, insubordination, Grant pouvait préparer ses valises... Il tenait enfin l'occasion de faire payer aux Aurors le mépris dont ils l'avaient accablé, et ne se priverait pas. Voyant Jared prêt à riposter, Leeroy se décida à outrepasser la hiérarchie, et lui ordonna sur un ton pressant de se taire ; Grant lui obéit à contrecoeur – de toute façon, Emmerson était parti, à grandes enjambées, probablement pour aller rédiger un rapport bien saignant. Il y avait longtemps qu'il avait envie de se payer un Auror, un lieutenant de préférence, et il avait l'oreille du Ministre. Il n'aurait aucun mal à obtenir la réunion d'un conseil de discipline. Bloody fucking hell...

-Qu'est-ce que vous avez, vous autres ? Vous voulez ma photo ou quoi ?

Les gars de l'équipe, qui s'étaient immobilisés pour observer la scène, s'empressèrent de se disperser, et Grant put reprendre son travail – ou du moins essayer ; ce n'était pas facile, avec ce qui venait de se passer. Son esprit était sans cesse sollicité par des pensées parasites. Emmerson pouvait-il le faire virer, purement et simplement, du bureau des Aurors ? Perdre sa place de lieutenant, probablement, mais virer ? Et si c'était le cas, est-ce que ça valait bien le coup de continuer à se faire suer sur cette enquête ? Des jours à faire du zèle, à rentrer à point d'heure, à bouffer des surgelés au point que même Tétanos en devenait neurasthénique... et tout ça pour se faire virer ? Sa décision était presque prise ; en attendant le conseil de discipline, il pourrait bien prendre ses congés en retard, passer faire quelques courses pour manger enfi nquelque chose de correct, et se reposer un peu chez lui... Il allait enfiler son blouson lorsque Natalee débarqua dans le bureau, l'air épuisée, talonnée par Rosebury. Plus que sa conscience professionnelle, son amitié pour Natalee interdisait à Jared de quitter le navire, même s'il était piloté par des cons. S'il partait, son boulot allait retomber sur ses collègues, et particulièrement sur Shevelin. Il resta donc, et parvint même à oublier Emmerson, son rapport et son conseil de discipline, en se concentrant sur l'enquête Gringotts. Vers sept heures et demie, il autorisa ses équipiers à rentrer chez eux ; tous se hâtèrent de filer avant qu'un contrordre vienne, sauf, étrangement, Heathcliff. Avec son franc-parler habituel, il murmura à Jared :


-Tu devrais rédiger un rapport sur ce qui s'est passé, qu'ils n'aient pas que la version de l'autre con. Tout le monde a vu qu'il s'amusait à t'énerver. On va tous témoigner pour toi. Et si ça ne suffit pas, on lui fera la peau !

Heathcliff donna une grande tape dans le dos de son chef d'équipe, et s'éclipsa. Il avait raison : il ne fallait pas laisser Emmerson gagner sans combattre. Tout le QG le soutiendrait, même ceux qui n'avaient pas assisté à l'altercation, car tout le mpnde savait quelle était la capacité de nuisance du sous-secrétaire d'Etat. Lorsqu'il commençait à s'accrocher à quelqu'un, il était pire qu'une sangsue, et même un saint aurait perdu patience avec lui. L'Ecossais rangea les papelards qu'il compulsait, et sortit un parchemin neuf pour attaquer son rapport. La fatigue finissait par prendre le dessus ; la plume auto-correctrice s'affolait, si bien qu'il jugea préférable de changer de plume et de laisser les fautes. Quelqu'un l'aiderait à corriger, il n'en doutait pas.
Natalee quitta le bureau peu avant huit heures, et Jared ferma la boutique vingt minutes plus tard. Il se dépêcha de rentrer chez lui pour nourrir son chat ; lui-même n'avait pas faim, et, maintenant qu'il n'était plus occupé, il ne cessait de penser à ce foutu conseil de discipline qui l'attendait. Tétanos engloutit sa pâtée industrielle en ronronnant par politesse, puis sauta sur les genoux de son maître pour un câlin. Après quelques minutes à peine de tendresse dans ce monde de brutes, un Patronus apparut, et Tétanos fila se cacher sous le lit tandis que Jared, le coeur battant, écoutait le message :


-Grant, c'est Fergus, de la brigade d'intervention d'urgence. On a un incendie à l'ancien domicile de Natalee Shevelin, avec d'importantes traces de duel, et un blessé grave.
-Putain de merde... Araley !


Jared sauta dans son blouson, et transplana dès le trottoir, sans se soucier du regard interloqué des passants. On n'aurait qu'à ajouter la violation du code du Secret à son dossier, hein ?
Fergus, un ancien camarade de Poudlard, l'attendait devant la maison. L'incendie avait été maîtrisé, mais les dégâts étaient importants et une odeur de brûlé flottait dans tout le quartier. Jared visita le rez-de-chaussée, et ce qu'il vit renforça sa certitude qu'Araley était dans le coup. Le blessé – James Kirkby, à croire qu'il était dans tous les coups fourrés – le lui confirma avant d'être embarqué à Sainte-Mangouste, et ajouta que Valère avait transplané avec Natalee qui semblait déjà mal en point. Il ignorait où ils étaient allés, il le jurait... Dans le triste état où il était, il n'y avait rien de plus à tirer de Kirkby, et Jared tâcha de le réconforter :


-Ça va aller, ne t'inquiète pas, je m'en charge.

Il avait un peu de mal à y croire lui-même, mais James venait d'avaler une dose de cheval de potion tranquillisante, et il tomba dans les vapes avant d'avoir pu ajouter quoi que ce soit. La Brigade d'Intervention d'urgence quitta les lieux, laissant Grant seul, légèrement désemparé. Après quelques instants, sans avoir réfléchi précisément à ce qu'il convenait de faire, il transplana en direction du nouvel appartement de Natalee : son instinct, ou ses réflexes d'Auror, quelque chose lui dictait ses actions... Il valait mieux, d'ailleurs, que le pilote automatique prenne le relais, car Grant se sentait trop nerveux pour être capable d'échafauder un quelconque plan de bataille.
Natalee était partie de chez elle sans verrouiller sa porte ou activer les multiples enchantements qui protégeaient sa demeure. Décidément, la situation schlinguait de plus en plus... Elle n'avait pas commis cette imprudence par hasard. Jared n'eut pas à fouiller bien longtemps pour trouver ce qui lui avait fait quitter précipitamment sa demeure : une lettre de son cher cousin, et un doigt sanguinolent – celui-là même qui manquait à la main gauche de ce pauvre Kirkby.
Araley avait donc décidé d'en finir... et Natalee n'avait pas voulu prendre le risque d'avertir qui que ce soit, pour essayer de protéger ses proches... Une vague de désespoir envahit Jared. Des mois qu'ils traquaient ce fou furieux, et il parvenait toujours à se jouer d'eux, à les manipuler et à les rendre dingues... Arriveraient-ils un jour à le coincer ? Son esprit machiavélique semblait toujours avoir une longueur d'avance...
L'Ecossais se ressaisit. L'heure n'était pas aux interrogations existentielles ; il fallait découvrir où ce pourri de Valère avait pu emmener sa cousine. Pour cela, il n'y avait pas trente-six solutions : il fallait retourner au Ministère, consulter l'épais dossier que Natalee avait consacré, patiemment, au mage noir en cavale. Elle avait rassemblé toutes les informations possibles et imaginables à son sujet, au fil des mois, et conservait le tout dans un tiroir de son bureau, au QG. Là-dedans, peut-être, y aurait-il quelque chose... un indice, une bribe d'indice qui permette d'avoir une idée et de ne pas devoir passer tout le pays au peigne fin.


* * *

Jared entra en trombe dans le QG silencieux, réveillant Bob au passage, et s'arrêta devant le bureau de Natalee dans une glissade. Vite, le dossier. Dans sa précipitation, il avait fait voler quelques papiers posés sur le meuble, dont une lettre qui se retourna en tombant. Sur l'enveloppe, d'une luxueuse épaisseur, quelqu'un avait ajouté en biais, en capitales, au-dessus de l'adresse : « Confidentiel ». En général, on ne laissait pas traîner ce genre de courriers... Natalee n'avait pas dû la mention en majuscules. Mû par il ne savait quelle nécessité, Jared fit sauter le cachet, et déplia la missive qu'il lut en hâte. L'instant d'après, il poussa un juron de jubilation et adressa un remerciement ému à Dieu, qui avait enfin l'air de vouloir exister : la lettre contenait la localisation d'une cachette de Valère, et également l'annonce que sa chère famille l'avait assez vu. Sans prendre le temps d'avertir qui que ce soit, sans même ranger les documents qu'il avait consultés ou éteindre les lumières du QG, Grant se rua à l'extérieur pour transplaner en direction de la cachette dénoncée par la famille Araley.



[Je m'arrête là, j'espère que tu as de quoi répondre ! ]
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MessageSujet: Re: Stayin' alive /!\ Mort de Valère, sang et viande sur les murs [T 99/00]   Sam 21 Avr - 13:43:11

Natalee sentit son souffle se couper tandis que ses genoux heurtaient violemment un sol dur, de pierres brutes. Les pupilles dilatées, elle observa aussi vite qu'elle le put l'endroit où elle se trouvait. Des murs gris, sans fioritures, quelques chandelles éclairant pauvrement l'immense salle, un plafond qu'elle ne pouvait pas atteindre du regard. Elle crut voir une table, mais son regard passa de son examen au visage de Valère lorsqu'il la redressa d'un geste brusque sur ses pieds. Elle avait toujours sa baguette en main.

« Avada... »

Un gifle tonitruante l'empêcha d'achever le maléfice. Dieu, qu'elle aurait aimé pouvoir prononcer ces paroles jusqu'au bout, juste pour voir ce que ça faisait, juste pour voir si l'éclair vert jaillirait de sa fidèle baguette. Avant qu'elle n'ait eu le temps de plonger son regard d'ambre dans l'émeraude glacé de celui de son cousin, une série de sortilèges l'avaient propulsée en arrière. Le souffle avait été violent. Elle se sentit voler, sa baguette glisser de ses doigts, avant qu'elle ne heurte la surface rêche du mur avec une brutalité inouïe. Elle se sentit sombrer, tandis qu'un liquide chaud coulait à l'arrière de son crâne, mais une voix la retint dans le monde de l'éveil.

« Oh non... Tu ne t'enfuiras pas si facilement de ce corps qui te retiens. Curo. »

Salaud. Natalee devait se l'avouer, elle l'aurait préféré. La violence du prélude lui promettait les pires heures de sa vie. La douleur qui battait dans son crâne presque brisé se transforma en chaleur, et en l'espace de quelques secondes, elle ne ressentit rien d'autre que l'étourdissement du choc. Elle entendit ses pas, sentit leur légère vibration sur le sol où elle était effondrée, puis une poigne féroce l'attraper par les cheveux. La lycane braqua son regard dans celui du mage noir, tandis qu'un grondement instinctif s'extirpait de sa gorge. Elle ne souffrait plus. Elle ressentait seulement la rage, la haine qui lui donnait envie de tuer cet homme, de lui sauter à la gorge et d'arracher sa carotide à l'aide seule de ses canines. Le loup en elle se débattait contre sa nature humaine, prenait le dessus. Il ne voulait plus voir son sang couler, mais celui de Valère.

