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 [Thème 5] Check Mates ! [MIS]
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MessageSujet: [Thème 5] Check Mates ! [MIS]   Dim 26 Sep - 23:44:31

* Titre : Check Mates !
* Thème choisi : Le 5eme Thème
* Personnage(s) : Aed L. Logan, Malcom McLochlan, Tobias Aegis. Mentions de divers autres.
* Résumé : Leurs études terminées et la trentaine tout juste passée, les MAT se retrouvent pour une vraie mission d'exploration à l'autre bout du monde...sans magie ! Survivront-ils ? Réussiront-ils à tenir ? Et leur amitié affaiblie en sortira-t-elle renforcée ou se perdra-t-elle au fin fond de la jungle ?
* Cadre : Euh...disons l'Indonésie, de villes en villages jusqu'à un temple perdu
* Année : Octobre 2018
* Complet : oui
* Commentaires : ici


Dernière édition par Aed L. McRae le Mar 28 Déc - 13:09:09, édité 7 fois
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MessageSujet: Re: [Thème 5] Check Mates ! [MIS]   Dim 26 Sep - 23:56:35

Trois silhouettes dans une ruelle sombre.
Trois esprits unis dans une même malice.
Un éclat de voix, un rire, un pacte.
Echec. Et MAT

Jour 1&2 Transit – La Salle des Pas Perdus

L’hôtel est sordide. On avait décidé de faire ça à l’ancienne bien sur. Changer les gallions en livres, les livres en euros puis en peu importait la monnaie finalement. On perdait pas mal en change mais on s’en fichait un peu, cela faisait partie du jeu. N’empêche. Une chambre pour trois, le robinet qui gouttait, les draps sentant le renfermé, tout cela commençait à me taper sur le système. Ça avait été drôle au début. L’aéroport, l’avion, Malcom qui savait parfaitement comment tout marchait, Tobias qui avait perdu son passeport, et nos visages scrutés par les moldus comme si on était des terroriste ou Dieu sait quoi. Ce que des criminels pouvaient bien aller faire en plein milieu de la jungle reste une énigme pour moi mais passons.

Ensuite il y avait eu l’avion. Evidemment j’avais dit aux autres que je l’avais déjà pris mais ce n’était pas le cas et je peux avouer ici que je ne faisais pas le fier. Par chance, les autorités prennent toujours le troupeau pour un imbécile et les étapes étaient suffisamment indiquées pour que je ne fasse pas de fausses notes. J’étais plutôt content de moi sur ce coup et on n’avait pu plaisanter tous les trois, exactement comme si la vie ne nous avait jamais séparés.

C’avait été bon de les retrouver. Mal’ était devenu ce qu’il avait toujours voulu être mais il était bien le seul. Qui à l’époque m’aurait imaginé Médicomage, hein ? Moi qui rêvais de devenir célèbre et me couvrait d’encre et de honte à toutes les occasions. Et Tobias. J’ai encore oublié quel est son métier précisément mais jamais je ne l’aurais imaginé au ministère. Et pourtant ça lui va bien. Si seulement je pouvais faire un peu de magie pour arrêter ce ploc ploc ! Mais on a dit « à l’ancienne » et si je parierais un mois de salaire qu’on ne tiendra pas jusqu’au bout, je ne serais pas celui qui rompra le pacte. Je reviens.

[…]

Gosh ça fait du bien ! Finalement je n’ai eu qu’à tordre le métal et pour bloquer l’eau quelque part dans la tuyauterie. Leur truc est en fer blanc, je n’ai même pas eu besoin de forcer. Dix contre un que ça pète dans les deux jours. Rien à foutre, je serais loin.

Les draps sont sales. La télé est sale. Même la bible dans le tiroir de la table de nuit est sale. On leur a jamais parlé des acariens en Indonésie ? Sérieux, je ne crains pas le camping, les tigres, les moustiques et leurs millions de maladie mais je déteste la saleté. Tout comme la laideur et la pauvreté qu’exhibent les populations comme s’il s’agissait de marques de fierté. J’espère que les autres n’ont pas vu à quel point tout ceci me rendait malade. De dégoût mais de honte aussi. On pourrait faire tellement pour les aider. Mais ils ne veulent pas. Ils n’essaient même pas de s’aider eux-mêmes. Comme si rester propre était difficile ! Un peu moins d’alcool et un peu plus d’hygiène ne leur ferait pas de mal. Je ne sais pas comment font les gens pour s’estimer aussi peu. On frappe.

[…]

J’ai atteins mon seuil de tolérance là. Même aux portes des chambres des hôtels ils viennent mendier. J’ai ptet tapé un peu fort mais je n’en pouvais plus. Va falloir que je me désinfecte la main. Ce type puait plus que les vestiaires des Serpentards après un match de Quidditch. J’ai hâte que les deux autres reviennent…

[…]

Si l’écriture est chaotique, c’est parce que la route l’est tout autant. Depuis l’aube, nous roulons dans une espèce de caricature de car du tiers monde, entouré de gens édentés et en sueur, transportant ce qui me parait être toute leur vie sur leurs genoux. Je crois même avoir vue une volaille vivante sous un siège. Mais maintenant que j’ai dormi un peu, les choses me paraissent moins noire. En me relisant, je m’aperçois que j’ai jugé trop vite ces gens. Ils sont pauvres et sales mais ne manquent pas de dignité. Pas que je regrette d’avoir frappé le mendiant hein. Pas Du Tout. Mais ils ne sont pas tous ainsi. Ou alors c’est le fait de m’éloigner de la civilisation qui me la rend plus supportable. Mais je sais que je peux avoir mauvais caractère quand je suis fatigué.

