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 [Thème 5] Effluves du passé
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MessageSujet: [Thème 5] Effluves du passé   Sam 25 Déc - 15:01:24

* Titre : Effluves du passé
* Thème choisi : le 5, Dans 20 ans
* Personnage(s) : Mairin pour le moment, pas mal d'autres mentionnés mais pas encore d'actif.
* Résumé : Du haut de l'ancienne tour d'astronomie d'un Poudlard en ruine, Mairin se souvient de ce qui l'a conduite là.
* Cadre Poudlard, le ministère...
* Année 2024
* Complet : Loin de là
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MessageSujet: Re: [Thème 5] Effluves du passé   Sam 25 Déc - 15:01:51

I. Le monde tel qu'il est


Et j’ai voulu partir, disparaître. Je ne voulais plus être personne, qu’on ne parle plus de moi, que je ne sois qu’un vague souvenir, comme une photo ancienne sur laquelle on distingue à peine des formes. Je voulais ne plus être, tout simplement. Mais la vie s’accroche, peu importe ce que l’on veut, ce que l’on souhaite. Quand on s’est battu, on ne peut pas lâcher prise comme ça, d’un coup. Comme si rien ne comptait. C’est impossible. On peut prier, attendre, pleurer, hurler. Mai s on ne fait jamais rien. Et tout devient trop sombre, trop douloureux. Se lever le matin n’est qu’un énième supplice. Pourquoi faire ? Pour qui ? Je voulais être quelqu’un d’autre, et m’évaporer dans la nature.

Alors pourquoi ? Pourquoi je restais accrochée à tout ce que j’avais encore, comme ça ? Ils me manquaient. Et je les haïssais. Je les méprisais de m’avoir quittée, tous. Aed, Page, Revan et tous les autres. Ces chevaliers de pacotilles qui avaient voulu jouer les héros, les pirates avalés par les mers. Et moi. Moi qui étais restée là, au milieu de tout ce chaos. J’avais l’impression d’être sur une terre nue. Seule au monde, et pourtant entourée de présences. Des proches, des inconnus, des foules d’individus qui me semblaient cruels. Ils s’en moquaient, pourtant. Ils ne me voyaient même pas. Ils étaient tous dans le même état. Ravagés, aveugles, sourds. Et j’aurais voulu ne plus être eux. Comment est-ce qu’on en était arrivés là, au juste ? Et pourquoi je n’étais pas morte avec tous les autres ?

Les questions ne servaient à rien. Plus rien n’avait le moindre intérêt, d’ailleurs. Quoi que je tente de faire, j’avais l’impression de me heurter à un mur, toujours plus haut, toujours plus épais. Assise sur le bord de la fenêtre de ce qui avait été autrefois la tour d’astronomie de Poudlard, et qui n’était plus maintenant qu’un amoncellement de rocs formant une tour solitaire, entourée de murs détruits et d’herbe brûlée, je soupirai. Tout autour de moi n’était qu’hécatombe. Mais il suffisait de fermer les yeux, rien qu’un instant, pour tout revoir. Le vent caressa mon visage et mes paupières s’abaissèrent. Je revoyais la forêt interdite. L’herbe, les arbres, les bancs. J’entendais les pas dans les escaliers, juste derrière moi, je retrouvais le ciel parsemé de hiboux postaux. Pourquoi est-ce que tout ça m’avait abandonné ? Je battis des pieds et me penchai en arrière, regardant le ciel à travers le toit en lambeaux. C’était beau, quand on y pensait. Si l’on se détachait de tout, on pouvait voir un tableau fantastique. Se détacher de tout…

Depuis quelques jours, je m’efforçais de laisser de côté tout ce que j’avais. C’était un peu idiot, un peu vain, mais d’un côté, d’une façon assez étrange, c’était jouissif. La veille, assise sur le même rebord, j’avais laissé tomber ma baguette. Les mains crispées sur la pierre, je l’avais regardée jusqu’à ce qu’elle disparaisse totalement dans l’obscurité. C’était le renoncement. En me défaisant de ce bout de bois, j’abandonnais tout ce que j’avais vécu depuis mes onze ans. Depuis qu’on avait décidé de me donner une éducation magique. Le jour d’avant, j’avais laissé tomber mes bijoux. Et avec eux, en tout dernier, le collier que m’avait offert Aed, le jour de son mariage. C’était une façon de me montrer que même s’il épousait cette fille que Lord McRae père lui avait choisi, ce serait toujours nous deux l’important. Notre amitié, notre vie. Alors j’avais eu ce bijou. Or blanc, nacre… Il avait dû se ruiner pour moi. Mais je n’en voulais plus. Comme je ne voulais plus le voir. Pourtant, encore une fois, je me rendrais à Sainte Mangouste au lever du jour. Juste pour toucher sa main, pour voir son visage abimé. La vie était une garce.

Pourtant, quand j’étais entrée à Poudlard, rien n’aurait pu présager un tel carnage. Les membres de l’Ordre du Phénix, ancien résistants contre le régime tyrannique de Voldemort, étaient des héros. Les mages noirs étaient traqués, un à un, sans relâche. Tous voulaient faire payer ceux qui avaient détruit leur vie. Et tout reprenait normalement. Les gens riaient, sortaient de chez eux sans peur et faisaient des rues qu’ils avaient fui leur territoire. Le renouveau. Nous, on était gamins. Avec quelques uns, comme Aed, Emma, Lyriel , Emily ou Tyler, on entrait en première année, et tout nous semblait lointain, abstrait. On voulait faire du monde magique tout entier un terrain de jeu. Parce que tout était cool, à cette époque. Du moins, c’est ce que l’on pensait. Parce que nous, on ne connaissait rien de la mafia. On ne savait pas ce que les adultes tramaient. On ne savait pas non plus que les élections approchant, notre joli paradis pourrait se transformer en un enfer. On pensait que c’était tout simple, dans notre univers politisé à la Dumbledore, avec notre idéal de gentil qui gagne toujours. Mais rien n’est jamais facile. Et on devrait l’apprendre aux mômes, pour qu’ils évitent de tomber de haut, quand tout s’écroule. Parce que c’est douloureux, effrayant, et qu’on ne peut pas se battre contre ce que l’on ne connaît pas.

Quand le nouveau ministre avait été élu, un certain Ambrose Bishop, un genre de Sluggy en un peu plus rembourré, Miss Lightman avait durci ses cours. On avait fait beaucoup plus de duels aussi. Et on faisait plus d’expériences, avec le professeur Bachelard, Lightman et Flitwick. Des courses d’orientation un peu particulières, qui alliaient botanique et défense contre les forces du mal. Mais on s’était dit que c’était juste pour varier, pour que les difficultés nous lient, et pour que l’on parvienne à s’intéresser à leurs matières. C’était stupide. Et tous ces profs, tous ces adultes… Ils auraient dû nous prévenir. Ils auraient du nous dire qu’un beau jour, on nous prendrait tout.
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