« Oh, vilaine hybride... Être née de Sang-Pur ne t'a pas empêché de sombrer dans la pire dépravation et le plus cruel déshonneur... C'est si typique des individus qui se trouvent odieusement mêlés à ces moldus sans âme. Tu n'es pas responsable, ma chère Shevelin, mais malheureusement, on ne peut te prêter les mêmes excuses pour tes actes... Il y a des secrets de famille, cousine, qui se gardent pour soi. Allez viens, voyons si les lycans sont aussi résistants qu'ils le prétendent. »

Cette fois, Natalee vit clairement la table qu'elle avait entraperçut quelques instants plus tôt. Comme elle l'avait redouté, c'était une table de torture, déjà soigneusement préparée pour elle. Des cisailles et des objets tranchants étincelaient près de la table, prêts à servir. Elle se débattit, faisant fis de la pression que cela exerçait sur son crâne endolori. Elle projeta ses bras en avant et agrippa Valère au visage, griffant dans un cri de rage sa peau pâle. D'épaisses traces sanglantes naquirent sur le chemin de ses ongles, tandis qu'elle se contorsionnait pour envoyer sa botte dans les parties du mage noir. Alors que celui-ci la lâchait, elle se jeta en avant dans l'espoir de récupérer sa baguette qui gisait à quelques pas de là. Elle eut à peine le temps de l'effleurer. Un doloris la heurta de plein fouet. Cette fois, la souffrance dura si longtemps qu'elle crut devenir folle. Elle avait tenté de ne pas hurler, mais la douleur n'épargnait rien, ni même ses globes oculaires qui se révulsaient sous ses paupières, ni même sa langue, qu'elle mordit sous le choc. Le sang coulait à flot sur son menton lorsque le maléfice cessa, et elle se redressa précipitamment sur ses bras, avant de s'effondrer face contre terre. L'instant d'après, elle se vit s'élever au dessus du sol, avant d'être projetée sans ménagement sur la table de torture.
Elle allait crever là. Oh, pas avant un moment, elle connaissait assez le profil psychologique de son cousin pour savoir qu'il s'amuserait jusqu'à l'épuisement. Mais elle allait tout de même mourir ici, dans une antre sordide, où le parfum de son sang viendrait rejoindre les exhalaisons rances de la pièce. Elle avait eut si peur de ce moment, elle avait eu, tant de fois, envie de s'effondrer dans les bras de Jared, lui avouant l'angoisse qui lui rongeait le ventre et dévorait son sommeil. Mais à présent qu'elle était là, elle s'en sentait presque soulagée. C'était fini. Il l'avait déjà trop salement amochée pour qu'elle ait encore une chance de prendre le dessus. Comme pour acquiescer à ce moment de lucidité, les chaines ensorcelées se fixèrent à ses chevilles et ses poignets, sans qu'elle ne résiste. Ce n'était pas la peine. Cela ne ferait qu'amuser le criminel.
Valère s'approcha d'elle jusqu'à couvrir parfaitement son champ de vision de toute sa haute stature. Il tenait son arme dans sa main, ainsi que celle de Natalee. Le sourire enjôleur qui lui adressa lui donna la nausée.

« Ta baguette t'es loyale, n'est-ce pas ? Je la sens résister entre mes doigts. De l'aulne et... laisse-moi voir ça... Une plume d'augurey, c'est bien cela ?
— Qu'est-ce que ça peut te foutre ? » Grogna Natalee en crachant salive et sang.

Pour toute réponse, Valère posa sa baguette sur l'établi et posa ses mains aux extrémités de celle de la lycane. D'un geste sec, il la brisa en deux, en se délectant de l'expression d'effroi qui passa sur le visage de sa victime.

« Quoi ? Nous savons aussi bien, toi et moi, que tu n'en auras plus l'utilité...
— Tu crois que c'est comme ça que tu vas me faire craquer ? Tu fais vraiment un bourreau minable. Ma vieille tante ferait mieux. Tu crois que je vais te supplier, pleurer pour que tu en finisse au plus vite ? Non, ça te ferait trop plaisir. Et bien vas-y, montre-moi comme tu es un vilain mage noir, comme tu sais si bien être cruel. Tu n'es qu'un psychotique, Valère, tu n'es rien d'autre qu'un agglomérat pathétique de pulsions. Tu es mort. Pauvre enfoiré de merde. »

L'effet fut immédiat. Natalee vit le visage du mage noir se crisper de colère, et sa baguette se braqua droit sur son torse. Un éclair jaillit et frappa ses côtes, dont deux se brisèrent sous le choc. Un hurlement, puis un rire rauque, hystérique, s'échappa d'entre les lèvres de la suppliciée.
« C'est... C'est tout ce que tu as dans... le ventre quand tu perds ton sang froid ? Tu n'aimes pas qu'on... qu'on te manque de respect, hein ? Attends de voir... j'ai encore tout un... panel d'insultes rien que pour ta... ta pomme, grosse tante ravagée.
— Je n'ai pas prévu de m'en prendre à ton corps... Mais à ton esprit, ma chère. C'est bien plus long, et bien plus douloureux... Et puis, tu t'en prendras très vite toute seule à ta propre chair. »
Le sourire de la lycane s'affadit lorsqu'elle le vit prendre une fiole de cristal au milieu des ustensiles de torture. Valère l'ouvrit d'un geste sec, et lui enfonça brutalement dans la bouche. Elle sentit le liquide infâme couler dans sa gorge sans qu'elle ne put rien faire d'autre qu'avaler pour ne pas s'étouffer.
« Oh ! Suis-je sot, il ne suffisait normalement que de quelques gorgées... De toute façon, le poison n'aura pas le temps de ravager ton esprit, tu seras morte avant. »
Il ricana et se recula de quelques pas, son sourire de fou sur les lèvres.

Une intense chaleur s'empara brutalement du corps de l'auror, comme si une fièvre soudaine et violente l'assaillait. La chaleur roulait sur ses muscles, son cœur et ses tempes, et une lumière blanche, intense, enflamma ses pupilles. Elle perçue, lointain, le rire de Valère, et cette lumière toujours plus puissante, plus aveuglante, lui brûler la rétine comme si elle regardait de face le soleil. Puis l'éclat, pareil au jeu d'un stroboscope, clignota lentement, puis à une vitesse délirante. Des images se superposèrent, celle d'un couteau qui venait se nicher dans son estomac accompagné d'une douleur fulgurante dans ses entrailles. Elle entendit son hurlement dans un brouillard de délires où des images de mort s'attachaient à son esprit. Des images de la bataille de Poudlard, des corps tombant en masse sur le champ de guerre, les cadavres livides de ses amis et collègues, sans vie, de sa famille, tombant sous la main du mage noir, de Jared, de chaque membre de son équipe, d'Ophélia. Sa filleule pleura dans le sang de sa mère, puis un lycan noir, imposant, bondit de la lumière vers son visage. Les scènes se chevauchaient, s'emmêlaient, sans qu'elle ne put rien contre ces visions d'horreur. Elle ne pouvait plus réfléchir. Elle ne ressentait plus qu'un tiraillement intense dans son crâne, et son corps entier se secouer de spasmes incontrôlables. Ce fut alors qu'elle remarqua qu'elle n'avait plus ses chaînes. Elle se jeta de côté, se recroquevilla en tombant sur le sol, s'arrachant les ongles sur ce sol froid et dur, qui glissait à présent sous le sang qu'elle perdait. La voix de Valère retentit, lointaine.


« Tu es si peu amusante, Natalee, je pensais que tu tiendrais plus longtemps... »
Ses hurlements se répercutaient en écho dans son propre crâne, assourdissants.
« Tu sais ce que tu as à faire, si tu souhaites que cela cesse... »
Les pas du mage noir firent trembler le sol, trouvant un écho aussi fort que ses propres cris, à l'intérieur de sa tête.
« Non ! »
Parvint-elle seulement à hurler, mais l'image de son propre suicide s'imposait déjà dans son esprit, cruellement réaliste. Elle se prit la tête dans les mains, ses ongles percèrent sa peau perlée de sueur, mais plus elle souffrait, plus les images étaient violentes.
« Non, vraiment ? »
Valère renversa la table et les couteaux tombèrent sur elle, tandis qu'elle se convulsait sans parvenir à retrouver son calme. La lumière s'était tarie, mais le flot de pensée incohérentes continuaient, tandis que la migraine battait à lui en faire exploser le crâne. Elle avait une chance de mourir d'elle-même, sans souffrir davantage. Personne ne savait qu'elle était ici, personne ne la retrouverait. Elle devait mourir, maintenant. Maintenant. Sa main se tendit, tremblante, vers un couteau effilé, et elle se trancha brusquement l'avant-bras dans la longueur, avant de s'effondrer en sanglotant.

« Il y avait des méthodes bien plus efficaces, ma chère. »
Murmura Valère, penché à son oreille. Elle se sentit soulevée de terre et le parfum du mage noir stimula son esprit délirant, lui imposant la torture, longue et cruelle, de James à ce même endroit. Elle voyait son doigt se faire trancher avec une extrême lenteur, la phalange tomber dans une mare de sang. Elle entendait la plainte horrifiée de son ami, bientôt remplacée par celle d'Ophelia, tandis qu'elle se faisait crucifier dans le Monastère. Puis on la posa au sol, et des chaines vinrent serrer ses poignets. Quelque chose coula dans sa gorge.

« La première partie est finie. Je te promets que la seconde sera plus passionnante pour toi comme pour moi. »

L'obscurité tomba sur son champ de vision, et elle sombra dans une léthargie étrange, entre le sommeil et l'éveil.

***
Valère s'approcha d'un mur d'apparence banale, mais, lorsqu'il agita son arme à quelques centimètres de celui-ci, un pan entier se souleva, révélant une arche qui s'ouvrait sur un long couloir obscur qui descendait jusqu'à la salle de torture. Il avait fait une erreur, dans sa précipitation. Il avait oublié de remettre les sortilèges anti-transplanage. Par chance, on n'avait pas cherché à transplaner directement dans la pièce. Le sort de scellé qui protégeait la porte d'entrée – donnant en apparence sur une crypte – avait été brisé. L'alarme, un aigle fantomatique, l'avait prévenu en apparaissant sous ses yeux, tandis que la lycane agonisait à terre. Nul doute qu'on venait la chercher, et que ses cris avaient guidé l'importun.

« Cesair. »
L'elfe de maison apparut dans un craquement.
« Retiens quelques temps notre invité, mais pas trop. Je veux pouvoir le tuer sous les yeux de la lycane. »
Sur ces mots, Valère rétablit le sortilège d'anti-transplanage et sortit de la pièce par l'unique porte qui menait à ses appartements souterrains. Il se tapit dans le couloir, caché par l'obscurité, impatient de mettre à terre le potentiel auror, et de briser complètement Natalee, par la même occasion. Deux pour le prix d'un, la chance lui souriait.
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MessageSujet: Re: Stayin' alive /!\ Mort de Valère, sang et viande sur les murs [T 99/00]   Mer 25 Avr - 20:47:36

-Tu viens, chéri ? C'est vingt livres la...

La prostituée, une fausse rousse à l'air blasé, n'eut même pas le temps de terminer l'invite qu'elle avait lancée par habitude, d'une voix traînante ; déjà, Jared avait traversé au pas de charge les toilettes publiques voisines du Ministère, en glissant un peu sur le carrelage humide, provoquant la stupeur parmi la faune attroupée en ce haut lieu de la sociabilité nocturne ; qui était donc ce fou furieux qui débarquait en courant, bousculait les quelques habituées occupées à bavasser gentiment en attendant le client, et les engueulait encore parce qu'elles ne poussaient pas leurs miches assez vite ? Probablement un drogué, un original, un bargeot échappé de l'asile. Il brandissait d'ailleurs un bout de bois comme si c'était une baguette magique, ce qui fit glousser ces dames, nullement impressionnées par un dérangé de plus – on en voyait tellement, dans ce métier...

-Pauvre chéri, comme il est pressé ! Tu es malade, mon lapin ? demanda la plus âgée, gouailleuse, en voyant Jared s'engouffrer dans la première cabine de toilettes en quatrième vitesse.

L'Ecossais n'entendit même pas leurs vannes et leurs minauderies ; sans perdre une seconde, il profita de sa relative solitude pour transplaner, en direction de lieux probablement moins pittoresques. L'adresse de la cachette de Valère lui avait vaguement dit quelque chose ; il s'était rendu en Irlande, plusieurs semaines auparavant, en compagnie de Natalee, pour y rencontrer un témoin capital dans l'affaire Araley... La tanière du mage noir se situait dans le même secteur ; son père avait fourni, dans la lettre, tous les détails nécessaires, et l'Auror avait gravé chaque mot dans sa mémoire avant de transplaner. On entendit distinctement la bruit de la chasse d'eau, que Jared avait tirée pour masquer le « pop ! » de son transplanage, puis le silence revint dans les toilettes. Un moment après, lorsque les prostituées s'inquièteraient de sa disparition et se jureraient solennellement de n'en parler à personne, il serait trop tard, et Grant aurait rejoint sa collègue dans l'antre de Valère. Dans la gueule du loup, pour ainsi dire.