En tout cas, le courant passe toujours bien avec Mal’ et Tobie. On se charrie, on se soutient, on se défie, exactement comme lorsqu’on était gamins. Et les paysages ! Je n’ai jamais rien vu d’aussi beau à part mes highlands. La crasse des vitres ajoute un charme supplémentaire à la scène, c’est merveilleux. Ce soir, on dort chez l’habitant. Un habitant aisé a dit le guide puisqu’il a du bétail à lui et une chambre pour les étrangers de passage. Le prix de la nuit est ridiculement bas. Je crois que je vais proposer aux deux autres de rester un peu dans le village. J’ai envie de voir comment ces gens vivent. Donner un coup de main aux travaux quotidien, gagner ma pitance à la sueur de mon front. Sans aide de la magie, comme un homme. C’est pour ça qu’on est partis finalement. Pour devenir des hommes. De vrais Chevaliers/Samouraïs. Trouver notre moi intérieur autrement qu’avec des cours de yoga.

[…]

Après un pique-nique rapide dans un restau route, on est remontés dans le car. Il s’arrête de plus en plus souvent, et je me demande combien de personnes peuvent encore monter. Je sens ma colère me reprendre mais je la cache de mon mieux, me concentrant sur mon carnet de bord et écoutant les deux autres déconner. Je regrette une nouvelle fois ma magie. Une potion polyglotte aurait pu nous permettre de déchiffrer les dialectes utilisés par ces gens et en apprendre plus sur eux. Je commence à savoir ce qui me dérange autant dans cette aventure…la saleté mise à part. Je me sens vulnérable. J’ai toujours dit que la connaissance était le pouvoir, et le pouvoir, le contrôle. Hors ici, je suis à la totale merci du guide (lequel on va remercier dans deux jours pour partir seuls parce que l’aventure avec un guide, ce n’est pas la vraie aventure, n’est-ce pas ?). Sans lui, je ne peux pas communiquer, je ne peux pas me trouver à manger, je n’aurais rien à boire, je serais perdu. J’ai envie de le perdre comme on le faisait des préfets dans les couloirs du château. J’ai envie d’explorer, de découvrir, d’être en danger…et surtout loin de la populace. Me laissez jamais devenir pauvre, par pitié, je ne pourrais pas le supporter.

[…]

C’est…c’est magnifique. Je n’ai pas de mots pour décrire les impressions qui s’échappent d’un tel paysage. Les photos ne rendront jamais hommage à cette ambiance mais j’en ai pris quand même. Avec l’appareil photo numérique moldu acheté exprès pour évidemment. Il a fait son petit effet mais j’avais presque honte de le montrer dans un tel décor. C’est beau ! C’est…je ne vais pas le décrire ce serait tuer l’ambiance mais cela rachète tout. Les routes défoncées, les masures délabrées, les enfants pleins de boue. On se sent comme une tâche au milieu d’un monde vert. Cela a beau être une « zone colonisée », l’homme n’est qu’un invité ici. Même les champs et les rizières pourtant domptés m’ont l’air d’être une offrande de la nature plutôt qu’une quelconque domination de notre espèce. On n’a plus ça en Europe. On oublie, on ne veut pas voir à quel point notre existence est précaire. Je ne sais pas si les autres ont ressentis ça mais ils ont bien vu que j’étais enchanté par le paysage. Après mes grommellements continuels cela à du leur faire du changement. Je m’attends à recevoir un certain nombre de vannes sur ce sujet dans les prochains jours. Bah. Je l’aurais mérité. Et puis à chacun son tour hein ! On a fini par tomber à court de taquineries sur le passeport de Tobias. Et je sais que mon ami jaune et moi on n’attend qu’un faut pas de notre explorateur préféré pour lui en mettre plein la tronche à lui aussi. Diner. Suite plus tard, je ne sais pas quand.

[…]

Nota Bene : Ces gens sont pauvres parce qu’ils sont constipés à force de manger du riz tout le temps et ne peuvent donc pas fertiliser leurs champs. Demain j’envoie bouler la bouffe pour touriste et je vais goûter à leurs plats épicés. Marre du riz.
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MessageSujet: Re: [Thème 5] Check Mates ! [MIS]   Mer 29 Sep - 20:27:14

Jour 3 Ballade – Get around town

Le dîner était médiocre mais il avait l’avantage d’être authentique. Enfin l’idée qu’un invité de luxe pouvait se faire du quotidien de ces gens parce qu’il était évident qu’ils ne mangeaient pas de la viande à tous les repas. Cela se voyait dans les sourires des convives, sur les remarques, dans certains gestes et même dans la pâleur de certaines peaux pourtant burinées par le soleil. Quand on était médecin, on apprenait très vite à traduire les petits riens comportementaux et physiologiques des gens qui vous entouraient. Cela devenait une seconde nature. Bien sur, c’était chiant. On n’a pas toujours envie de savoir que son voisin est alcoolo ou que sa concierge risque une sévère crise de foie mais je l’avais cherché après tout.

De retour dans la maisonnette qu’on nous avait donnée à tous les trois, on se réunit pour décider de la suite du voyage. Le chef nous avait fait dire qu’il allait organiser une fête en notre honneur le lendemain soir et cela décalait tout. Quitte à tout changer, j’étais personnellement pour rester quelques jours. Trois ou quatre histoire de bien les comprendre en tant que personnes. Ca avait discuté sévère. A coup de pour et de contre et de finances et d’interférences culturelles et patati et patata. Des trucs sérieux qui cachaient une compétition qui ne l’était pas du tout. Je pense même que les deux autres n’étaient contre au début que pour pouvoir débattre. Enfin j’en sais rien. Toujours est-il que j’ai eu gain de cause – presque. Cela dépendra de la disponibilité de l’interprète. Parce que pour son renvoi par contre, je n’ai pas réussi à convaincre les autres. Le décalage culturel est trop important. C’est vrai que c’est dangereux et peu prudent. J’aime pas être prudent. Mais ils ont raison. Gosh. C’est nul de vieillir.

