Partagez | .
 
 Mauvaise journée... [PV Dorian!]
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
  • Invité
  • Invité
MessageSujet: Mauvaise journée... [PV Dorian!]   Sam 20 Mar - 22:40:25

Elle se tenait devant la porte, la contemplant quelques instants avant que sa main refermée ne vienne cogner trois fois. Elle était nerveuse, bien que cela n’était que très peu visible. Suffisant pour le bon observateur. L’oubliator ne désirait pas aller dans ce bureau, devant cette personne qu’elle devait avouer ne pas aimer du tout pour dire que quelque chose avait foiré. Ce n’était pas de sa faute, bien sûr, mais tout de même. C’est qu’il était épeurant.

La journée avait mal débutée. Tout d’abord, le thé. Plus une feuille de thé dans ses armoires. Comment était-t-elle supposée commencer une journée sans son thé matinal…? Et puis comment avait-elle pu oublier d’en acheter… Elle n’oubliait jamais rien. Ou presque. Enfin, jamais les choses importantes. Et le thé figurait dans la liste de choses importantes. Un soupir de frustration s’était échappé d’entre ses lèvres, tandis qu’elle serrait sa tasse vide entre ses doigts. Mais qu’avait-elle fait aux dieux pour qu’ils la punissent ainsi?! Plus rien à manger passait, mais le thé! Le précieux thé!

L’oubliator était allée au ministère, encore plus agacée que d’habitude, dans l’espoir d’arriver et de s’acheter un thé. Ses pas rapides et le son de ses talons qui claquaient avec force sur le sol démontraient clairement qu’elle n’était pas d’humeur à interagir avec un autre être vivant. Elle voulait simplement une tasse de son cher thé et s’enfermer dans son petit bureau pour terminer quelques papiers. Hors de la civilisation et de toute chose ayant une bouche et étant en état de l’utiliser. Elle ne pouvait que croiser les doigts et espérer que rien de spécial ne se produise, que sa journée se déroule sans anicroches et qu’elle puisse retourner à la maison le soir, avec du nouveau thé. Oh si elle avait su comment sa chance ne se pointerait pas cette journée là…

Tout d’abord, ces espèces d’idiots du transport magique. Non mais étaient-ils nés sans un cerveau?! Comment pouvaient-ils faire une balourdise pareille… Il y avait toujours bien des limites à comment mal on pouvait faire un travail. La brunette avait déposé son front dans la paume de sa main, s’était un peu frotté les tempes, avait expiré un soupir de colère, puis s’était tout de suite dirigée vers le lieu en question. Évidemment, aucun autre oubliator pouvait se charger de ce cas, ils étaient tous déjà occupés. Elle n’avait même pas eu la chance de prendre sa boisson chaude! Certainement, cette journée allait se terminer par elle en train de frapper la tête de quelqu’un contre un mur. La demoiselle n’était pas de nature violente, mais il ne fallait tout de même pas exagérer. Sa patience avait une limite et plus les heures passaient, plus elle se sentait se rapprocher de celle-ci.

Alors, elle était arrivée dans une hâte de commencer et terminer le boulot le plus rapidement possible. La jeune femme sentait une migraine approcher et elle savait que d’aller jouer dans la mémoire des moldus n’aiderait pas son cas. Elle adorait ce qu’elle faisait, mais les circonstances faisaient qu’elle était stressée, de mauvaise humeur et surtout, surtout en colère contre les guignols qui avaient causé cela. Ce n’était pas sa journée, clairement pas sa journée. Normalement, elle se réjouissait de se mettre à l’œuvre. Peu importe, elle avait un boulot à faire et elle le ferait, migraine ou non.

L’anglaise observait avec mépris les hommes qui étaient supposés être des sorciers. Sa tête lui faisait mal. Et elle savait qu’elle en aurait pour un moment. L’évènement tel était une gourde, comment avaient-ils pu empirer le tout… Ils avaient des pois plutôt que des cerveaux, c’est tout ce qu’elle pouvait trouver comme raison.

« Mais qu’est-ce que vous voulez dire, vous en avez perdu un?! » avait-elle demandé avec effarement.

« Il a filé… C’est clair, non? » dit l’un des trois mecs, trouvant franchement sa question idiote.

« Non ce n’est pas clair! Comment a-t-il filé?! Vous deviez vous assurer que personne ne file pendant que je faisais mon boulot! Il y avait 6 personnes quand je suis arrivée, pourquoi est-ce qu’il n’en reste plus que 5 !» dit-elle en criant presque, horripilée par ce qui se passait. Un moldu courrait probablement dans les rues de Londres, en disant qu’il avait vu des trucs sorti de l’irréel.

