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 [Thème 3] Madame rêve ! [Mis]
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MessageSujet: [Thème 3] Madame rêve ! [Mis]   Dim 5 Avr - 21:18:52

* Titre : Madame rêve !
* Thème choisi : n°3, les vacances.
* Personnage(s) : Lucy Duncan, la famille Duncan, la famille de la Châtelière [pnj], Précieuse McLane
* Résumé : Des vacances inhabituelles, troublées par la venue d'une mystérieuse correspondante... mystérieuse ? Pas tant que ça...
* Cadre : Le manoir des grands-parents maternel de Lucy, en France.
* Année : Eté 1997
* Complet : Oui

1er juillet: 1er jour des grandes vacances.


Après que Lucy ait descendu les marches du train, saluer ses amis, et se soit dirigée vers ses parents en compagnie de ses frères et sœurs, elle s’autorisa à respirer un air de vacance. Voilà. Plus de cours pendant deux longs mois. Deux mois qui sous le soleil de la France. Deux mois de pur bonheur, en compagnie de ses cousins et cousines. Ca, c’était formidable. A part un petit incident survenu deux ans auparavant, tous les étés avaient été une source de fou rire, de complots, de glisser sur les rampes ou dévaler en courant les marches d’escaliers de la grande propriété des grands-parents maternels des enfants Duncan. Bref, ce serait le pied total. A peine eût-elle donc posé le pied sur le sol de King Cross et embrassé ses parents, que la troisième année s’empressa de demander :

- On part quand ?

Thomas et Abby levèrent aussitôt les yeux sur leurs parents, guettant la réponse avec avidité. Chris lui, ne s’en préoccupait guère. Il était certainement le plus patient des quatre, et avec la certitude tranquille qu’ils se rendraient dans le manoir de leur grands-parents en temps et en heure, n’était pas particulièrement curieux de connaître la date de départ. Henry eut un sourire énigmatique, et chargea sa femme d’un regard de répondre aux interrogations pressantes de ses enfants, tandis qu’ils se rendaient à la voiture. Après tout, il s’agissait des parents d’Isabelle, pas des siens ! Même s’il éprouvait une grande affection pour ses beaux-parents. Il fut donc déclaré qu’ils s’en iraient dans trois jours, voyageant comme à leur habitude, par portoloin. Il était trop coûteux d’établir une connexion entre leur cheminée et celle de la propriété française à chaque fois qu’ils faisaient le voyage, car si le réseau était automatiquement établi entre toutes celles de Londres, ce n’était pas le cas entre les pays. Cela ne dérangeait pas plus que ça nos six têtes blondes, qui contrôlaient depuis longtemps le moyen de transport de masse légal le plus chaotique du monde sorcier. Car d’après Henry, ayant des amis dans cette branche, au ministère, les conséquences suite aux accidents de tapis volants, dans des pays où il était encore autorisé, comme au Moyen-Orient, étaient bien plus fâcheuses. Mais il est vrai qu’il y avait toujours beaucoup de soucis liés aux transplanages, notamment chez les jeunes, qui avaient trop tendance à prendre leur baguette pour rentrer après les soirées, alors qu’ils avaient trop bu. Ste Mangouste regorgeait de patients désartibulés, et vous admettrez que danser au milieu de divers organes n’est pas le meilleur moyen de mettre de l’ambiance dans une fête.

Bref, peu importait tout ces problèmes de voyage, il suffisait de ne pas avoir le mal de mer et d’avoir une bonne poigne, voilà tout ! Pour Lucy, qui avait toujours vécue selon les moyens sorciers, c’était aussi évident que de couper le gaz après avoir cuisiné, et aussi surprenant que de constater qu’il pleuvait en se levant, après avoir entendu le ruissellement des gouttes sur le toit. Nullement inquiète, contrairement à Abigail, qui avant chaque départ, se faisait un sang d’encre à l’idée que les choses tournent mal, elle se précipita dans sa chambre dès qu’ils furent arrivés chez eux. Elle envoya valdinguer ses chaussures, déposa sa valise près de son lit, et fonça sur son armoire, pour mettre de la musique à fond. Evidemment, lorsqu’on est préfète à Serdaigle, le dérangement est peu toléré dans les dortoirs. Heureusement qu’il y avait les fêtes entre filles pour détendre l’atmosphère certains soirs ! Mais Knaki l’aurait décapitée si elle avait raté ses examens à cause d’elle. La blondinette se dirigea ensuite vers son bureau, inutilisé depuis des mois, en sortit une feuille, une plume et de l’encre, et, s’allongeant sur son lit pour écrire – parce que c’était précisément à ça que servait un bureau – elle commença à écrire sa première lettre à Mariana. Certes, c’était rapide, les deux adolescentes s’étant séparées quelques heures plus tôt, mais faute de portable et de SMS sous la main, elle communiquait son enthousiasme par hiboux.


Code:
Hey ! Trop classe, direction la France dans 3jours ! Et toi t’fais quoi ? Ta sœur est pas trop chiante ? Bref, j’comptais faire un tour dans le Londres moldu demain si ça t’dis, y a des brocantes. Un moyen de dénicher des trucs marrants qui datent du siècle dernier ! Bisous.
L.

La fillette était décidée à profiter à fond de chacun des jours de libres qu’elle avait, et la lettre sous la main, elle partit à la recherche du hibou de la famille, lequel devait dormir tranquillement dans un coin. Après tout, c’était pas censé être diurne ces ptites bêtes là ! Avec toute la délicatesse, l’élégance et la douceur dont elle était capable, Lucy fouilla donc la maison de fond en comble, en hurlant :


- PIOUPIOU !!!! Bouge ton cul plein d’fiente ou si j’t’attrape j’te plume !

Certes, la colère et l’impatience autant que la crédibilité ne sont pas vraiment de mises lorsqu’on hurle « Pioupiou » à tort et à travers, d’autant plus que si elle se faisait attraper par ses parents à employer un langage aussi fleuri, ce serait elle qui se ferait plumer, et en beauté. Mais ce n’était pas sa faute si lorsqu’elle avait un an et demi, notre Pinpin était incapable de prononcer correctement le nom de Diogène et que le diminutif avait visiblement plu au volatile, qui n’avait plus répondu que lorsqu’on l’appelait comme cela. Il faut avouer que même pou un hibou, porter le même nom qu’un type dit philosophe, sorti droit de l’antiquité qui vivait dans un pot – et non pas dans un tonneau, car comme le dit l’ami google : Toute l'erreur vient de ce que les traducteurs ont jugé à propos de rendre le mot de vase à vin par celui de tonneau. mais les tonneaux, comme on le sait par le témoignage de Pline, étaient d'origine gauloise. Les Grecs et les Latins enfermaient leur vin dans des amphores, qui ne sont autre chose que de grands pots, souvent sans base, qui s'enterraient dans le sable des caves. Il était donc tout naturel que Diogène, voulant se procurer pour demeure une grotte, mais une grotte mobile, eût fait le choix d'un vase de cette espèce. – c’est un peu la honte. Ainsi, Diogène le hibou fut noblement rebaptisé Pioupiou. Amen.

Ayant fini par mettre la main sur le messager, Lucy l’envoya donner la missive qu’il transportait, contemplant son vol légèrement bancal d’un air inquiet : il faudrait visiblement bientôt trouver un remplaçant à Pioupiou. Et malgré tous les quolibets auquel il avait droit lorsqu’il ne se montrait pas suffisamment tôt, le grand duc était également choyé par la famille ; les friandises étaient monnaie courante, même lorsqu’il n’y avait pas de lettre à distribuer, et les caresses généreuses. Puis elle revint dans sa chambre, et s’asseyant sur son lit, contempla sa valise avec un soupir. Seul bémol à ce début de vacances, pour faire sa valise, il fallait d’abord la vider…


Dernière édition par Lucy Duncan le Dim 28 Juin - 20:21:56, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [Thème 3] Madame rêve ! [Mis]   Dim 5 Avr - 22:22:49

4 juillet: arrivée en France, ou comment une surprise n'est pas forcément agréable.