[…]

Pour la journée, on a pris nos sacs et on s’est baladés seuls dans les environs. C’est beau mais je dois avouer être soulagé de faire cette pause. J’ai beau être resté sportif, faire mon jogging tous les jours, mes poumons ne sont pas habitués à la chaleur et à l’humidité qui règne ici. Je comprends mieux la coupe militaire de Malcom. On s’était moqué de lui au départ – moi surtout j’avoue – mais pour le coup, je le comprends. Je n’aurais pas peur du ridicule, je ferais un chignon de ma tignasse mi-longue. Mais un McRae doit savoir être digne quelque soit les circonstance. Surtout si cela consiste à puer la chèvre rancie pour garder sa fierté. Je ne sais pas si Tobias va en prendre bonne note pour demain. Ce serait si drôle si l’on se réveillait demain pour le voir avec le crâne rasé ! Mais je crois qu’il va plutôt faire comme moi. Bomber le torse et serrer les dents.

Je ne peux même plus passer ma main dans mes cheveux, elle reste collée. Je ne sais pas pour Tobias mais demain, moi, c’est la barbe que je me rase. Fait vraiment trop chaud pour faire l’idiot.

[…]

Nous avons bien essayé de repartir mais nous ne sommes pas allés bien loin ! Cela doit faire deux heures que Mal’ et moi rigolons tandis que Tobie fait semblant de bouder. Le pauvre n’a vraiment pas de chance ! Il perd son passeport à l’aéroport et là c’est un mignon petit singe qui le lui pique. Faut que je mette les choses au clair pour ne surtout pas oublier la scène.

Nous étions donc en train de déjeuner, profitant de l’ombre chétive d’un arbre pour passer le plus chaud de la journée avant de reprendre notre marche. Sans écouter vraiment les conseils, nous avions posé nos sacs près de l’eau et discutions assis à même la poussière (j’dois être à peu près aussi propre que le mendiant de l’hôtel, vivement la masure et la rivière qui coule derrière) lorsqu’un singe se glissa sans se faire voir jusqu’à nos affaires. Ce fut Tobias qui le repéra et il doit avoir une vue excellente parce que son pelage était exactement de la même couleur que la terre et il se fondait parfaitement dans le paysage. Sauf qu’il a mal réagit. Il a crié pour nous avertir et la bête a eu peur. Elle fit tomber deux des trois paquets…celui de Mal’ dans la poussière…le mien…dans l’eau. Sur le coup j’étais furax. Toutes mes affaires sauf mon carnet et mon appareil trempées ! Et pas de magie pour les sécher ! Je n’en menait pas large. Le singe non plus. Complètement paniqué par notre réaction, il suivit son instinct et grimpa dans l’arbre le plus proche…avec le portefeuille de Toby qu’il avait pris dans sa fuite !

Voila donc le singe dans son arbre, pendu par un pied et une main, tenant les papiers du Poufsouffle dans l’autre pied et fouillant dans sa vie avec l’air aussi sérieux que Windfall quand elle cherchait une raison de nous épingler. Il regarda la photo de l’épouse de Tob’ avec un air de Serpentard avachi avant de la lancer par-dessus son épaule avec dédain. Il remit cependant les enfants à leur place avant de pousser des cris de joie à la vue du passeport. J’sais pas si Tobias a enchanté le sien mais le singe avait l’air ravi. Il lâcha le reste et monta plus haut encore, tenant le précieux document par la page de la photo. Malcom essaya bien de parler à l’animal mais celui-ci ne lui répondait que par des mimiques, faisant passer le livret par ses cinq membres (je compte la queue).

[…]

J’sais pas combien de temps on a attendu que l’idiot se lasse et laisse tomber son butin mais le soleil est bas maintenant et toutes mes affaires sont sèches. Le guide dit qu’il faut repartir sinon on va manquer la fête et ce serait mauvais pour les affaires. Diplomatiquement déplorable également je suppose. Tob’ va devoir faire bonne figure et on a tous prévu un arrêt à l’ambassade sur le chemin du retour pour aider notre ami dans cette épreuve. Mal’ dit que ça arrive tout le temps de se faire voler ses papiers en voyage. Mais il a aussi dit que c’était la première fois qu’il voit un singe faire ça. Je crois que notre ami ne l’a pas très bien pris. Je le comprends. Je serais à sa place, je ne trouverais pas ça drôle non plus. Et il n’a pas utilisé la magie alors qu’on le lui aurait parfaitement pardonné. Je ne le dirais pas tout haut mais je le dis ici : Respect Tobias ! Je ne sais pas si j’aurais pu faire autant.

Bon. On est supposés se préparer pour la fête. On nous a même préparé des vêtements locaux. J’crois que je vais m’habiller légèrement dessous. Je ne sais pas où ces machins ont traînés. J’veux bien attraper des saloperies mais pas tout seul, c’est pas drôle.

[…]

En relisant ma phrase, je m’aperçois que je ne croyais pas si bien dire. La fête avait pris la forme d’un feu de bois comme on en voit dans les films avec tout le toutim, musique, danse, alcool et même des filles qui bougeaient, bougeaient, bougeaient… wouuuuuuuuuuu. Je crois que j’ai un peu bu, pourtant je tiens bien l’alcool. En fait je crois que je suis mort. J’vais souffrir demain. Elles étaient belles. Pauvre Tobias. Fidèle à sa femme et tout. Et Malcom. J’crois que je sais que j’ai trop bu parce qu’une des filles ressemblait aux singes de cet après midi. Voulaient absolument m’aider a dormir. J’ai dit non. J’veux pas me retrouver marié un soir de beuverie moi. Y a pas de Las Vegas pour se démarier ici !


Dernière édition par Aed L. McRae le Ven 8 Oct - 13:12:35, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [Thème 5] Check Mates ! [MIS]   Ven 8 Oct - 13:06:08

Jour 4 Mariage – La vie en rose

Bon. J’ai bien fait d’avoir quand même écrit hier soir. Parce que là, la soirée, je m’en souviens plus vraiment. Tout est flou dans la pastèque qui me sert de crâne. Je suppose qu’on s’est un peu laissé aller hier. Ou alors, ils ont mit des trucs pas nets dans nos verres. Quand j’y pense, les verres étaient troubles. Un peu comme ma vue là.

