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 [Thème 3] Entre deux rives [Mis]
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MessageSujet: [Thème 3] Entre deux rives [Mis]   Sam 28 Mar - 1:23:39

* Titre : Entre deux rives
* Thème choisi : Les vacances
* Personnage(s) : Précieuse McLane, Nathan McLane, Mariana Taylor, Lucy Duncan.
* Résumé : Les McLane passent des vacances paisibles dans une de leur propriété privée du bord de mer. Un après midi, ils aperçoivent au loin Mariana et Lucy sur un bateau. N'est ce pas dangereux de s'approcher un peu trop près du bord les filles ?
* Cadre : La plage privée des McLane sur la côte espagnole
* Année : Été 1997
* Complet : oui


Dernière édition par Précieuse McLane le Ven 15 Mai - 7:56:53, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [Thème 3] Entre deux rives [Mis]   Lun 6 Avr - 15:08:51

~ Chapitre 1 ~


Quelques notes de musique pianotées discrètement sur le majestueux clavecin de la salle à manger suffirent à réveiller la blonde allongée sur son lit à baldaquin. Soupirant d’exaspération, elle plongea sa tête sous l’énorme oreiller dans l’espoir de ne plus entendre le moindre son. Maria, sa femme de chambre, avait obtenue l’autorisation de la maitresse de maison de jouer un quart d’heure de piano tous les matins entre 10H et 11H. Chacun savait la passion de la gouvernante pour les grands compositeurs classiques d’où cette mesure exceptionnelle pour la féliciter de ses 20 ans de bons et loyaux services. Quinze minutes de pause par jour, voilà le maigre cadeau dont la pauvre esclave devait se contenter. Et pour Précieuse, la plus insupportable des enfants McLane, quinze minutes c’était déjà beaucoup trop. Surtout quand ces satanés accords avaient le malheur de l’interrompre dans ses rêves de gloire et d’amour.

- Maria ! Cessez tout de suite ce boucan c’est absolument insupportable ! Mes oreilles ont encore besoin de repos. Et puis vous êtes nulle au piano un point c’est tout, il faudra vous y faire.

Certaine que sa plainte suffirait à arrêter sa servante, Précieuse se renfonça dans son lit et ramena sa couette moelleuse au dessus de sa poitrine. Mais à peine avait-t-elle fermé les yeux qu’une nouvelle mélodie lointaine provenant du salon résonna jusque dans la chambre. La poupée se redressa sur son lit jusqu’à ce que son dos épouse le rebord en fer forgé puis elle inspira un grand coup pour se donner une plus grande puissance de voix.

-MARIA JE VOUS PREVIENS ! SI VOUS N’ARRETEZ PAS MAINTENANT JE VOUS LIVRERAIS AUX MANGEMORTS !

Les notes s’estompèrent enfin jusqu’à disparaitre complètement. Prudente, la jeune héritière resta un instant assise sur son lit, se préparant à une éventuelle provocation de la gouvernante. Provocation qui, soit dit en passant, relèverait d’une profonde inconscience, connaissant les activités plus que louches du père McLane. Après une minute de silence, pensant que la femme de chambre avait fini par rester raisonnable, la jeune Serpentarde posa à nouveau sa tête sur le lit. Mais comme chacun s’en doute, les notes recommencèrent de plus belle. Plus que déterminée à faire renvoyer la dame de compagnie sur le champ, Précieuse propulsa sa couette de l’autre côté de la chambre et bondit hors du lit. Elle enfila à la hâte un peignoir en soie, glissa ses pieds manucurés dans ses chaussons et fila vers les escaliers. Quand elle eut franchi la dernière marche, elle se tourna fasse à sa domestique et s’avança vers elle d’un air furieux.

- Maria, vous êtes virée ! Sortez d’ici tout de…. Nathan ? s’écria la jeune fille tout en refermant davantage son peignoir autour de sa taille. Elle avait complètement oublié que son cousin arrivait aujourd’hui. Cela faisait pourtant depuis la fin de l’année scolaire que son séjour de deux semaines dans le manoir secondaire des McLane avait été programmé. Sur le coup de la surprise, le jeune blond se stoppa net et referma le couvercle du clavecin avec brusquerie.