**

Une odeur de pierres humides l'accueillit, après quelques secondes d'un voyage oppressant. Étrangement, il avait réussi à transplaner directement dans le bâtiment indiqué par le père Araley, alors qu'il s'était attendu à être bloqué par des sorts anti-transplanage. Était-ce un piège ? Une négligence de Valère ? Ce serait bien la première... Jared s'efforça d'y voir un présage favorable, malgré l'étrange sensation d'écrasement qui le prit lorsqu'il balaya les lieux d'un regard. Des murs de pierre brute, très humides. De hautes voûtes sous lesquelles le moindre bruit devait résonner implacablement. De loin en loin, une torche fichée dans la muraille dispensait une clarté à peine suffisante pour éviter de trébucher sur les pavés disjoints.

Grant serra sa baguette magique entre ses doigts, à s'en faire blanchir les jointures, et se mit en route avec précaution. Pour l'heure, il n'était pas difficile de se repérer ; il n'y avait qu'une voie possible, en pente douce vers ce que l'Ecossais supposait être un souterrain, bien qu'il ne sût absolument pas à quel étage il pouvait bien se trouver. Le début du parcours dans la cachette d'Araley se révélait facile, si facile que c'en était déconcertant. Rien, personne, pas le moindre obstacle... Loin de rassurer l'Auror, ce calme acheva de tendre ses nerfs. Ce n'était pas normal : soit la cachette était un mensonge de la famille du mage noir, soit cette absence totale d'embûches était un traquenard signé Valère. L'estomac serré, Jared poursuivit sa progression, frissonnant à la seule vue de sa propre silhouette déformée par la flamme vacillante des torches. Il avait effectué bien des missions dangereuses depuis qu'il était Auror, mais cette fois-ci, c'était différent. Il s'agissait d'Araley, l'un des pires fondus que le monde magique ait connus ; et, en plus, il avait décidé de cesser de jouer, et d'en finir. Il suffisait de voir dans quel état il avait mis ce pauvre diable de Kirkby, en simple prélude aux choses sérieuses... D'ordinaire, par une sorte de superstition qu'il ne s'expliquait pas, Jared évitait soigneusement de se faire à lui-même ce genre d'aveu, mais il devait en convenir : il avait peur. Peur de ce qu'il allait trouver, peur de ce qui pourrait lui arriver aussi. Cela lui était arrivé bien d'autres fois dans sa carrière, mais jamais à ce point-là. Quelque chose au fond de son âme lui hurlait de partir, d'abandonner ce métier de con, de sauver sa peau tant qu'il pouvait encore le faire ; mais Natalee... Elle était aux mains de Valère, et la lettre que ce fou furieux lui avait adressée justifiait que Jared Grant, le plus proche ami de la lycane au Bureau des Aurors, continue d'avancer malgré la trouille qui semblait comprimer sa poitrine.

L'Ecossais marchait depuis quelques instants à présent, en silence, dans un décor désespérément monotone. Il se demandait, de plus en plus, s'il se trouvait au bon endroit, tant il était étonné de ne rencontrer aucune résistance ; soudain, un terrible hurlement résonna et le glaça jusqu'à la moelle. Natalee ! C'était elle, c'était sa voix, et elle devait souffrir le martyre pour crier de cette façon. Le hurlement se prolongea, et les échos, en se répercutant sous les voûtes de pierre, le démultiplièrent à l'infini. C'était intolérable, et Jared, d'instinct, se mit à courir en direction de l'origine des cris.

Que pourrait-il faire ? Peut-être rien ; après tout, Valère avait toujours eu une longueur d'avance sur eux, et, il fallait bien l'avouer, il était d'une intelligence très supérieure. Ferait-il le poids, face à un esprit méthodique, redoutablement organisé, et à une puissance magique peu commune ? Jared se savait bon sorcier, mais peu à peu, à force de traquer vainement Araley, le doute s'était immiscé dans son esprit. Et si, tout bonnement, il n'y avait rien à faire ? S'il fallait simplement accepter le destin, et mourir de la main de ce mage noir ? L'envie d'abandonner le prenait parfois, puis il reprenait la lutte, souvent par réflexe autant que par conviction, parce que telle était la tâche qu'il devait accomplir.

Une forme surgie soudain de la semi-obscurité d'un renfoncement le fit sursauter, et il manqua de lâcher sa baguette ; il se ravisa aussitôt en remarquant la petite taille de ce nouveau venu, qui n'avait rien de commun avec la haute stature de Valère. Un elfe de maison, rien de plus... La créature ne semblait pas menaçante ; elle considéra Jared de ses yeux ronds, s'inclina, et coassa :


-Soyez le bienvenu, Monsieur. Que désirez-vous ? Qu'est-ce que Cesair peut faire pour vous être agréable ?
-Dégager de là, et fissa,
grogna Jared en levant sa baguette magique en direction de l'elfe.
-Mais certainement, Monsieur, fit le nommé Cesair en se plaquant contre le mur.

Jared eut à peine le temps de s'étonner de cette réponse qu'une sorte de pesanteur terrible s'abattit sur lui, et particulièrement sur ses pieds. Faire un pas relevait de l'exploit tant ses pieds lui semblaient lourds, comme si ses chaussures avaient été soudainement été changées en blocs de pierre. L'elfe avait à peine bougé, mais il ne faisait aucun doute qu'il avait usé de sa magie pour empêcher l'intrus d'avancer.


-Espèce de petit...

Par chance, le maléfice n'atteignait guère les bras, et l'Auror put envoyer un sortilège musclé qui propulsa l'elfe contre la muraille. La créature tomba lamentablement au sol, assommée, et le maléfice qu'elle avait lancé à Grant se dissipa immédiatement. Sans perdre une seconde, Jared s'élança en courant dans le couloir. À la lueur des torches, il avait aperçu une porte de bois brut, qu'il pulvérisa, sans même s'arrêter de courir, d'un sort. Décidément, cet endroit était bien mal protégé ! Pas même un enchantement pour ralentir la progression d'un visiteur importun...

L'Auror n'eut guère le temps de s'interroger sur la signification de cette absence de défenses magiques. L'odeur caractéristique du sang lui était montée aux narines dès son entrée dans la pièce, et le premier objet qui se présenta à sa vue fut une table de torture, garnie de chaînes, renversée. Et dans un coin, prostrée, méconnaissable, il y avait...


-Natalee !

Imprudemment, Jared se précipita près de sa collègue et s'agenouilla à ses côtés. Elle était amochée, avait un regard dangereusement vide, mais elle était vivante !

-Ça va aller, Nat, ça va aller, je vais te tirer de là, murmura Jared à l'oreille de la lycane, sans avoir la moindre idée de la façon dont il pourrait bien s'y prendre pour tenir cette promesse inconsidérée.
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MessageSujet: Re: Stayin' alive /!\ Mort de Valère, sang et viande sur les murs [T 99/00]   Ven 27 Avr - 17:56:56

Mourir, parce qu'il ne restait plus que cela. Dieu que c'était long. Dans sa léthargie, la lycane sentait le sang se déverser trop lentement de ses plaies. N'en avait-elle pas perdu assez, n'aurait pas dû tomber dans l'inconscience totale à présent, jusqu'à ce que la main de Thanatos s'abatte sur son corps meurtri ? Non, Natalee était une lycane, et sa malédiction l'empêchait de trouver le sommeil éternel aussi facilement que n'importe quel sorcier. Valère le savait, et c'était pourquoi elle souffrait tant, c'était pourquoi il avait fait preuve d'une violence inouïe contre son esprit et son corps. Ce coup de couteau, avait-il été réel ? Elle n'avait pas la force de baisser son bras enchaîné jusqu'à son abdomen pour le vérifier. Cela n'avait plus d'importance. Elle allait s'éteindre, seule dans cette antre sordide. Dans un coin de son esprit amoché, un nom réapparut. Jared. Une larme coula sur son visage quand elle l'aperçut courant vers elle dans le songe de sa conscience. Qu'elle s'en voulait de lui avoir fait vivre l'enfer de poursuivre Araley pour en arriver à un tel résultat. Elle l'espérait à des lieux de là, confortablement installé dans son appartement londonien. Elle espérait qu'il ne sache jamais de quelle façon elle était morte, mais c'était un espoir vain, absurde. Il le saurait, et elle le ferait souffrir. S'il pouvait ne pas la pleurer ! Après tout, c'était le risque, ils en avaient tous conscience depuis qu'ils avaient accepté ce métier. Qu'Araley soit son cousin ou n'importe qui d'autre ne changeait rien. Chaque jour, les aurors s'exposaient à la mort, la défiaient de leur puissante magie. Un jour ou l'autre, leur heure venait. Beaucoup étaient morts à la guerre, elle, elle avait seulement pris un peu de retard sur les autres. Elle eut envie de rire à cette pensée, mais le goût du sang remonta dans sa bouche, et elle se sentit vaciller. Par dessus l'odeur de sang frais qui venait langoureusement caresser ses narines à chaque inspiration, Natalee sentit le parfum de son collègue et ami. Sa voix, si réelle, percuta douloureusement ses tympans. Elle hallucinait, encore. Son regard glissa néanmoins devant elle, et elle le vit, ses traits déformés par le flou étrange qui obscurcissait son champ de vision.
« Jared ? »
Murmura-t-elle avec difficulté, tandis qu'elle sentait sa respiration au creux de son oreille. Comment avait-il pu la retrouver ? Ce n'était qu'un songe, qu'un mirage, elle était seulement en train de mourir, et la seule chose qui lui apparaissait dans cette épreuve était le visage de celui qu'elle aimait. C'était drôle, d'ailleurs, qu'elle se rende compte maintenant des sentiments véritables qu'elle éprouvait pour lui. Il fallait croire que la mort rendait plus sincère envers soi-même. Elle se félicita, cependant, qu'il n'en ait jamais rien su.
Pourtant, dans un dernier sursaut de volonté, le loup surgit, se débattant contre les affres de l'agonie. Jared était là, il en était sûr. Il y avait encore un espoir, mais il avait sentit la présence du Mal s'engouffrer dans la grande pièce. Oh, il était plongé dans l'ombre, mais le regard acéré de Natalee le discernait parfaitement. Son rictus de jubilation lui tira un gémissement rauque. La lycane doutait que son corps puisse encore lui répondre. Pourtant, lorsque le mage noir éleva sa baguette en direction de Jared, elle se bascula en avant et renversa l'auror avec toute la force qui lui restait. Ses liens l'empêchèrent, néanmoins, de se coucher à plat ventre comme elle l'espérait, et le sort lui pulvérisa littéralement l'épaule en la balayant comme un moucheron gênant. Elle percuta violemment le mur et la douleur de son omoplate brisée la fit plonger dans l'inconscience.

***
Quelle témérité. Pour peu, Valère s'en serait voulu de mettre à mort une créature aussi résistante que Natalee. Quel gâchis qu'elle fut auror et surtout, si prompte à répandre la bonne parole de la Justice sur tout le territoire. Elle aurait fait une alliée puissante, si la déchéance la plus sordide n'était pas tombée sur son nom. C'était une chance, après tout, puisqu'il était bien plus amusant de la mettre à mort, d'éprouver sa tolérance jusqu'à l'extrême limite. Et si Valère était bien conscient d'une chose, c'était que les limites s'atteignaient rapidement quand des affaires de sentiments s'immisçaient dans le jeu. Qu'est-ce que Jared était pour elle ? Un collègue, un ami, quelqu'un qu'elle aimait manifestement, à la façon dont elle avait cherché à se sacrifier pour lui, une seconde auparavant. Miasmes écoeurants de sentiments que n'avait jamais éprouvé Valère à l'exclusion de lui-même et de cette enfant qui deviendrait son héritière. Mais encore que cela était bien différent. Lui, il la sacrifierait sans hésiter, car sans son père, cette petite n'était rien.
Son sourire s'affadit, et Valère sortit de l'ombre, sa baguette toujours pointée en direction de l'auror. Celui-ci tombait à point nommé. Natalee mourrait en voyant le corps de son ami s'effondrer. Elle expirerait dans une ultime souffrance. C'était bien plus que ce que le mage noir avait escompté.