[…]

Mal à la tête. Jamais le Whisky ne m’aurait fait cet effet. A croire qu’ils ne connaissent pas les alcools civilisés. Enfin au moins je me suis réveillé seul. Connard de soleil. J’crois que si les autres sont dans le même état, on va larver toute la journée. Tu parles de la suprématie de l’occident ! Cinq contre un que les autochtones, eux sont debout depuis l’aube. Je vais sortir voir.

[…]

Ca va mieux. Rien de tel que le sport pour faire partir toutes les toxines. Je n’ai toujours pas vu les deux autres ce qui m’inquiète un peu mais je dois l’avouer, pas plus que ça. Les gens du village ont l’air content d’eux et de nous. J’ai même réussi à « bavarder » avec l’un des jeunes au moyen de signes et de beaucoup de patience. Ils m’ont montré un peu leurs différents rôles dans le village et laissé essayer le travail du riz. C’est très physique, ça fait du bien. Vu leurs sourires, il s’est passé quelque chose de drôle et d’important cette nuit. Sauf que je n’arrive pas à savoir quoi.

[…]

Vient de croiser Tobias. Ce type est un monstre, un mutant ou un lointain descendant des géants. Il semble en pleine forme. Debout depuis tôt ce matin si on le croit, il était parti essayer de retrouver le singe et son passeport mais sans succès. Reste à retrouver Malcom. On ira dans une heure au cas où il dormirait encore. En attendant, douche froide dans la rivière pour enlever les derniers restes d’alcool. Je hais Tobias. Le singe est notre vengeur à tous.

[…]

Journée finalement digne des meilleurs comédies de boulevard. Trois amis boivent à une fête. Le premier passe sa journée à la recherche d’un singe lui ayant dérobé ses papiers, le second n’émerge qu’à grand peine, quand au troisième, le voila marié de force, ou presque, a une fille du tiers monde à qui il manque trois dents. Cela pourrait être drôle si l’on n’avait pas passé la soirée à chercher une échappatoire. Au fond, on est bien ennuyés mais comme souvent dans ces cas là, la scène valait le détour.

Inquiets de ne pas voir notre ami, Toby et moi étions donc allés le chercher dans le village. Le soleil commençait déjà à redescendre et il se faisait tard, même pour un lendemain de fête. Du coup, puisque personne ne répondait à la porte de sa chambre, nous avons ouvert. Et là, c’était le truc classique. Sauf qu’on était deux hommes à jouer le rôle du mari, que la femme était un homme également et que l’amant était une femme. Enfin à ce qu’il semblait, j’avoue n’avoir pas trop eu le temps de voir avec la pénombre et tout le reste. Sans compter qu’elle s’escamota plus vite que son ombre sous un drap avec un gloussement de poule grippée.

Malcom dormait du sommeil des justes…enfin façon de parler. Pour autant que les justes soient ivrognes, luxurieux et paresseux. Auquel cas, la religion nous aura bien eu. Bref. Il dormait quoi et le bruit de sa compagne d’une nuit ne semblait pas vouloir le réveiller. Tobias se frappa le front, genre tragédien grec, essayant au mieux de cacher son hilarité. Pour ma part, j’étais furieux. Je ne sais pas pourquoi. Je crois que l’impression d’avoir été le dindon d’une farce dans laquelle je n’étais que l’accompagnement y était pour quelque chose. Je me rappelais les sourires des gens dehors et j’eu soudain très froid. C’était probablement pire que ce que j’osais imaginer. Ces gens là, ils étaient trop contents pour être honnête.

Je me suis avancé donc, ignorant l’affreuse qui cachait sa pseudo-honte et secoua l’ancien Serdaigle. Tu parles d’un explorateur ! C’est plus qu’une femme dans chaque port qu’il a mais une dans chaque lit !

Il mit un temps fou à émerger en plus. Et encore plus de temps à se rendre compte de ce qui se passait. On en a débattu longtemps, je l’ai même engueulé mais le pauvre, finalement, n’y peut plus grand-chose. Hmpf. J’aurais du savoir qu’on ne fait pas boire un bleu et bronze. Maintenant faut trouver l’interprète qu’il nous explique un peu ce qui se passe en vrai.

[…]

J’ai limite envie de laisser Mal’ dans sa merde et de dire que c’est bien fait tiens. Je me demande ce qu’il m’a prit de voyager avec des zouaves pareil. Entre un qu’est pas capable de garder ses papiers (nous empêchant la fuite) et l’autre qui se fait marier contre son gré (Mal’ est incapable de se rappeler si la fille était vierge mais il est probable qu’elle dira l’avoir été) je suis bien entouré tiens ! J’arrive même pas à regretter la magie parce que je ne vois pas quel sort pourrait nous sortir de là. Un Oubliette sur tout un village ? Mouais, mal barré quand même.

Tobias dit que l’ambassade devrait pouvoir faire annuler le mariage. Personnellement, je pense que de toute façon, si on rentre, la fille restera et donc elle sera bien dans la merde. Elle pourra même pas invoquer le rapprochement familial pour immigrer en Angleterre puisqu’il n’y a pas de papier. Alors hein, comme le dit si bien Shakespeare, beaucoup de bruit pour rien.

[…]

Le chef a bien joué son rôle. Il nous a convoqué tous les trois et nous a grondés en nous accusant de salir son honneur puis il a marié Malcom. Très jolie cérémonie. Ils ont échangé des colliers de fleurs et des bijoux (vendus a nous par le chef a un prix exorbitant) puis notre fiancé à marqué le front de son épouse d’un point rouge, ils ont tourné sept fois autour d’un feu et enfin il a passé une bague a l’orteil de sa femme. C’est sur que l’annulaire c’est tellement démodé.