- Vraiment désolé pour le réveil, mon père m’a amené tôt le matin et je m’ennuyais donc… bah… j’ai voulu voir si une nouvelle vocation allait naître…
- Mouai, bah c’est pas gagné hein. Même la bonne joue mieux que toi.
- Parce que toi tu sais jouer peut-êre ?
- Tout à fait, acquiesça Précieuse d’un air supérieur.
- Menteuse.
- Non c’est vrai je t’assure.
- Essai, pour voir. Si tu dis vrai, je m’engage à ne plus jamais toucher un piano de ma vie. Mais si as mentis, tu me donnes la clé de la réserve à bonbon.
- Ca marche, répondit immédiatement la blonde qui n’en avait que faire de cette collections de sucreries vu qu’elle désirait faire attention à sa ligne.

Elle s’avança vers l’instrument de sa démarche féline et épousseta avec un mouchoir de velours le tabouret placé sous le châssis. Elle ouvrit avec délicatesse le couvercle et posa ses doigts vernis sur les touches. Elle ferma les yeux, prit une profonde inspiration et laissa glisser ses mains le long du clavier. La mélodie qui se dégagea était remarquablement bien jouée, en témoignage des longues séances privées d’éducation musicale que Noela Mclane avait exigé pour ses filles. Le morceau que Précieuse avait choisi était un extrait de « L’air pure de nos aieux », écrit par un célèbre compositeur sang-pur. Quand elle eut finit, elle referma le couvercle et se tourna vers son cousin, un air satisfait imprimé sur son pale visage. Celui-ci avait gardé la bouche grande ouverte tel une carpe ayant été mise à la poêle encore vivante. Ses yeux reflétaient un mélange d’admiration, d’étonnement et de déception.


- Je crois que je peux dire adieu à la caserne aux délices, déclara Nathan penaud, tout en rangeant ses mains dans les poches de son pantalon un peu trop large pour son gabarit.

Précieuse se dirigea vers le canapé en cuir et s’y affala. Puis elle claqua des doigts et un elfe accouru vers elle au plus vite, portant entre ses bras maigrichons un bol en porcelaine gravés aux initiales « P.ML », une cuillère en argent massif et un verre en cristal. Quand le plateau fut déposé sur les genoux de l’héritière, la nourriture fit son apparition.

Entre temps, Nathan avait été faire un tour du côté des salles de bain du rez-de-chaussée et s’était vêtu d’un boxer dont les motifs n’étaient autre que des petits canards vert fluo. Même avec le temps, son cousin mettait encore les mêmes caleçons qu’à ses dix ans. La blonde arqua un sourcil en le voyant tout joyeux dans un accoutrement aussi ridicule puis elle ferma les yeux. Elle ne savait trop pourquoi mais elle n’avait jamais rien envie de faire dans cette maison. Tout l’ennuyait profondément. Les journées qui défilaient lui paraissaient longues et sans intérêts. Chaque jour, elle n’avait qu’une hâte, que la nuit tombe au plus vite afin de retourner dans son lit pour y passer le plus de temps possible. Elle qui avait pourtant tant attendu l’été et les vacances dans la maison secondaire en Espagne, la voilà qui ne trouvait rien à y faire. C’était un comble ! Surtout que le manoir en question possédait un nombre d’atouts incroyables qui en ferait la destination de rêve de millions de vacanciers. Une plage privée de 5 km de long, un jardin botanique regroupant un millier d’espèces végétales exotiques, une piscine intérieure chauffée magique, des pièces à n’en plus finir, des dizaines de salles de bain, des repas luxueux préparés par un cuisinier de renom, des jeux pour enfants des plus originaux….Et bien non. Rien de tout cela ne parvenait à contenter notre préfète. L’atmosphère de Poudlard avec ses cours, ses conflits, ses rires et ses coup-bas lui manquaient. Elle avait du mal à l’accepter mais c’était la stricte vérité.

Elle fut sortie de sa torpeur par son cousin qui lui avait agrippé le bras et était bien déterminé à l’emmener de force sur la plage.