« Ola, c’est pas de notre faute s’il était un petit malin… » répondit-il en tentant de se défendre contre la demoiselle qui avait l’air bien moins harpie qu’elle ne l’était en fait.

« Pourquoi est-ce que vous ne l’avez pas rattrapé?! Pourquoi est-ce que cette personne est toujours consciente de notre présence ici?! Pauvres crétins! » dit-elle, alors que ses yeux d’émeraudes semblaient assombris.

« Hey ho un peu de respect, Mademoiselle. C’est autant notre faute que la votre. » dit-il, un sourire arrogant étirant ses lèvres.

Alors là, s’il voulait jouer à ce jeu, il n’avait pas choisi la bonne demoiselle.


« Oh vraiment? Ma faute? » dit-elle, un sourire tout aussi arrogant, sinon plus, étirant ses lèvres rouges. « Je suis certaine que votre patron sera heureux de savoir que vous avez laissé filer un simple moldu… En fait, je suis si gentille, que je me charge personnellement d’aller lui demander… Ne me remercier surtout pas, cela me fait plus que plaisir. » avait-elle ajouté, avec un petit aurevoir de la main.

Et ainsi, elle se retrouvait devant la porte. Cela ne lui faisait pas plaisir, loin de là. En fait, elle essayait généralement d’éviter complètement le cher Monsieur Maverick. Il lui donnait des frissons dans le dos….



(voilivoilou, si y'a un truc que tu veux que je change, ne te gênes pas pour me le demander, j'ai pas mal fait de l'impro pour un moment ^^)
Revenir en haut Aller en bas
  • Invité
  • Invité
MessageSujet: Re: Mauvaise journée... [PV Dorian!]   Dim 21 Mar - 2:11:19

Assis dans son confortable fauteuil de cuir vert impérial, le directeur se détendait. Il humait l'air calmement et s'accordait une courte pause dans la longue liste des choses qu'il avait à faire dans la journée. La tête en partie rejetée en arrière, il regardait sans émotion la grande pendule murale. Il avait une aiguille pour chaque personne qu'il devait voir dans la journée, c'était le plus efficace des agendas. Une certaine Miss Harrington était son prochain rendez-vous. Il avait reçu la notice la veille et avait vite trouvé du temps pour accorder une entrevue à la dame. Enfin, aussi vite que son emploi du temps le lui permettait et qu'il ait le temps de consulter les états de services et les antécédents familiaux de quiconque désirait mettre les pieds dans son bureau.

De ce qu'il savait, la femme n'avait guère le sang propre, mais elle travaillait bien, rapidement et avec efficacité. Un joli caillou sur un sol de gravier. La photo livrée avec le dossier pour l'identifier montrait une belle femme, cela ferait au moins une chose à regarder si la conversation se révèlerait n'être qu'un ramassis d'inepties et une perte de temps. Pas trop cependant, le blond n'avait pas de temps à dépenser pour la palabre quand il était à son ministère, le travail était la raison pour laquelle il était payé, la rigueur, la raison pour laquelle il était monté si vite en grade. Ce n'était certes pas aussi impressionnant que son collègue de la justice magique qui accusait le poste à vingt-huit printemps. Il n'enviait cependant pas l'homme : l'état dans lequel se trouvait son département entre le changement de régime, les membres reconnus pour trahison. Il ne faisait pas bon être trop impliqué dans les affaires juridiques et dans son département ces temps-ci, c'était un coup à s'en mordre les doigts jusqu'au coude.

Pour en revenir à la demoiselle Harrigton, elle était oubliator, était née le 29 février 1971 à Londres, son père était un avocat à la retraite, et sa mère négligeable. Son sort n'était pas enviable à l'avis du vaudou : une famille de Sang-pur qui se parjurait à aller vers les moldus et créait des générations de déchus. Les réflexions du sorcier n'allaient guère plus loin, il ne s'intéressait pas à la femme pour autre chose que ses capacités professionnelles et ce qui l'avait motivé à demander une entrevue avec le directeur en personne. La curiosité le poussait à des élans d'amabilité et de tolérance insoupçonnées.