L’interprète nous a bien expliqué les significations des symboles mais j’ai pas trop écouté. Il a également dit que la cérémonie durait normalement plusieurs jours. Le chef doit avoir une raison pour l’avoir écourtée. De notre coté, on a expliqué que notre expédition était trop rituelle pour une femme et que donc, une fois la nuit de noce terminée, il nous faudrait partir sans elle mais qu’on reviendrait la chercher en passant, au retour. Il avait l’air sceptique mais il a fini par donner son accord quand on a dit qu’il s’agissait d’un truc super important chez nous genre rituel de passage a l’âge adulte et tout… heureusement qu’ils n’ont pas la télé quand même.

NB : A la voir dans ses robes, en plein jour et plus longtemps, je dois concevoir à Malcom que sa femme n’est finalement pas si laide. Elle est même carrément jolie. Et brune ce qui prouve que même saoul, il respecte la tradition. En même temps, je n’ai pas encore vue de rousses ici et je ne piquerais plus de blondes à Tobias. D’ailleurs je n’ai pas vu de blondes non plus.

[…]

On laisse sa nuit de noce au fêtard et on part devant tout le monde demain à 10 heures. J’ai évidemment refusé tout alcool pour cette fois (pas folle la guêpe) et je regarde Toby faire ses bagages. Les miens sont là, je ne les défaits jamais totalement. C’est trop crade ici pour mes fringues. Enfin. Vivement qu’on se retrouve parce que là l’ambiance est plutôt naze. J’espère que Mal’ va profiter de sa nuit. Il a intérêt tiens. Dans la maison du chef quand même.

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MessageSujet: Re: [Thème 5] Check Mates ! [MIS]   Mer 13 Oct - 22:30:31

Jour 5 Discorde – Leave me Alone

On est donc partis, sac au dos, pas comme des voleurs mais la conscience pas super tranquille non plus. Malcom a fait ses adieux à son épouse éplorée dont l’admirable abnégation lui permettait de cacher ses larmes sous un grand sourire. Je crois qu’elle n’était pas plus dupe que nous. Il faut pas croire que parce que les gens sont pauvres et analphabète, ils sont idiots. Juste 90% d’entre eux.

Le soleil se levait juste, donnant des reflets rosés au paysage pourtant bien vert. J’étais bien crevé j’avoue mais la chaleur est si forte ces temps-ci qu’on est obligé de marcher pendant les heures fraîches. Je me sentais nerveux, suivit. Je ne sais pas combien de fois je me suis retourné sans raison et je n’étais pas le seul. Malcom et Tobias étaient juste aussi inquiets que moi. Je pense qu’on a juste mauvaise conscience. Le guide/interprète, lui, n’a rien senti. Il n’a également fait aucun commentaire. J’crois qu’il fait la gueule. En même temps on était censés faire quoi, hein ? Rester vivre ici ? Sans même un verre de whisky correct ? Plutôt crever.

[…]

Je crois qu’on nous a lancé un sort. Ou que quelqu’un a brisé le miroir de la fée de l’ironie qui nous à tous maudit pour sept générations (au moins). On se sentait suivit, on avait raison. Le singe est revenu. Toujours avec le passeport de Toby. Il a lancé des fruits pas mûrs sur toute la troupe au point qu’on a du se réfugier sous un arbre. Je voulais riposter avec des pierres mais le guide a dit que ce n’était pas la peine de lui donner des idées. J’aime pas ce guide. J’suis sur qu’il était dans le coup juste pour se venger parce qu’on est des anciens envahisseur. Stupides anglais. J’suis persuadé que si les écossais avaient eu le choix, ils ne seraient jamais venus en Inde. Na.

On a d’abord appelé le singe Arsène. A cause de Vawdrey, mon soi-disant supérieur à Ste Mangouste. Un type sans intérêt, chiant, faux dragueur vieillissant qui croit encore au charme de la soixantaine. Même quand il ne tiendra plus que par les potions bleues, il se croira irrésistible je crois. Enfin. Je lui laisse les internes et je prends les filles un peu moins paumées. Un peu comme quand on se partageait les filles à Poudlard avec les deux. Je fini par avoir l’habitude. Puis cet idiot d’interprète a qui on demandait rien a dit que c’était une fille [et qu’elle avait visiblement un faible pour Tobias]. Du coup j’ai commencé à l’appeler Ange. Le singe, pas Tob’. Et ben j’aurais pas du. Je ne pensais pas lui avoir fait si mal pour qu’il m’en veuille autant encore maintenant.

[…]

Oui bon, d’accord, j’aurais pas du draguer Ange alors qu’elle était blonde et qu’elle avait tapé dans le cœur de mon copain mais quoi ! C’était un beau défi, la Dawster. Insupportable, sang pur, beauté glaciale typique, le genre iceberg. Et puis j’avais fait le tour des rousses possible, McH me prenait toujours pour son petit frère et Mairin avait un copain qui lui montait la tête contre moi sous prétexte que son ex l’avait quittée pour moi. Genre j’y était pour quelque chose. En plus elle était brune. Et puis j’avais seize ans bordel ! Et…et je ne suis pas là pour me justifier mais pour raconter le voyage.

Y a de l’eau dans le gaz a mon avis. C’était ptet pas une bonne idée tout ça. La proximité nous use, on n’avait plus trop l’habitude de tout partager et le manque de sommeil n’aide pas. On essaye de se retenir d’exploser, de faire passer les choses sous de l’humour et des petites piques, de se serrer les coudes contre l’adversité mais ça ne va pas tarder à exploser je pense. Reste à savoir si on pourra reconstruire après. Finalement il y a beaucoup de choses que l’on n’a pas réglé. Bien plus que ce que je pensais. J’espère qu’on ne va pas se perdre. Je n’ai pas envie de gâcher tout ça. On est les MAT. On devrait être indestructibles.

[…]

Tobias boit et parle a son singe angélique. Malcom parle avec l’interprète. On s’est plus ou moins ignorés toute la soirée. J’en ai marre. J’vais me coucher. Demain sera un autre jour.

NdE : Le cahier s’arrête là bien que plusieurs pages soient encore disponibles.


