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 [Thème 1] La Der des Ders.
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MessageSujet: [Thème 1] La Der des Ders.   Mar 20 Avr - 21:05:15

* Titre : La Der des Ders.
* Thème choisi : n°1, enfermés dans la réserve de Rogue
* Personnage(s) : Lucy Duncan, Isaac Deniel
* Résumé : Lucy et Isaac sont dans le même bateau. L'un des deux tombe à l'eau. Qui a poussé l'autre ?
* Cadre : La réserve de Rogue
* Année : 1998
* Complet : Non

Quand te reverrai-je, ô mon lit merveilleux.

Lucy avait toujours eu du mal à s’endormir. Elle avait la fâcheuse habitude de trop penser. Un sujet en entraînait un autre, jusqu’à ce que lui viennent des questions existentielles auxquelles elle était bien incapable de donner une réponse. Ou une idée qu’elle mourrait d’envie de concrétiser, alors qu’il était une heure du matin. C’était précisément le cas ce soir-là. La jeune fille se tournait et se retournait dans ses draps bleus, cherchant la position la plus confortable à adopter. Lorsqu’elle décidait de ne plus bouger pour attendre le sommeil, les yeux ouverts, elle tentait de percer l’obscurité qui dissimulait le reste du dortoir dans la pénombre, et ne pouvait s’empêcher de tendre l’oreille pour écouter les respirations paisibles de ses camarades, attentive au moindre changement. Tout ça pour oublier son envie de tenter une potion de gravité à verser dans le verre de Mariana le lendemain. Elle imaginait très bien sa meilleure amie planer à un mètre au-dessus du sol, dès huit heures du matin. La Rouge et Or avait le vertige, mais l’Aiglonne éviterait de trop charger le dosage. Il fallait que ça reste une blague après tout. Enfin… à quoi bon se réjouir par avance d’un coup qui n’aurait jamais lieu ? Elle devait dormir.

Plus le besoin de rejoindre les bras de Morphée devenait obligation aux yeux de Lucette, moins elle avait envie de s’y plier. Elle finit par repousser très soigneusement ses couvertures, attentive à ne pas faire le moindre bruit, et, sous la pâle lumière lunaire qui traversait les fenêtres, glissa ses pieds dans ses pantoufles, enfila une robe de chambre, prit le kit de la grande rebelle nocturne et sortit de son dortoir d’un pas feutré. Elle descendit les escaliers de pierre, où elle manqua de glisser. Elle se figea, mais aucun baillement ni aucune voix ne firent écho à son presque décès. Quelques braises rougeoyaient encore dans le foyer de Serdaigle, et deux ou trois élèves s’étaient assoupis dans un fauteuil, absorbés par leur livre. Ils en seraient quittes pour un torticoli dès le lendemain. La Bleue et Bronze gagna les couloirs à pas feutrés. Aussitôt qu’elle eût quitté la salle commune, elle regretta d’avoir laissé sa baguette sur la table de nuit. Il n’était guère prudent de ne pas respecter le couvre feu cette année là, et sans baguette, elle n’avait pas l’ombre d’une chance de s’en sortir face au personnel… Mais avait-elle seulement déjà une chance armée de sa fidèle alliée ? Il n’était pas trop tard pour retourner la chercher.

Notre blonde finit par abandonner l’idée. Cela ne lui ferait que perdre du temps. La nuit était claire dehors, et le château n’était plongé que dans une semi-obscurité, dans laquelle elle était parfaitement capable de se repérer, et de ne pas trop s’angoisser. Le calme était plutôt agréable… L’expédition était dangereuse, certes, mais un peu d’émotion ne pourrait que l’aider à rejoindre le royaume des rêves lorsqu’elle serait de retour dans la tour des Serdaigle et qu’elle aurait fini la potion, en somme toute simple à préparer. Mais impossible de la réaliser sans poudre de Cranson. Or, elle n’avait plus cet ingrédient dans son nécessaire depuis qu’elle avait concocté un philtre de confusion pour Nathan McLane. Il lui fallait donc, au péril de sa vie, où au moins de la survie de la totalité de ses organes, se rendre dans la réserve de la Chauve-Souris Graisseuse, et lui en subtiliser un sachet. Elle se déplaçait vite et silencieusement : rien n’aurait su la détourner de son objectif actuel. Grâce aux différents raccourcis et passages secrets qu’elle avait fini par mémoriser, elle atteignit le hall d’entrée à peine cinq minutes plus tard, sans avoir à attendre le bon vouloir des escaliers. Elle s’y faufila, minuscule petite souris à côté des sabliers comptabilisant les points de chaque maison. Elle ne put retenir un bref regard, qui l’informa qu’elle avait intérêt à se mettre sérieusement au travail.

Enfin, Pinpin atteignit les cachots. Ici, il n’y avait plus de lumière pour l’aider à se repérer, et sa robe de chambre ne lui permettrait pas de lutter longuement contre l’air froid et humide des lieux, une raison de plus pour qu’elle se hâte. S’étant déjà perdue dans les cachots auparavant, pour une expérience qui lui avait passablement déplu, elle s’était depuis entraînée jusqu’à pouvoir s’y déplacer les yeux presque fermés. Voilà qui lui serait d’un grand secours, même si elle mettait plus de temps que prévu. Marchant à pas de loup, elle évitait de longer les murs, ne souhaitant pas plus que ça se salir, tout en craignant que quelqu’un n’arrive dans son dos. Qui était le pire, de Rogue ou d’une araignée entamant allègrement l’ascension de son épaule, elle ne le savait pas. Ou plutôt, si. Les insectes ne la dérangeaient pas, tant qu’ils n’entraient pas en contact avec sa peau. Auquel cas elle se précipitait alors pour les y chasser d’un geste de la main. Mais tendue comme elle était, elle était bien capable de pousser un hurlement à la moindre impression, ce qui attirerait immanquablement Rogue. L’araignée était donc la plus redoutable des deux puisqu’elle entraînait le plus de conséquences négatives. CQFD.

