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 [Thème 5] The Beauty and the Beast
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MessageSujet: [Thème 5] The Beauty and the Beast   Mer 15 Avr - 19:21:10

  • Titre : The Beauty and the Beast

  • Thème choisi: Dans 10 ans

  • Personnages: Lucy Ann Donovan, Deryn Cadell (autres à venir)

  • Résumé : Deryn, devenue la directrice du service de psychomagie de l'hôpital, voit débarquer dans son service Lucy Ann.
    Complètement balafrée, recouverte de sang, elle a été trouvée errant, hagarde, dans les rues de Londres.
    De plus, elle semble souffrir d'un choc post-traumatique, car elle est complètement murée dans son silence, les yeux perdus dans le vague.
    Reste à trouver un moyen d'établir la communication pour savoir ce qu'il s'est passé.

  • Cadre: Sainte Mangouste

  • Année 2008

  • Complet :Non!
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MessageSujet: Re: [Thème 5] The Beauty and the Beast   Dim 19 Avr - 15:08:31

Le docteur Cadell hésita un peu avant de pénétrer dans la chambre de sa nouvelle patiente. Nerveuse, elle feuilleta à nouveau les nombreuses pages de son dossier pour être sure de n’avoir rien omis et d’être au point avant de se retrouver devant une de ses vieilles connaissances. Pas que Lucy Ann Donovan aie été un jour sa meilleure amie, mais elles avaient souvent été amenées à se croiser depuis leurs années universitaires, et il était toujours plus compliqué de rester détachée et impartiale quand on s’occupait de quelqu’un de son entourage.

Elle récapitula mentalement une dernière fois les évènements, juste pour être sure :
Il y a quelques heures, vers 6 heures du matin, on avait amené à Sainte Mangouste une femme en piteux état, qu’un commerçant avait retrouvé errant hagarde au chemin de traverse alors qu’il s’apprêtait à réceptionner sa marchandise. Ses longs cheveux roux en bataille et poisseux de sang lui recouvraient le visage, ses vêtements étaient en lambeaux et eux aussi largement tâchés d’hémoglobine. Il l’avait interpellée, mais elle n’avait pas répondu, continuant d’avancer lentement en titubant comme un zombie. Il avait donc appelé les médicomages, mi-inquiet mi-apeuré par cette créature qui avait l’air soit d’avoir été victime d’une attaque, soit d’en avoir été l’auteur.
Le jeune stagiaire en soins magiques en 4e année à l’UMA avait alors été atterré de trouver, au lieu de ce qu’il s’imaginait être un évadé de prison ou un bandit de grand chemin une de ses ancienne professeur de Soin aux créatures magiques. Elle tenait péniblement debout, semblait épuisée, et surtout était totalement absente : elle ne répondait pas lorsqu’on lui adressait la parole, et ne cillait même pas en réponse aux évènements extérieurs, ses yeux noisettes cernés perdus quelque part dans le néant.
Il l’avait alors conduit en urgence à Ste. Mangouste, la femme étant dans un état tel qu’elle se laissait guider comme une poupée de chiffons.

On l’avait alors nettoyée et examinée, et aucunes sévices physiques graves n’avaient été découvertes, hormis de nombreuses écorchures et balafres qui maculaient une bonne partie de ses bras, son visage et son buste. Bonne nouvelle en partie, mais qui signifiait que le sang qui la recouvrait n’était pas le sien… Un échantillon parti aux analyses, on lui avait alors fait subir des tests pour savoir si elle était sous le coup d’un sort comme un Impero, ou d’une potion quelconque et ils furent tous négatifs : quelle que soit la cause de son état végétatif, elle n’était pas magique.
On l’avait donc envoyée dans le service de psychomagie de Deryn Cadell, qui depuis sa sortie de l’UMA n’avait pas chômé et par les brillants résultats obtenus avait fini par prendre la tête du service malgré son jeune âge.

Voilà, la galloise n’avait maintenant plus aucune excuse pour repousser l’échéance, et pénétra dans la chambre de sa patiente.

Elle la trouva assise sur le lit, la tête posée sur ses genoux repliés, les bras enserrant ses jambes et se balançant doucement d’avant en arrière, ses longs cheveux roux éparpillés sur son dos. Se rapprochant pour s’asseoir sur le lit, elle remarqua qu’elle fredonnait une sorte de mélodie qui ressemblait à une berceuse, n’ayant prêté aucune attention à la nouvelle arrivante, les yeux toujours dans le vague et continuant obstinément de se balancer.