Dernière édition par Aed L. McRae le Mar 28 Déc - 14:21:13, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [Thème 5] Check Mates ! [MIS]   Sam 16 Oct - 14:35:44

NdE : Les textes suivant ont été retrouvés sur un cahier neuf dont la numérotation suit celui du récit. Aucune explication n’est donnée pour le hiatus de trois jours. Nous transcrivons les textes tels quels

Jour 8 [Sans titre]– Blame it on the girls

Avons quitté la forêt et le dernier village avec une mule de bas et avançons à présent vers les plateaux. Le terrain découvert rend la marche plus difficile mais le fait de ne plus porter que nos effets personnels aide beaucoup. D’après un paysan, on en a encore pour plusieurs jours de marche. Le temple est assez haut au-dessus du niveau de la mer et nous avons du acheter des couvertures. Il parait que les nuits sont glaciales. Ca changera un peu.

[…]

Le paysage est de plus en plus sauvage. Les herbes sont rases, d’un vert un peu jaune avec des pierres saillantes. On dirait l’écosse en moins familier. Le temps reste beau et sec ce qui est plutôt rassurant. Hector le singe nous suit toujours, il fait maintenant partie de la bande. Par contre, nous avons changé de guide pour un local beaucoup plus sympathique mais malheureusement plus bavard. Il s’appelle Rahul. La mule se nomme Shama. Les cailloux n’ont pas de noms. Pas encore.

[…]

Bon. J’avais décidé de ne plus écrire de façon personnelle pour éviter les remarques des deux autres là mais j’ai besoin de mettre mes pensées par écrit sinon je ne m’en sors pas. En fait je suis inquiet. Je les ai observé depuis hier et je ne suis pas sur qu’ils aillent très bien. Malcom et Tobias hein. Hector, Rahul et Shama se débrouillent. Bon. Méthode. Comme au boulot. Tobias est pâle, il ne parle presque pas, je l’ai vu rabaisser les manches de son pull alors qu’il fait une chaleur affreuse. Je pense qu’il a de la fièvre. Malcom c’est moins évident mais il est plus essoufflé que d’habitude. Oh et ils me taquinent encore plus ce qui doit vouloir dire qu’ils cachent quelque chose.

C’est probablement rien. J’suis un peu con parfois de m’inquiéter pour des bêtises. J’ai le choix. Soit je fais comme si je n’avais rien vu et je continue à leur faire la tête pour mieux les observer, soit je fais semblant de me fâcher pour imposer une halte. Je vais faire la première méthode. Faut pas s’alarmer. Ils ont probablement prit froid dans la tente. Les nuits sont gelées sur ce plateau. Et en plus y a du vent. Un peu comme en Ecosse.

[…]

Finalement leur farce stupide est bien tombée. J’ai fait semblant de m’énerver un coup pour pouvoir m’isoler tranquillement. D’après ce que j’ai pu observer, ils ont également des crampes d’estomac. Logiquement, ce serait une intoxication alimentaire mais on mange quasi la même chose tous les trois donc si c’était le cas, je devrais être malade aussi. Je vais chercher dans mon bouquin si je trouve quelque chose d’intéressant. Je savais qu’il y avait une raison pour que je me le traîne depuis le début celui-là.

[…]

J’ai trouvé ce qu’ils avaient. Enfin je pense. Seul soucis, je vais avoir besoin de magie pour les soigner. Et on avait dit sans magie… ou alors il faut que je ruse mais ça risque d’être compliqué. Ou alors j’y vais cash. J’aime pas tellement cette solution mais c’est probablement la plus efficace. Je verrais demain.

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MessageSujet: Re: [Thème 5] Check Mates ! [MIS]   Mar 23 Nov - 16:32:07

Jours 9 à 18 – Quête solitaire Voyage voyage

Bon. Je les ai pris entre quatre yeux et c’est passé. Tobias est resté très calme, il a comprit mais il a insisté pour un guérisseur moldu. Malcom, lui, a un peu plus boudé mais a fini par se faire une raison. Machin (l’interprète, son nom m’échappe) connait un village pas loin où les deux pourront rester. J’vais pas les laisser seuls au milieu des cailloux. Ils ont beau faire les fiers, je sais reconnaitre des gens malade quand j’en vois. Sont encore plus laids que d’habitude. C’est dire.

J’ai vu avec Rahul pour l’organisation. Je leur laisse de l’argent, des vivres, le campement, bref tout ce dont ils pourraient avoir besoin et je prends la mule pour aller plus vite. Il n’a pas eu l’air d’avoir comprit quand j’ai parlé de guérisseur mais m’a renvoyé sur des médecins. Ce doit être l’équivalent moldu. Ou Indien. Ou moldu indien. Faut toujours qu’ils compliquent tout ces gens là. Idiots. Ca m’énerve de rien pouvoir faire pour eux ! Malc’ et Toby je veux dire. Association d’idée sur les idiots. Bref. S’ils veulent pas de ma médecine tant pis. Etre un peu seul va me permettre de me changer les idées, ce n’est pas plus mal.

[…]

Trouvé village. Tout pourri. Maisons de terres à une fenêtre, toit en je ne sais pas quoi, parlent un dialecte étrange mais ont accepté d’abriter nos deux blessés de guerre. Ouais parce qu’en fait, les gens du coin ont l’air parano avec les malades. On a essuyé trois refus avant de se résoudre à mentir. Ils font semblant d’être éclopés maintenant.

La nuit est tombée. Je n’aime pas cet endroit. Même les étoiles ne sont pas au même endroit. J’ai filé des somnifères moldus aux deux, j’en avait trouvé un jour lors d’un pari avec un pote et je les avais pris au cas où. J’espère que le dosage est bon. J’ai suivi ce qu’il y avait d’écrit sur l’étiquette. Ca devrait aller.