« Quelle malchance... Elle m'a fait rater mon entrée. »
S'amusa le criminel en offrant un sourire du Diable à Jared.
« Tu arrives trop tard, c'est comme si elle était déjà morte. Je croyais m'être trouvé des adversaires à ma taille, mais il faut croire que deux intelligences ne parviennent pas encore à égaler la mienne. Je ne doute pas que c'est ma noble famille qui t'as mis sur la piste, n'est-ce pas ? Il aura fallut vous flécher le parcours jusqu'au bout. Quelle pitié... »

Le Mage noir jaugea Jared du regard. Aux faits d'armes qu'on lui attribuait, et qu'on lui avait rapporté quelques semaines auparavant, Valère l'avait imaginé plus grand, plus impressionnant. À la réaction qu'il lui avait observé en découvrant le corps de Natalee, il en déduisait qu'il ne s'agissait que d'une énième personnalité molle et sans intérêt. Trop petit, trop fade. Il avait surestimé ses adversaires. Ils n'étaient en vérité que des créatures fragiles et sans autres excentricités que les élans de leur cœur. Des poissons hameçonnés avec du vide. Le regard du mage noir se durcit et il se mit en garde tandis qu'un éclair de haine passait dans son regard.

« Voyons si ta magie vaut au moins que je perde quelques minutes de mon temps. »

Souffla-t-il, avant d'élancer sa baguette comme une rapière. Cette dernière fendit l'air dans un sifflement, tandis que la voix de Valère, pareille à un crachat, accompagnait le geste.

« Avada Kedavra ! »
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MessageSujet: Re: Stayin' alive /!\ Mort de Valère, sang et viande sur les murs [T 99/00]   Dim 29 Avr - 22:21:08

Madoué, le spectacle ! Le soulagement d'avoir retrouvé Natalee vivante se dissipa bien vite, et laissa place à une inquiétude teintée d'incrédulité. Dans quel état cet enfant de charogne l'avait-il mise ! C'était à se demander s'il fallait considérer le fait que la lycane respire encore comme un miracle, ou comme un simple sursis. Une longue estafilade, sur son bras, laissait encore suinter du sang qui allait grossir une petite mare rouge, sur les pavés. La coagulation avait peine à se faire, tant la coupure était profonde. Mais ce n'était pas tout ; il y avait ces yeux hagards, cette expression de douloureuse folie lorsque sa collègue le regardait. Que lui avait-il fait ? Un sortilège ? Une potion ? Connaissant le pedigree du charmant cousin, empoisonneur en puissance, la deuxième solution était plus que plausible, et cela ne faisait pas du tout l'affaire de Jared : il aurait pu faire cesser un sort très facilement, mais contrer l'effet d'une potion, c'était une autre paire de manches. Il ne pouvait guère tenter qu'une solution assez basique, efficace dans la plupart des cas – mais pas tous, c'était le hic : les Aurors étaient priés de toujours conserver un bézoard sur eux, et en bon chef d'équipe, Grant donnait l'exemple. Il attrapa prestement l'objet, dans la poche intérieure de son blouson, et le déposa dans la bouche de Natalee, en priant pour que cela fonctionne... mais un excellent préparateur de potions pouvait bien créer un mélange assez puissant pour que le bézoard ne fasse pas plus d'effet que de la pisse de chèvre, et avec Valère, il fallait toujours craindre le pire pour commencer à s'approcher de la réalité.

-C'est moi, Natalee, c'est Jared, chuchota-t-il à l'oreille de Natalee tandis qu'il portait le bézoard à sa bouche. Ça va aller, tu vas t'en tirer, je te jure que tu vas t'en tirer...

Ne me demande pas comment, ne me demande pas si j'ai la moindre idée pour sortir de ce merdier, laisse-moi simplement prononcer ces quelques mots, pour nous rassurer un peu tous les deux avant de crever. Car c'était tout de même l'issue la plus probable, Jared en était bien conscient. La salle dans laquelle ils se trouvaient n'avait pas la moindre fenêtre, et on y accédait par un couloir en pente : il n'était pas difficile de deviner qu'il s'agissait d'une espèce de cul-de-basse-fosse, une de ces oubliettes si profondes que les hurlements les plus déchirants ne parviennent jamais à la surface. De ce sépulcre, seul Valère possédait les clés, connaissait les détours et les plus sombres recoins... Pour ne rien arranger, le mage noir disposait de l'aide de son elfe – il ne resterait pas assommé cent sept ans, ces machins-là avaient de la ressource – alors que Jared était désespérément seul, avec une blessée grave à trimballer. Avantage Araley – mais on se battrait, on vendrait chèrement sa peau, et si l'on pouvait entraîner Valère en enfer, on pourrait crever content.

Elle bougeait un peu, s'accrochait à lui, les mains crispées sur le tissu de son blouson, comme si elle ne voulait plus jamais le lâcher. Jamais encore elle ne s'était cramponnée à lui de cette façon ; par chance, Jared n'avait pas la tête à prêter attention à ce genre de détail... L'eût-il remarqué, au demeurant, qu'il l'aurait mis sur le compte de la peur et de la douleur.


-Ne bouge pas, économise tes forces, Natalee.

À peine avait-il murmuré ces quelques mots que sa collègue se raidit et poussa un gémissement rauque ; lui-même, bien que sa vigilance fût moins développée que celle de la lycane, avait la sensation désagréable d'une présence derrière lui. Les Aurors finissaient par avoir un sixième sens pour ce genre de choses – ceux qui voulaient dépasser quarante ans, du moins.

La suite se passa très vite : avec une force incroyable pour une blessée, Natalee jeta Jared au sol, et le sort destiné à l'Ecossais la frappa de plein fouet. Grant s'était relevé souplement, la baguette pointée, le dos au mur ; face à lui, sur le seuil, Valère Araley le toisait, du même air dédaigneux qu'il aurait jaugé les qualités d'un chien de combat. Jared discerna clairement le mépris dans son regard, mais pour cette fois, les opinions d'Araley ne l'atteindraient pas. Il n'y avait plus de place pour le doute : une bonne fois pour toutes, il devait se persuader qu'il était bien meilleur que ce mage noir de pacotille qui lui adressait son sourire condescendant – « mon pauvre ami, je crois que je vais être au regret d'abréger votre misérable existence, croyez bien que je n'en tire aucune gloire tant vous êtes un adversaire négligeable »... L'Ecossais s'en voulut d'avoir parfois douté de leur capacité, à tous, à vaincre Araley. L'ennemi avait pris l'avantage dans la guerre des nerfs – mais peut-être, à force de se croire invincible, allait-il finir par commettre quelque erreur.

Jared se força à ne pas dévier une seule seconde son regard en direction de Natalee, et laissa Araley débiter ses petites provocations à la noix. « Des adversaires à ma taille » ! Voyez comme je suis grand, intelligent et redoutable ! Grant eut un rire méprisant devant tant de fatuité. Bien entendu, il était facile de triompher lorsqu'on choisissait savamment ses proies pour les attaquer au moment où elles étaient le plus faibles, et de dos encore... La traîtrise avait toujours été la meilleure alliée de Valère dans ses petits jeux macabres. Il n'aurait jamais osé affronter Natalee à la loyale, sans le secours de ses pauvres petites combines.


-N'essaie pas de faire passer ta lâcheté pour de l'intelligence, Araley, lança l'Auror, personne n'y croit.

Le tuer, le tuer, le tuer. Lui crever la paillasse. Le cerveau de Jared refusait de changer de disque. Valère Araley ne méritait pas qu'on respecte la procédure – sommations, politesses, arrestation bien propre, avocat, Azkaban sans Détraqueurs... Il ne valait pas, comme on disait chez les Moldus, la corde pour le pendre. Un sort, un simple sort, et le mage noir rendrait ce qui lui tenait lieu d'âme à qui en voudrait...

Mais Jared n'était pas un meurtrier sans scrupules, et ses atermoiements avaient laissé l'initiative à Araley. Une nouvelle raillerie, et l'éclair vert fusa... Inconsciemment, l'Auror s'y était attendu, et il esquiva le sort d'un pas sur le côté, avec la vivacité d'un danseur. À son tour de lui faire le coup du sourire dédaigneux et du petit jugement bien senti...


-Je m'attendais à mieux de ta part, Valère... Un putain de cerveau comme le tien, ce n'est bon qu'à sortir la grosse artillerie ? Pauvre type, va.

Sa baguette s'éleva soudain, et, sans qu'il ait prononcé la moindre incantation, un éclair jaillit en direction du visage du mage noir. Un petit sort moins méchant que l'Avada, mais bien plus divertissant en duel, puisqu'il s'agissait d'un Expelliarmus d'un gentillet Confringo. Natalee lui avait raconté que, bien placé, en plein dans les yeux par exemple, les effets étaient très intéressants... Et pour une fois que Valère Araley avait l'opportunité de se rendre intéressant, il eût été dommage d'y renoncer.
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MessageSujet: Re: Stayin' alive /!\ Mort de Valère, sang et viande sur les murs [T 99/00]   Lun 30 Avr - 14:42:45

Cet imbécile d'auror semblait particulièrement mécontent de retrouver sa collègue dans un état si lamentable. Sa répartie en était la preuve, mais elle laissa totalement froid le mage noir. Qu'il use sa salive autant qu'il le souhaitait. Qu'il montre qu'il n'éprouvait pas de peur, Valère savait ce que cette étincelle dans son regard cachait. Du doute, de la crainte. Jared n'était pas certain que Natalee et lui puissent sortir d'ici vivants. Valère, lui, ne doutait pas une seule seconde de sa puissance. Rôdé à la guerre et aux pires horreurs, rien ne l'impressionnait. Oh, il savait que sa mort était proche, que ce n'était qu'une question de temps avant que la cavalerie entière ne prenne possession de son refuge, mais d'ici là, Jared et Natalee seraient déjà en train de pourrir. Sa propre mort ne lui faisait pas peur, tant qu'il savait avoir accompli ce qu'il devait accomplir. Et Natalee, dans l'état où elle se trouvait, avait déjà peu de chance de survivre. Des côtes et une clavicule brisées, une estafilade au bras et dans le dos, un poignard qui s'était planté dans son abdomen... et sans compter le poison qui, lentement, rongeait son esprit. Si, par miracle, elle survivait, Valère ne donnait pas cher de sa santé mentale. L'essence très rare d'épouvantard, mélangée à des substances hallucinogènes de la pire espèce, étaient diablement efficaces pour ravager une âme et y laisser des traces jusqu'à la fin de ses jours. Le contre-poison qu'il lui avait administré pour faire durer le plaisir n'estompait que les visions, mais sans aucun soin attribué dans les temps, la lycane n'aurait plus qu'à finir ses jours sur un lit d'hôpital, en section psychiatrie. Un rire froid échappa à Valère.

« Peu importe. J'ai eu ce que je désirais. Regarde-la, ce n'est qu'une question de minutes avant qu'elle ne rende l'âme, ta chère lycane. »

Le sortilège de mort était d'une puissance imparable. Aucun sortilège ne protégeait sa cible de ses effets, mais pour un auror, il était plutôt aisé à esquiver. Valère ne se formalisa pas, lorsque le gêneur l'évita d'un mouvement souple. Qu'il l'encaisse aurait été plutôt décevant, au contraire, puisque le mage noir comptait bien sur le fait que Natalee ait l'occasion de voir son collègue tomber. Qu'elle soit inconsciente était un contre-temps particulièrement embêtant, d'ailleurs. Mais, après tout, s'il mourait avant qu'elle ne rouvre les yeux – si elle les rouvrait sans l'aide d'un sortilège – Valère prendrait soin à ce que la première chose qu'elle puisse voir soit le corps de son cher Jared.
L'avada Kedavra n'avait été qu'une mise en bouche, et Valère, déjà, préparait son prochain maléfice. Près de la table de torture, les couteaux et les cisailles qui gisaient sur le sol se rassemblaient discrètement, dans un mouvement furtif, à peine discernable dans la pénombre ambiante. Un rictus passa sur les lèvres de l'ancien mangemort lorsque l'auror osa le railler et sa baguette, maintenue en direction de son torse, vibra entre ses doigts. Alors, les lames s'élevèrent dans les airs et, comme animées d'une âme propre, foncèrent toutes, pêle-mêle, en direction de Jared. Néanmoins, l'effort que lui avait coûté ce sortilège particulièrement sophistiqué empêcha Valère de réagir à temps lorsqu'un éclair jaillit dans sa direction. Il éleva le bras pour parer, mais trop tard.