Ca y est. Ils étaient enfin arrivés. La famille Duncan avait réussi atterrir doucement et sans aucun dommage sur la pelouse de la demeure, au plus grand soulagement d’Abby. Lucy jeta un regard affectueux autours d’elle. Toute cette propriété qu’elle connaissait par cœur, et qu’elle retrouvait chaque année avec le même élan de bonheur. Elle était ici chez elle, peut-être même plus qu’à Londres. Ici se trouvaient ses origines, des habitudes spécifiques aux vacances, des recoins qu’elle connaissait par cœur, des souvenirs surtout… et la grande bâtisse était peu à peu devenue un symbole, celui du lien qui l’unissait avec sa famille francophone. Une grande maison de pierre, toujours entretenue malgré le lierre qui s’accrochait à la façade et remontait jusqu’aux toits, offrant là un abri d’ombre fraîche aux lézards qui sillonnaient le jardin, et aux papillons qui voletaient ici et là au printemps. L’entrée principale menait dans un hall chic, et toujours propre, mais c’était une voie que n’empruntaient que les amis de ses grands-parents, lorsqu’ils donnaient des réceptions. L’entrée par laquelle allaient et venaient toujours les membres de la famille était la porte-fenêtre de la cuisine, qui accueillait sans cesse un flot ininterrompus de cousins se pourchassant les uns les autres. La salle à manger était à côté, la pièce où dînaient les adultes, soucieux de maintenir un minimum de convenances durant cette période pendant laquelle les enfants se relâchaient de manière fulgurante. Eux, mangeaient dans la cuisine, dans les étages, ou dans leurs cabanes au fond du jardin c’est un charmant petit coin, en bref, ils étaient libres comme l’air, tant que leurs assiettes n’étaient pas retrouvées abandonnées dans un coin, et qu’ils saluaient les adultes disons… une fois par jour. De la cuisine, on pouvait également accéder au hall, qui donnait sur les escaliers. Un salon, une salle de séjour, une buanderie, une cave, des salles de jeux, des chambres, des greniers… la demeure était vaste, et si certaines pièces n’étaient jamais vides, d’autres le restaient obstinément pendant deux mois, excepté lors des parties de cache-cache.

Car on jouait à cache-cache pendant les vacances, et ce, même à treize ans. La propriété des grands-parents de la Châtelière était un lieu où la simplicité de l’enfance revenait, et jouer avec les plus jeunes n’avait rien de honteux. Après tout, ils étaient en famille, et chacun se comportait complètement différemment de la façon dont il aurait agit d’habitude, chez lui, ou en présence de personnes qui n’auraient pas été de la famille. S’attacher aux apparences, pour ne pas « se payer grave la honte ». Mais ici, peu importaient les apparences, et la seule règle en vigueur était de s’amuser. On laissait tomber les masques et la fierté des trois autres trimestres de l’année pour se laisser aller complètement. Et c’est à cette pensée que Pinpin souriait, à ce bonheur de ne plus avoir à se surveiller. Elle jeta un nouveau regard sur l’immense jardin, qui comportait même un petit bois, et à l’autre extrémité, un champ, dans lequel poussait du maïs, et qui était à cette époque de l’année, une vague de verdure. Il y avait aussi une piscine, malgré la petite rivière qui coupait le jardin. Autant dire que l’endroit idyllique, avait certainement été aménagé grâce à quelques sortilèges. Toujours est-il que tout y semblait naturellement à sa place, comme à chaque mois de juillet.

Puis notre miss, traînant sa valise derrière elle, alla se précipiter dans les bras de ses grands-parents. Si ceux-ci, du fait de leur haute origine sociale exigeaient devant leurs invités une tenue irréprochablement polie, et des plus distinguées, dès qu’ils se trouvaient dans l’intimité de la famille, étaient d’une simplicité débordante d’affection et de tendresse. Ils n’aimaient rien tant que leurs enfants, leurs petits-enfants, ainsi que leurs gendres, et les gâtaient sans arrêt. Si le reste de l’année, des domestiques s’occupaient de la maison, ils avaient droit durant l’été à un congé de deux mois, et les grands-parents, malgré leur âge et leurs habitudes, n’hésitaient pas à mettre la main à la pâte, et ce, de bon cœur. Il n’était pas rare de voir grand-mère préparer des gâteaux pour le goûter, ou grand-père s’occuper du vergé. Malgré le préfixe apposé à son nom, et ses revenus des plus aisés, la partie maternelle de la famille Duncan était tout aussi peu prétentieuse et sans histoires que la partie paternelle, tout en restant aimante et unie. La tribu blonde semblait absolument intouchable.


- Grand-mère, grand-père ! Ca va ? Quoi de neuf ? Le jardin est splendide ! s’exclama Christopher.
- Oui, les arbustes regorgent de mûres cette année, vous allez pouvoir vous régaler !
- J’en ai déjà fait une dizaine de pots de confiture ! acquiesça Mme de la Châtelière
- Et y a des fraises ? demanda avec gourmandise Pinpin.
- Et des mirabelles ? s’empressa d’ajouter Thomas
- Oui, oui, allez, filez mettre vos bagages dans vos chambres, vos cousins sont déjà là ! Avec une petite surprise d’ailleurs !

Nos quatre blondinets grimpèrent quatre à quatre les marches de l’escalier, chacun se rendant dans la chambre qu’ils partageaient habituellement entre cousins. Il faut dire qu’ils étaient nombreux, c’était la raison pour laquelle il n’y avait pas moins de deux lits superposés par chambres. En grandissant, ils s’étaient naturellement tous répartis par affinité, et celle-ci allant de pair avec l’âge, ils avaient fini par former des espèces de mini dortoirs, qui n’étaient pas sans rappeler Poudlard, avec une ambiance plus décontractée cependant. Lucy partageait ordinairement sa chambre avec Marion, Delphine et Lucille. Marion était la plus proche d’elle, nées avec une dizaine de jours d’écarts, elles étaient aussi différentes qu’elles pouvaient l’être pour deux cousines, et pourtant, s’entendaient à merveille. Marion était la seule des trois à arborer une tignasse rousse flamboyante, qui n’était pas sans rappeler la chevelure de Page. Elle était d’une timidité parfois maladive, et qu’elle avait toujours considéré comme un handicap. Elle rougissait facilement, perdait ses mots, et balbutiait. Pourtant, elle était formidable. Loyale, fidèle, généreuse, il ne faisait aucun doute qu’elle eût été répartie à Poufsouffle si elle avait été à Poudlard plutôt qu’à Beauxbâtons, une donnée qui permettait sérieusement à notre Bleue et Bronze de réviser son jugement sur les Tout Jaunes. Delphine était sa petite sœur, deux ans les séparaient, et elle était beaucoup plus sûre d’elle que son aînée. Quant à Lucille, malgré son enthousiasme qui semblait à toute épreuve, et ses apparences sûres d’elles, elle était la plus sensible du quatuor. Ayant perdu sa mère lorsqu’elle était petite, elle était en permanence à la recherche d’affection de la part des membres de sa famille, même si elle ne le montrait pas, et d’un an et demi plus petite que Lucy et Marion, elle était plus proche de Delphine.

L’Aiglonne s’attendait donc à tomber sur une tête rousse et deux têtes blondes lorsqu’elle ouvrit la porte de la chambre, mais ce n’était pas le cas. Un rapide calcul mental lui indiqua qu’elle ne s’était pas trompée, et qu’à moins d’une hallucination, il y avait bel et bien trois blondes présentes dans la pièce. Plus une rousse. La dernière blonde étant de dos, il était difficile de deviner s’il s’agissait d’une cousine qui squattait par là ou non. Un lit était tiré en plus des lits superposés, tout laissait donc à penser qu’elles seraient cinq dans la chambre cet été là. Ca promettait !


- Ayiiiii ! salua Lucy avec un immense sourire.

Aussitôt, les quatre filles se retournèrent. Précieuse McLane compris.
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MessageSujet: Re: [Thème 3] Madame rêve ! [Mis]   Lun 6 Avr - 0:24:00

4 juillet: premières altercations, ou comment la guerre est déclarée en bonne et due forme.


Lucy cligna des yeux. Inutile de préciser que lorsqu’elle les rouvrit, Cudacier était toujours là. Alors elle s’autorisa à pâlir. Et visiblement, McLane était toute aussi ravie qu’elle de la trouver là.