- Mais qu’est ce que tu fais ? Je t’ordonne de me lâcher ! Je veux pas aller sur la plage ! Le soleil je déteste, ça rend la peau rouge, la mer c’est trop salé ça abime la peau, le sable c’est chiant ça se glisse sous les ongles de pieds…
- T’aimes rien, c’est pas nouveau mais t’iras quand même, parce que je l’ai décidé. Et si t’es pas contente, tant pis pour toi, le bureau des réclamations est clos.

N’ayant pas trop le choix, Précieuse se laissa embarquer sur la plage sans trop de résistance. Cependant, elle prit quand même soin d’attraper au vol son ombrelle et ses chaussures pour limiter les dégâts. Une fois sur place, elle alla se poser sur un transat, déposa sur son nez ses lunettes de soleil ultra fashion et ouvrit en grand son ombrelle pour se protéger des rayons puissant du soleil au zénith.

Nathan ne s’était pas fait prier deux fois pour aller dans l’eau. Le voilà qui était déjà trempé de la tête au pied et s’amusait à rester le plus longtemps possible en apnée. Une histoire de record personnelle ou quelque chose du genre. Mais soudain, alors que des vacances calmes et paisibles s’annonçaient, un nouveau bruit se fit entendre. Ce n’était pas un bruit de piano cette fois là, mais un bruit de bateau à moteur.


- Je crois qu’on a de la visite, annonça Nathan en essayant de distinguer les deux silhouettes qui se détachaient au loin. Vous attendez du monde ?
- Pas que je sache, répondit Précieuse avec calme tout en faisant signe à son elfe de lui apporter une paire de jumelles.

Nathan ressortit de l’eau et s’approcha de sa cousine qui était à présent en train de régler l’objectif des jumelles.


- Alors c’est qui ?
- Fait attention, tu es en train de m’asperger d’eau ! Attend, faut que je cadre sur nos invités… j’y suis presque… voilà…. OH MY GOD !!!
- Quoi ? Qui c’est ? C’est quand même pas Voldemort en personne ??
- Pire !
- Pire ? Mais qu’est ce qui peut être pire que lui ? Ah je sais Page ! Ou William !
- Non mais tu brûles.
- Fabula ?
- Non abruti ! Lucy Duncan et Mariana Taylor, les deux écervelés dont le cerveau ne doit pas être loin de celui de l’huitre.
- Sérieux ??! Mais comment elles peuvent savoir où t’habites ? Je croyais que c’était un coin protégé ici…
- Bah vu leurs têtes, elles ont pas l’air de savoir où elles ont mis les pieds…

Un sourire se dessina sur le visage cadavérique de Précieuse McLane. Enfin un peu d’action dans ces vacances monotones ! Ce n’était pas de refus.

- Je crois qu’il faudrait les accueillir comme il se doit tu ne crois pas ? proposa Nathan avec le même sourire calculateur qu’il employait lorsqu’il mettait au point les pires farces et attrapes imaginables.
- Oh oui. On va leur laisser un sourire mémorable.
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MessageSujet: Re: [Thème 3] Entre deux rives [Mis]   Ven 15 Mai - 3:51:59

~ Chapitre 2 ~



- Ne rentrez pas trop tard les filles !
- Vous en faites pas, on va juste faire un petit tour, répondit Mariana en faisant un signe affectueux de la main à sa famille.
- Bisous, à tout à l’heure, ajouta Lucy avec un grand sourire tout en faisant démarrer la petite barque à moteur.

Alors que le bateau filait vers le large, Mariana s’installa confortablement à l’arrière du bateau et enleva ses sandales pour se mettre plus à l’aise. Elle déposa ses nouvelles lunettes de soleil sur son nez et pencha la tête en arrière pour profiter du vent qui lui caressait les cheveux.


-Et bah y’en a une qui s’ennuie pas ici, déclara Lucy en observant sa camarade du coin de l’œil.
- Je profite de mes vacances.
- C’est ce que je constate.
- Tu devrais en faire autant d’ailleurs, il y a de la place pour deux, informa la brune tout en lui désignant l’espace vide à côté d’elle.
- Il faut bien que quelqu’un dirige le bateau, tu ne crois pas ?
- Parlant de ça, tu ne m’a pas dis où tu avais appris à naviguer.
- Oh j’ai rien appris du tout, il n’y a que deux boutons donc j’avais une chance sur deux d’appuyer sur le bon, relata Lucy d’un air faussement savant.
- T’es plus maline que tu en as l’air en fait.
- Qu’est ce tu crois ! Oh et puis zut t’as raison, laissons le bateau nous guider, on a pas grand-chose à craindre, on est en Espagne après tout, constata la blonde tout en lâchant le volant pour se placer à l’arrière.
- Bah ouai c’est clair, c’est pas comme si on allait atterrir chez les McLane.