Son regard se posa ensuite sur son bureau et il respira devant le magnifique agencement de ce dernier. Tout était disposé en ordre, un parfait plan de travail, les dossiers bleus avec les bleus, les verts avec les verts et ainsi de suite. Pas question d'avoir une note dissonante dans l'équilibre qu'il exigeait dans son bureau. Surtout depuis qu'il s'était débarrassé de l'Autre. Sans cette pénible seconde personnalité, il se sentait apaisé et plus à même d'assurer l'efficacité de son travail. Il huma encore une fois l'air avant de se remettre à son travail, sa plume grattant le papier avec aisance et rapidité. Il ouvrit la bouche et gouta le parfum lourd et aromatique des plantes qui brulaient dans différents pots disposés à travers la pièce. Une pointe de gingembre, diverses plantes pour aiguiser les méninges, d'autres pour mettre en confiance et rendre en l'aise, une infime dose d'un minéral magique qui luttait contre la fatigue, préparé d'une certaine façon pour que l'odeur soit parfaitement agréable, et suffisamment complexe pour que l'on ne décèle pas la composition du mélange. Sauf le gingembre qui se goutait délicieusement sur le palais. Ajouté à cela une touche d'aubépine pour que ce mélange, ne se transforme pas en drogue, et ne provoque pas d'addiction. L'on obtenait finalement des petits cailloux de couleur ocre pale, très friables et à qui l'on mettait le feu.

Il était fier de sa composition, et si elle ne provoquait pas de dépendance, il avouerait sans mal qu'il aurait du mal à s'en passer. Les effets bénéfiques de sa préparation étaient juste trop plaisant pour s'en passer. Sa venue en Angleterre l'avait obligé à revoir son panel de plantes et de matériaux, mais la végétation européenne avait elle aussi ses trésors. Dorian aimait les plantes. C'est avec une affection presque paternelle qu'il se détourna de son papier pour fixer les petits pots et la flamme bleutée qui s'en échappait. La flamme d'origine était rougeoyante, mais le sorcier avait trouvé que le rouge n'était pas une couleur qui seyait au calme et au travail, il avait donc travaillé à la changer pour obtenir une fort jolie teinte bleu givré.

Trois coups frappé à la porte le sortirent de cet instant d'intense satisfaction personnelle, lui arrachant un sourire délicat. Son Loa devait surement veiller à ce qu'il ne se permette pas trop de vanité. Il tourna la tête, il pensait savoir qui était derrière sa porte et son horloge lui confirma. Il referma son dossier et le rangea au bon endroit :


« Entrez Mademoiselle Harrington, je vous en prie. »

Il avait parlé plus haut qu'à l'accoutumée que la femme puis l'entendre depuis la porte. Il fit apparaître d'un coup de baguette un autre siège confortable pour la nouvelle arrivante et se leva, tout en restant derrière sa table. Alice n'avait plus qu'à traverser ce grand bureau lumineux et clair, au sol en linoleum incrusté donnant l'impression d'un gigantesque tapis oriental richement ouvragé, aux immenses miroirs et aux immenses baies vitrées pour arriver jusqu'à lui.
Revenir en haut Aller en bas
  • Invité
  • Invité
MessageSujet: Re: Mauvaise journée... [PV Dorian!]   Lun 22 Mar - 10:31:00

Ses souliers étaient jolis. De grands escarpins qui lui donnaient un bon onze centimètres de plus, magentas foncés, qui faisaient beaucoup de bruit sur le linoleum. Elle adorait. Et elle les regardait avec intensité après que sa main ait frappée sur la porte. Ça, puis sa jupe taille haute, qui terminait juste au dessus de ses genoux et montrait ses grandes jambes dont la peau était laiteuse. Elle avait toujours eu le derme pâle, bien évidemment, parce qu’elle n’allait pas excessivement souvent au soleil. Elle portait aussi un simple chemisier blanc, qui laissait entrevoir juste suffisamment de décolleté pour attirer l’œil observateur. Quelques bijoux discrets et son ensemble était complet. La demoiselle tenait ce qui semblait être un dossier contre sa poitrine, se son bras gauche. Elle expira un bon coup avant de finalement ouvrir la porte et se faufiler dans le bureau.

Elle avait fait un dossier, comme elle faisait avec chaque évènement qui nécessitait son intervention. Un rapport très probablement trop détaillé. Mais selon Alice, il n’y avait jamais trop de détails. Chaque actions devaient être rapportée et décrite avec le plus de minutie possible. Et puis, avec sa mémoire, bien que la demoiselle se retrouvait souvent jalouse de la mémoire prodigieuse d’un de ses collègues de travail, elle ne pouvait que rendre le tout le plus fidèlement possible. Elle avait donc décrit toute la situation sans exception et surtout sans omettre de mentionner que le moldu s’échappant n’avait rien à voir avec elle et qu’elle ne voulait pas de taches à son dossier, parce que les idiots avaient été incapable de faire ce qu’ils était censés faire. En meilleurs termes, bien sûr.