- Qu’est-ce que tu fous là ?
- Qu’est-ce que tu fais ici ?


Les voix des deux blondes avaient fusé au même moment, tandis qu’elles se défiaient mutuellement du regard. La question indigna Pinpin ; comment pouvait-on lui demander ce qu’elle faisait chez elle ? Non seulement la Limace venait squatter et paraissait prendre ses aises pour un bon moment, mais en plus, elle osait lui parler sur ce ton ?

- Je suis chez moi, moi, répondit-elle un peu désorientée.
- Ne te moque pas de moi, Duncan. Mes parents m’ont envoyé dans ce pays pour perfectionner mon français, chez ma correspondante, ceci dans une famille respectable. Tu es ici chez les de la Châtelière, de hauts aristocrates français, alors n’espère pas me faire avaler tes mensonges.

Précieuse avait repris son allure sûre d’elle, sans doute persuadée que Lucy ne pouvait pas avoir d’origines élevées socialement. Elle avait prononcé le nom de famille des grands-parents de l’Aiglonne sur un ton pompeux, et déclaré comme ceci, il faut bien avouer que notre blondinette eut un moment de doute. Une famille qui pouvait contenter pareillement la McLane, et pour qu’elle prononce son nom de cette façon, devait être insupportablement snob. Etait-ce bien la sienne ? Un regard autours d’elle et une pensée pour ses grands-parents, qui les avaient si chaleureusement accueillis, la rassura : elle ne s’était pas trompée de maison, et sa famille était toujours aussi géniale. Seulement, la Vipère s’en faisait manifestement une fausse idée. Lucette interrogea donc ses cousines du regard, cherchant celle qui confirmerait la version qu’elle venait d’entendre. Elle n’y croirait pas tant qu’une voix amie lui aurait confirmé qu’en effet, elle était bel et bien en train de vivre ce cauchemar.
En fait de voix, ce fut Marion qui réagit, en piquant un fard, et en adoptant un air penaud. Elle jeta un regard contrit à sa cousine, qui se tenait toujours dans le cadre de la porte, refusant d’entrer avant d’obtenir les explications qu’elle désirait.


- Tu connais mon niveau en anglais… les parents ont décidé de me trouver une correspondante, qui viendrait un été avec nous, et l’été prochain, j’irai chez elle. Comme les parents de Précieuse avaient pris contact avec grand-père et grand-mère, ils ont pensé que c’était une bonne idée. Tu comprends… comme vous êtes bilingues ils ont pensé que vous parleriez trop français avec moi si je venais chez vous, surtout avec toi… dit-elle sur un ton d’excuse.
- Mais de toute façon, je t’aurais emmené dehors, visiter Londres ! T’aurais bien été obligée de parler anglais ! s’exclama Lucy, désespérée.

Elle nourrissait soudain une rancune sévère à l’égard de son oncle et de sa tante, qui lui apparaissaient tout à coup comme le type même des bourreaux. Sa colère avait momentanément laissé place à la pitié. Oui, elle plaignait Marion de devoir subir malgré elle, pendant deux étés entiers, la terrible Verte et Argent. D’autant plus qu’avec un caractère aussi doux, il était probable qu’elle se laisserait marcher sur les pieds sans vergogne par la peste ! Si la rouquine était capable de se révolter, elle n’en restait pas moins très intimidables. Lucy imaginait par avance le nombre de crasses qu’allait lui jouer Précieuse, et ne la détestait que plus. Elle lui adressa d’ailleurs un regard féroce, avant de répondre à son invective précédente.


- Figure toi que les de la Châtelière sont mes grands-parents, maternels. C’est vrai que chez toi, on a plus tendance à se marier en famille, histoire de préserver le sang, et le nom. Remarque, ça explique les tares congénitales qui frappent les rejetons McLane, déclara-t-elle d’un ton hautain.

Oh oui, c’était mesquin, méchant, et ça ne lui ressemblait pas. Elle ne l’avait probablement jamais été autant avec Cudacier, mais la voir s’incruster dans son intimité, c’était plus qu’elle ne pouvait le supporter. A vrai dire, elle n’avait jamais été aussi dure avec personne, mais dans l’aveuglement de fureur où elle se trouvait, elle était bien incapable de regretter ses mots. Marion dansait sur ses pieds, gênée de se retrouver au milieu de la confrontation entre sa cousine et sa correspondante, tandis que Delphine et Lucille, leur tournaient le dos, faisant mine de ranger leurs affaires. Elles étaient hilares. Voir Lucy en rogne, cela leur était déjà arrivé. Mais se déchaîner ainsi, jamais. Surtout que Précieuse n’avait pas vraiment remporté l’unanimité, et ce, dès son arrivée, où l’on appréciait peu l’air supérieur qu’elle adoptait, les encensant pour leur bon goût, signalant à quel point c’était « un plaisir divin de se retrouver entre membres de bonne famille » et en profitant pour mépriser le restant du monde à coup de remarques médisantes.
Précieuse ne pouvait guère répondre par ses remarques insultantes habituelles, étant en territoire ennemi, mais elle n’en perdit pas pour autant la morgue qui l’habitait. Elle toisa Lucy d’un air condescendant tout en s’écriant avec un reniflement dédaigneux :


- Ma pauvre Duncan, tu traites toujours tes invités comme ça ?


Décidant de ne plus lui répondre en voyant l’air implorant de Marion, la Bleue et Bronze entra définitivement dans la pièce. Et puis quoi encore, McLane espérait peut-être la faire changer de chambre ? La bonne blague ! Cudacier, Pinpin y pétait laggle, point barre. Ce n’était certainement pas la blondasse qui la mettrait hors de chez elle. Se souvenant cependant de l’amie de Lucille avec qui elle s’était accrochée deux ans auparavant, et à qui ses grands-parents l’avaient finalement obligée à écrire une lettre d’excuse, elle décida cependant de jouer la prudence. Pourtant, lorsqu’elle aperçut les monceaux de tubes de crème, de vernis à ongles et autres produits de beauté de la Vipère qui traînait sur son lit, Lucy crut bien qu’elle allait complètement exploser. Elle ferma les yeux, et s’autorisa le luxe d’inspirer une grande goulée d’air… d’air pas frais. Ca puait le parfum. On se demandait bien de qui ça pouvait venir. Debout devant son lit, sans lui accorder un regard, et tentant de garder un minimum de self-contrôle, malgré son exaspération croissante, elle déclara d’un ton sec :

- Tu vires ça de mon lit. Maintenant.


Voyant que Précieuse prenait tout son temps pour obtempérer, adoptant un air choqué en s’entendant donner des ordres, les nerfs de la blondinette craquèrent. Sans un mot, blême de rage, la bave écumant presque au coin de ses lèvres, elle sortit brusquement de la chambre en claquant violemment la porte, qui se rouvrit sous le choc, tout l’étage ébranlé par cette manifestation de colère. Au comble de la frustration devant cette sortie manquée, et en voyant les têtes de ses autres cousins et cousines sortir de leur chambres, leur curiosité attisée, Lucy fit volte face, retourna près de son lit, évitant de croiser le moindre regard. Elle sortit sa tenue de quidditch, s’empara de son balai, et quitta une seconde fois la pièce d’un pas rapide, décidant d’aller passer sa fureur sur un souaffle. Nul doute que la collocation serait laborieuse... Dehors, il n’y avait pas un bruit, toutes les créatures vivantes assommées par la douce chaleur de ce début du mois de juillet. Et bien, ils allaient être réveillés !
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MessageSujet: Re: [Thème 3] Madame rêve ! [Mis]   Mar 7 Avr - 22:05:36

11 juillet: compte-rendu sans pitié, ou comment les renforts sont appelés à la mobilisation.