Elles se lancèrent un petit regard en biais et éclatèrent de rire. Puis Lucy sortit deux petites bouteilles de Bierraubeurre qu’elle avait obtenu en cachette et en lança une à Mariana. Elles ôtèrent le capuchon et firent s’entrechoquer les deux fioles.

- Aux plus belles vacances de notre vie !

Puis elles avalèrent cul sec le contenu et s’allongèrent sur le sol du petit navire, se laissant bercer par le rythme des vagues.

Mariana releva la tête et ouvrit à moitié les yeux. Le soleil tapait si violemment que les rayons l’obligèrent à baisser ses paupières malgré ses lunettes encore sur son nez. Elle colla son menton contre le rebord et observa à travers ses yeux mi-clos le paysage qui les entourait. La végétation avait bien changé depuis le moment où elles avaient embarqués dans cette petite barque à moteur. Plus aucune trace de la station balnéaire où elles séjournaient, mais à la place de grandes étendues désertes à vous donner des frissons dans le dos. Seul un petit havre de paix se détachait de cette zone de désolation. Il y avait tout d’abord cette splendide plage de sable fin qui pouvait rivaliser sans problèmes avec les plus belles plages des Caraïbes que Mariana avait pu voir dans des guides touristiques. Puis juste à côté une sorte de jardin botanique possédant une végétation luxuriante. Et enfin, un imposant château se détachait de l’horizon, surplombant la vallée. La brune était stupéfaite, rarement elle avait pu voir un endroit aussi beau, insolite et inhabité. Enfin peut être pas si inhabité. Il lui sembla, l’espace d’un instant, apercevoir deux silhouettes sur la plage…


- Deux heures !

Mariana fut détournée de sa contemplation par l’exclamation de Lucy. Cette dernière tenait sa montre entre ses mains et semblait complètement abasourdie.

- Quoi "deux heures " ?
- Et bien cela fait deux heures que je dors comme un loir ! Tu aurais pu me réveiller !
- Moi aussi je dormais, ça ne fait que cinq minutes que je suis levée. Tu as une idée d’où on est ?
- J’allais te poser la même question.

Elles s’échangèrent un petit regard affolé, puis Lucy regarda autour d’elle et découvrit alors l’existence du somptueux château.

- Wahooo regarde ce truc ! ca déchire !
- Ouai je l’ai vu. Heureusement que le bateau est resté près des côtes. T’imagines si on s’était retrouvées au beau milieu de l’atlantique ?
- Attend…c’est tout ce que ça te fait ?
- Bah oui, qu’est ce que tu veux que ça me fasse de plus ? On le voit de loin, c’est très joli et c’est tout. C’est pas comme si on allait le visiter…

Elle jeta un coup d’œil à Lucy qui était restée silencieuse et la regardait d’un air faussement suppliant.

- Ah non commence pas ! On a promis aux parents qu’on resterait sage et qu’on rentrerait avant le diner. Et vu qu’on sait pas où on est, on ferait mieux de chercher un moyen de rentrer.
- Juste un petit détour !
- Non.
- Seulement quelques minutes.
- Non.
- S’il te plait ! implora la Serdaigle en imitant le regard plaintif du chat dans Shrek.
- Non non et non. Ca peut être dangereux, on doit rester prudentes !
- Laisse moi rire, y’a pas un rat.
- Si je crois avoir vu deux silhouettes sur la plage.
- Mais non il n’y a personne ! Même les fenêtres sont closes, si c’est pas une preuve ça. Parce que franchement qui laisserait toutes ses fenêtres fermées en plein jour ?

Prise d’un doute, Mariana passa ses mains devant ses yeux pour les frotter, puis elle se pencha légèrement par-dessus bord et observa une fois de plus le manoir et sa plage. Lucy avait raison, il n’y avait pas le moindre signe de vie. De plus tous les volets étaient clos, ne permettant pas de distinguer l’intérieur de l’étrange demeure.