Sa surprise quant à ce qu’elle vu de l’autre côté fut discrète, quoique ses lèvres s’étaient entrouvertes dans une légère exclamation muette. Son attente était un bureau morne et dénué de vie, comme plusieurs des bureaux qu’elle avait vu. Ce n’était clairement pas le cas de celui-ci. Plusieurs couleurs rendaient l’endroit moins mort et les fenêtres donnaient l’impression d’être dans un solarium. Et il y avait cette odeur spéciale… Sa première réaction fut de prendre quelques respirations, dans l’espoir de reconnaître un parfum quelconque. La demoiselle posa ses yeux sur les flammes bleutées, mais l’effluve lui était vraiment inconnu. Probablement un truc exotique. Néanmoins, bien agréable. Elle n’avait jamais été très douée avec les plantes. Même que quelques mineurs problèmes dans les cours de botanique à l’école se ravivaient dans son esprit… Non, vraiment pas douée en botanique. Peu importe, elle n’avait pas particulièrement besoin de ce talent dans son métier.

La jeune femme s’avança dans la pièce, de son pas qui semblait confiant, vers le bureau du directeur. Ses souliers faisaient ce son qu’elle adorait tant, sur le sol qui lui semblait bien plus classe que celui du couloir. En fait, le bureau en entier était beaucoup plus élégant. Il ne prit que quelques pas à la brunette, pour arriver en face du blond. Elle tendit la main vers l’homme, un très léger sourire recourbant le coin de sa bouche, dans une tentative d’avoir l’air charmante et sympathique.


« Monsieur Maverick… Bonjour. »

Alice l’observa quelques instants, ses yeux d’émeraudes glissant aussi contre le bureau et remarquant l’ordre qui y régnait. C’était merveilleux. Tout simplement. Elle ne pouvait supporter de voir du désordre. Cela la rendait encore plus intolérante qu’à son habitude. Et puis, les couleurs étaient beaucoup plus jolies lorsqu’elles n’étaient pas toutes mêlées de toute manière. Après quelques secondes, l’Anglaise s’assied sur le siège confortable qui trônait face au bureau de Dorian. Elle déposa son dossier sur ses genoux, ayant ultérieurement croisé ceux-ci, comme à son habitude. Il ne fallait surtout pas qu’elle le dépose sur le bureau et pose problème à son ordre qui était totalement impeccable. L’oubliator n’était pas de nature maladroite, mais elle préférait garder toutes chances de son côté. Finalement, elle leva les yeux à son nouveau et entreprit d’expliquer le problème.

« Monsieur Maverick, il semblerait que j’ai eu quelques… » elle se mordit la lèvres en cherchant les mots les plus respectueux « … difficultés au cours du dernier travail que j’ai tenté d’entreprendre en cohésion avec quelques Messieurs de votre département… Un imprévu s’avère s’être présenté. »

Alice Harrington était une vipère et elle en était très consciente. Mais elle avait appris dès un très bas âge qu’il y avait des gens à qui on devait embrasser le derrière et être aimable -ou faire semblant, du moins- ou sinon jouer le jeu de la séduction. Elle ne pensait cependant pas que cela s’avèrerait nécessaire dans ce cas et en fait, elle n’était pas certaine qu’elle serait capable de jouer à ce jeu. Lorsqu’elle stressait, elle était moins douée et enfin, elle ne voulait pas non plus se ridiculiser. Être lèche-cul était plus sécuritaire. Beaucoup plus sécuritaire.
Revenir en haut Aller en bas
  • Invité
  • Invité
MessageSujet: Re: Mauvaise journée... [PV Dorian!]   Dim 28 Mar - 0:35:10

Une petite souris était entrée, jolie, toute fine, au poil clair, mais aux pattes magenta. La petite créature traça son chemin dans le bureau trop grand pour elle et, faisant résonner le son délicat -clac clac- de ses talons sur le linoléum ouvragé dans le but de se rapprocher de lui. L'homme avait eu le temps de contempler la tenue de la femme, que ça soit au niveau vestimentaire ou de l'attitude générale, du maintien. Le chemin qui menait de la porte à son bureau était volontairement long, sans élément de distraction immédiat pour que le sorcier puisse contempler et interpréter l'expression corporelle de son invité, plus ou moins volontaire, plus ou moins le bienvenu.