Code:
Elle prend ses airs de grande dame c’est hallucinant ! Mais pour QUI elle se prend ? Nen mais j’arrive toujours pas à réaliser que Cudacier est dans MA maison quoi ! Elle est odieuse, et y reste encore un mois et demi à la supporter ! Je crois que dès qu’on arrive à Poudlard, elle va se prendre un sortilège genre crache-limaces dans la face, vite fait bien fait…

Lucy était parvenue à gagner un peu d’isolement pour écrire à Mariana. Voilà déjà une semaine que la collocation avec Précieuse durait, et elle comptait soigneusement les jours qui les séparaient du moment des adieux. Bye bye Cudacier, merci d’avoir gâché mon été ! La plume levée, elle repensa au jour de leur arrivée, et à la rage qui l’avait alors surmontée, aidée par l’incompréhension, la surprise, et un très fort sentiment d’injustice. Aujourd’hui, elle devait bel et bien reconnaître que plutôt que d’injustice, il était juste de parler de malchance. Elle n’avait plus qu’à espérer que la blondasse vivait le même enfer qu’elle en répartie, de sorte que plus jamais elle ne risquerait de poser les pieds dans cette maison, dans la vie plus que privée de Perfect Prefect number two. La goutte d’eau avait fait déborder le vase, lui permettant de relativiser un minimum la situation. Après tout, elle était chez elle, et n’avait rien à se reprocher, c’était plutôt à la Limace de jurer par tous les Dieux ! Après s’être obstinée à lancer encore et encore le souaffle, jusqu’à ce que toute son énergie soit épuisée, la Serdaigle était revenue dans la chambre, toujours sans un mot, avait attrapé sa plume et envoyé un appel au secours à Mariana… et à Emilien. Si leur réconciliation était encore fragile, elle savait qu’elle pouvait compter sur lui pour compatir sur son sort. Et sans vouloir s’apitoyer sur elle-même, un peu de solidarité n’était pas de refus. La réponse avait été unanime, le plan parfait résidait dans les deux morceaux de parchemins qui tenaient lieu de réponse. Aucun d’entre eux n’aimaient vraiment écrire de lettres, mais devant une telle occasion, Big Mama avait fait un effort : s’indignant sur une vingtaine de lignes de la capacité de McLane à pourrir la vie des gens, elle avait ensuite proposé sa solution. Le Milou lui, s’était contenté d’écrire cette dernière, économisant ses mots pour l’utile.


Code:
Un lustre sur la tête, et on n’en parle plus.
Emilien.

Evidemment. Malgré ce soutien qui lui réchauffait le cœur, l’exécution de ce plan était un peu trop radicale pour être plausible. En effet, papa et maman McLane s’empresseraient de poursuivre la famille en justice, et Lucy ne souhaitait pas que cela se retourne contre eux. Elle désirait juste ardemment que Précieuse s’en aille. Elle avait beau avoir été à peu près sage durant l’année, le père Noël ne passerait que dans cinq mois, et comme l’impatience est caractéristique des enfants, elle voulait voir son souhait exaucé le plus vite possible. C'est-à-dire, pas dans cent quarante-neuf jours. Aussi, en attendant de trouver le plan idéal pour éjecter Cudacier de ses deux mois supposés de rêve, et ne pouvant dire du mal d’elle avec sa cousine que durant les trois heures quotidiennes ou elle mobilisait la salle de bain, Pinpin se déchaînait dans ses lettres, dont Mariana était la principale destinatrice. Le papier était son défouloir, la plume l’unique moyen de coucher et de fixer au moyen de l’encre, les mots qui pouvaient refléter sa frustration. La blondinette aurait presque pu conserver ces lettres au lieu de les envoyer, mais le risque était trop grand que Précieuse mette la main dessus et s’en serve pour qu’elle soit punie. Elle avait déjà, aussi habilement qu’elle le pouvait, caché son journal intime. Si jamais McLane tombait dessus, c’était clair et net, le seul châtiment à la mesure du crime serait la mort par strangulation. Lente, et douloureuse. Car si c’était là un ouvrage bancal, peu régulier, dans lequel elle était loin d’écrire tous les jours, et pouvait tout aussi bien citer des phrases qui la touchaient, il lui arrivait de confier les sentiments qui l’agitaient lorsqu’ils devenaient trop forts. Ainsi, une réflexion et les interrogations qu’elle avait pu se poser suite à leur énième réconciliation avec Emilien. Si le nom du Vert et Argent n’était pas explicitement précisé, il n’était pas difficile de deviner de qui il s’agissait. Une paire aussi chaotique que Pinpin et Milou côté disputes, il n’y en avait pas deux dans tout Poudlard.

Autours de la blondinette, la chambre était calme, quelques éclats de voix de ses petits cousins et cousines retentissaient à l’étage. Un coup d’œil vers les affaires de Cudacier, qui semblaient la narguer, lui rappela le point suivant qu’elle comptait aborder dans sa lettre. Il faut bien avouer qu’elle avait été ahurie du nombre de bagages que la blondasse transportait avec elle. La penderie de Lucy ne devait pas comporter la moitié du nombre de vêtements que McLane avait amené pour ces vacances. Elle en aurait été jalouse si elle avait apprécié le style des tenues de la blondasse, mais ce n’était pas le cas. Evidemment, elle ne détestait pas tout. Seulement, lorsque c’était mélangé avec le reste, et que Précieuse le portait. En plus du dépôt de tissus que contenaient les valises de la Limace, elle avait aussi avec elle toute une industrie chimique. Pour être aussi nombreux, certains de ses produits ne devaient pas apprécié d’être mélangés, et Pinpin imaginait non sans une certaine satisfaction les résultats que cela pourrait donner. A défaut de pouvoir provoquer sur la peau parfaite de son ennemie, une irruption de boutons, au moins aurait-elle jusqu’à la fin de ses jours, gravée dans son esprit, la tête qu’elle avait au réveil. Ce moment là avait été particulièrement jouissif, et dans un sourire, elle s’était juré de ne jamais oublier.

Code:

…Au fait, faut pas essayer de la toucher à travers ses produits de beauté, elle en a suffisamment pour donner l’air présentable à toute une armée d’inferi ! On attendrait des années avant qu’elle se tartine avec celui qu’on aurait piégé. D’ailleurs, je suis quasi-certaine que c’est pour ça que Deniel est sorti avec ! Il a du lui piquer quelques bouteilles de vernis au passage, à moins que ce soit du fond de teint… Enfin, quand tu vois la tronche qu’elle a le matin, tu comprends pourquoi elle transbahute tout ça !
Dans ces moments là elle peut-être marrante, mais c’est quand même vachement pénible de l’avoir sur le dos 24h/24 ! Elle a beau être parfois complètement paumée, et avoir du mal à s’adapter, ça reste McLane…

Comme ce premier matin, tellement mémorable ? Où Lucy avait pu apercevoir sa tête d’épouvantard perdu. Alors que les trois cousines sortaient de leurs lits les unes après les autres, Delphine la première dans la douche, avant de toutes s’apprêter à sortir, Cudacier, après avoir paressé un moment encore entre ses oreillers, s’était tortillée dans ses draps pendant un bon quart d’heure, semblant chercher quelque chose. La Serdaigle choisissait les vêtements qu’elle porterait ce jour-là, en lui jetant de temps en temps quelques regards amusés, que la blondasse n’apercevait même pas, toute occupée qu’elle était. Au bout d’un moment cependant, dans un bâillement qui lui permettait de masquer son sourire ironique en plaçant une main devant sa bouche, Pinpin demanda d’un ton délibérément familier :


- T’as perdu quelque chose Prépré ?

Avec une moue boudeuse, dégoûtée d’admettre qu’elle avait besoin d’aide, et de reconnaître son ignorance devant la connaissance de son ennemie, Précieuse finit par lâcher d’un ton agacé.

- J'ai faim, et je ne trouve rien pour appeler les serviteurs.


La Vipère obtint pour réponse un rire étouffé de la part de Lucille, et un regard surpris, choqué de la part de Marion et Lucy. Evidemment, elle avait l’habitude d’être traitée comme une petite princesse, d’être choyée et gâtée, mais à ce point là ?! Et puis, prendre son petit déjeuner au lit, avec toutes les miettes, et dormir ensuite dedans… quoi que, les draps de McLane étaient probablement changés tous les jours. Enfin, elle devait bien se douter qu’en partant vivre deux mois dans une autre famille que la sienne, il lui faudrait quitter ses petites habitudes, ne serait-ce que pour s’habituer à celle de la famille. Et celle en question, avait des us et coutumes bien différents. Le retour à la réalité allait être dur.