Il y eut un étrange sifflement, lorsque le confringo atteignit son œil gauche, puis un bruit absolument repoussant, un bruit d'organe qui se distend et éclate, lorsque l'oeil explosa littéralement en déversant un flot de liquide intraoculaire et de sang. La douleur, fulgurante, tira un hurlement déchirant au mage noir. Il sentait vaguement le mélange nauséabond couler sur sa pommette, atteindre sa joue pour glisser en filament dans sa nuque, mais le plus abject était la brûlure lancinante, insupportable, qui le força à porter une main à ce qui était un instant plus tôt l'un de ses yeux.
Pendant que Jared se débattait avec les couteaux qui s'évertuaient à le poursuivre pour lui déchirer la chair, Valère gémissait, hurlait, de douleur et de rage. Une indicible colère montait en lui, tandis que son cerveau réalisait ce qui venait de se produire. Cet auror l'avait éborgné. Ses doigts glissèrent en tremblant vers la cavité vide mais n'osèrent pas toucher la peau qui s'était déchiquetée sous l'impact du maléfice. Arque bouté, la respiration saccadée, le criminel se força néanmoins à rouvrir l'unique œil qu'il lui restait, cherchant à happer la silhouette du sorcier. Ce geste lui coûta un nouveau spasme de souffrance. Un pan entier de son champ de vision demeurait maintenant obscur, tandis que ses tempes et les nerfs en train de mourir palpitaient en libérant une tension atroce.

Valère tituba en faisant quelques pas, tandis qu'il apercevait enfin Jared se débattre contre l'enchantement. Le doute, cette fois, s'insinua en lui. L'auror était plus doué qu'il ne le paraissait, et il avait maintenant un avantage de taille face à Valère. Ainsi handicapé, il n'aurait plus la même réactivité, et son sens, diminué par la perte d'un de ses yeux, l'empêcherait d'appréhender les sortilèges avec la même efficacité qu'avant. Il devrait s'adapter, et vite, s'il désirait reprendre l'avantage, mais qu'importait. Si cela devait finalement se produire ce soir, il ne mourrait pas sans se battre. La souffrance pouvait être un puissant stimulant, surtout lorsqu'elle était alliée à la fureur qui se déversait à présent dans les veines du criminel. Sa main qui tenait encore son arme se braqua sur les lames qui tentaient d'atteindre son adversaire et, dans un soupir rauque, douloureux, il incanta un sortilège de gemino. Les outils de torture se démultiplièrent, pour former une masse infernale, furieuse. Ainsi, Valère gagnait du temps pour se remettre de la douleur qui lui brûlait littéralement le visage, et se positionner dans le recoin le plus sombre de la salle, afin d'être difficilement discernable par Jared. Si son champ de vision était maintenant coupé en deux, il ne laisserait pas à l'auror l'avantage de pouvoir le localiser facilement. D'un sortilège, il éteignit un à un les flambeaux, jusqu'à ce qu'il n'en reste plus qu'un, qui libéra une lumière plongeant le mage noir à contre-jour. De sa cachette précaire, il incanta un sortilège d'illusion, afin de perdre son adversaire parmi ses doubles qui s'extirpaient un à un de sa baguette, pour imiter le moindre des mouvements, aussi réaliste que le Valère original. Jared lui avait donné les armes avec lesquelles se battre, et lorsqu'il s'agissait de ruse, rien ne surpassait un ancien Serpentard.
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MessageSujet: Re: Stayin' alive /!\ Mort de Valère, sang et viande sur les murs [T 99/00]   Mar 1 Mai - 12:59:38


La peur, peu à peu, refluait de l'esprit de Jared, le laissant extraordinairement vigilant et réceptif à ce qui l'entourait. C'était comme si ses sens gagnaient en précision, à mesure que les secondes passaient ; il prenait pleinement conscience de son environnement, des pavés inégaux du sol au moindre bruissement d'étoffe, de l'infernal sourire du criminel à la respiration à peine perceptible de Natalee. Le doute n'avait plus sa place : non, ils n'allaient pas mourir. Une seule personne allait sortir de ce souterrain les pieds devant, et ce serait Valère. Parce qu'il ne pouvait pas en être autrement, parce que Jared sentait une puissance surhumaine courir dans ses veines. Il allait lui montrer à quel point il avait tort de le sous-estimer, il allait faire de son corps une plaie béante, il allait lui faire appeler sa mère. Il n'avait jamais torturé personne auparavant, avait toujours mesuré l'usage qu'il faisait de sa baguette magique, mais pour Araley, il découvrait une haine qu'il ne se serait pas cru capable d'éprouver. Ce type suscitait en lui des pulsions effarantes. Il avait envie de l'entendre gueuler, de voir la souffrance déformer son visage et effacer ce petit sourire détestable. Pour la première fois de sa vie, il allait utiliser sa baguette non pas pour tenter d'arrêter un homme, mais pour briser, consciemment, chaque parcelle de son corps, pour le rendre fou de douleur, pour se repaître de sa souffrance. Pour l'heure, il ne formulait pas les choses aussi clairement ; il ne pensait qu'à le tuer, qu'à lui faire subir les tourments qu'il avait infligés à tant d'autres. Plus tard, peut-être, il se rendrait compte de la haine monstrueuse qui avait dicté chacun de ses mouvements, et alors il aurait de quoi meubler des dizaines de séances avec un psychomage. À condition de sortir de là vivant, bien entendu.
C'était une cruauté pure qui lui avait inspiré l'usage du sortilège explosif dirigé vers l'oeil du criminel, et il ressentit une sorte de joie sinistre en entendant le bruit d'éclatement. Flotch... cela faisait donc ce bruit-là, un oeil violemment crevé... Peu ou prou le même bruit que ces baudruches pleines d'eau qu'il s'amusait à jeter contre les murs, lorsqu'il était enfant. Avec, en plus, l'intense et noire satisfaction d'entendre Valère hurler de douleur. Pour sûr, ça ne devait pas faire de bien. À la lueur des flambeaux, Jared observa les dégâts causés par son sort, le flot de sang et de corps cristallin, la plaie béante sur le côté gauche du visage... Sur n'importe qui d'autre, il aurait été horrifié, mais voir Valère Araley offrir ce spectacle était purement jouissif.

Le mage noir, cependant, faisait preuve d'une résistance assez inouïe. L'explosion de son oeil aurait dû le neutraliser plus longtemps que cela – mais le taré semblait à peu près aussi insensible à sa propre souffrance qu'à celle des autres. Tout au plus avait-il perdu, quelques instants durant, le fil du duel, titubant de douleur et emplissant toute la pièce de ses hurlements ; mais presque aussitôt, il avait recouvré suffisamment de maîtrise de lui-même pour lancer un nouveau sort. Une nuée de couteaux plus ou moins effilés se jeta sur Jared, dans le but avoué de lui mettre la tripe à l'air. Le fumier ! Jared tâcha d'esquiver le tir groupé, en se jetant de côté ; il avait besoin d'une seconde, d'une seule seconde de tranquillité pour lancer un sort qui le protègerait des lames... Mais les couteaux n'avaient pas de repos et le harcelaient constamment. Il parvenait à peu près à les écarter, sans pouvoir lancer de sort d'ensemble ; pour l'heure, il s'en tirait avec des égratignures négligeables, mais il perdait du temps et cela permettait à Araley de se préparer à la suite du combat. L'un des couteaux parvint à se ficher profondément dans la chair de son épaule gauche ; l'Auror gémit, et dans un effort surhumain, parvint à lancer enfin ce charme du Bouclier qui allait lui permettre de tenir les couteaux à distance. La nuée de lames vint buter contre un mur invisible, tandis que Jared observait la pièce.

Araley avait mis à profit ces quelques instants de trêve pour éteindre presque tous les flambeaux de la pièce, et pour créer des illusions. Quatre Valère, tous étonnamment vivants, l'observaient de leur oeil unique. Joli... Pour poursuivre le combat, il faudrait déterminer lequel était le vrai. Les illusions ne pourraient faire aucun mal à l'Auror, mais leur présence risquait de le ralentir et d'entraver sa riposte. S'il choisissait la mauvaise cible, le vrai Valère aurait le champ libre pour l'attaquer... Et les couteaux ne cessaient de buter contre la paroi magique qui protégeait Jared. Il devait se décider, vite, très vite, sous peine de laisser Araley prendre l'avantage... Soudain, sans qu'il en ait réellement confiance, sa baguette s'éleva en direction du nuage de couteaux, et il lança, en silence, le maléfice de Retour de Flamme. Voilà qui simplifierait les choses : les lames se retourneraient contre leur expéditeur, sans plus s'occuper des illusions. Tandis que la nuée argentée reprenait son envol, Jared suivit leur mouvement pour lancer un Incendio dans la direction du véritable Araley. Puisque la lumière lui était intolérable, on allait lui en donner !

Tandis que son adversaire était occupé ailleurs, Jared avait le champ libre pour lancer un autre sort. Pas deux, pas dix, car Valère allait probablement réagir très vite... Il fallait choisir, et le choix était déchirant. Venir en aide à Natalee, envoyer un Patronus à l'un de ses gars, ou s'occuper des illusions qui imitaient chaque geste d'Araley, la nuée de couteaux en moins... Il hésita une seconde, puis estima que l'urgence était de supprimer ce qui allai l'induire en confusion au cours du combat. S'il laissait les illusions, s'il ne faisait pas disparaître ces alliés du mage noir, il prenait le risque de ne plus pouvoir aider Natalee par la suite... Alors qu'en s'assurant un minimum de sécurité, il pourrait toujours – il l'espérait, de chaque fibre de son être – se porter au secours de sa collègue, à la faveur d'un instant de déconcentration de Valère – et appeler des renforts, qui n'arriveraient probablement pas à temps. Il lança donc, la mort dans l'âme, le sortilège de destruction qui changea les doubles de Valère en nuages de fumée. Au moins, il y voyait plus clair. Ce ne devait pas être le cas de tout le monde dans ce cachot sordide.
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MessageSujet: Re: Stayin' alive /!\ Mort de Valère, sang et viande sur les murs [T 99/00]   Mar 1 Mai - 14:31:33

Les doubles se dispatchaient à distance égale de part et d'autre du véritable mage noir, tandis que Jared se débattait avec les couteaux à l'aide d'un sortilège du bouclier. Comme Valère l'avait espéré, l'auror avait été pris de court par l'enchantement et cela l'avait empêché de riposter par un contre-sort plus efficace. C'était l'avantage de se battre contre quelqu'un qui n'avait pas autant d'expérience que lui dans la cruauté et dans l'absence de scrupule. Le manque d'imagination que cela entraînait était une véritable entrave qui ralentirait, l'espérait-il, encore un moment sa réactivité. Néanmoins, Valère se méfiait. Jared avait brillamment montré qu'il était capable de rendre les coups que lui administrait le criminel.
S'il ne réagissait pas à temps, le bouclier allait finir par céder, et les lames se jetteraient sur lui pour décortiquer sa chair jusqu'à ce qu'il ne reste plus qu'une bouillie informe de ce sale auror. Les quatre Valère pointèrent leur baguette en avant, et un sortilège de waddiwasi fusa en direction des couteaux, qui frappèrent le rempart précaire de son adversaire avec une vivacité fulgurante. Le bouclier céda, mais la vingtaine de coutelas se détourna aussitôt de sa cible pour fuser en direction de Valère. Il s'y était attendu.