- C’est bizarre, je suis persuadée qu’il avait des gens tout à l’heure. Et il me semble aussi que certains volets n’étaient pas fermés.
- Aurais-tu attrapé une insolation ?
- Hey te moques pas je suis sérieuse ! s’exclama Mariana, outrée.
- Et bien il n’y a qu’un moyen de savoir si tu as encore toute ta tête, c’est d’aller voir par nous même.
- Je pense pas que ce soit une bonne idée…
- Ok je n’insiste pas plus… Et moi qui croyait les Gryffondor courageux. Ce n’est qu’une légende finalement.

La brune laissa échapper un soupir et s’avoua vaincue. Lucy avait surement raison. Elle était tellement à l’ouest quand elle était sortie de sa torpeur qu’elle avait pu avoir des hallucinations. Avec ce soleil brûlant qui vous tapait sur le système, il y avait de quoi ! Et puis elle ne comptait pas passer pour une lâche aux yeux de son amie. C’était elle la supposée courageuse dans l’histoire, pas l’aiglonne !

- Et zou ! A nous la belle vie, le temps d’une après midi ! lança Lucy à la cantonade, un poing levé en l’air pendant que l’autre s’occupait de faire démarrer le bateau.

Le moteur laissa échapper un bruyant vrombissement suivit de quelques bruits secs ressemblant au son d’une cocotte minute oubliée sur le feu. Le bateau filait à présent droit vers la rive, où trônait le lieu étrange qu’elle s’apprêtait à découvrir, peu soucieuses de l’identité de ses mystérieux propriétaires.
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MessageSujet: Re: [Thème 3] Entre deux rives [Mis]   Ven 15 Mai - 7:47:18

~ Chapitre 3 ~



- Et si on commençait par explorer le jardin ? débita Lucy avec enthousiasme.
- Oh non d’abord la plage, déclara Mariana d’un ton sans appel tout en sautant hors du bateau. Je t’ai laissé me convaincre de venir ici alors c’est moi qui décide du programme.
- Bon ok, d’abord la plage. Mais on ira quand même voir les plantes après hein ?

Mais Mariana ne l’écoutait plus. Elle marchait à vive allure en direction d’un transat abandonné sur le sable fin. Il fallait bien avouer que c’était toujours plus agréable de faire bronzette dans un cadre aussi idyllique que sur un vieux bateau à moteur vous bourdonnant dans les oreilles. Une fois allongée entièrement dessus, un craquement retentit et le transat se brisa, laissant la Gryffondor retomber lourdement sur le sol.

- Aie ! Saleté ! protesta la brune en se relevant péniblement tandis que Lucy riait aux éclats.

Elle donna un petit coup de pied dans le transat et passa sa main sur son dos endolori. Et voilà qui commençait bien. Comme quoi elle aurait eu mieux fait d’écouter sa première intuition et de rester sur le bateau
.

- Je ne vois pas ce qu’il y a de drôle.
- C’est vrai ce n’est pas marrant, ajouta Lucy tout en serrant les dents pour s’empêcher de rire de plus belle.
- Bon allons voir ton foutu jardin. Pas spécialement envie de rester ici trop longtemps.
- Rho ne fais pas la tête, ce n’était qu’un vieux transat, rien de plus, dit Lucy tout en passant son bras autour des épaules de son amie.

Bras dessus, bras dessous, elles se dirigèrent ensemble vers le verdoyant jardin botanique. La variété des espèces présentes étaient des plus impressionnantes. Des fleurs immenses et multicolores ornaient chacune des allées tandis que des arbres d’une grande rareté s’étiraient dans le lointain. Un nuage de papillons voletant autour des plantes lui donnait un charme féérique.


- Le papy Bachelard tuerait père et fils pour être à notre place.
- Bien vu, murmura Mariana tout en souriant, amusée par la remarque de sa consœur.

Le regard de Lucy fut attiré par une petite plante aux fleurs rouges placée à l’écart. Elle était beaucoup moins impressionnante que les autres et lui rappelait certaines espèces qu’elle avait pu voir dans la maison de vacances de ses grands parents en France.