Lucy Ann ? LUCY ANN? l’interpela-t-elle en la secouant par les épaules. Sa réaction fut sans surprise : elle se laissa faire, dépliant ses jambes le temps de la secousse, puis dès que les mains de la médicomage la quittèrent, elle se replia comme un coquillage et recommença à fredonner sa mélopée. Rien d’étonnant, mais elle avait besoin de le voir par elle-même. Cela l’attristait toujours de voir comment une femme accomplie, à la vie si bien remplie pouvait se retrouver dans un état pareil, abandonnant ainsi sa vie privée et professionnelle.

Après avoir fini ses études, l’anglaise avait enseigné pendant deux ans les Soins aux créatures magiques à Poudlard et l’UMA, pour décider début 2002 que l’enseignement à temps plein ne lui convenait plus, car elle aspirait à d’autres horizons. Son mariage avec son petit ami de longue date et meilleur ami de Cadfael, Emmanuel Perks, qui venait de boucler ses études, n’y était pas étranger, car la rouquine n’était pas du genre à s’enliser dans un quotidien de petite fonctionnaire casée, prête à ranger dans la case « ménagère de moins de 50 ans ». Un mariage sympathique d’ailleurs, se souvenait la médicomage qui y avait été conviée ainsi que le reste de sa fratrie. Une belle cérémonie en terre galloise avec des dragées à profusion, mais où seule se trouvait la famille du marié, LucyAnn ayant préféré séparer les deux familles, jugeant que le mélange moldu/sorcier ne faisait pas bon ménage. Son statut de née moldue ayant été rendu public après la destruction de Voldemort, elle ne prenait plus la peine de cacher ce genre de détail.

Elle avait alors conservé son poste de professeur à l’UMA, et avait monté en collaboration avec le ministère un programme d’étude sur les loups-garous, dans le but de régler les nombreux problèmes d’intégration de ces êtres, qui se retrouvaient ballotés au sein des services humains et animaux au sein même du ministère.

Son projet fut quelque peu ralenti par quelques « heureux évènements » qui ne tardèrent pas à suivre : un an après leur mariage, les Perks accueillirent dans leur famille les jumeaux Erwan et Abigaïl, suivis 18 mois plus tard de la petite Morgana. Désir de grande fratrie ou pulsions charnelles post baby-blues mal maitrisées ? Quelques railleries ne manquèrent pas de fuser chez les langues de plomb, au sein desquels Emmanuel travaillait.

Le projet de Lucy Ann avançait bien, ses travaux reconnus par le ministère ne tardèrent pas à s’imposer et à mener à la création d’un nouveau département : celui de la gestion des loups-garous, un véritable succès pour la sorcière qui n’eut malheureusement pas le temps de le savourer à sa juste valeur, car elle dut peu de temps après surmonter le départ de son mari et son divorce, redevenant Donovan après avoir été Perks.
Cadfael étant en étroite relation avec le 2e principal intéressé, Deryn avait su qu’il y avait derrière cette affaire une histoire d’autre femme, mais pas plus, son frère n’étant pas du genre à crier les confidences de ses amis sur tous les toits.

Deryn, elle, avait pu suivre les chroniques donovaniennes de son propre point de vue, accueillant régulièrement à l’hôpital la jeune femme au cours de ses pérégrinations, car les créatures magiques sont de nature ingrates et ne manquaient pas de gratifier Lucy Ann et même parfois ses élèves de diverses éraflures, écorchures et balafrures en tout genre, sans compter les exploits des petits monstres qu’elle avait elle-même engendré et n’étaient pas en reste niveau catastrophes.
Elles avaient donc été amenées à se côtoyer régulièrement au cours des dernières années, moins depuis sa nomination à plein temps en psychomagie, mais la biologiste ne manquait jamais de venir la saluer lors de ses fréquentes visites. La dernière en date concernait d’ailleurs le petit Erwan, qui avait avalé les pièces d’un jeu de construction pour ne pas que sa sœur les lui prenne, dixit le dossier.

Cela faisait maintenant deux ans que la sorcière avait définitivement quitté l’enseignement pour se concentrer à ses recherches, ce qui l’amenait souvent à quitter Londres pour voyager à travers l’Europe.

Deryn essayait par tous les moyens de trouver un lien entre ces évènements et l’état actuel de la sorcière, mais n’y parvenait pas. Pourtant, il lui fallait absolument trouver un moyen de la faire parler, car si elle n’était pas en bon état, il y avait quelque part dehors quelqu’un en train de se vider de son sang, il ne fallait donc pas laisser trainer les choses.

Elle jeta un dernier regard à Lucy Ann, toujours en train de fredonner, et soupira. Il n’y avait vraisemblablement rien à en tirer pour le moment. Il existait bien un moyen pour lui délier la langue, mais elle n’aimait ce procédé.
Dans un nouveau soupir, elle se leva et se dirigea vers la porte. Elle lui accorderait un sursis de quelques heures, voir s’il y avait un mieux. Dans le cas contraire, elle serait obligée de lui administrer quand même… La journée promettait d’être longue.
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