« Immobulus ! »

S'écria le mage noir d'une voix rauque, et le flot de couteau ralentit sa course pour s'arrêter à moins d'un mètre du visage de Valère. En revanche, il ne s'était pas attendu à la gerbe de flammes qui suivit le contre-sort. Il se jeta de côté, suivit par ses doubles, qui moururent aussi vite dans une explosion spectrale. Tandis que le feu happaient les lames immobiles, le mage noir transplana avant qu'une flamme perdue ne l'atteigne. L'ancien mangemort réapparut à l'autre bout de la pièce dans un crac caractéristique. Maintenant, il en avait assez de jouer. Il était temps d'en finir, au moins avec l'un des deux. Un sourire mesquin, déformé par la souffrance qu'il éprouvait, assombrit son visage livide.
Le mage noir rassembla son énergie et se jeta en avant dans un véritable cri de guerre, tandis que son corps se métamorphosait en fumée noire. S'il avait appris quelque chose d'utile auprès des mangemorts, c'était bien ce sortilège, qui permettait de se déplacer à une vitesse phénoménale en étant presque intouchable. Oh, bien sûr, les aurors étaient rapides, et une riposte de e Grant n'était pas à exclure, mais il prévoyait de le déstabiliser assez pour lui faire perdre quelques secondes précieuses.
Sa silhouette dématérialisée fila en direction de son adversaire, le contourna, l'enveloppa, narquoise, tandis qu'un panel de sortilèges mineurs se déversaient dans sa direction. Dans cette explosion de sortilèges et d'ombres, seul le visage fou de Valère apparaissait encore, et sa main droite, fermement serrée sur sa baguette de chêne noir. Enfin, le mage noir atterrit en diagonale de Jared, mais au lieu de braquer son arme sur l'auror, il visa un pan de mur, juste au-dessus de la lycane inconsciente.


« Deprimo ! »

Une puissante explosion suivie de flammes détacha un pan entier de mur. De grosses pierres usées par les âges s'ébranlèrent et chutèrent lourdement en direction de Natalee, prêtes à l'écraser de toute leur masse. Si le sorcier désirait récupérer sa lycane en vie, il était désormais obligé de se détourner de son opposant. Un rire proprement cruel échappa à Valère, tandis qu'il tournait son bras armé en direction des jambes de Grant.

« Impedimenta ! »

Le sort s'écrasa contre les chevilles du sorcier mais, au même instant, les lames jusqu'alors retenues par le sort de protection s'échappèrent de leur immobilité relative pour filer en direction du mage noir. Un nouveau sortilège d'explosion retentit, juste avant que les poignards ne touchent Valère. Contre-temps qui agaça hautement Valère, qui venait de perdre deux précieuses secondes contre son adversaire. Le souffle de l'explosion effleura son visage, attisant la douleur lancinante qui se déversait dans toute la moitié gauche de son visage. Un râle de souffrance s'échappa d'entre ses lèvres. Il sentait que la douleur lui faisait perdre son sang-froid. Une seule envie, véhiculée par la haine qui coulait à flot dans son sang, frappait l'esprit tordu de Valère. Faire souffrir ce cloporte infâme de sang-mêlé, lui rendre le mal qu'il lui avait fait au centuple. Son unique œil, baigné de folie, se braqua sur la nuque du sorcier. Lui broyer les os, lacérer sa chair, mettre ses organes à vif. Les images de l'agonie de l'auror défilèrent dans son esprit, quand il élança son bras.

« Incarcerem ! »

De véritables chaînes sortirent de la baguette de Valère, prête à frapper le visage de l'auror, à l'enserrer jusqu'à ce que les os de ses tempes explosent, à s'entourer autour de sa gorge jusqu'à ce que ce que, bleue du sang qui affluait dans sa carotide, elle éclate sous la pression de la corde de fer. Une belle adaptation de l'écartèlement que Valère avait déjà testé sur d'autres victimes avec succès. Avec un tel sortilège, il était assuré que l'auror souffrirait s'il ne retenait pas à temps le sort. Et même s'il s'en débarrassait assez vite, Valère imaginait avec délectation la pression douloureuse qu'il ressentirait dans son visage, sa nuque et sa gorge en s'effondrant à terre, tiré vers le mage noir comme un misérable sac à graines.
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MessageSujet: Re: Stayin' alive /!\ Mort de Valère, sang et viande sur les murs [T 99/00]   Mer 2 Mai - 9:31:01


Il fallait bien le reconnaître : Valère Araley était un adversaire redoutable en combat singulier. Sa renommée n'était pas volée ; il était plus réactif et inventif qu'aucun autre sorcier que Jared ait pu affronter avant lui – et pourtant, il en avait vu des vertes et des pas mûres. La perte d'un œil avait, bien sûr, amoindri ses capacités de réaction, mais pas suffisamment au goût de Jared. Il faudrait, très vite, trouver le moyen de lui porter un autre coup grave, quelque chose qui lui enlève pour de bon l'envie de jouer, ou la possibilité de laisser libre cours à sa rage. Car le Confringo avait eu un effet pervers ; en libérant toute la fureur du mage noir, il avait décuplé, momentanément bien sûr, sa puissance. Rien n'est plus dangereux qu'une bête blessée, et c'est vrai pour les Mangemorts.

La nuée de couteaux avait été attendue, et Valère la stoppa sans difficulté. Le feu, en revanche, produisit son petit effet, et Jared en éprouva une once de soulagement : le criminel se laissait donc surprendre, et ce n'était pas dans ses habitudes. En général, c'était lui qui avait une longueur d'avance sur ses adversaires, mais là, il n'avait pu que se jeter de côté avant de se faire roussir les fesses. Un bon point, songea l'Auror, dont la satisfaction ne dura guère, toutefois. Le fumier avait de la ressource, et il effectua un sort dûment répertorié comme une spécialité de la maison Voldemort and Co : un déplacement très rapide, à donner le tournis, sous forme de fumée noire. Seul son visage de fou apparaissait parfois tandis qu'il enveloppait Jared ; le reste de son corps s'était dématérialisé, mais cela ne l'empêchait pas de bombarder l'Auror d'une avalanche de sorts. Rien de bien grave, il ne s'agissait que de sorts mineurs, mais les contrer tous à la fois demandait une bonne réactivité. Tandis qu'il s'évertuait à se protéger tant bien que mal, Jared sentait sa propre colère croître, parcourir chaque fibre de son âme ; cela empira encore, si c'était possible, lorsque l'infâme s'attaqua à Natalee. À vrai dire, Grant s'était attendu à une félonie de ce genre, le tout étant de savoir à quel moment elle arriverait ; c'est pourquoi, dès le début du combat, il avait fébrilement espéré deux secondes de répit pour pouvoir lancer un sort de protection sur sa collègue. Il ne l'avait pas fait lorsqu'il en avait eu l'occasion, et Araley en profitait... Il tenait à merveille son rôle d'adversaire sans scrupules. Un vrai méchant de cinéma.

Jared n'eut qu'une demi-seconde pour réagir. Sitôt qu'il entendit le craquement du pan de mur, oubliant que le mage noir pourrait profiter de ce qu'il était occupé ailleurs pour le réduire en bouillie, il pointa sa baguette vers Natalee pour lancer autour d'elle un sortilège d'impassibilité. Ainsi, elle serait protégée, aussi longtemps que ce cinglé ne s'aviserait pas de rompre le charme.

L'Auror se retournait, vivement, pour contre-attaquer, lorsqu'il se sentit basculer et s'étala sur les pavés, à la fois furieux contre lui-même et agréablement surpris : Araley avait utilisé un sort basique, que l'on apprenait dans les premières années à l'école... Signe qu'il se fatiguait, et que les sorts les plus musclés devenaient trop exigeants ? C'était une chance, en tout cas, car s'il avait lancé un Doloris ou un sortilège mortel, Jared était fait comme un rat. Il roula de côté en lançant au jugé un Protego pour éviter le sort suivant – la série des sorts de collégien continuait, avec un Incarcerem – et se releva d'un bond. Un peu essoufflé, il parvint néanmoins à railler :

-Eh bien, tu te crois revenu à Poudlard, Araley ? Ou tu ne peux plus faire mieux que ça ? Attends, je vais te réveiller...

Ne pas négliger l'aspect psychologique du combat, même si cela semblait une perte de temps. Araley devait prendre conscience du fait qu'il était en perte de vitesse, qu'il allait se faire laminer. Plus vite il intègrerait cette donnée fondamentale, plus vite il perdrait son assurance et commettrait des erreurs. Vivement, Jared lança son sort suivant – un grand classique des scènes de ménage sorcières : le maléfice du Casse-Tête, qui faisait peu ou prou le même effet qu'une poêle à frire abattue vigoureusement sur le crâne et avait le mérite d'épargner les ustensiles de cuisine. Voyons ce que Valère dirait d'un bon coup sur la tête, avec sa moitié de bobine et son orbite dévastée... Pour corser un peu l'affaire, Jared pointa à nouveau sa baguette magique vers le mage noir, en visant le cou, et marmonna :

-Sectum arteriam !

Lui faire perdre du sang, l'affaiblir. On avait assez joué, maintenant, il était temps de s'en rendre compte. Une longue entaille dans la carotide devrait, assez vite, calmer les ardeurs de l'ami Valère, et tant pis si ce n'était pas très académique. Il allait se mordre les doigts d'avoir sous-estimé l'adversaire, et oublié qu'en tout Auror il y a un boucher qui sommeille.
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MessageSujet: Re: Stayin' alive /!\ Mort de Valère, sang et viande sur les murs [T 99/00]   Mer 2 Mai - 17:25:49

La puissance de Valère décroissait à mesure que la perte de son œil, alliée à son usage de la magie, creusait ses dernières ressources. Informuler les sortilèges devenait difficile et sa baguette vibrait entre ses doigts, mécontente de la faiblesse soudaine de son propriétaire, qui n'avait jusqu'alors jamais fait montre de tant de fatigue. Son arme était doté d'un caractère fort, qui la rendait seulement maîtrisable par un sorcier tel que lui. Mais elle n'était pas le genre d'arme à rester fidèle à son maître, si celui-ci faisait preuve de faiblesse. Le doute qui s'insinuait dans l'esprit du mangemort affaiblissait la magie de son arme, la rendait récalcitrante et l'effet de ses sortilèges plus erratique. L'incarcerem vola peut-être un peu trop mollement en direction de Grant, qui parvint à l'esquiver en se redressant sans mal sur ses jambes. La frustration et la colère accélèrent la respiration déjà saccadée de Valère, et la pique de l'auror lui tira un hurlement de rage. Il fit un pas vers son adversaire, prêt à en découdre de la pire des façons, mais celui-ci fut plus rapide. Sans qu'aucune étincelle ne laisse prévoir le sortilège, un choc sourd et violent percuta l'arrière de son crâne avec une brutalité telle que le mage noir se trouva propulsé en avant, le buste courbé. S'il n'y avait eu aucun véritable choc physique, son corps réagit comme si un poids lourd venait effectivement de lui écraser la nuque. Un nouveau flot de sang se déversa de son orbite à vif et un hurlement échappa à Valère, un hurlement plus puissant et plus douloureux qu'il n'en avait jamais poussé. La douleur fulgurante qui irradiait son visage était à rendre fou. L'écho de son cri s'étendait entre les voûtes immenses de la salle de torture, pendant un temps qui sembla durer une éternité au mage noir. Presque prostré, à deux doigts de tomber à genoux, Valère ne parvenait plus à se ressaisir. Alors, le maléfice de lacération glissa le long de sa gorge et entailla profondément sa carotide, qui libéra une fontaine de sang directement propulsée hors de son cœur. Valère tomba lourdement sur les rotules et se retint d'une main sur le sol, tandis que l'autre lâchait sa baguette pour se porter sur sa gorge.
Il avait fait montre de trop d'orgueil, en pensant tenir encore quelques minutes contre l'auror. Il aurait dû l'achever alors qu'il en avait eu l'occasion. Son désir de le tuer sous les yeux de Natalee l'avait conduit à l'erreur. Il s'était cru assez fort pour résister plus longtemps. Il s'était trompé. Un gémissement gargouillant passa entre ses lèvres, en même temps qu'un épais filet de sang qui couvrit sa lèvre inférieure de carmin. Il porta sa main en direction de son visage et la vit rouge, visqueuse, complètement noyée sous un manteau de globules rouges. Une flaque se répandait sur le sol. Ce n'était qu'une question de minutes, peut-être de secondes, avant qu'il ne trépasse. Rien ne passa dans son esprit. Ni visage, ni remord, ni soulagement. Rien, si ce n'était cette colère indicible qui explosait et couvrait son champ de vision d'une épaisse teinte rouge. Elle pulsait en lui au même rythme affolé que les battement de son pouls. Sa main ensanglantée retomba sur sa baguette tandis qu'il ne pouvait retenir la bave rouge et humide d'affluer aux coins de sa bouche. Il était vaincu, mais il ne mourrait pas sans toucher gravement celui qui l'avait mis à terre. Même alors, il n'avait aucune estime pour son adversaire, ni ne lui reconnaissait la moindre supériorité. Il se redressa tant bien que mal, puis s'effondra. Mais un dernier sort s'échappa de sa baguette magique pour frapper Jared de toute la puissance qu'il lui restait.
L'éclair qui frappa l'auror se transforma en une nuée d'insectes qui parcoururent la peau du sorcier en le mordant, le pinçant avec un venin puissamment douloureux, jusqu'à faire des percées dans chair et s'infiltrer en lui. Un sortilège qu'il avait appris en Afrique auprès des tribus vaudous, particulièrement redoutable tant physiquement que psychologiquement. Un rire rauque s'extirpa douloureusement de sa gorge tandis qu'il observait Jared se débattre avec les petites créatures sournoises. Si elles l'atteignaient assez, Valère ne lui donnerait que quelques heures de survie, avant que le poison n'agisse mortellement.
Mais Valère avait mis ses dernières forces dans ce maléfice. Vidé par l'effort, le puissant mage noir tomba joue contre terre tandis que ses doigts se desserraient, tremblants, de sa baguette magique. Il écouta son cœur ralentir, les chaos de la douleur et de son pouls s'espacer. La rage qui le maintenait encore éveillé s'effondra, son souffle s'amoindrit. Valère savait qu'il était vain de lutter contre ce brouillard qui l'appelait. Il mourait, comme tant d'autres avant lui. Il tombait au terme d'une quête inaccomplie, mais dans l'honneur. Ses doigts se crispèrent en un spasme contre un pavé imbibé, gluant, puis se détendirent tandis qu'un râle d'agonie accompagnait son dernier souffle. La souffrance le quitta définitivement. Valère n'était plus.
Son corps sans vie reposait sur le pavé inégal de son propre refuge, encore chaud mais aussi flasque qu'une poupée de chiffon. Alors, une petite créature très reconnaissable sortit de l'ombre, et fit quelques pas vers son défunt maître. Aucune émotion de passa sur le visage de l'elfe, et il tourna un regard presque moralisateur en direction de Jared.