- Madame rêve ! Ici, pas de petit-déjeuner au lit, et pas de petit-déjeuner tout court à partir de onze heures, ça coupe l’appétit. On dirait que tu t’es réveillée trop tard ce matin. Quant aux serviteurs, ils sont en vacances, comme nous tous ici, déclara Perfect Prefect sur le ton du guide qui fait la présentation des lieux et de leur histoire à ses visiteurs.

- Enfin, si tu veux, je pourrais demander à grand-mère de faire une exception pour toi ce matin, comme t’étais pas au courant, proposa gentiment Marion.

Elle n’obtint pas de réponse. C’était au tour de Cudacier d’être choquée, et la mine atterrée, les yeux dans le vague, elle était probablement en train de calculer quelles conséquences cela impliquerait pour le mois et demi suivant. Delphine sortit alors de la salle de bain, où s’engouffra immédiatement Lucille, et trouvant la chambre silencieuse, ses deux cousines figées en attendant que McLane se remette de ses émotions, demanda ce qui se passait.


- Un atterrissage douloureux devant la désillusion, répondit Lucy d’un ton indifférent sans cesser de fixer Précieuse.
- Oui, je veux mon petit déjeuner, répondit cette dernière, se reprenant soudainement, va demander, ordonna-t-elle à la rouquine.

Et celle-ci, trop gentille, de s’exécuter sous les yeux ébahis de sa cousine. En même temps, sa réaction était compréhensible : une correspondante avait beau être odieuse, il valait mieux la rendre la plus heureuse possible lorsqu’on était condamné à passer l’été suivant chez elle. Marion ne méritait pas de payer l’insatisfaction de McLane, certainement due en majorité à la présence de notre blondinette.


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… Bref, tu vois le topo. Je te laisse, j’vais les rejoindre avant que Miss Tout Pour Ma Pomme ne trouve un nouveau moyen de rendre folle ma cousine.
Bisous,
L.
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MessageSujet: Re: [Thème 3] Madame rêve ! [Mis]   Dim 10 Mai - 18:00:25

14 juillet : relooking express, ou comment la première offensive est brillamment menée.

- On est bien d’accord, pour que la blague soit complète, elle doit pas savoir que c’est moi qui vous ai donné l’idée !
- OK !
- Chui James Bond !
déclara Clément.
- Alors moi chui Catwoman !
- T’es bête, c’pas une espionne !
- Alors chui Clover comme dans les Totally Spies !
- T’vas pas te balader habillée tout en rose ! C’trop repérable !
- Lucy y en a marre, y veut toujours commander !
geignit Elise.
- T’es qui tu veux, ça pose pas de soucis, fais pas attention.


Avec un sourire, attendrie devant la dispute de ses cousins, occupés à peaufiner les détails de l’opération, Lucy quitta la petite chambre, ravie de son idée. Certes, elle les utilisait un peu. Beaucoup même. Mais c’était pour la bonne cause, et puis, c’était eux qui étaient venus la voir parce qu’ils s’ennuyaient ! Aussitôt le plan avait jailli dans son esprit, parfait. Qui pourrait reprocher leur malice à ces deux adorables monstres blonds ? Personne ne remonterait jusqu’à elle, elle pouvait compter sur leur discrétion, tout était d’ailleurs planifié pour qu’on ne sache pas qui était l’auteur du coup joué à Précieuse McLane. Ca allait être grandiose, un peu comme le final du feu d’artifice qui aurait lieu ce soir-là. 14 juillet, fête nationale en France, chez les sorciers comme chez les moldus on célébrait la prise de la Bastille chaque année, renversement de la monarchie au profit de la République. Et chaque année, elle se remémorerait personnellement sa victoire contre la Vipère, en admettant que tout se déroule à merveille. Mais pourquoi ne serait-ce pas le cas ? Une fête formidable que le 14 juillet…
Elle avait regagné la chambre qu’elle partageait avec Delphine, Lucille, Cudacier et Marion, quand cette dernière surgit par le cadre de la porte.


- Bon alors, tu viens ? On va s’baigner on a dit ! Et tu me laisses pas toute seule avec ELLE !
- Je sais, j’arrive ! Deux secondes, le temps d’prendre mon maillot et ma serviette !


Sur ce, elle s’empara de ses affaires, se changea en vitesse, tandis que Marion et Précieuse l’attendaient au pas de la porte, qu’elle claqua, sa serviette au bras, lunettes de soleil sur le nez. Le signal était donné, et à l’autre bout du couloir, deux petites têtes blondes, l’une avec une paire de lunettes noires bien trop grandes, et l’autre avec un petit nœud rose sur la tête, pointèrent le bout de leur nez. Un clin d’œil, et la Bleue et Bronze dévala les marches des escaliers pour rejoindre le jardin en compagnie de sa cousine et de Precious. Celle-ci, choquée que l’on puisse se promener en maillot de bain et pied nu dans le jardin et la maison, avait fermement décidé de ne pas se plier à cette coutume, trop dégradante pour elle sans doute, et se changeait uniquement dans le poolhouse. Il avait presque fallu y faire le ménage la première fois qu’elles s’étaient offert une petite baignade dans la piscine : en effet, la petite maison servait à contenir les produits d’entretien, les bouées… tout le nécessaire. Aussi n’était-il pas particulièrement utile d’exclure du plafond les quelques araignées qui y séjournaient. Mais pour Madame Précieuse, il était nécessaire de se changer à l’abri des regards, y compris des petites bêtes. Certes, être invité comportait quelques privilèges, mais lorsqu’on occupait ce statut pendant un mois, on pouvait se permettre de donner un coup de main ! Mais visiblement, Cudacier se croyait toujours chez elle, entourée de serviteurs.

- Jolies lunettes Duncan, comme ça, tu ressembles encore plus à une grosse mouche qui me bourdonnerait désagréablement dans les oreilles tout l’été.

Ignorant sa remarque, Lucy et sa rouquine de cousine entrèrent dans l’eau tandis que Précieuse allait se changer. Elle finit par ressortir de son palace une bonne demi-heure après. Visiblement, elle s’était de nouveau pomponnée. Ridicule. Où était l’intérêt de faire trempette si on ne se mouillait pas entièrement ? Les sorts de maquillage waterproof, même les plus tenaces avaient du mal à supporter l’eau chlorée, et le tout finissait immanquablement par baver. Mais McLane, elle, se contentait de faire trempette. Un doigt de pied dans l’eau lui suffisait à se rafraîchir.

- Joli maillot Prépré… orange limace c’est ça ? Ca te va à ravir… ça fait ressortir tes yeux ! déclara l’Aiglonne d’un ton énamouré, tout en se rapprochant sournoisement pour l’arroser.
- Ne t’avise pas de poser une seule de tes sales pattes de drosophile sur moi Duncan !
- Voyons Prépré chérie, t’en baves d’envie !


S’abstenant cependant, elle attrapa une balle qui flottait près d’elle, et l’envoya à sa cousine. Chacune postée à un bout de la piscine, le jeu était simple : elles tiraient le plus fort possible, en essayant de faire des rebonds sur l’eau pour que la balle aille taper contre le liner. Elles défendaient leur largeur et essayaient d’attraper la balle ou de la dévier. Pinpin jeta un regard à la blondasse. Evidemment qu’elle refuserait de jouer. Ce n’était pas suffisamment mature pour elle sans doute, mais autant proposer. Malgré le coup qu’elle avait prévu, elle avait décidé de ne pas se laisser gâcher ses vacances, et d’agir comme si ce n’était pas sa grande ennemie posée là, à les regarder de haut.