Rahul dort aussi. Le feu suffit à peine à m’éclairer là où un lumos aurait été amplement suffisant. Ce voyage était une mauvaise idée. Je doute que les MATs s’en sortent indemnes et si les dégâts sont uniquement sur notre amitié, je m’estimerais déjà chanceux. Je suis fatigué. J’ai toujours des idées noires quand je manque de sommeil. Il faudrait sans doute que je dorme. Mais partir seul à l’aventure m’excite trop pour cela. Je dormirais en marchant. Ou pas. L’envie de tricher est extrêmement tentante surtout qu’il n’y aura personne pour surveiller mes arrières pendant ma quête.

Quête. Le gamin que j’étais aurait sauté de joie à cette idée. Allons, je jouerais le jeu. Je vais leur trouver leur stupide « médecin » moldu. Et sans tricher. Mais qu’ils comptent pas sur moi pour prendre le premier bouseux venu qui se ferait passer pour un rebouteur. J’ai bien l’intention de surveiller le type de près. Et qui sait s’il ne pourra pas m’apprendre deux ou trois trucs.

[…]

Des cailloux, des plateaux, des villages, des vieilles fausses sorcières avec des pattes de chèvre. D’après ce que j’ai pu saisir, il y a une ville à quelques jours mais il faut monter assez haut. Elle est proche d’un col. Ils ont voulu me vendre des peaux de je sais pas quoi, j’ai refusé.

[…]

Pas vu un chat. Pas vu un singe. Pas vu un lapin. Pas vu un mouton. Marché, mangé. Vais dormir. Passionnant.

[…]

Merlin, on se les pèle ici. J’aurais du prendre les fourrures. Si j’attrape la mort à essayer de l’éloigner des deux autres, ils vont m’entendre.

[…]

En plus ma cheville me fait mal et la piste est illisible.

[…]

Je les déteste.

[…]

Ils ont intérêt à guérir tiens. Et à me payer un bon restau en rentrant.

[…]

Rien à Signaler. Toujours froid. La piste s’élargit et je vois de vagues ornières. Je dois approcher. Au moins je ne me serais pas perdu.

[…]

Arrivé à la « ville ». Elle ne diffère des villages que par l’abondance des bâtisses de pierre et des temples. Beaucoup de monde dans les rues. Je me suis fait agresser par une bande de petits mendiants aux mains baladeuses qui, par chance, n’ont pas trouvé mon porte feuille. J’ai voulu sortir un stylo moldu pour noter le nom du bled et on aurait cru que c’était une mine d’or. Du coup, je les ai tous donnés sauf un à un petit un peu moins sale que les autres qui m’a conduit chez le médecin. Lequel est parti déjeuner. Je vais d’ailleurs en faire autant. Je rêve d’un plat chaud.

[…]

C’était très bon. J’en ai profité pour aller chez le barbier me tailler tout ça mieux qu’aux ciseaux et au miroir et j’ai finalement réussi à choper le guérisseur. Il parlait un mauvais anglais ce qui est mieux que rien du tout mais il va falloir qu’il fasse le trajet avec nous parce que je n’ai pas pu répondre à toutes ses questions. Il avait l’air inquiet mais je l’ai fortement dédommagé et promit là même somme au retour. Ainsi que la présence de Rahul, le guide/traducteur qui rendra la communication moins chaotique. Il voudra monter sur la mule (ça aussi m’a bien aidé pour les négociations) mais je ne la lâcherais pas. Par chance il connait le village où sont les autres. Et il connait un raccourcit. Sauf qu’on ne partira que demain. Allez savoir pourquoi. Enfin si je sais. L’horoscope lui a dit que c’était un mauvais jour pour les voyages… j’en ai marre de la superstition. J’espère que les deux autres vont mieux que mes chevilles. Moi qui me croyais sportif, je suis épuisé à la simple idée de refaire le chemin.

[…]

On est partis. Hier soir, j’ai profité de mon quartier libre pour visiter la ville qui n’a rien de remarquable mais est plutôt jolie pour une bourgade perdue dans les hauteurs. Les gens sont mendiants, sales mais accueillant étrangement. La bouffe est super bonne, je m’en suis mis plein la panse, et je refuse de voir comment sont les cuisines. La soirée était froide mais j’avais cette fois de quoi me couvrir et l’hôtel, même plein de puce semble luxueux après le camping. Mais surtout, ça fait du bien de voir des gens. J’aime pas être seul. Enfin si, parce que les gens sont cons mais je préfère le choisir.

Au petit matin, le type était là, avec sa courte barbe blanche tranchant avec ses traits burinés et ses yeux noirs. Il est monté sur Shama et m’a tendu son sac, genre j’ai que ça à faire de le porter. J’ai bien grogné mais il ne s’est pas laissé intimider. Du coup j’ai pas eu le choix. Si Malc’ et Toby sont guéris ou morts au retour, je les tue.

[…]

Arrivés au village en deux fois moins de temps qu’à l’allée. J’suis deg. On a été accueillis par le singe qui a poussé de grands cris de joie et a couru jusqu’à la maison. Les villageois faisaient la gueule – je suppose qu’ils ont compris que mes amis étaient malades – mais ont été très corrects avec le médecin. Rahul et lui ont beaucoup parlé. J’ai essayé de pouvoir assister à la consultation mais il n’avait pas l’air d’avoir envie de s’encombrer d’un touriste supplémentaire. En un sens, je le comprends. D’un autre côté, c’est dommage.

[…]

D’après Rahul, les deux idiots seront totalement sur pieds dans deux jours. On remercie leur système immunitaire solide et les soins du médecin. Par contre, il est temps qu’on arrive, je suis fauché. Enfin, le temple n’est plus qu’à quelques jours de marche, cela pourra se faire sans catastrophe je suppose.

En attendant que les deux se remettent, je fais pas mal de ballades dans le coin. Je prends des photos de plaine et de cailloux que je leur montre avec des commentaires à la con. On rit beaucoup, comme quand on était gamin. Finalement, je suis content qu’ils soient là et qu’on se soit lancé dans ce machin. Même si j’ai hâte que ça se termine à présent. J’ai comme l’impression que de devoir rester l’un sur l’autre les a plus aidés que détruit. Quand à moi, marcher seul m’a calmé. J’prenais tout ça trop à cœur. Finalement, ce n’est qu’un jeu. Crevant le jeu.