Alice Harrington était la bienvenue, elle amenait du travail, et le travail était toujours le bienvenu dans l'antre du blond sorcier. Il lui tendit la main, toujours à étudier son comportement. Elle avait marqué un petit temps en entrant, essayant de jauger l'antre de l'araignée surement, ou calculant si le bureau du directeur du département des transports magiques était pareil à celui de tous les autres directeurs. Il n'espérait pas, autant pour lui que pour ses collègues. Dorian n'aimait pas le manque d'esprit et l'agencement d'un lieu traduisait bien souvent cela. S'il devait ressembler à l'un de ses coucous gris pour qui leur emploi au ministère n'était qu'un agencement carré, de midi à deux, dans une petite case d'emploi du temps et qui traitaient le travail comme une... machine moldue, merci bien. De même, il n'espérait pas que l'un de ses confrères manque à ce point de personnalité.

Pour en revenir à son invitée qui avait la peau du dos de la main plus douce que la paume même, elle avait une démarche assurée. C'était un bon point pour elle, Dorian n'aimait pas les pleutres. Et peu de gens s'en rendaient compte, mais particulièrement chez une femme, même lorsque l'on voulait se donner un genre, la régularité du pas, la façon dont il tapait sur le sol traduisaient énormément sur l'identité d'un inconnu. A comprendre que même quand une personne jouait d'une fausse assurance, c'était un parti pris, un courage et la preuve que dans la tête, peu importe les éléments en conflits, la personne n'avait pas envie de s'écraser.

Dorian fit signe à la femme de prendre place et se rassit dans son siège, attendant qu'elle prenne la parole. Elle avait demandé l'entrevue, il était normal qu'elle fut la première à prendre la parole -quand bien même, il avait répondu oralement à son salut, politesse oblige-. L'homme posa un coude sur chaque accoudoir et joignit les mains, ses deux index joints, posés sur ses lèvres. Un mince sourire apparu, mais qu'il réprima vite à l'énoncé des faits. S'il n'aimait pas les gens vulgaires et brusques, il n'appréciait pas trop que l'on tourne autour du pot pour autant.

Elle était occupée à contempler un dossier, le sorcier s'en trouvait curieux. Il sépara ses deux mains et tendit son index droit vers les lignes joliment manuscrites par l'oubliator :


« Puis-je, mademoiselle Harrington? »

Il avait parlé calmement, même si la fermeté habituelle de son ton perçait. Dorian interrogeait, mais ses questions tenaient plus de l'ordre. Il était heureux d'hériter d'un dossier si chanceux d'avoir pu passer quelques temps sur les belles jambes d'une femme. A y repenser, la seule fantaisie vestimentaire que c'était permis la brune était ses chaussures. Le vaudou sourit à nouveau pour lui-même alors qu'il ouvrait le dossier. Quelle arme plus typiquement féminine que de savoir se mettre en valeur? Mettre une jupe courte, des chaussures vives qui attiraient l'oeil sur les pieds et faisait remonter le regard sur les jambes. C'était une alchimie parfaite et une sorcellerie qui marchait sur tous les hommes de la terre. Le reste était une question intellectuelle sur la façon dont on interprétait le stimulus si agréable pour les yeux.

Ses yeux parcourent lentement les premières lignes, très lentement, méticuleux, comme pour ne rater aucun détail. Après la première page, délibérément lente, il leva son regard pale sur son invitée :


« Je suis assez lent pour lire... Et je manque à mes devoirs : Désirez-vous un thé? »

Pas de café. Dorian n'appréciait pas les allumés de la cafetière. Le café avait trop tendance à être la boisson des excités à la testostérone et des mégères en manque d'œstrogène qui voulaient se donner un genre. Naturellement, quelques gâteaux secs, des short breads accompagnaient toujours agréablement la boisson noble qu'était le thé.

« J'en pendrai un moi-même, acceptez donc l'invitation sans gêne si vous en avez envie. »

L'homme repartit à ses documents. Il appréciait la minutie et la fidélité apparente que la femme accolaient à son récit. Récit? Non pas en fait, c'était un compte rendu clinique de la situation qu'il parcourait longuement. Le directeur prit sur lui, plusieurs fois, de ne pas durcir les traits : Alice Harrigton était loin d'être en faute et n'avait pas à subir un quelconque accès de mauvaise humeur, quand bien même le travail bâclé avait sur lui, le même effet que de la lumière sur un filet du diable. Dorian n'aimait pas, surtout pour des gens dits respectables, des sorciers de bonne naissance. La sinistre troupe de son département allait se retrouver avec une note de service saignante, un rendez vous chez leur chef de profession, condition suspensive d'une belle retenue sur le salaire. Mais pas avant de les avoir entendu.