- Tu veux jouer ?
- Non merci
, renifla Précieuse d’un air méprisant.
- Comme tu veux…

Tandis que McLane s’étendait sur un transat afin de faire une petite sieste et se faire griller un peu au soleil, les deux cousines jouèrent. Quelques éclats d’eau vinrent perturber la princesse, mais rien de très important en somme. Pendant ce temps là, les petits avaient commencé à jouer au loup, et Clément se dissimula dans le poolhouse. Il finit par être attrapé, et ressortit de là, l’air de rien, pour partir courir à son tour à la recherche des autres. Deux heures passèrent, avant que Lucy et Marion se décident à sortir de l’eau. Allongée sur leur serviette, dans l’herbe, elles papotèrent une heure encore, la blondinette se faisant une joie de raconter enfin à sa cousine toutes les histoires qu’elle pouvait sur Précieuse. Elle aurait eu plus de scrupules à dénigrer la « correspondante » si celle-ci ne s’était pas enfoncée elle-même dès le départ. Puisque la rouquine savait à qui elle avait affaire, raison de plus pour la prévenir de ce qu’elle risquait l’an prochain.

- J’ai eu une idée… crois-moi, on va bien rigoler.
- De quoi vous parlez ?


Visiblement, Cudacier avait terminé sa séance de bronzage. Se retenant de lui demander si elle était sûre de n’avoir pas fait doré un côté de son corps une minute de plus que l’autre, l’Aiglonne considéra l’intruse, qui s’était sournoisement approchée par derrière, en silence. Elle espérait visiblement surprendre quelque secret afin de faire ensuite la commère. Nul doute qu’elle adorerait diffuser les histoires les plus intimes et les plus délicates de Lucy à travers tout le château. Ne se lassait-elle jamais ? Si la blondinette ne donnait à sa rivale, aucune chance dans une carrière de mannequinat, elle ne doutait pas en revanche, qu’elle puisse faire une très bonne concierge. Epier les habitants derrière ses rideaux, courir aux nouveaux potins tous les matins, s’empresser de répandre les pires rumeurs sur ceux envers lesquels elle serait obligée de se montrer respectueuse.

- On va organiser un cache-cache géant dans le jardin cette nuit !
- Un cache-cache ? Très peu pour moi. Jouez à vos jeux de gamins si ça vous chante, mais n’espérez pas compter sur ma présence. Bon, on fait quoi maintenant ? Attendez, je vais me changer.


Cudacier rentra dans le poolhouse, et quelques secondes à peine après qu’elle ait refermé la porte derrière elle, les deux cousines purent entendre un hurlement strident, déchiré l’atmosphère tranquille. L’avatange d’affronter Précieuse, c’est que la Serdaigle n’avait pas besoin de rester sérieuse pour faire semblant de ne pas être au courant de ce qui se passait. La Toute Verte savait très bien, que, responsable ou pas, elle se moquerait d’elle. Et elle avait raison. En revanche, il n’en était pas de même pour Marion, qu’elle n’avait pas eu le temps d’informer quand à son plan, et qui se précipita auprès de sa correspondante. Lorsque Gollum se décida à quitter la petite cabane, c’est une tornade blonde que la rouquine dut affronter.

- DUNCAN ! Où sont mes vêtements ?!
- Qu’est-ce que tu veux que j’en sache Précieuse chérie ? Je sais pas si t’as remarqué mais on n’a pas vraiment les même goûts côté fringues, alors j’vois pas pourquoi j’irai te les piquer !
- Pour le plaisir de te moquer de moi, quoi d’autre ? Tu profites du fait d’être en terrain connu !
- Alors que pour une fois tu nous fichais la paix et que je pouvais enfin être seule deux minutes avec ma cousine ? J’avais autre chose à faire !
- Je ne te crois pas une seule seconde !
- T’as des preuves ?


L’échange se termina sur ces mots, et alors que les deux blondes se faisaient face, se dévisageant avec haine, l’une et l’autre prête à se sauter dessus et à s’entre-déchirer, Marion intervint une nouvelle fois, dans son rôle de pacificatrice, afin de calmer le jeu. Depuis deux semaines, c’était elle qui devait sans arrêt agir pour s’assurer qu’aucun meurtre ne soit commis dans la demeure de leurs grands-parents, et que leurs parents se rendent compte, le moins possible, de la tension qui les opposaient.

- On va aller se changer dans la chambre, et puis on retrouvera tes vêtements Précieuse, d’accord ? proposa la rousse.

Celle-ci ne put qu’accepter, et elles se rendirent toutes les trois dans leur chambre. Dans laquelle elles trouvèrent les valises de la Verte et Argent éventrées, qui gisaient tristement au sol, vidées de tous les vêtements que les filles n’avaient pas réussi à caser dans la penderie. Celle-ci était aussi déserte que les malles, ne contenant plus que les habits de Lucy et de ses cousines. Si McLane était déjà furieuse en arrivant dans la chambre, elle était désormais verte de rage, parfaitement consciente d’être victime d’un complot. Avant qu’elle n’ait le temps de dire quoi que ce soit, Lucette s’empressa de lui faire ravaler les paroles qu’elle avait sur le bout de la langue.


- Tu vois que c’est pas moi, y avait encore toutes tes affaires quand on est parties, et chui restée tout le temps à la piscine ! déclara-t-elle d’un ton innocent.

Un tel affront lui était fait que la Vipère en avait le souffle coupé. Ce ne devait pas être tous les jours que ses précieux habits s’évaporaient aussi mystérieusement et inéluctablement que de la fumée ! Ce n’était pas non plus tous les jours la fête nationale, et leurs grands-parents ne recevaient pas tous les soirs, des invités importants. Quel dommage ! Les trois filles partirent à la recherche des vêtements de la Limace, laquelle s’était enveloppée dans sa serviette, elles firent le tour du jardin, et arrivant près de la piscine, constatèrent que celle-ci était pleine de linge, qui flottait à la surface, complètement imbibé d’eau. Entre temps, Cudacier avait retrouvé sa voix, ce qui lui permit de nouveau de tenter d’imiter la Castafiore dans un nouveau hurlement, juste au cas où tout le monde aurait déjà oublié le délicat et doux son qu’elle avait produire lorsqu’elle n’était pas satisfaite. Mais cette fois-ci, c’était pire. Deux petites rires étouffés retentirent de derrière les buissons, et Elise et Clément vinrent joyeusement entourer Précieuse, semblables à deux petits lutins ravis de leur coup.


- C’était drôle inh ? Y z’avaient trop chaud !
- Bande de sales petits monstres…
s’étrangla Précieuse.
- Mais non, c’était très drôle, n’est-ce pas ? répondit Lucy en donnant un coup de coude et un regard insistant à la Verte et Argent.

Les deux petits s’en allèrent, toujours heureux, et McLane dévisagea Pinpin, encore plus furieuse de n’avoir pu passer ses nerfs sur les deux cousins.


- Tu as vu ce qu’ils ont fait à MES vêtements ? Ils doivent être punis !
- C’était pas méchant ! Et puis, c’est vite réparé, un sortilège de sècheresse et c’est fini !
- Et qui va le lancer ? On ne peut pas se servir de nos baguettes Duncan, tu as la mémoire courte ! Dire qu’on raconte que les Serdaigle sont intelligents !
- On va demander aux parents, c’tout, arrête de hurler.
- Qu’est-ce qu’on attend alors ?
réclama la Verte d’un ton impatient.
- Pas ce soir, répondit calmement Lucette.
- Et pourquoi ? s’étrangla de nouveau la Limace.
- Parce qu’ils reçoivent ce soir. Donc ils préparent tout et que c’est hors de question de les déranger maintenant, expliqua alors Marion, avant que Lucy n’ait eu le temps d’ouvrir la bouche, et à la grande surprise de celle-ci.

Elles trouvèrent donc de quoi habiller Précieuse pour la soirée, dans une malle qui traînait au grenier, une de celle qui contenait des vêtements d’une de leurs grandes cousines, et qui les avait laissés là. Certes, la mode était passée depuis quelques années déjà, et ils sentaient quelque peu le renfermé, mais cela conviendrait jusqu’au lendemain matin… La Toute Verte râla comme un pou lorsqu’elle se fut habillée, mais elle oublia bien vite que ce n’était pas dans ses habits qu’elle était, comme elle le montra en allant saluer les invités de ses grands-parents, adoptant un air important, alors qu’ils avaient ordre de rester discrets, et ne se rappela de sa tenue que lorsqu’ils rirent de bon cœur, persuadée que les enfants leur faisaient une blague de bienvenue : depuis quand une aristocrate s’habillait-elle de la sorte ?