Toute cette réflexion conduisit la quatrième année devant la porte de la réserve de Sevychou sans aucun dommage collatéral. Ne restait plus qu’à l’ouvrir avec précaution : avait-il placé là un détecteur ou une alarme magique ? De tels systèmes existaient, mais le directeur de Poudlard était-il capable de faire montre d’une telle méfiance vis-à-vis de ses élèves adorés ? Sans aucun doute. Instinctivement, Lucy sut que sa baguette ne lui aurait été d’aucune utilité pour forcer la serrure. Flitwick enseignait le fameux « Alohomora » dès la première année de collège, la première éventualité que Rogue aurait parée serait celle-ci. Un pied de biche aurait probablement été plus utile, mais qui disposerait de moyens moldus à Poudlard hormis Rusard ? Elle n’allait pas multiplier les chances de se faire prendre, autant en se rendant chez le concierge qu’en faisant du bruit pour ouvrir la porte ! Heureusement, elle était à Serdaigle, et avide d’apprendre. Ce qui signifiait que quand tous les gamins rêvaient d’imiter leurs héros mais se décourageaient devant la phase « apprentissage », Lucy n’hésitait pas à aller emprunter un ouvrage théorique à la bibliothèque, dans lequel elle se plongeait corps et âme, puis s’exerçait, jusqu’à ce qu’elle atteigne son premier objectif. Ainsi, elle avait appris bien des choses, de la peinture sur porcelaine pour sa dinette, jusqu’au crochetage de serrure.

Cela faisait bien longtemps que Pinpin ne s’était pas exercée à péter laggle aux portes. Mais il était temps de réveiller ses anciennes capacités et de les utiliser à bon escient. C’était une faculté que la blonde avait mis des mois à acquérir, dégourdie comme elle était. Etait-ce aussi naturel que le vélo ? Cela reviendrait-il tout seul ? Elle avait par chance, la manie de garder des vieilleries dans ses poches, et celles de sa robe de chambre ne faisaient pas exception. Elle avait ainsi toujours une épingle qui y traînait, bien que la seule chose que Lucette mit dans ses cheveux depuis des années, soient des élastiques les jours d’entraînements et de matchs de quidditch. Rogue ne s’attendrait sûrement pas à ce que l’on pense une seule seconde à mettre en œuvre des techniques moldues pour lui nuire, il sous-estimait bien trop ces dernières. S’emparant de l’épingle à cheveux, Lucy la tordit de façon à pouvoir déplacer les goupilles de la serrure. Dans le noir complet, ce serait bien plus difficile que d’ordinaire, mais elle n’avait aucune autre solution en tête. Elle s’accroupit devant la porte, et l’oreille au plus près de la serrure, fit bouger l’épingle, fermant les yeux pour mieux essayer de visualiser le schéma de ce verrou là. Piece of crap. La chance l’aida sûrement bien plus que son habileté naturelle, car quelques minutes et quelques minuscules claquements plus tard, la porte était ouverte.

Sans attendre, la blonde se précipita à l’intérieur, sans prendre garde au fait que l’épingle tombait au sol, devant la porte. Elle se dirigea vers les étagères, ne sachant par où commencer. Elle savait que l’ancien professeur de potion était un homme diablement organisé, mais il ne fallait probablement pas qu’autrui puisse accéder à ses biens les plus précieux, aussi l’ordre spécifique des ingrédients relevait-il sûrement d’une logique complètement tordue… Sortant de son autre poche une boîte d’allumette, elle en craqua une et alluma une bougie qu’elle avait également prise avec elle. Lucy prit le temps d’observer autours d’elle, sachant dès le premier coup d’œil qu’elle pouvait oublier l’ordre alphabétique. Plongée dans ses pensées, elle n’entendit pas l’intrus entrer. Elle fit en revanche un bond de trois mètres et faillit se brûler lorsqu’il se manifesta par un petit toussotement. Immédiatement, la première hypothèse qui lui vint fut que le Grinch Rose était revenue au château. Les vieux réflexes… sa main gauche portait encore quelques fines marques blanchies de cicatrices. Instinctivement, elle serra le poing en se retournant, comme pour mieux le protéger.


- Duncan, tu ne respectes donc rien.

Le ton d’Isaac ne comportait étrangement, qu’une petite pointe de mépris. Il paraissait plus las et dérangé qu’autre chose. Ce qui n’était pas sans titiller l’orgueil de l’Aiglonne. Que ce soit de l’amour ou de la haine, on comptait aux yeux des autres. Mais de l’indifférence ? Elle n’y voyait qu’une seule explication qui convienne à sa fierté : il cherchait délibérément à l’insulter de façon subtile, afin qu’elle réagisse à la provocation et se ridiculise. Au complot ! Lorsqu’il s’agissait de Deniel, elle devenait totalement paranoïaque. La plupart de ses actes étaient dirigés dans le but de l’humilier, elle en avait eu la preuve maintes fois auparavant. Désormais, elle se tenait sur ses gardes. Pourtant, il n’arborait pas l’air mielleux et suffisant qu’il avait les années précédentes. Avant que Lucy n’ait pu y songer d’avantage, il avait machinalement refermé la porte pour s’y adosser. Elle cherchait une réplique bien sentie à lui assener, quand ce détail devint évident à ses yeux. Aussi instinctivement qu’elle avait compris tout à l’heure qu’une baguette ne servirait à rien, elle n’avait pas besoin de fouiller ses poches pour sentir que son épingle à cheveux ne s’y trouvait plus.
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