C'était aimable et délicat de se prévaloir d'une avance de qualités et de privilèges sur le sorcier simple, le demi, le quart sang et le né-moldu. Fallait-il encore le mériter. L'une des choses qui faisait que l'on avait du mal à savoir à quel courant idéologique répondait le sud-africain, était qu'il punissait plus durement les sang-purs et ceux qui avaient une certaine prétention sur leur sang. Si l'on s'admettait comme l'élite, il fallait tenir l'image sur tous les points. Le fait que la punition soit plus sévère en cas de faute aussi.

Le dossier de la femme était posé sur son bureau et il tourna une nouvelle feuille -la troisième-. Lire lentement était un moyen comme un autre d'étudier les réactions de la personne en face.
Revenir en haut Aller en bas
  • Invité
  • Invité
MessageSujet: Re: Mauvaise journée... [PV Dorian!]   Dim 11 Avr - 9:41:42

Comme elle se sentait observée. Tout au long de son parcours, elle sentait les yeux du directeur l’observer, non pas de manière obscène, mais bien comme l’on essaie de lire quelqu’un. Certes cela peut s’avérer un peu pervers, mais non pas infâme, comme un étranger déshabillant une femme d’un regard sale. Heureusement ce n’était pas le cas. Si une chose dégoutait énormément l’oubliator, c’était de se faire regarder comme un morceau de viande au marché. Probablement rien ne lui inspirait plus de dégoût que cela.

Il lui était déjà arrivé de sortir dans un pub et qu’un homme qui avait très certainement consommé une quantité bien trop grande d’alcool la regarde comme si elle n’était qu’un objet que l’on trouve beau. La colère que cela lui avait inspirée fut plutôt impressionnante. Elle y repensait et se demandait même si elle n’avait pas un peu exagéré en envoyant valser l’homme en dehors du pub. Nan, il l’avait mérité. Bien sûr qu’il l’avait mérité. Quel homme répugnant pouvait ainsi poser son regard souillé sur une demoiselle comme elle. Elle avait trop de classe et trop d’amour propre pour laisser ce genre de situation avoir lieu. Alors, elle avait montré à tout le monde dans le pub qu’on ne regarde pas une femme aussi chic qu’elle ainsi. En fait, elle y repensait et le tout avait été plaisant. D’une manière un peu dérangeante. Normalement, elle ne ressentait aucun plaisir à la violence ou en fait à tout acte impliquant autre chose que des paroles cassantes.

Enfin, après avoir expliqué le problème au blond, l’Anglaise lui avait tendu son dossier soigneusement arrangé. Évidemment le ton de celui-ci n’était pas passé inaperçu aux oreilles de la brunette et elle avait même senti un très léger frisson lui parcourir la nuque. Il la mettait mal à l’aise. Elle s’humecta les lèvres, ses yeux d’émeraudes regardant le sorcier en essayant, vainement, de deviner ce à quoi il pensait. Évidemment, ce n’était qu’un jeu. Cependant, elle ne connaissait pas réellement Dorian Maverick et donc essayer de deviner ce qui lui passait par la tête s’avérait être une tâche difficile ou même impossible. En fait, tout ce qu’elle réussissait à établir était ce qu’elle voyait de ses yeux. L’ordre qui régnait, l’originalité du bureau… Cela disait beaucoup. De toute façon, elle n’avait jamais été particulièrement douée pour deviner les gens, pour comprendre un esprit d’un coup d’œil. Mais c’était toujours amusant ou divertissant d’essayer.