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... CA, ça valait le coup.
Bisous,
L.
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MessageSujet: Re: [Thème 3] Madame rêve ! [Mis]   Ven 22 Mai - 12:50:08

21 juillet : démangeaisons affreuses, ou comment la contre-attaque est subie.


Lucy allait payer son affront, c’était certain. Précieuse ne doutait pas une seule seconde qu’elle était la seule responsable en ce qui concernait l’humiliation qu’elle avait essuyé face aux invités de ses hôtes. Ce petit sourire en coin insupportable, cet air innocent trop exagéré pour être véritable, cela ne faisait aucun doute. Elle avait tout manigancé pour que la Verte se retrouve dépouillée de tous ses vêtements. Il était hors de question pour Précieuse de laisser son ennemie l’emporter sans réagir, mais elle était en territoire inconnu, et n’avait pas vraiment pour habitude de prendre elle-même les risques. Elle avait plutôt pour coutume d’envoyer ses sbires se mouiller à sa place, de préférence, son cher cousin Nathan. Mais cette fois-ci, elle n’avait pas le choix. Il faudrait qu’elle joue discrètement, et agisse de façon maligne. Après tout, n’était-elle pas à Serpentard pour ça ? Son esprit de vengeance éveillée, elle était aux affuts, prête à saisir la première idée, la moindre occasion de rendre à Duncan la monnaie de sa pièce.

Dès le lendemain, une idée traversa l’héritière McLane, tandis qu’elle découvrait au matin, qu’elle s’était fait piquer par un moustique. Après un soupir exaspéré, un sourire avait étiré ses lèvres, à l’idée de mettre à exécution un plan machiavélique, qui venait de fleurir dans son esprit. Pourquoi certaines personnes étaient piquées par ces minuscules insectes volants, tandis que d’autres étaient épargnés ? La réponse lui revint en mémoire, quittant les limbes brumeuses de l’oubli, venant d’une époque révolue où la petite Précieuse s’intéressait alors à d’autres sujets que sa petite personne et la mode. Il s’agissait simplement d’une histoire de transpiration. Plus celle-ci était sucrée, plus les gens avaient de chances de subir une agression de moustique. Il fallait absolument qu’elle trouve un moyen de rendre la transpiration de Lucy suffisamment sucrée pour qu’elle attire tous les insectes de la propriété !


*La vengeance est un plat qui se mange froid Duncan*


Précieuse agit naturellement pendant une semaine, il ne fallait pas que les Duncan puissent soupçonner quoi que ce soit à son endroit. Les batailles verbales entre elle et la mouche se poursuivirent comme à l’ordinaire, la petite blonde ne prenant presque plus la peine de nier sa culpabilité, et le tout avec un grand sourire. Elle était vraiment imbuvable ! En voyant son adversaire, la Verte et Argent serrait les poings, enfonçant ses immenses ongles dans ses paumes, alors qu’elle rêvait de passer ses doigts autours du cou de Lucy. Une mort lente et douloureuse. Qu’elle seule aurait le pouvoir de stopper. Certes, Précieuse ne comptait pas réellement éliminer Duncan, elle ne souhaitait pas avoir les mains sales, et puis, elle était trop jeune pour tuer ! Mais quel plaisir ce serait de lui infliger la même humiliation que celle qu’elle lui avait fait subir ! Mieux encore, d’être sa sauveuse ! Elle ne ferait plus la fière de la sorte !

- On dort à la belle étoile ce soir, mais tu préfères peut-être rester dans ton lit ? proposa Marion.
- Non, je viens
, répondit Précieuse.
- C’est trop d’honneur !
enchaîna Lucy, ironique.

Celle-là, elle n’en perdait pas une ! Gardant son sang-froid, Precious adopta la même attitude noble que Socrate devant la coupe de cigüe. Condamné à boire le poison, son visage ne s’était en rien altéré, il n’avait à aucun moment perdu la face. Duncan était comme la cigüe, un poison qui se répandait lentement en elle pour la paralyser, ou tout au moins l’agacer.


- Ne t’inquiète donc pas Duncan, ça n’est pas pour toi que je viens.

Cette fois-ci, Lucy ne répondit rien. Peut-être commençait-elle à se lasser ? Ou bien pensait-elle que l’on pouvait insulter Précieuse à loisir et lui tourner le dos lorsqu’elle vous répondait ? La vérité, c’est que la blondinette ne parvenait toujours pas à digérer la venue de la Verte dans sa maison, et n’avait jamais autant haï quelqu’un. Il fallait croire que Deniel et McLane se passaient successivement la palme. Alors qu’elle pensait que l’un était pire que l’autre, un nouvel évènement lui déclenchait en elle un regain de haine. Jamais autant sa langue n’avait été aussi semblable à celle de la Vipère qu’elle critiquait. Elle souhaitait de toutes ses forces que celle-ci s’en aille, il ne s’agissait plus de mauvaises blagues, il s’agissait de devenir méchante. De frapper là où ça faisait mal. Aussi, bien que n’ayant pas l’habitude, elle ressortait sa méchanceté du plus profond de la nature humaine, aigrie, tandis que Précieuse se promenait librement chez elle.

Durant la journée, la chaleur fut accablante, un facteur de réussite quant au projet de notre mannequin, qui se réjouissait donc particulièrement. Tout était réuni pour qu’elle parvienne à ses fins. Chacun des enfants s’était vu donner un brumisateur, un petit appareil moldu, qui leur permettait de vaporiser de l’eau sur leur visage lorsqu’ils ne se baignaient pas et qu’ils étouffaient trop. Au dîner, elle subtilisa la sucrière une fois qu’elles eurent dévoré une barquette de fraises à elles cinq. Précieuse agissait avec prudence, il était facile de semer la zizanie par des « on-dit » et autres rumeurs, il était bien plus difficile d’élaborer pareille vengeance, en actes, sans que l’on puisse remonter jusqu’à elle.

Elles étaient toutes les cinq installées dans leurs sacs de couchages, sur l’herbe, jouant aux cartes à la lumière d’une lampe de poche. Après une partie de poker où elle avait perdue, Lucy se leva pour aller aux toilettes. Précieuse joua tapis, afin de perdre immédiatement après, et en profita pour verser discrètement le sucre dans l’eau du brumisateur de la Mouche. C’était bien plus facile qu’elle ne l’avait espéré, les cousines Duncan, trop occupées à jouer et trop heureuse qu’elle reste silencieuse, se concentraient sur leur jeu, et ne lui prêtaient aucune attention. Elle reposa le vaporisateur, et fit mine de s’intéresser à la partie en cours, bien qu’elle trouva cette activité d’un ennui total. Pour rendre le tout intéressant, il aurait fallut qu’elles jouent de l’argent ! Mais elle était la seule à en avoir assez pour le risquer à des jeux de hasard, où la chance était nécessaire.

La soirée s’étira en longueur, mais enfin, les quatre cousines décidèrent qu’il était l’heure de se coucher. Si la nuit était plus fraîche, il faisait toujours assez chaud pour que chacune utilise son brumisateur une dernière fois. Avec un sourire, Précieuse proposa le sien à Lucy, il était à la citronnelle. Autrement dit, l’odeur repousserait les moustiques, il ne tenait qu’à la Serdaigle d’accepter. Bien entendu, celle-ci, méfiante, refusa aussitôt.


- Et tu crois vraiment j'vais te faire confiance ?
- Ne t’énerve donc pas Duncan, je voulais juste être gentille
, répliqua Précieuse d’un ton mielleux.

Lucy lui tourna le dos et s’endormit. Elle avait été d’une humeur massacrante durant une grande partie de la journée, et espérait se reposer pour être en meilleure forme le lendemain. Au lieu de cela, elle fit des cauchemars toute la nuit, elle marchait dans le noir, un bourdonnement incessant dans les oreilles. Lorsqu’elle se réveilla au matin, en sursaut, elle était couverte de piqûres de moustiques qui la démangeaient. Autours d’elle, les quatre filles dormaient paisiblement. Il existait bien évidemment des crèmes pour faire disparaître tout ça en cinq minutes mais en attendant, ça la grattait affreusement ! Elle qui d’ordinaire ne se faisait jamais piquer ! Elle avait eu de la chance… jusqu’à cette nuit-là. Elle aperçut alors le vaporisateur de citronnelle de la Limace qui traînait non loin de la blondasse. Elle se souvint alors son attitude étrange, et un déclic se fit. Précieuse savait ! N’importe comment, elle savait que Lucy se ferait dévorer par les moustiques cette nuit-là ! Elle jeta un regard noir à son ennemie, et partit à grand pas vers la maison pour enlever ces horreurs de sa peau.