[…]

Et voila, on part demain pour le temple. Suivis, espérons-le, du singe qui a toujours les papiers du Pouffy. Enfin si les villageois nous le rendent. Parce qu’il est devenu une sorte de mascotte celui-là. Faut dire qu’il sait y faire avec la population. J’demanderais à Tobias de lui trouver un nom pour les soirées épiques au retour. Parce qu’on ne peut pas continuer à appeler cette demoiselle Hector. Entre nous, je pense d’ailleurs que Son Honneur Aegis à une touche. Faudra que je demande a Malc s’ils ont dormi ensemble. Si ça se trouve, Tobias est marié lui aussi… Pour le coup, ce serait drôle
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MessageSujet: Re: [Thème 5] Check Mates ! [MIS]   Mar 28 Déc - 13:04:17

Jour 20 et 21 – Da Coda This is the end

Cela fait plusieurs jours que je n’ai pas écrit ici. Rien d’important à rapporter, really. Les deux ont fini par guérir et nous avons repris notre chemin à travers les cols. Le paysage est toujours aussi beau, les gens toujours aussi pauvres. Je crois qu’on est fatigués tous les trois. Je ne parle plus beaucoup. J’espère qu’ils ne pensent pas que je leur fait la tête parce que ce n’est pas le cas. Je m’imprègne des lieux. C’est paisible… aride, pauvre mais tellement calme. J’ai l’impression d’être dans un rêve dont je ne voudrais pas me réveiller.

Si j’ai repris la plume, ce n’est évidement pas pour écrire que je n’ai rien à rapporter. Ce matin le paysage a brutalement changé. Des pierres et de l’herbe rase, nous sommes passés à une sorte de plateau d’altitude froid et venteux. J’ai même vu une plaque de glace en plein été ce qui en dit long sur le climat du coin en hiver. Et même ici, il trouve le moyen de faire humide. Après tant de jour de chaleur, je suis gelé. J’ai peur que Toby et Malcom attrapent froid de nouveau mais je n’ose pas le leur dire. De toute façon ils voleront probablement le cahier et seront au courant alors hein.

Sinon, autre changement notable, l’absence du singe. Avant de quitter le village, nous avons retrouvé le passeport de Tobias précieusement posé a coté d’un fruit a moitié mangé. Le document est plein de fructose et plusieurs pages ne veulent plus se séparer à cause du sucre mais les plus importantes pour la douane sont encore visibles. Tobie passe le plus clair de son temps à essayer de réparer la couverture en lambeaux. Je pense que lorsque l’on pourra utiliser la magie de nouveau, la plupart des dégâts seront réparés. Marrant comme sa présence nous manque à tous. On avait fini par s’y attacher à ce machin. Bien plus qu’à Rahul d’ailleurs.

[…]

On est arrivés. Enfin presque. Un long escalier de pierre nous sépare de notre but. Le temple est magnifique. A moitié en ruine, rongé par les pluies et le soleil, il garde pourtant une beauté et une prestance impressionnante. Il n’est pas difficile de comprendre la religion de ces gens. Je ne sais pas si cela est du à une présence divine ou une magie ancienne (mais qui dit que Dieu n’est pas simplement de la magie incomprise ?) mais même moi je le sens et pourtant je ne suis pas du genre mystique. La mescaline de Papy Bachelard m’a depuis longtemps détourné de ce genre de tentation.

Cela sent l’encens et l’altitude. Les pierres et l’humidité. Le travail et l’humilité. Les lions de pierre, plus touchants qu’effrayant, protègent les lieux des démons tandis que les escaliers se chargent des touristes. Je ne sais pas trop si je veux vraiment monter là haut. Pas que j’aie peur de l’escalade mais je ne suis plus certain que ce soit notre place ici. Après tout, c’est un lieu de pèlerinage.

[…]

Finalement, nous avons décidé de camper là et de monter cette nuit pour arriver en haut au lever du soleil. Je n’étais toujours pas chaud pour désacraliser l’endroit mais les deux autres m’ont justement dit que notre voyage et tout ce que nous avons traversé nous avait purifié en quelque sorte. C’est sur que ce n’est pas la même chose d’y aller en car ou en balai.

Nous avons payé Rahul et fait nos adieux à la mule. Notre guide semblait assez étonné de se voir donné son congé. Je crois qu’il se demande comment nous comptons rejoindre la civilisation. Nous lui avons d’ailleurs demandé de rester jusqu’à demain soir pour nous aider à négocier un transport. Je crois qu’il a gobé l’hameçon. Notre gros pourboire n’a probablement pas été pour rien dans cette soudaine compréhension. C’est ainsi que le monde marche à ce qu’il parait.

[…]

Pour faire passer le temps, Rahul a accepté de nous expliquer comment les gens priaient ici. Il nous a même donné un papier d’un reporter sur les rites indhous. Je n’ai pas tout compris à ces histoires de Veda et Rishis mais je ferais des recherches à la maison.

[…]

Nous sommes montés sous un ciel pâlissant. Le gris des marches ne le cédait qu’à celui des nuages au dessus de nos têtes. Les étoiles étaient de moins en moins visibles et, quelque part derrière le bâtiment de pierre, le monde rosissait. Nous restions silencieux, impassible, montant avec une régularité d’horloge pour ne pas être essoufflés. Lorsque nous arrivâmes enfin au sommet, le soleil était déjà levé et passait tout entier dans une arche à moitié détruite. C’était à couper le souffle. Je regardais Malcom. Je regardais Tobias. Je regardais le singe qui nous avait finalement rejoints. Nous sortîmes nos baguettes. Pof.

This is the end
My only friend, the end
Of our elaborate plans, the end
Of everything that stands, the end
No safety or surprise, the end
I'll never look into your eyes...again

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