Ses pensées futiles furent interrompues par la mention du thé. La jeune femme se mordit un peu la lèvre en ouvrant grand les yeux, salivant presque à la mention du cher breuvage qui lui était presque qu’élixir de vie. Oh oui… Comme elle désirait un thé… Rien ne lui aurait plus fait plaisir qu’une jolie tasse de thé noir… Mais comment elle avait fait pour passer la journée jusqu’à ce moment sans en avoir bu?! Et puis comment étais-ce possible qu’elle n’avait pas commis un acte irréparable tel qu’un meurtre… Elle était peut-être plus forte qu’elle le croyait… Mais enfin, même à ses propres oreilles, cela lui semblait comique à penser. Elle composa son visage, ayant pendant un instant oublié qu’elle n’était pas seule, puis offrit un sourire reconnaissant au sauveur de sa journée. Oh s’il savait comment il venait de la rendre heureuse…

« J’en prendrai, merci… »

Il avait l’air si concentré à lire. Et il était vraiment lent. Mais au moins il l’avait avertie. C’était gentil de sa part. Mais peu importe, elle n’était pas pressée, aucun autre rendez-vous n’était à son agenda pour la journée. Parce que bon, si elle avait eu un autre rendez-vous, la demoiselle aurait très certainement stressé. Elle ne supportait pas les retards d’aucune manière. Cela donnait une si mauvaise impression et manquait énormément de respect. La ponctualité était très probablement la qualité qui lui paraissait la plus indispensable à la réussite et à la bonne opinion de la part des autres.

La brunette observait toujours le sorcier, de manière distraite, tandis que ses doigts pianotaient silencieusement sur le bras du siège. Elle le faisait inconsciemment, c’était presque un tic, sans en être un vraiment. Enfin, elle n’était pas impatiente, ce n’était que pour passer le temps en essayant de faire quelque chose de ses mains. Quelle manière inutile de passer le temps… Elle regarda un peu ses doigts et cessa de les faire bouger, clignant quelques fois des yeux en s’ordonnant de rester tranquille et de ne pas bouger en attendant avec patience que le directeur ait terminé avec sa lecture. Elle n’allait tout de même pas passer pour une impatiente ingrate désirant en finir le plus rapidement possible, quitte à tout faire à la hâte. Non non, elle allait être sage et attendre aussi longtemps qu’il le fallait.


[Gnerg, désolée, c'est médiocre...]
Revenir en haut Aller en bas
  • Invité
  • Invité
MessageSujet: Re: Mauvaise journée... [PV Dorian!]   Lun 10 Mai - 22:26:22

Si Alice avait voulu s'entretenir avec lui sur la façon de considérer les femmes, Dorian aurait volontiers jouer le rôle de l'interlocuteur. En dehors des horaires de travail bien sûr, car il ne convenait pas d'utiliser ce bureau pour autre chose tant qu'il n'avait pas fini sa journée. Il s'accordait parfois quelques écarts quand les circonstances se présentaient. Cela demandait toutefois des éléments assez particuliers : pour déranger le blond sud africain, il fallait avoir son estime et son affection. Posséder ses deux cartes était une manche assez rare, pour ne pas dire inédite.

Sinon, il fallait faire comme tout le monde et revenir aux bonnes heures. Même si le sorcier était ravi que l'on vienne le voir aux heures où il ne travaillait pas. Pour aimer la solitude comme il le faisait, c'est à dire simplement, il fallait savoir profiter des moments à plusieurs. Il privilégiait généralement le tête à tête, ou les sorties à trois, un trop grand nombre l'indisposait et ne lui permettait pas de pouvoir faire suffisamment attention.

Sur le sujet des femmes, Dorian aurait sans doute marqué une différence avec Alice sur le regard porté. Être regardé comme un objet n'était pas forcément dégradant. Cela ne donnait jamais rien de bien intéressant au final, mais cela n'était pas toujours un mal. Il en allait ainsi de l'homme transi qui voyait sa dulcinée comme un objet beau et intouchable, ou l'on avait encore le cas de l'homme âgé qui prenait une jeunette pour avoir une belle chose à ses cotés, le plaisir de l'esthétique, privilégié à celui du toucher. C'était un choix, pas celui de Dorian cependant. Lui aimait les femmes pour ce qu'elles avaient de chairs douces à laisser caresser par ses mains fermes et exigeantes, d'esprit pour le garder intéressé et le retenir. La femme était une belle créature pour peu qu'elle sache prendre soin d'elle-même et mettre ses atours en valeur. Il ne parlait d'ailleurs pas que des attraits physiques de ces dames, piège éternel pour le regard et la libido masculine, mais fort peu utile une fois la passion consommée. L'on attirait par le manuel, on retenait pas l'intellectuel. Dans son cas en tout cas, il ne prétendait pas être un critère universel.