- Je l’aurai un jour, je l’aurai !
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MessageSujet: Re: [Thème 3] Madame rêve ! [Mis]   Dim 28 Juin - 20:21:23

12 août : rapatriement express, ou comment l’armée ennemie bat en retraite.


Pendant deux semaines, après la riposte de Précieuse, ce ne furent qu’injures et coup-bas. Chacune adoptant une attitude exemplairement hypocrite vis-à-vis de l’autre en présence d’adultes, et s’acharnant sur l’autre devant le reste des enfants. Les deux blondes ne se passaient rien. Le moindre prétexte était bon pour déclencher une nouvelle dispute, et ne serait-ce la présence des parents ou la surveillance du ministère, les deux filles en seraient venues aux mains ou aux baguettes. Toute forme officielle de duel, magique ou non, étant proscrite, elles s’appliquaient donc à se jouer des mauvais tours, et chaque jour apportait une nouvelle innovation. Peu après le coup des piqûres de moustiques, Lucy vida les pots de crème de Cudacier, et y mit un mélange de mayonnaise et de peinture blanche. De quoi rendre son visage bien gras et sa peau plus accueillante pour les impuretés et les boutons… Ce à quoi Gollum répondit en tartinant les draps de Pinpin de la mixture que celle-ci lui avait fournit…
La guerre ne semblait pas prête de se terminer. Chaque bataille demandait plus d’ingéniosité et de discrétion que la précédente. Chacune des deux filles, blessées dans leur orgueil, refusaient d’abandonner. Déclarer forfait serait la cerise sur le gâteau de l’humiliation que l’autre leur avait envoyé dans la face pendant des semaines. Le comble du comble. Et il n’y aurait aucun muet pour dire à un sourd qu’un aveugle avait vu leurs actions entre les cheveux d’un chauve ! Devant tant d’histoires et de chamailleries, un cul de jatte aurait pris ses jambes à son cou. A présent, il n’y avait aucun repos pour elles. Leurs esprits étaient sans cesse à la recherche d’une nouvelle idée à mettre à exécution.

Ce matin là, à peine émergées de leur lit, elles se fixaient avec une méfiance mutuelle. Aucune d’entre elles n’avaient eu l’occasion de se venger une nouvelle fois de l’autre cette nuit là. En vérité, Lucy commençait à être à court d’idées. En terrain découvert, il était de plus en plus difficile de jouer des sales tours à McLane, qui surveillait désormais, bien mieux ses arrières. Ce qu’elle ignorait en revanche, c’est qu’au comble de la rage, Precious était, elle aussi, en panne sèche. Elles descendirent en compagnie de Marion, plus mal à l’aise que jamais entre les deux ennemies, prendre leur petit déjeuner dans la cuisine, profitant du fait que tous les petits étaient déjà éveillés depuis longtemps, et qu’ils avaient quitté la pièce. Les trois filles mangeaient dans l’atmosphère la plus lourde possible, seule le bruit de leurs dents mâchant leurs tartines rompant le silence. C’est alors qu’un hibou grand-duc au plumage chatoyant fit son entrée par la porte fenêtre, non sans bruit et sans répandre ses plumes sur la table.


- T’as un message McLane on dirait…
marmonna Lucy.
- Merci Duncan, j’avais vraiment besoin de toi pour reconnaître le hibou de mon père !

Précieuse prit le parchemin qui était ficelé à la patte de son hibou, de le déplia. Elle entrouvrit la bouche de stupeur, devant la nouvelle que lui portait la lettre. Lorsqu’elle releva la tête, elle put croiser les regards curieux de Marion et de Lucy qui la fixaient. Elle prit alors un air important. Après tout, c’était elle qui avait les informations. Elle, qui savait ce qui se passait, alors que les autres l’ignoraient, et elles n’auraient d’autre moyen de le savoir que de satisfaire ses exigences, se plier à ses volontés. Une pensée délectable, que Lucy perçut dès que l’habituel air suffisant de Précieuse reprit forme sur son visage. Grimaçant, elle se garda bien d’avouer un seul instant qu’elle mourrait d’envie de connaître le contenu du courrier de Cudacier. Plutôt mourir que de l’envier officiellement un seul instant ! Elle tâcha donc de se concentrer sur son bol de lait et ses céréales, plutôt que de continuer à la dévisager un instant de plus. La Vipère plia bien soigneusement le parchemin et le glissa dans sa poche. Elle se sentait à présent toute puissante. Même les adultes de la maison seraient sous le choc.


- Je dois parler à vos grands-parents, annonça-t-elle en gardant la même expression supérieure.

Les deux blondes et la rousse allèrent donc trouver les adultes, les cousines avides de connaître enfin les raisons qui pouvaient donner dtant d'importance à une simple missive, d'un père à sa fille dans une famille "étrangère". Il ne s'agissait visiblement pas de simples nouvelles et de baisers que le grand duc avait apporté. Elles s'assirent, tandis que Cudacier tendait la lettre à leur grand-mère. Celle-ci arbora la même expression surprise que McLane en découvrant ce que son père avait écrit. Mais loin de satisfaire enfin leur curiosité, Mme de la Châtelière rassembla tous ses enfants et gendres dans le salon, et en expédia les fillettes. Il s'agissait là d'une affaire de la plus haute importance qui devait être réglée entre adultes voyez-vous. Des gamines n'y avaient pas leur place. Décidément butée, Lucy fit mine de quitter la pièce sagement, puis, lorsque la porte fut refermée sur elles, de se précipiter et d'y coller l'oreille pour tenter d'entendre ce qui se disait. Malheureusement, toute tentative d'espionnage avait été prévenue par un sortilège d'impassibilité.


- Et merde ! Bon, Prépré, t'vas p'têt' nous dire c'qu'y s'passe maintenant qu't'as fait ton ptit effet ? demanda Lucy.

Précieuse hésita. Quel dilemne... d'un côté, elle pouvait demander à Lucy de s'incliner devant elle pour obtenir l'information qu'elle désirait... d'un autre côté, elle pouvait la surprendre en la lui donnant généreusement et en montrant à tous à quel point la blondinette s'était trompée à son propos. Un sourire machiavélique étira ses lèvres. La deuxième option lui paraissait définitivement être la meilleure, cela ne faisait aucun doute. Elle prit donc la parole.


- Tu as de la chance que je sois magnanime Duncan ! Il se trouve que j'ai des nouvelles qui arrivent droit de Londres... et qui font que je vais devoir rentrer chez moi au plus tôt...

Elle laissa le suspens planer encore un instant.

- ...Les Mangemorts se sont emparés du Ministère.

Un long silence suivit sa déclaration. Marion et Lucy semblaient perdues dans leurs pensées tandis que Précieuse examinait soigneusement ses ongles. Le temps semblait s'écouler très rapidement... Il sembla à Lucy, sous le choc de la révélation, que ses parents, grands-parents, oncles et tantes, eurent finalement très vite clos leur discussion. Les Mangemorts... qu'est-ce que ça voulait dire exactement ? Il s'agissait pour elle de simples mythes, de légendes... ceux qu'on vous raconte quand vous êtes petits et qui vous terrifient. Mais cette histoire-ci était vraie. Sa grand-mère prit la parole en sortant de la pièce où avait eu lieu la conversation.

- Précieuse va rentrer chez elle dès maintenant, annonça-t-elle, prépare ta valise, et viens dans le salon, nous avons de la poudre de cheminette, dit-elle à la blondasse.

Code:
En moins de cinq minutes, plus de McLane qui pollue l'atmosphère, mais elle aréussi à attirer jusqu'ici par sa présence les mauvaises nouvelles et les angoisses écartées par les vacances. Formidable.
Bisous,
L.


FIN


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