« Cesair aurait pu vous aider. Cesair en avait eu l'ordre de la part de lady Araley. Un mot d'elle aurait suffit. » Il avisa du menton la lycane qui gisait toujours. Les chaînes s'étaient ouvertes et l'avaient laissé choir sur le pavé glacial à l'instant où le mage noir était passé de vie à trépas.
« Mais on ne voit jamais les elfes de maison. Ils sont si insignifiants. Heureusement, Cesair n'est pas rancunier. »
Il pointa son doigt maigre en direction de Jared, et les insectes qui lui parcouraient le corps se volatilisèrent instantanément. Il s'approcha à petits pas de Natalee, lança un regard méfiant à l'auror, puis utilisa de nouveau sa magie sur la sorcière. Un halo de lumière auréola la lycane tandis que les plaies dans son dos et son bras se résorbaient. Doucement, Natalee bougea, semblant s'éveiller du coma dans lequel elle avait été plongée.
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MessageSujet: Re: Stayin' alive /!\ Mort de Valère, sang et viande sur les murs [T 99/00]   Mer 2 Mai - 21:10:13

Malgré toute sa haine pour Araley, Jared aurait donné cher pour ne pas entendre son hurlement de souffrance lorsque le maléfice du Casse-tête le frappa de plein fouet. Pour sûr, cela devait faire atrocement mal, et c'était même pour cette raison que l'Auror avait choisi ce sort ; mais ce cri de douleur, ce long cri d'homme torturé était insoutenable. Valère n'était plus qu'un homme, un pauvre type qui souffrait probablement le martyre. Son orbite avait déversé un nouveau flot de sang et de substances diverses sous l'impact du sort ; l'instant d'après, sa gorge avait libéré, elle aussi, un puissant jet de sang. Cette fois, il semblait bien que c'en était fait du mage noir. Il avait titubé, chancelé, puis s'était effondré. Malgré lui, Jared ne pouvait détacher son regard de l'horrible spectacle. L'agonie de ce type le fascinait. Ils avaient presque fini par le croire immortel, au QG... et voilà qu'il râlait à ses pieds, que sa gorge entaillée laissait entendre un gargouillis infâme. Nombre d'Aurors auraient payé pour être à sa place, et pourtant Grant ne parvenait pas à se réjouir pleinement de la mort de son adversaire. À présent qu'il était calmé, il mesurait toute la cruauté du sort qu'il avait infligé à Araley. Oh, bien sûr, ce salaud avait mérité cent fois pire ; la plus savante torture était encore trop douce pour faire expier ses crimes à un tel sanguinaire. Avec tout cela, il n'avait pas dû souffrir le dixième de ce qu'avaient enduré certaines de ses victimes, et l'entendre hurler sa souffrance aurait sonné à beaucoup d'oreilles comme la plus délicieuse des mélodies. Mais Jared observait ce visage mutilé, cette plaie béante à la gorge, et il se rendait compte que c'était lui qui avait fait cela. Il ne doutait pas un seul instant qu'Araley leur aurait fait bien pire, à Natalee et lui, s'il en avait eu l'occasion ; il avait largement commencé à martyriser la lycane – Grant n'osait se demander à quel point – et aurait veillé à faire durer son agonie le plus longtemps possible. Lui, au moins, aurait eu la chance de crever assez vite, même si les derniers instants devaient lui sembler durer l'éternité. Le bras le long du corps, Jared réprima un haut-le-coeur en voyant l'écume rougeâtre aux lèvres de Valère, autant écoeuré de l'affreux spectacle que de la conscience d'en avoir été l'auteur.

Et puis soudain, comme pour dissiper ces scrupules d'homme plein de principes, Valère parvint à émerger de son agonie pour lancer un ultime sort à son adversaire. Le salaud ! Il avait encore de la ressource, alors que son sang formait une véritable mare sur les pavés... Comment était-ce possible ? Et si, finalement, il se relevait en ricanant, miraculeusement ressuscité, comme dans un de mauvais film d'horreur ? Jared pouvait presque imaginer la scène, la lueur surnaturelle dans l'oeil unique du mort-vivant dégoulinant de son propre sang, la fin du combat contre un adversaire aux forces décuplées...

L'Auror, toujours choqué par le spectacle de cette mort sordide, n'eut pas le temps de parer ce dernier sort. Une nuée d'insectes s'abattit sur lui, piquant chaque parcelle de sa peau qu'ils pouvaient atteindre ; leur piqûre était douloureuse, mordante, et les insectes semblaient à chaque instant plus nombreux. Jared ne parvenait pas à arrêter cette invasion ; les affreuses bestioles essayaient d'entrer dans ses yeux, dans sa bouche, passaient sous ses vêtements, l'empêchant d'user de magie. Il lui sembla qu'elles s'efforçaient de se loger sous sa peau, et il ne put retenir un cri. Quelle était cette saloperie ? Il parvint à les ralentir en lançant un Finite incantatem, mais le sort n'était pas assez puissant pour faire disparaître les milliers d'insectes.

Comme il se débattait pour tâcher de se soustraire à la morsure des bestioles, l'elfe entra dans la pièce et s'avança de sa démarche chaloupée jusqu'au corps de Valère. Il l'observa un instant, le visage parfaitement neutre, puis se tourna vers Jared qui avait fini par tomber, à son tour, sur les pavés, et continuait de lutter contre ses parasites. L'Auror l'écouta tant bien que mal, maudissant silencieusement toute la famille Araley, puis répliqua avec mauvaise humeur :

-Désolé, nous n'avons pas encore le troisième œil, chez les Aurors.

Non mais c'est vrai... Cette Lady Araley croyait qu'ils allaient deviner que l'elfe avait ordre de les aider ? Elle se croyait au festival de la devinette, la petite dame ? Tu parles d'une collaboration... Elle avait voulu ménager la chèvre et le chou, tout simplement : ainsi, si Valère l'emportait, rien n'aurait été tenté contre lui, mais s'il était vaincu, les Aurors sauraient qu'ils avaient bénéficié de tout soutien virtuel de Lady Araley... Vieille bique, tiens...

Avoir l'elfe avec soi avait au moins un côté positif : à présent, la créature usait de sa puissante magie à leur profit. D'un simple geste, il débarrassa Jared des insectes, puis se tourna vers Natalee qu'il ranima. L'Auror, toujours à terre, porta une main à son épaule gauche dans laquelle un petit couteau était toujours fiché ; curieusement, il était certain qu'il serait plus douloureux de retirer la lame que de la garder, et il préféra attendre les secours. Mis à part cela, il n'était pas très gravement atteint – un véritable miracle, après un duel aussi violent. En revanche, il ne parvenait pas à chasser de son esprit le cri de souffrance du mage noir, et l'image de son visage mutilé... En rampant, il rejoignit Natalee qui bougeait faiblement, et prit sa main entre les siennes.

-C'est fini, Lee, c'est fini, il est mort... murmura-t-il, penché vers son oreille, ayant peine lui-même à croire aux mots qu'il prononçait.

Il libéra l'une de ses mains, reprit sa baguette magique, et conjura un Patronus qui irait tirer Ophelia de son sommeil. En tant que directrice du Bureau des Aurors, il était naturel qu'elle soit la première avertie ; elle pourrait alerter les autres Aurors, et les secours dont Jared avait dit, dans son message, avoir un besoin urgent. L'elfe, planté devant eux, les observait, et le sorcier murmura :

-Merci, Cesair.

Grâce aux soins prodigués par l'elfe, Natalee semblait reprendre du poil de la bête (le comble pour une lycane). Ses paupières battirent, et elle s'éveilla lentement. Complètement chamboulé, Jared porta à ses lèvres la main de sa collègue et y déposa une fougueuse série de baisers. Bien entendu, il ne s'agissait que de la joie de la voir se rétablir. Il n'y avait rien d'autre, et surtout pas de sentiments à l'eau de rose, là-dedans.
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  • Natalee Shevelin
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MessageSujet: Re: Stayin' alive /!\ Mort de Valère, sang et viande sur les murs [T 99/00]   Jeu 3 Mai - 13:12:01

Une douce chaleur irradia le corps de Natalee, qui en eut vaguement conscience. Dans l'absence de sensation qui avait régné sur son corps, elle sentit, très loin, quelque chose agir sur ses membres endoloris. La lycane aurait voulu pousser un soupir de soulagement, lorsqu'elle eut l'impression que la plaie qu'elle s'était faite aux bras, et celles qui lacéraient son ventre, se cautérisaient. Elle revenait peu à peu à elle, mais elle se sentait encore loin, incapable de gérer ce corps qui ne semblait plus lui appartenir. Bouger était un véritable supplice, ouvrir les yeux lui demandait un effort inhumain. Elle sentit ses paupières vibrer contre ses yeux, mais ne parvint pas immédiatement à les soulever. Elle avait froid. Tandis que son esprit reprenait conscience qu'il était bien encore ancré dans cette enveloppe de chair brisée, elle sentait la douleur lui revenir. Sa respiration, gênée par quelques côtes cassées, était pénible. Chacun de ses muscles la faisait souffrir comme si elle avait été piétinée par un troupeau de griffons.
Comment se faisait-il qu'elle soit toujours en vie ? Elle aurait dû mourir mais pourtant, elle était bien là, sur ce parterre glacé, infesté de son sang coagulé. Deux mains chaudes entourèrent la sienne, puis une respiration caressa sa nuque, tandis que la voix reconnaissable de Jared murmurait quelque chose à son oreille, que son cerveau eut du mal à intégrer. Mort ? De qui parlait-il ? Il lui fallut de longues secondes pour ouvrir enfin les yeux. Le décor sordide dans lequel elle se trouvait lui rappela les derniers évènements qu'elle avait vécu, et une boule d'angoisse crispa son ventre. La lycane poussa un gémissement, sans vraiment s'en rendre compte, tandis que des images affreuses, celles de sa propre torture, se rappelaient à elle. Dans un effort douloureux, Natalee tourna la tête en direction de Jared, qui était là, au-dessus d'elle, à embrasser sa main comme jamais il ne l'avait embrassée. Son cœur virevolta dans sa poitrine. Ils étaient en vie. Elle serra ses doigts contre la paume de son ami, tandis que sa conscience reprenait peu à peu ses droits. Valère était mort. L'avait-elle bien entendu ? Oui, c'était la seule explication cohérente au fait qu'elle soit maintenant éveillée.