- C’est un géranium ! s’exclama-t-elle en courant vers le végétal pour le voir de plus près. C’est marrant qu’ils aient une plante aussi commune dans leur jardin, tu ne trouves pas ?

Elle tendit la main vers la fleur pour en cueillir une branche afin de l’emporter avec elle et l’offrir à ses parents. Si les propriétaires avaient placé cette fleur à l’écart c’est qu’elle ne devait pas avoir d’importance pour eux. Elle n’avait donc pas à culpabiliser.

- Ne fais pas ça ! s’écria brusquement Mariana qui était restée à l’écart.
- Oh mais ce n’est pas vraiment du vol tu sais je…
- C’est peut être un géranium dentu !
- Un quoi ?
- On a vu ça cette année avec Bachelard, c’est un géranium avec des petites dents qui mort les humains.
- Et depuis quand tu suis avec attention les cours de botanique ? déclara Lucy, impressionnée, tout en éloignant peu à peu sa main de la mystérieuse plante.
- C’est un des rares cours dont je me souviens…enfin pour dire vrai, je suis pas sure, mais je crois bien avoir entendu parler d’un truc du genre.

Prise d’un doute, Lucy recula de quelques pas puis observa quelques secondes le végétal d’un air suspicieux. Puis elle se pencha et ramassa une branche morte qui trainait. Elle s’approcha alors une fois de plus du géranium et avança son morceau de bois en direction des pétales. Au début, rien ne se produisit. Mais soudain sans prévenir, la plante bougea et croqua dans le bout de bois, dévoilant de petites dents. Sur le coup de la surprise, Lucy lâcha la branche et couru retrouver Mariana qui était restée en retrait.

Alors qu’elles s’échangaient un regard interloqué, des bruits provenant de petits arbustes situés à quelques mètres les firent légèrement sursauter. Mariana attrapa le bras de Lucy et lui murmura à l’oreille :


- Viens on se tire d’ici, j’ai pas confiance.
- Ne devenons pas paranos, ce n’est que le bruit du vent.

Et en effet, une grosse bourrasque de vent se fit entendre, provoquant l’agitation des feuilles des végétaux.

- Tu vois, pas de quoi avoir peur, commença Lucy tout en haussant les épaules, encore sereine malgré les évènements.
- Si, il y a de quoi, déglutit Mariana tout en pointant son doigt en direction de son amie, tentant de conserver son calme.
- Quoi ? J’ai une grosse araignée sur moi, c’est ça ? répondit la blonde d’un ton ironique tout en plaisantant.
- Surtout ne regarde pas ton épaule gauche, je vais te sortir de là.

Tout en prenant une grande inspiration, Lucy tourna sa tête et hurla en voyant une horrible araignée noire agiter ses pattes à quelques centimètre d’elle. N’osant bouger, elle resta immobile, suppliant pour que la Gryffondor la débarrasse le plus vite possible de sa phobie.

- Vas-t-en vilaine, insista Mariana en grimaçant de dégoût tout en donnant un petit coup de bâton sur la tête de l’araignée.
- Attention, je la sens bouger ! Elle se rapproche de ma tête ! Au secours !
- Attend, j’y suis presque ! Allez casse toi grosse saleté puante et dégueulasse !

Le troisième coup fut le bon. L’araignée assommée tomba sur le sol, inerte.
- Merci, je te revaudrais ça.
- C’est rien, je suis sure que t’en aurais fait autant pour moi.
- Tu parles, j’aurais été incapable de bouger un orteil.

Des bruits et des ricanements provenant d’un buisson voisin les interrompirent. Elles se dévisagèrent un instant, le visage redevenant livide. Lucy tira la manche de sa copine.

- T’avais raison, filons d’ici, cet endroit est hanté.

Courant aussi vite que possible, les deux fillettes traversèrent à la hâte le jardin botanique jusqu’à revenir sur la plage. Sans perdre haleine, elles parcoururent la petite plage qui les séparait de leur bateau jusqu’à ce que Lucy trébuche et s’étale sur le sol. Elle avait sans doute heurté une pierre enfouie dans le sol. A moins que…

- Oh mon dieu ! Regarde sur quoi tu as marché !

Lucy se retourna brusquement et constata avec horreur qu’elle venait de piétiner des ossements humains.