Mais loin de toutes ses considérations, il tournait les pages du document alors que la femme répondait à son invitaiton. Non, décidément et tout à l'honneur de la femme en face de lui : elle n'était absolument pas en tort. Pas selon le dossier qu'elle lui présentait en tout cas. Il ne pouvait entièrement y donner grâce, non sans avoir parlé à ses hommes en tout cas. Ou avoir eu le rapport de leur patron. Il l'aurait, et vite. Pas que la réponse l'importait au point de le priver de sommeil, mais il n'était pas dit que Dorian Maverick, directeur du département des transports magiques, allait adoucir sa politique en matière de manquement aux devoirs et d'erreurs. Espérer un bon geste de sa part n'était pas utopique, mais il fallait avoir montré des qualités et du sérieux dans le travail, un brin d'humilité devant l'erreur et la volonté de faire mieux la prochaine fois. Sur ce qu'il lisait du dossier, il doutait que ça serait le cas. Il savait que le patron du bureau des fautifs tenteraient probablement de couvrir ses hommes.

Dorian sortit un petit papier rouge pale d'un petit tiroir sur son bureau et griffonna rapidement à l'aide de sa plume qu'il ne devait pas oublier d'écrire une note à l'homme pour lui signaler qu'il voulait la vérité, et pas une version assouplie, auquel cas, il le prendrait assez ma. Il repoussa la plume, et fit voler le papier jusqu'à un panneau en bois sombre où il se figea naturellement au milieu d'autres notes colorées et de coupures de journaux. Pareil au reste du bureau, bien que foisonnant, le tableau dégageait une étrange impression d'ordre.

Il leva ensuite sa baguette pour faire apparaître une théière fumante et deux tasses de fines porcelaine anglaise, de la porcelaine coquille, il fit apparaître un nuage de lait au fond des tasses et versa le thé dedans. Le lait pourrait surprendre un profane, mais en matière de porcelaine coquille, il n'y avait guère que ce liquide pour l'empêcher de se fêler en recevant le liquide bouillant. Si le lait ne convenait cependant pas à son invitée, elle pourrait toujours l'enlever avec quelques tours de poignet et une bonne baguette. Cela n'était pas vraiment compliqué.

Une boite de sucre roux en cristal, ainsi que du blanc fit son apparition sur la table, plus proche de la femme que de lui, qu'elle se serve d'abord. Il fit aussi apparaître une boite de gâteaux secs pour accompagner le tout.


« Je vous en prie. »

Attendant qu'elle arrange son affaire, il repartit au dossier, tournant une nouvelle page avec une nonchalance presque insolente. Monsieur Maverick n'était certes ni pressé, ni stressé. C'était le privilège d'être directeur et miss Harington n'avait rien donc de mieux à faire que de prendre le thé en sa compagnie. Dorian ne s'en rendait même plus compte. Depuis combien de temps était-il devenu suffisamment sûr de lui pour ne plus rien ressentir d'autre qu'un sentiment de normalité alors qu'il forçait les gens à son rythme? Le privilège de la trentaine et du poste haut placé, il supposait.

Il remarquait aux doigts de la demoiselle une certaine impatience. Est-elle inquiète de ce qu'il allait dire? Mal à l'aise en sa compagnie? Estimait-elle avoir mieux à faire? Il se demanda un instant ce qu'il se passerait si un grand bruit éclatait dans la pièce : la souris se lèverait-elle précipitamment, à l'affut de la source d'inconfort étrangère ou resterait-elle sagement assise jusqu'à ce qu'il la congédie.

Dorian attrapa quelques cristaux de sucre brun et les fit tomber dans son thé avant faire tourner son doigt dans le sens des aiguilles d'une montre au dessus du liquide, tandis que celui ci bougeait tout seul, répondant à la magie du blond.


« Je pense que votre dossier est aussi éloquent que clair, je vous remercie de vous être déplacé jusqu'à mon bureau pour me l'apportez. Verriez-vous un inconvénient à ce que je le garde? »

L'homme porta la tasse à ses lèvres, se brûlant un peu les lèvres et sans trop gouter le thé, après avoir refermé le dossier, puis reprit immédiatement la parole :

« Je ne peux malheureusement faire plus tant que je n'aurais pas entendu ce que mes hommes ont à dire. »

L'homme reprit une gorgée de son thé, plus lentement et sans se brûler, cette fois ci. Il était excellent.
Revenir en haut Aller en bas
  • Contenu sponsorisé
MessageSujet: Re: Mauvaise journée... [PV Dorian!]   

Revenir en haut Aller en bas
 Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Le Miroir du Riséd :: Hors-Jeu :: Archives :: Années passées-