« C... Comment... »

Sa voix ne semblait pas encore disposée à lui obéir et sa phrase mourut dans sa gorge sans qu'elle ne puisse l'achever. Le froid qu'elle ressentait était aussi mordant que les blessures qui l'élançaient dans son ventre, sa nuque et son bras. Elle tremblait et sentait ses dents claquer, incontrôlables. C'était donc cela, qu'être en position de victime. Elle se rappela le souvenir lointain, semblant provenir d'une vie antérieure, de l'unique fois où elle s'était trouvée en état de choc, au lendemain de sa première pleine lune. Elle frissonnait et claquait des dents de la même façon, la perte considérable de sang en moins. Sa main libre s'accrocha à la nuque de Jared, et elle tenta de se redresser, engendrant une explosion de souffrance dans tout le haut de son corps. Un cri étranglé s'échappa de sa gorge, mais elle se souleva malgré tout. Elle avait besoin de chaleur, de sentir le torse de Jared contre elle, de le sentir bien réel, d'être sûre qu'il ne s'agissait pas d'un mirage. Son front se posa contre l'épaule de son collègue, ses doigts effleurèrent les lèvres qui l'avaient embrassées un instant plus tôt, et les vannes lâchèrent. Crispée contre Jared, elle éclata littéralement en sanglots, tandis que la pression atroce qui comprimait tout son corps explosait.

Le soulagement, libérateur, évacuait les dernières relents de peur qui agitait son corps de spasmes. Il était mort, c'était fini. Ils pouvaient enfin clore l'affaire. Elle pourrait enfin reprendre une vie normale. Pourtant, en ce moment, rien ne semblait jamais plus pouvoir redevenir comme avant. Elle se sentait lacérée, déchirée, tant physiquement que mentalement. Les hallucinations dont elle avait été victime restaient gravées dans son esprit, et la mort de Valère était difficile à croire. Elle avait besoin de le voir de ses yeux, mais elle ne s'en sentait pas la force. Elle désirait seulement la chaleur réconfortante des bras de Jared, elle ne voulait plus le lâcher. Elle sentait que, si elle le faisait, elle sombrerait dans l'hystérie. Sa main glissa sur le menton de son collègue, tourna son visage vers elle pour qu'elle puisse le regarder, s'assurer qu'il n'avait pas subi autant de dégâts qu'elle. Ses yeux d'ambre, rougis par les larmes, se fondirent dans ceux de Jared, et un rire nerveux lui échappa lorsqu'elle remarqua qu'il semblait presque aussi bouleversé qu'elle. Elle voulait le remercier, lui demandait s'il allait bien, mais les mots restèrent coincés dans sa gorge. Alors, plutôt que de se perdre en phrases qui, de toute façon, ne voulaient pas sortir, elle embrassa ses lèvres avec ardeur.
Plusieurs séries de craquements retentirent et la firent se reculer dans un sursaut. L'instant d'après, elle vit courir vers eux toute une troupe de médicomages et d'aurors. Elle aperçut Ophelia, Leeroy, Blacks, Collins, Heathcliff et tous les autres sans vraiment réaliser, jusqu'à ce que des mains l'empoignent et tentent de la défaire de la prise qu'elle exerçait sur Jared. Elle résista un instant, plus par réflexe que par conviction, jusqu'à ce que la voix de son frère l'interpèle. On l'allongea, probablement sur un brancard, et un lumos vrilla ses yeux tandis qu'un autre médicomage observait les blessures qui couvraient son corps en s'extasiant sur le fait qu'elle soit encore en vie après tout le sang qu'elle avait perdu. Elle avait l'impression d'étouffer, avec cette affluence soudaine de corps qui allaient et venaient trop bruyamment pour ses oreilles encore fragiles. Ses tempes battaient, et elle chercha à se dégager des mains qui l'auscultaient, mais elle était en trop piètre état pour parvenir à éloigner ces gens d'elle. On la retint fermement tandis qu'elle cherchait à se redresser et on lui colla sans sommation une fiole de potion au goût infâme dans la bouche.


« Je suis désolée, Lee. C'est pour ton bien. On ne pourra jamais te faire transplaner sans risque avec le sang que tu as perdu, sinon. »
Murmura Erin, presque professionnel. Natalee lui rendit un regard assassin pour toute réponse. Elle l'entendit marmonner des mots rassurants, mais elle ne l'écoutait plus. Elle voulait simplement disparaître d'ici, dormir, et qu'on cesse de toucher son corps déjà bien assez meurtri comme cela. Elle se fichait bien des soins, elle voulait juste que tout se termine enfin.
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MessageSujet: Re: Stayin' alive /!\ Mort de Valère, sang et viande sur les murs [T 99/00]   Ven 4 Mai - 9:06:48

La main de Natalee était glacée entre les siennes, et une terreur rétrospective s'empara de Jared. Elle aurait pu mourir là, baignant dans son propre sang, tandis qu'il se battait contre Valère... Qu'aurait-il fait si, après le duel, il n'avait trouvé qu'un cadavre ? Il serait devenu fou, probablement. La démence semblait déjà vouloir parasiter son esprit, alors que les images les plus répugnantes ne cessaient de lui revenir, et que l'ultime cri de Valère résonnait sans cesse dans son crâne... Non qu'il éprouvât de la pitié pour ce sinistre mage noir, du moins il ne le croyait pas ; Araley avait toujours recherché une triste fin de ce genre, et il avait mérité chacun des coups qu'il avait reçus, et bien plus encore. Mais Jared, à mesure que les minutes passaient, prenait conscience de sa propre sauvagerie, et se rendait compte qu'il ne s'était pas battu pour arrêter un homme ou même pour le tuer, mais pour le faire souffrir, et qu'il y était arrivé. Cela faisait-il de lui un monstre comme ceux qu'il traquait depuis des années ? Il s'était repu de la douleur de l'autre, avait observé chacun de ses spasmes avec gourmandise, avant d'être écoeuré par ce qu'il avait fait. Déjà, sa conscience prenait le dessus et lui servait force reproches, au moment où il était le plus faible et le plus vulnérable.

Salaud... Tu as aimé le bruit de son œil éclaté, tu as aimé sa rage devant la mort imminente et impitoyable, tu as aimé sa souffrance. Et tu voudrais te faire croire que tu es un homme droit, à la morale irréprochable ? Mais un vrai Auror n'aurait pas joui de la souffrance d'un autre sorcier. Il l'aurait tué, tout comme toi, mais sans assouvir son propre plaisir en le mutilant. Valère avait trouvé un adversaire digne de lui, ce soir : tu es aussi assoiffé de sang qu'il l'était. Tu l'as mieux caché jusqu'à présent, c'est tout, mais dès demain ton appartenance au Bureau des Aurors sera reconsidérée. On ne peut pas laisser à un sadique le soin de protéger la population.

Il n'y avait rien à faire pour la faire taire. Où qu'il s'efforçât de porter ses pensées, elle le suivait, et continuait d'instiller le doute dans son esprit. Le venin se répandait, lentement mais sûrement ; encore un moment, et Jared serait convaincu qu'il aurait mieux valu que les choses se passent différemment. Et pourtant, avait-il eu le choix ? Pouvait-il répondre à un Avada Kedavra par une sommation ? Les mains en l'air, vilain mage noir, et jetez votre baguette ou il vous en cuira ! Araley l'aurait pulvérisé sans mal s'il n'avait pas pris les devants en se faisant barbare.

Dans un sursaut douloureux, Natalee parvint à se redresser pour se lover contre lui. Elle appuya doucement sa tête contre son épaule, réveillant au passage la douleur causée par le couteau, et resta là, quelques instants, à respirer tout simplement. Respirer. On ne se rendait pas compte du plaisir que pouvait procurer cet acte si instinctif, et pourtant, depuis la fin du combat, chaque goulée d'air avait une saveur enivrante. Les doigts de Natalee effleurèrent les lèvres de son collègue, puis soudain, elle se mit à pleurer. D'un geste maladroit, Jared l'entoura de ses bras – surtout du droit, le gauche refusait d'obéir. Elle avait l'air si petite, blottie contre lui et pleurant comme une gosse... L'Ecossais aurait eu envie de pleurer lui aussi, pour évacuer la tension nerveuse qui faisait palpiter son cœur, mais il n'y avait rien à faire. Ses yeux demeuraient désespérémen secs et ses pensées désespérement fixes tandis qu'il caressait presque machinalement le dos et les cheveux de Natalee pour essayer de la réconforter. Toute capacité de réaction semblait annihilée chez lui, ou du moins fortement ralentie : quand la lycane se redressa pour poser un baiser sur ses lèvres, il eut besoin de plusieurs secondes pour se rendre compte de ce qui arrivait. Et son premier réflexe fut, non pas de s'étonner, mais de songer que le lieu et le moment étaient plutôt mal choisis...

Une série de craquements retentirent dans la pièce, répercutés par les voûtes de pierre, et une horde d'Aurors et de médicomages en furie déferla sur l'antre de Valère. Natalee ne s'était pas reculée assez vite pour empêcher Heathcliff de surprendre leur baiser, mais il se dispensa de tout commentaire et même de tout sourire, ce dont Jared lui fut reconnaissant. Les Aurors se dirigèrent aussitôt qui vers le corps d'Araley, qui vers l'elfe, qui vers l'extérieur de la pièce : l'enquête commençait, la cachette du mage noir serait passée au peigne fin pour collecter tout ce qui pouvait servir. Il y aurait aussi une enquête sur les circonstances de sa mort, par principe ; Jared fit signe à Leeroy et lui remit sa baguette magiquee. Cela faisait partie de la procédure.

Pendant ce temps, deux médicomages avaient fini par avoir raison de Natalee. La lycane s'était cramponnée de toutes ses forces à son collègue ; les deux sorciers avaient dû lutter pour la dégager, en desserrant chaque doigt, l'un après l'autre, tout en essayant de rassurer la blessée. Son frère, à force de patience, eut gain de cause, et elle se décida à lâcher Jared.

-Comment vous sentez-vous, monsieur Grant ? demanda un autre médicomage en s'accroupissant devant Jared. Où avez-vous mal ?

Bonne question. Grant réfléchit un instant. Il avait mal partout, bien qu'il eût été relativement épargné par ce duel. Mais chaque fibre de son corps le faisait souffrir, le froid s'emparait de lui aussi et faisait claquer ses dents, et une violente nausée montait. Il n'eut que le temps de se détourner du mage noir pour vomir, les spasmes de son estomac devenant encore plus douloureux lorsque son regard rencontra une grande flaque de sang à demi-séché. L'odeur de cette pièce était intolérable, le manque d'air frais aussi. Le médicomage sortit un mouchoir qu'il humidifia de sa baguette, et le donna à l'Auror qui le passa avec délices sur son visage, avant de pousser un grand cri : le sorcier avait profité de son inattention pour retirer le couteau de son épaule, libérant un flot de sang chaud sous ses vêtements. Un autre médicomage s'appliqua à comprimer la blessure, puis à la panser sommairement, tandis que le premier tendait une fiole à Jared :

-Buvez cela, monsieur Grant, cela vous fera du bien.
-Qu'est-ce que c'est ? Je ne veux pas dormir... Je veux rester...
-C'est une potion reconstituante, pour compenser la perte de sang. Vous allez rester ici quelques minutes, le temps que la potion agisse. Ensuite nous vous transfèrerons à Sainte-Mangouste. Vous sentez-vous capable de transplaner ?

Jared approuva d'un signe de tête, et avala docilement le breuvage épais qu'on lui donnait, en réprimant une nouvelle envie de vomir. Presque aussitôt, ses paupières se mirent à devenir terriblement lourdes, et il sut que le médicomage lui avait donné un somnifère sans le lui dire. Traître, chien, fils de Serpentard, songea-t-il en tournant vers lui un regard vitreux. Quelques instants après, incapable de lutter encore contre l'épuisement, il tomba endormi, inaccessible même aux reproches de sa garce de conscience.
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