- Mais quelle maison de fous ! Qui auraient l’idée de cacher des cadavres dans son jardin ?
- Si ça se trouve, les propriétaires tuent tous les visiteurs s’égarant ici.
- J’espère pas, parce que si c’est le cas, on est mal barrées.

Elles s’échangèrent un regard effrayé puis Mariana tendit sa main vers Lucy pour l’aider à se relever. Soucieuses de s’enfuir au plus vite, elles reprirent leurs courses effrénées vers la délivrance. Mais au bout de quelques pas, Lucy s’arrêta. Quelque chose venait de retenir son attention.

- Regarde, il y a deux cordes de pendu sur l’arbre à côté de la barque. Tu crois que c’est pour nous ? murmura-t-elle d’une voix brisée.
- On dirait bien. Oh mon dieu mais pourquoi on est venu ici ! J’avais pas prévu de mourir aujourd’hui !
- Je suis vraiment désolé, tout est de ma faute, ajouta la blonde la tête basse.
- J’ai aussi été assez sotte pour t’écouter, ajouta Mariana, résignée.

Elles se serrèrent l’une contre l’autre puis Mariana désigna le bateau du doigt.

- Au point où on en est, on peut encore tenter de s’enfuir. Le bateau n’est qu’à quelques mètres. On a plus grand-chose à perdre et puis ce sera toujours mieux que d’attendre la mort en silence sans rien faire.
- Je te suis.

Alors qu’elles reprenaient leur traversée, des bombabouses surgirent de nulle part, telle une pluie de météorite.

- On y est presque Lucy, c’est pas le moment de s’arrêter, cria Mariana à sa camarade.

Mais Lucy décida de s’arrêter et de se retourner. Elle venait d’entendre des voix étouffées à quelques mètres d’elle et était bien décidée à découvrir l’identité des horribles propriétaires avant de s’en aller. Surtout que ces voix en question lui paraissaient étrangement familières.
Immobile, elle scrutait les alentours les bras croisés quand la pluie de bombabouse se stoppa, laissant revenir le calme. Deux silhouettes sortirent de la brume, dévoilant leurs visages.


- La visite de ma demeure vous a plu ? déclara Précieuse McLane avec ironie tout en les fixant de ses yeux verts émeraudes.
- Je ne t’ai pas trouvée très courtoise avec nos invitées ma chère, ajouta Nathan faussement sérieux tout en se tournant vers sa complice.
- Peu importe, le spectacle valait son pesant de gallions. Et puis tu as participé aussi très cher. L’araignée n’était pas mon idée, précisa la préfète tout en lui tapotant l’épaule.
- « Oh elle se rapproche de ma tête ! Au secours », formula le blond dans une belle imitation de la fille Duncan.
- « Attend j’y suis presque ! » continua Précieuse en simulant Mariana tout en éclatant de rire.
- N’empêche je reconnais que l’idée des ossements étaient excellente. Où les as-tu trouvés ?
- Dans le grenier. Mon père en a plein dans une malle. Surement des Sang-de-Bourbe.
- Ah ouai ? Impressionnant, chuchota Nathan d’une voix étranglée, à présent peu rassuré de passer ses vacances dans cette demeure sanglante.

Un bruit de moteur les interrompit dans leur conversation. Ils se tournèrent brusquement vers les deux fillettes et réalisèrent qu’elles avaient disparues. La Gryffondor et la Serdaigle avaient profité de l’inattention des deux fourbes pour se faufiler jusqu’au bateau et enjamber le rebord.


- Mais vas les attraper imbécile ! Ne reste pas planté là ! ordonna Précieuse furieuse en donnant une tape sur la tête de son cousin.

Le blond acquiesça et se dirigea à la hâte vers le bateau mais il était trop tard. Les deux filles avaient déjà quittés la rive.


- On se reverra ! J’en ai pas finis avec vous ! hurla Précieuse à plein poumons en direction de la petite barque qui filait à l’horizon.
- Te fatigues pas, elles sont trop loin, elles n’ont pas dû t’entendre.

La blonde soupira et alla s’asseoir sur un rocher. Maintenant que le calme était revenu, tout lui semblait être d’une monotonie exagérée.

- Bon on fait quoi maintenant ?
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